Les musiques de films

Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /2008 18:11


Je ne sais pas ce que vous en pensez mais personnellement, je trouve que Louis de Funès est le plus grand acteur comique français de tous les temps. Oui, parfois, c'est vrai, il en fait des tonnes mais il faut reconnaître qu'il avait un puissant pouvoir d'improvisation ! Au cours des films qu'il tournait, il lui arrivait fréquemment d'avoir de nouvelles idées; il les développait, les mettait en scène et les répétait des dizaines et des dizaines de fois afin qu'elles soient les plus drôles possibles. C'est un acteur irremplaçable qui nous a amusés pendant plus de deux décennies et qui reste toujours indémodable. Dans l'article qui va suivre, vous allez faire connaissance avec cinq grands musiciens, cinq compositeurs de musiques de films qui ont, à un moment de leur carrière, inévitablement croisé le chemin de Louis de Funès.


Commençons par Raymond Lefèvre qui vient de nous quitter le 27 juin 2008 à l'âge de 78 ans. Si vous avez vu au moins une émission de Guy Lux entre 1966 et 1981, c'est lui que vous aperceviez en train de diriger ses musiciens lors de la musique d'introduction. Une longue silhouette reconnaissable entre toutes, une barbichette qui façonnera une personnalité attachante, éminemment sympathique, toujours au service des invités de son Maître de cérémonie. Avant de devenir chef d'orchestre et avoir sa propre formation, Raymond Lefèvre fut, début des années 50, pianiste de jazz aux côtés du célèbre clarinettiste, saxophoniste ténor Hubert Rostaing et du saxophoniste, flûtiste belge Bobby Jaspar. Ce dernier, malgré une disparition soudaine par crise cardiaque le 28 février 1963, était également très connu dans le monde du jazz pour avoir joué avec Sacha Distel. Ensemble, ils avaient enregistré un « 4 pistes » en 1957. Musicien accompli, Raymond Lefèvre devient successivement compositeur et arrangeur. Repéré par Franck Pourcel et Paul Mauriat, il affûtera ses excellentes prédispositions en tant que directeur d'orchestre au contact de ces deux grands chefs de formation. Mais c'est à la Télévision Française qu'il accède à la célébrité en devenant le chef d'orchestre attitré des émissions de Guy Lux. Cependant, il ne se limitera pas à cette fonction. Le réalisateur Jean Girault, dont on connaît la complicité légendaire avec Louis de Funès, fait appel à lui pour la composition des musiques de ses films.  De 1964 à 1982, Raymond Lefèvre apparaît donc au générique de 9 films dont le célèbre fantaisiste est la vedette : la saga des « Gendarmes » (6 films en 1964, 1965, 1968, 1970, 1978 et 1982), « Les Grandes Vacances » (1967), « Jo » (1971) et « La Soupe aux Choux » (1981). Je vous propose d'écouter la musique des « Grandes Vacances » et de « Jo ». Pourquoi ce choix ? Tout d'abord, pour le premier film, je considère qu'elle est vraiment annonciatrice d'une bonne comédie avec beaucoup d'entrain caractérisé par ce florilège de cuivres qui dégage d'entrée une sonorité inspiratrice de joie, gaieté et bonne humeur. Le rythme est soutenu et malgré une répétition continuelle dans la ligne mélodique, il n'y a aucune lassitude à l'écouter : elle est relativement courte et les changements instrumentaux (cordes et basse) sont variés.

 

 

En ce qui concerne le deuxième, je définirais la musique comme un pastiche  de celle d'un « James Bond » saupoudrée de quelques notes bien reconnaissables que l'on retrouve généralement dans les « westerns » du style « Il était une fois dans l'Ouest ». L'ensemble est également très tonique, très emballé avec un déploiement généreux de cuivres et de cordes (on ne change pas une bonne recette !). Enfin, pour en terminer avec Raymond Lefèvre, précisions qu'il était unanimement apprécié dans beaucoup de pays dont le Japon où il donna de nombreux concerts ainsi que l'Allemagne où il reçut plusieurs disques d'or.

 

 

Disparu le 19 décembre 1984 en ayant recours au suicide pour mettre fin à ses jours, Michel Magne était l'un des compositeurs de musiques de films les plus doués et les plus talentueux de sa génération. Acculé par des dettes qui devenaient trop lourdes à supporter et dégoûté de la perte de « son » Château d'Hérouville dans le Val d'Oise où il avait emménagé, à grands frais, un superbe studio d'enregistrement, Michel Magne décida de tirer sa révérence. Auteur de plus de 110 musiques de films, il eut une période très prolifique entre 1963 et 1973 pendant laquelle il dut répondre à de nombreuses sollicitations. Outre la série des « Angélique », il se chargea de la trilogie des « Fantômas » qui nous intéresse tout particulièrement. Pour le premier des trois longs métrages, l'influence « jazzique » est perceptible dès le début du générique. Mêlant des thèmes très contrastés tantôt pour les scènes où apparaît le criminel, tantôt pour celles où notre admirable Fufu entre en piste, le musicien nous entraîne au sein même de l'action en utilisant tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans les variantes instrumentales pour ce genre de film : les cuivres pour annoncer l'arrivée du bandit, les percussions dites « légères » (xylophone) pour les pitreries du Commissaire Juve... Ecoutez la bande sonore du générique de « Fantômas se déchaîne » : l'auteur utilise carrément ce procédé afin d'exprimer musicalement, et avec quel brio, les péripéties marquantes du premier épisode. Pour le troisième volet des aventures du personnage créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain, « Fantômas contre Scotland Yard », et du fait qu'elles sont censées se dérouler en Ecosse (alors qu'en réalité, les scènes dans le Château ont été tournées dans celui de Roquetaillade, en Gironde et celles pour la chasse à courre en forêt de Fontainebleau... pour la petite histoire !), le générique débute, somme toute logiquement, sur un très beau morceau de cornemuses qui précède le thème propre à Fantômas dont la ligne mélodique a subi quelques petites modifications : le rythme est sensiblement plus lent, agrémenté d'effets musicaux en référence à ceux qui accompagnent traditionnellement cette cruelle pratique de chasse à courre.






Pour en revenir à la carrière de Michel Magne, signalons que c'est lui qui est à l'origine des musiques des films d' « OSS 117 » réalisés, comme pour les « Fantômas » par André Hunebelle (ce dernier avait son compositeur fétiche, tout comme Jean Girault avec Raymond Lefèvre) ainsi que de « Mélodie en sous-sol », « Les barbouzes », « Les tontons flingueurs » et les films de Jean Yanne : « Moi y en a vouloir des sous », « Les Chinois à Paris » et « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » pour ne citer que les principaux. C'est en 1962 qu'il acquiert avec un ami le Château d'Hérouville complètement en ruines qu'il décide de retaper. Toutes ses royalties y passent pour en faire un endroit paradisiaque où les personnalités du show- business aimaient s'y retrouver (il lui arrivait d'accueillir deux cents ou trois cent convives...). A la mort de son ami en 1965, il rachète la partie droite du Château tout en continuant ses petites « extravagances ».  A partir de mars 1968, les événements se précipitent : son épouse le quitte et un incendie détruit l'aile gauche du Château qui venait d'être rénovée à grands frais. Michel Magne se lance alors, à corps perdu, dans la réfection de sa propriété et installe un studio d'enregistrement dans l'aile droite. Par la même occasion, il fonde une société : « Studios d'Enregistrement Michel Magne » et, après le « George Sand », un  autre studio, baptisé « Chopin » est aménagé. Désormais la société emploie une vingtaine de salariés pendant que Michel Magne reçoit toujours du beau monde et délaisse peu à peu son travail de compositeur au profit de son costume d'hôte afin de veiller aux bons soins de ses invités. Ses studios ayant acquis une renommé internationale, il voit défiler les plus grandes stars : Canned Heat, Memphis Slim et... Elton John qui y enregistre un album complet : « Honky Château ». Malheureusement, Michel Magne ne parvient plus à faire face aux besoins financiers du Château et suite à une association qui ne lui causera que de graves ennuis (faillite frauduleuse), il se sépare de sa société et de sa propriété en juin 1979. Marqué par ces échecs cuisants, il n'arrivera plus jamais à se remettre au travail convenablement, et, malgré un refuge artistique dans la peinture et la sculpture, il choisit de se donner la mort au Novotel de Pontoise... Triste épilogue pour un compositeur de génie qui aurait mérité une fin de carrière beaucoup plus glorieuse !

   

Georges Delerue a quelque peu tardé avant de s'intéresser à la musique. Ce n'est que vers l'âge de 15 ans qu'il prend conscience qu'il ne peut plus s'en passer en écoutant son grand père maternel diriger une chorale d'amateurs, sa mère jouer occasionnellement du piano et chanter les grands airs de « Faust » ou « Carmen » pendant des réjouissances familiales. Occupé très jeune à la fabrique de limes de son père, il concilie son travail avec l'apprentissage, l'après-midi, du solfège et de la clarinette. Mais très vite, il délaisse cet instrument au profit d'un autre qui l'attire beaucoup plus : le piano. La première œuvre qu'il choisit de jouer est « Romance sans Parole » de Félix Mendelssohn qu'il décortique lui-même. Son talent inné est tel qu'il reçoit les éloges de son professeur avec lequel il s'initie principalement aux compositions de Chopin, Bach, Beethoven, Grieg et Mozart. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Georges Delerue fête ses 20 ans et termine ses études au Conservatoire de Roubaix. Auréolé d'un 1er prix de piano, 1er prix de musique de chambre, 1er prix d'harmonie et 2ème prix de clarinette, le directeur lui conseille de passer le concours d'entrée au Conservatoire National Supérieur de Paris. Georges se rend donc dans la capitale et subvient à ses besoins financiers grâce à des engagements qu'il décroche dans des bals, aux baptêmes, mariages et obsèques (il s'initie à l'orgue) ainsi que dans des piano-bars. 1952 est l'année où tout commence véritablement pour Georges Delerue sur le plan artistique : sa rencontre avec Boris Vian est déterminante pour la suite de sa carrière. Les projets qu'ils concrétisent ensemble lui permettent de se faire un nom et de lui ouvrir les portes du Club d'Essai de la Radio Télévision Française dont il prend la direction de l'orchestre. L'année suivante, il crée sa première composition pour une dramatique : « Les Princes de Sang » qu'il joue en direct (c'était très courant à l'époque). Dès lors, tout s'enchaîne : en 1954, il se charge de la musique de spectacles « Sons et Lumières » (« Lisieux » et « La Libération de Paris »), l'année d'après, il écrit une « Symphonie Concertante pour Piano et Orchestre » et en 1959, il fait ses premiers pas dans le cinéma pour « Le Bel Age » de Pierre Kast (où il s'associe avec l'arrangeur Alain Goraguer qui a notamment travaillé avec Serge Gainsbourg) ainsi que pour « Les Jeux de l'Amour » de Philippe de Broca. Nous faisons un petit bond dans le temps pour atterrir en 1965, l'année qui nous intéresse pour cet article où Georges est sollicité pour écrire la musique du « Corniaud » avec Bourvil et Louis de Funès. Pour le générique, il nous convie à une gentille valse avec l'accordéon comme instrument dominant. C'est beaucoup plus qu'une « valse musette » que l'on danserait sous les lampions multicolores d'un bal populaire... La mélodie prend, ici, dans le contexte du film, une toute autre signification : elle nous emmène dans une véritable aventure faite d'humour, de gags et... de suspense sans oublier une pointe de sentiments amoureux ! Georges Delerue a vu juste en composant le « score », il ne fallait surtout pas une musique tonitruante bardée de cuivres et de percussions... C'est une comédie, dans son sens plein, et l'utilisation de l'accordéon est tout à fait indiquée !  
 


Le film connaîtra le succès que l'on sait et la renommée de Georges a déjà dépassé les frontières de l'hexagone. C'est le réalisateur anglais Ken Russell qui est le premier cinéaste étranger à reconnaître l'immense talent de Georges Delerue en lui confiant la musique de son film « French Dressing » en 1964 et à lui consacrer, l'année suivante, un documentaire pour la BBC intitulé « Don't Shoot The Composer ». Les récompenses vont se succéder pour le musicien français : en 1967, les Etats-Unis lui décernent un Emmy Award pour  « Our World », l'hymne qu'il écrit pour l'inauguration de la Mondiovision ; en 1979, il reçoit le César de la meilleure musique de film pour « Préparez vos Mouchoirs » de Bertrand Blier et l'Oscar pour « A Little Romance » de George Roy Hill; en 1981, le Jury des Césars le consacre à nouveau pour « Le Dernier Métro » de François Truffaut.  Ce dernier le sollicite encore en 1983 pour « Vivement Dimanche » avant de disparaître le 21 octobre 1984. Georges Delerue en sera très marqué et son activité s'en ressentira jusqu'à son décès soudain en 1992. Il repose au Forest Lawn Memorial Park de Glendale en Californie.

Né à Athènes en 1932, Georges Garvarentz émigre en France, au début de la guerre, avec ses parents d'origine arménienne.  Son père, musicien, était très célèbre dans son pays puisqu'il écrivit l'hymne national arménien. La famille se fixe à Paris et Georges continue ses études dans l'optique de devenir médecin. Cependant, tout au fond de lui-même, secrète une passion pour la musique dont l'épanouissement se produit lorsqu'il assiste à la projection de « Rhapsody in blue », une biographie romancée de George Gershwin en 1945. C'est un véritable coup de foudre et George sait qu'il sera plus tard musicien et compositeur. Il entre donc à l'Ecole Supérieure de Musique de Paris et commence très rapidement à écrire des partitions. C'est dans les années 60 qu'il devient célèbre : il s'associe à Charles Aznavour dont il épouse la sœur, Aïda, le 17 septembre 1965. Avec Charles, il formera, jusqu'à son décès le 19 mars 1993, un des duos les plus célèbres, si pas le plus célèbre, de la Chanson Française. C'est toujours lui qui se chargera de la musique et Charles dira de lui qu'il était vraiment son alter ego, son double... Outre la musique du « Tatoué » qui nous intéresse ici et qu'il composa en 1968 pour Denys de la Patellière, Georges écrivit également, pour ne citer que les plus connues, les musiques de « Un Taxi pour Tobrouk » (1960), « Les Parisiennes » (1962), « Cherchez l'Idole » (1963) et « Paris au mois d'août » (1966). Pour « Le Tatoué », si vous écoutez attentivement l'entièreté du générique, vous remarquerez la présence indubitable de deux pôles musicaux opposés, deux extrêmes, ou si vous préférez encore, de deux contrastes s'identifiant parfaitement au comportement des deux protagonistes de cette comédie. D'une part, une musique entraînante et gaie riche de cuivres propre au riche brocanteur roublard et tenace qu'incarne Louis de Funès; de l'autre, une musique « du bon vieux temps », essentiellement jouée, me semble-t-il, au cor qui sied admirablement bien au personnage de légionnaire débonnaire, très attaché aux valeurs et (!) aux couleurs nationales interprété par le brillant Jean Gabin.


Côté chansons, Georges Garvarentz signe les plus grands succès de son beau-frère (« Non, je n'ai rien oublié », « Désormais », « Il faut savoir », « Les plaisirs démodés »,...) ainsi que « Retiens la nuit » pour Johnny Hallyday et « La plus belle pour aller danser » pour Sylvie Vartan pour lesquelles Charles écrit les paroles. En 1973, le duo mythique crée une opérette « Douchka », la dernière représentation à Mogador du couple le plus célèbre de l'Opérette, Marcel Merkès et Paulette Merval (dont je peux, d'ores et déjà, vous annoncer qu'un article leur sera consacré prochainement dans la catégorie « Les grands noms de l'Opérette »). Georges continuera donc à composer pour Charles qui, dans les derniers jours de sa vie, lui amènera un piano jusque dans sa chambre d'hôpital afin d'écrire une ultime mélodie qu'il chantera en 1994 sous un titre évocateur : « Ton doux visage » faisant référence à l'éternelle gentillesse qui caractérisait la personnalité de son complice.

Pour ce dernier chapitre consacré à Vladimir Cosma, je vous propose les musiques des films suivants, par ordre chronologique : « Les Aventures de Rabbi Jacob » (1973), « L'Aile ou la Cuisse » (1976) et « La Zizanie » (1977). En ce qui concerne l'ultime collaboration entre Gérard Oury et Louis de Funès, nous avons droit, permettez-moi l'expression, à un générique d'enfer. Et ce dernier est saisissant avec, en toile de fond, la baie de New- York avec les inoubliables tours jumelles du World Trade Center. La partition du multi-instrumentiste (en plus de tenir la baguette, Vladimir Cosma est violoniste de formation et pianiste !) est tout bonnement géniale. Pour une production de cette ampleur, il fallait une musique d'ouverture de grande qualité et le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne déçoit aucunement ! Le rythme est enlevé, rapide et bien régulier sur une mélodie, certes, simpliste au premier abord mais qui a du tonus, du « répondant » pour la bonne et simple raison que dès la première écoute, vous pouvez la reproduire ou la fredonner sans aucune difficulté ! C'est ça, la recette d'une très bonne musique de film !

 

 

Et que dire de la scène dans laquelle Rabbi Jacob danse ? Epoustouflante prestation de Louis de Funès qui mérite indéniablement une ixième rediffusion :


 
Ce moment d'anthologie est certainement celui qui résume le mieux la nature de l'acteur : un talent immense pour l'improvisation (je me répète mais je ne le dirai jamais assez !), pour le sens du rythme affiché dans ses gags mais aussi, et surtout, dans la brillante exécution de cette danse qui n'est pas à la portée de tout comédien (n'oublions surtout pas qu'avant d'être acteur, Louis de Funès a été pianiste de jazz et qu'il a donc acquis une solide expérience dans la perception du rythme) une générosité illimitée à faire rire, à vous arracher des larmes de joie, de bonheur intense quitte à en mourir...     

Cette petite parenthèse qui me tenait à cœur étant faite, évoquons maintenant la musique des retrouvailles de Louis de Funès avec le cinéma : 1976 marque son grand retour avec Claude Zidi aux commandes. « L'Aile ou la Cuisse » est un grand succès dès sa projection en salles et à nouveau, Vladimir Cosma signe un générique d'excellente facture. Les premières notes de pur classique sont prodigieuses; viennent ensuite les percussions qui imprègnent à la mélodie un rythme rondement mené sans toutefois se démarquer de la touche « classique ». Après environ 50 secondes, ce sont des chœurs qui prennent le relais sur une partition de comédie plus traditionnelle, avec encore, à la base, des notes pas trop compliquées à chanter mais qui, une nouvelle fois, frappent juste pour se fixer avec aisance dans la mémoire collective.

 

 

Par contre, en ce qui concerne « La Zizanie » réalisé encore par Claude Zidi, je ne pense pas que ce soit sa meilleure musique de film, loin de là. Pour celle-ci, Vladimir Cosma a recours à l'électronique et de plus, le thème est répétitif, trop même : la ligne mélodique ne subit une variante que durant une trentaine de secondes mais ça n'atténue en rien sa monotonie. Sur le plan créativité, on est très loin des deux génériques précédents. Il est heureux qu'un montage animé ait été réalisé afin d'avaler cette « couleuvre » musicale indigeste et insipide...


Vladimir Cosma a grandi au sein d'une famille de musiciens : né le 13 avril 1940 à Bucarest, en Roumanie, son père est pianiste et chef d'orchestre, sa mère écrit et compose ainsi que l'un de ses oncles également chef d'orchestre et sa grand-mère était pianiste... Comment, dans ces conditions, ne voulez-vous pas être musicien à votre tour ? Comme tout artiste qui veut réussir, il se rend à Paris en 1963 et continue ses études musicales à l'Ecole Normale de Musique de Paris. C'est Michel Legrand qui le débusque afin qu'il s'occupe des arrangements de ses chansons. Le célèbre compositeur des « Moulins de mon cœur » pris par ses nombreux engagements lui demande alors de composer, à sa place, la musique du film « Alexandre Le Bienheureux » d'Yves Robert et c'est la consécration. Son travail fut récompensé aux Césars à deux reprises : en 1982 pour « Diva » de Jean-Jacques Beinex et en 1984 pour « Le Bal » d'Ettore Scola. Tout récemment, il vient de faire une incursion remarquée dans le monde de l'Opéra en créant « Marius et Fanny » d'après l'œuvre de Marcel Pagnol dont la première, en deux actes, a été donnée le 4 septembre 2007 à l'Opéra de Marseille avec, dans les rôles principaux, Roberto Alagna et son épouse, la soprano Angela Gheorghiu.

Les deux liens avec Claude François !


Tout d'abord, celui avec Louis de Funès, bien sûr. Claude François en est fou à tel point que lors de chaque repas au Moulin, les invités ont droit aux célèbres répliques et mimiques que le chanteur connaît par cœur pour avoir visionné ses principaux films de nombreuses fois ! Il fera tant et si bien qu'une rencontre historique sera organisée dans les studios d'Europe n° 1 lors de l'émission « 5-6-7 » de Marie-France Bruyer et Jacques Ourévitch à laquelle Sheila participe également. Cloclo n'en croit pas ses yeux, il est assis à côté de son idole et pendant quelques instants, il est émerveillé tel un enfant qui reçoit son premier cadeau des mains du Père Noël !

Ensuite, Georges Garvarentz a écrit la musique, sur des paroles de Françoise Dorin, de la très jolie chanson « Au coin de mes rêves » tirée de la comédie musicale « Cendrillon » jouée pour la télévision en 1966 par Christine Delaroche et Claude François. Pour cette chanson, Georges Garvarentz compose une mélodie très douce et romantique qui convient admirablement bien à la tessiture de Cloclo. Ce titre aurait pu très bien être adapté par le chanteur en anglais pour connaître une carrière Outre-manche; en effet, très « easy listening », très « french lover », il aurait pu figurer dans un répertoire aux accents « crooner » que Claude François aurait habilement et judicieusement exploité, dans la direction musicale qu'il comptait prendre, au même titre que « My Way » et « My Boy »...

Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : webzine musical
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 22:00
Jaws.jpg JAWS
The Collector’s Edition Soundrack
Musique composée et dirigée par John Williams
Un Film de Steven Spielberg
Inclus 12 titres non parus antérieurement
Main Title and First Victim/The Empty Raft/The Pier Incident/
The Shark Cage Fugue/Shark Attack/Ben Gardner’s Boat/Montage/
Father And Son/Into The Estuary/Out Of Sea/Man Against Beast/
Quint’s Tale/Brody Panics/Barrel Off Starboard/The Great Shark Chase/
Three Barrels Under/Between Attacks/The Shark Approaches/
Blown To Bits/End Titles
 
La terreur est sur mon blog ! L’horrible requin est de retour ! Pour ce second article dans cette catégorie, je n’ai pas hésité un seul instant : ce serait la bande originale du film « JAWS » par JOHN WILLIAMS qui incarne, pour moi, LE plus grand compositeur de musiques de films. J’avais 13 ans ( !) quand ce long métrage sortit aux Etats-Unis le 20 juin 1975 et fin de la même année chez nous.
  JAWS2.jpg L’affiche originale du film
Ce film était annoncé comme l’évènement cinématographique de l’année, non seulement pour les effets spéciaux extraordinaires, pour l’époque, qu’il contenait (l’audacieuse machinerie sous-marine qui animait le robot servant de requin) mais aussi pour un synopsis inédit jusqu’alors,  habilement mis en scène par un très jeune talentueux réalisateur âgé de 29 ans : Steven Spielberg. Je vais m’attacher (et vous, attachez-vous à votre siège, c’est parti !) à vous relater certaines scènes marquantes en relation avec l’extraordinaire musique de John Williams pour laquelle il reçut, excusez du peu, son second Oscar sur les cinq qu’il obtint tout au long de sa prodigieuse carrière. Tout d’abord, en ce qui concerne le générique ou, si vous préférez, le thème, une particularité se dégage distinctement de la partition : deux notes atonales (écriture musicale se libérant des règles tonales de l’harmonie traditionnelle) en crescendo s’identifieront à la menace qui rôde le long des plages de la station balnéaire d’Amity ainsi qu’à l’affrontement entre le prédateur et 3 hommes très différents mais qui se réuniront dans un seul but : anéantir le mangeur d’hommes… Ces deux notes vont devenir le fil conducteur de la musique à chaque moment où le requin apparaîtra… ou à chaque moment où l’on devinera sa présence !

Jaws : Main Title
 
Pour composer cette musique de film, Williams s’est concentré sur la progression du squale qui, continuellement, s’annoncera par ces deux fameuses notes atonales principalement jouées par une section de cordes (contrebasses) auxquelles s’ajouteront des violons, une imposante escadrille de cuivres divers, de percussions (principalement des timbales) et… un piano qui signaleront et accentueront même, selon les scènes, les attaques du requin. Au moment où cette musique devenue culte retentit, le suspense est à son paroxysme surtout lorsque Steven Spielberg emploie habilement la technique qui consiste à substituer le requin… au regard des spectateurs ! En utilisant cette base musicale, Williams va développer toute une série de variations, composant plusieurs thèmes dérivés qui symboliseront la narration musicale liée à l’animal. Il va s’en servir judicieusement et il faut bien avouer que le scénario est conçu de telle façon que le compositeur aura tout le loisir de les utiliser et de les mettre en valeur. Heureusement, John Williams a prévu des morceaux plus détendus, plus « ouverts », beaucoup moins sombres aussi : « Montage » et « Father And Son ». Le premier est le thème des touristes qui débarquent à Amity et le second est la consolation du « Chef » Brody (incarné par Roy Scheider) dans le regard de son fils après qu’il eut encaissé l’affront d’une mère qui vient de perdre son fils victime du terrible requin…
  roy_scheider_1.jpg Roy Scheider (« Chef » Brody)
Ces titres constituent une petite relâche avant ceux qui nous font replonger (c’est le cas de l’écrire !) dans les affres du cauchemar ! Un contraste s’établira entre le thème principal, appelons-le celui du requin, et celui, plus enjoué, rappelant le passage où les touristes arrivent, surtout dans la scène où les barils seront lâchés, destinés à freiner la course dévastatrice du squale. Cette envolée musicale, plus enjouée soulignera l’héroïsme des 3 aventuriers dans leur quête de destruction de l’animal. Steven Spielberg sera très agréablement surpris du travail d’écriture effectuée par John Williams. Quand ce dernier lui présenta la partition et lui expliqua comment il allait amener musicalement le requin à l’écran, le réalisateur crut à une pure plaisanterie. Mais le compositeur était si sérieux et tellement convaincant que Spielberg lui laissa une entière liberté sur la direction d’orchestre qu’il allait apporter sur le déroulement du film. Il n’eut pas à le regretter quand il découvrit le résultat final : c’est tout simplement un chef-d’œuvre à la hauteur de l’Oscar qu’il reçut par la suite.
  John-Williams2.jpg John Williams et Steven Spielberg
Depuis, cette musique de film est devenue la seconde nature du requin qui le caractérise incontestablement dès qu’on l’entend… Pour conclure, apportons une mention spéciale à deux morceaux très intenses du CD qui sont situés dans la dernière partie de la bande originale : « The Shark Approaches » et « Blown To Bits », le premier est tout à fait inédit et ne figure pas dans le 33 tours de l’époque tandis que le deuxième décrit, dans une ambiance insoutenable, l’attaque du requin à laquelle succombe horriblement Quint (incarné par Robert Shaw).
Robert-Shaw.jpg  Robert Shaw (Quint)
Afin de compléter la brillante distribution de ce film, saluons, pour finir, la parfaite interprétation de Richard Dreyfuss dans le rôle de l’océanographe Hooper.
jaws1.jpg Richard Dreyfuss (Hooper)
 
Jaws : One Barrel Chase
 
John-Williams1.jpg  
JOHN WILLIAMS
 
John Williams vient de fêter son 75ème anniversaire le 8 février. Il est né à New-York et a été très vite pris par le démon de la musique. Son père était percussionniste dans l’ensemble orchestral de CBS Radio et jouait dans le « Raymond Scott Quintet ». rayscott.jpg  
Le « Raymond Scott Quintet » avec Johnny Williams, le père de John, à la caisse claire.
Influencé principalement par le jazz et la musique classique, il monte son propre groupe à l’âge de 15 ans et s’initie au travail d’arrangeur. Il sait depuis longtemps qu’un avenir de musicien l’attend et il ne tarde pas à composer une première œuvre symphonique : une sonate pour piano ! Ses études le conduiront à approfondir le domaine de l’orchestration et il fourbira son potentiel auprès de Robert Van Eps de la MGM (le célèbre compositeur de la musique de la série « Au-delà du réel » en 1963)  et de Mario Castelnuovo-Tedesco (formidable compositeur italien des musiques de films, entre autres, de « Docteur Jekyll et Mister Hyde » en 1941 et du « Portrait de Dorian Gray » en 1945). Il profitera de son passage au sein de l’US Air Force pour parfaire son sens de la direction musicale.
  250px-Mario_Castelnuovo-Tedesco.jpg Mario Castelnuovo-Tedesco
Ensuite, il poursuivra son apprentissage du piano avec Rosina Lhevinne à la Juilliard School. Par les personnalités qu’il a côtoyées durant sa jeunesse, on sait maintenant pourquoi John Williams s’est attaché au renouveau symphonique de la musique de film. Pour preuve, écoutez les compositions de la saga de « La Guerre des Etoiles », de « Superman » et de la trilogie des « Indiana Jones ». Mais nous n’en sommes pas encore là et revenons aux débuts de John Williams qui, dès 1958, commencera à Hollywood comme pianiste de studio pour des musiques de séries TV. John continue son irrésistible ascension et fait partie, à 24 ans, de l’équipe d’arrangeurs de la Columbia pour intégrer ensuite celle de la 20th Century Fox où il travaille aux côtés de grands compositeurs de l’âge d’or du cinéma : Alfred Newman, Lionel Newman, Dimitri Tiomkin et Franz Waxman. Il fait également la connaissance de l’actrice et chanteuse Barbara Ruick qui aura le privilège de devenir Madame Williams. Son époux rêve toujours de s’imposer et ses efforts vont être récompensés. En 1957, il compose la musique de « La Grande Caravane », c’est lui aussi qui signe la partition du générique du « Virginien » en 1962. Au cinéma, par contre, il doit attendre 1966 pour se faire remarquer. C’est William Wyler, le réalisateur de « Ben Hur », qui lui donnera le coup de pouce nécessaire dans une comédie, « Comment voler un million de dollars », afin qu’il démarre véritablement sa carrière.
  William Wyler
Cependant, John Williams n’abandonne pas la télévision : il s’occupera de la musique de « Heidi » en 1968 et de celle de « Jane Eyre » en 1970 pour lesquelles il recevra deux « Emmy Awards ». Cantonné dans la musique de comédies, il va s’essayer au western avec réussite pour « Les Cow-boys », avec John Wayne, en 1972 après avoir remporté son premier « Oscar » en 1971 avec « Fiddler In The Roof ». Mais c’est dans la catégorie dite de films « catastrophe » qu’il se sentira le plus à l’aise. Les sollicitations vont se succéder à un rythme d’enfer, jugez-en plutôt : « L’aventure du Poséidon » en 1972, « Tremblement de Terre » et « La Tour Infernale » en 1974 avant la consécration pour « Jaws » en 1975 pour lequel il gagne un second « Oscar ». Entre-temps, en 1974, John Williams subit la pire épreuve de sa vie : il perd sa fidèle compagne, Barbara Ruick, qui avait à peine 41 ans… Le travail et l’amitié indestructible qui va naître entre lui et Steven Spielberg vont l’aider à cicatriser cette douloureuse blessure. En effet, « Les Dents de la Mer » est leur deuxième collaboration après « The Sugarland Express » en 1973. Ils vont devenir un tandem indissociable. Toutefois, en 1976, John revient au western avec « Missouri Breaks » d’Arthur Penn (avec Marlon Brando et Jack Nicholson). Il étendra ses compétences aux films de guerre puisqu’il signera, entre autres, en 1977 « La Bataille de Midway » (avec Charlton Heston et Henry Fonda) pour faire à nouveau une incursion dans le genre « catastrophe » avec « Dimanche Noir » de John Frankenheimer, toujours en 1977. Désormais, tous les réalisateurs veulent se l’approprier. Un certain Georges Lucas (très proche de Steven Spielberg et de Francis Ford Coppola) l’engage pour « Star Wars ». A ce moment, John Williams ne sait pas encore que son destin sera lié à tout jamais à ce film ! Le succès est immédiat et Hollywood le consacre une nouvelle fois en lui décernant un troisième « Oscar » ! Dans le premier opus de « Star Wars », accordons deux mentions spéciales au guilleret morceau de jazz joué dans la taverne par de désopilantes créatures (« Cantina Band ») et à la fantastique mini-symphonie tonitruante intitulée « The Last Battle » ! De plus en plus prolifique, le célèbre musicien se charge, la même année, de la partition des « Rencontres du Troisième Type » avec, dans le thème principal, un fameux et légendaire enchaînement entêtant de cinq notes de musique différentes… En 1978, il compose la musique de « Furie » de Brian de Palma et accepte de « diriger » une seconde fois le requin dans « Jaws 2 » de Jeannot Swarc qui réalise, au demeurant, une pâle copie en comparaison du travail d’orfèvre de Spielberg. John Williams aura également plus d’inspiration pour « Superman » de Richard Donner pour lequel il compose l’une de ses plus belles musiques de films. 

Superman : Main Title
 
Ensuite, il décroche son prochain contrat pour le « Dracula » de John Badham (avec Frank Langella dans le rôle de l’éternel vampire) en 1979. Puis, son copain Spielberg lui fait à nouveau les yeux doux pour « 1941 », film loquace qui ne rencontrera pas le succès escompté; ce sera, toutefois, l’occasion pour Williams de faire un bref retour à la musique de comédie. Au début de l’année 1980, John Williams est nommé à la direction du prestigieux « Boston Pops Orchestra » à la tête duquel il restera pendant 13 ans. Cette année salue aussi le deuxième épisode de « La Guerre des Etoiles : l’Empire Contre-attaque ». C’est pendant celui-ci que l’on découvre la fameuse « marche » de l’énigmatique Darth Vador !

Star Wars : The Darth Vador’s March
 
A partir de 1981, c’est une nouvelle et excitante aventure qui attend l’artiste new-yorkais. Avec grand plaisir, il retrouve Spielberg qui planche sur « Les Aventuriers de l’Arche Perdue » sur un scénario de Georges Lucas. John Williams est convié à accompagner musicalement les progressions d’un professeur d’archéologie en quête de trésors : Indiana Jones ! Pour ce projet, le directeur d’orchestre concocte avec brio une composition riche en thèmes mystérieux et romantiques. Les scènes d’action sont particulièrement alimentées d’envolées somptueuses. L’année suivante, c’est le raz-de-marée « E.T. l’extra-terrestre » et, une nouvelle fois, Williams déploie tout son talent de créateur : il ressort de sa composition beaucoup de sensibilité et la partition est à la hauteur du film : grandiose ! Les scènes tendres d’amitié entre l’enfant et l’étrange personnage venu d’ailleurs sont parfaitement accompagnées. C’est un succès sans précédent qui octroie à Williams un quatrième Oscar amplement mérité ! En 1983, John Williams parachève le premier cycle des trois épisodes de « Star Wars » avec « Le Retour du Jedi » qui contient un développement des thèmes déjà utilisés dans les deux précédents. Le travail est bien soigné mais il n’apporte rien de nouveau. 1984 voit le retour du célèbre duo pour la suite des aventures d’Indiana Jones et « Le Temple Maudit ». C’est le passage du sacrifice qui marquera les spécialistes : le thème sombre illustré de chœurs ténébreux est tout bonnement fantastique ! Par la suite, le compositeur connaîtra une petite accalmie avant de se ressourcer dans la comédie avec « Les Sorcières d’Eastwick » de Georges Miller en 1987 avec le génial Jack Nicholson dans le rôle du démon. La même année, il travaille encore et toujours avec son inséparable ami Spielberg sur « L’Empire du Soleil » dans lequel il signe un morceau de fanfare chorale de toute beauté ! Deux ans plus tard, c’est « Indiana Jones et la Dernière Croisade » qui réunit les deux compères. Les critiques accueillent cette composition comme étant la meilleure de la trilogie. Ensuite, c’est « Né un 4 Juillet », toujours en 1989, qui permet à Williams de travailler avec un autre très grand réalisateur : Oliver Stone. En 1990, c’est « Home Alone » (« Maman, j’ai raté l’avion ») qui attire le musicien dans une catégorie de films qu’il n’arrive pas à oublier : la comédie. Rappelons que c’est dans ce genre que le compositeur a commencé à exceller. L’année suivante salue une nouvelle collaboration entre Williams et Spielberg sur « Hook » avec l’irrésistible Robin Williams et le terrifiant « Capitaine Crochet » incarné brillamment par Dustin Hoffman. La même année, Williams signe une excellente composition pour le « J.F.K. » d’Oliver Stone (avec Kevin Costner). Notons pour ce film un fabuleux thème illustré uniquement de caisses claires.

J.F.K.
 
En 1992, John Williams se charge du second « Home Alone » avant de réitérer, un an plus tard, deux magistrales performances sur « Jurassic Park » et « La Liste de Schindler » dont le thème principal joué par le violoniste Itzhak Perlman est remarquable.

La Liste de Schindler : Itzhak Perlman

Un cinquième et dernier « Oscar » à ce jour viendra s’ajouter aux autres récompenses constituant ainsi un palmarès inégalable ! « Nixon » est l’occasion des retrouvailles entre Stone et Williams en 1995 mais la composition passera quasi inaperçue devant l’éblouissante prestation de Sir Anthony Hopkins. L’année se termine avec une composition sur « Sabrina » de Sydney Pollack. L’année suivante, Williams participe à « Sleepers » de Berry Levinson avant de travailler en 1997 pour Jean-Jacques Annaud sur « Sept ans au Tibet ». John Williams retrouve Steven Spielberg sur le réussi « Jurassic Park 2 : Le Monde Perdu » pour enchaîner, en 1998, sur « Il faut sauver le soldat Ryan ». Un an plus tard, il signe « Les Cendres d’Angela » d’Alan Parker préalable à une nouvelle trilogie de « Star Wars » avec l’Episode 1 « La Menace Fantôme » dans lequel le thème le plus marquant est sans aucun doute celui du « Duel of the Fates ». A l’aube du nouveau millénaire, il compose, pour Roland Emmerich, la musique de « The Patriot » qui, toutefois, s’avérera comme l’une des moins convaincantes. 2001 honore une nouvelle association Williams-Spielberg pour « A.I. Artificial Intelligence » avec une partition subtile et profonde sur l’amour et les sentiments d’un enfant-robot. Au cours de cette même année, John Williams donne son aval sur une nouvelle saga autour d’un héros qui ne finira pas de captiver de nombreux et fervents lecteurs : Harry Potter !

Suite from Harry Potter
 
Il se chargera des trois premiers films de l’apprenti sorcier : « Harry Potter à l’école des sorciers », « Harry Potter et la Chambre des Secrets » en 2002 et « Harry Potter et Le Prisonnier d’Azkaban » en 2004. Entre-temps, il compose encore pour Spielberg sur « Minority Report » (avec Tom Cruise) et sur « Arrêtes-moi si tu peux » en 2002 et « Le Terminal » en 2004 (avec, dans ces deux derniers longs métrages, Tom Hanks). Parallèlement à toutes ces partitions, Williams continue à distiller des musiques pour l’Episode 2 de « Star Wars : L’Attaque des Clones » en 2002 pour clore, enfin, avec le troisième chapitre « La Revanche des Sith » en 2005. En juin de la même année, il enregistre le score de « La Guerre des Mondes » toujours pour Spielberg. Le musicien signe là une partition aux sonorités sombres et abruptes. Ensuite, Williams compose une musique aux accents orientaux sur « Mémoires d’une Geisha » pour le réalisateur de « Chicago » Rob Marshall. En 2006, Williams s’occupe de diriger « Munich » pour Spielberg et accomplit à cette occasion un nouveau chef-d’œuvre fascinant rehaussé de motifs prouvant encore une fois un immense talent créatif. Des projets de nouvelles musiques de films sont attendus cette année avec la prochaine sortie du quatrième épisode d’ « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » et John devrait prendre la direction d’orchestre pour le dernier « Harry Potter et Les Reliques de la Mort » avant de travailler sur le film retraçant la vie de Lincoln en 2009 avec Liam Neeson toujours sous la direction de Spielberg. Par contre, rien n’est encore annoncé pour le premier long métrage sur « Tintin ».  Pour terminer cette évocation de près de 50 ans de carrière du plus grand compositeur de musiques de films de tous les temps, je dirai qu’avec Ennio Morricone, Jerry Goldsmith et John Barry, il a largement contribué à populariser le style symphonique dans le cinéma.

Indiana Jones : Main Title
Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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