MUSIC'S NEWS

Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 22:41


*                 Pas mal, sans plus

**               Pas mal du tout

***             Bon

****           Très bon

*****         Super

******       Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....

 


 


MOBY : « WAIT FOR ME » (WARNER)****


Après "Last Night" paru l'année dernière, voici déjà le nouvel album de Moby disponible depuis le 30 juin. Avec « Wait For Me », enregistré chez lui dans son propre studio et emmené par le single « Shot In The Back Of The Head », Moby nous entraîne dans son univers bien à lui dont l'ambiance musicale est cependant bien différente de celles dans lesquelles se baignaient ses précédentes compositions. D'ailleurs, il l'avoue lui-même : cet album, il l'a voulu plus mélodique, plus silencieux, plus personnel, plus torturé aussi... Comme beaucoup d'amateurs de musique, j'ai découvert Moby lorsqu'il a « explosé » avec « Play » en 1999. Ensuite, j'ai découvert « 18 » trois ans plus tard que j'ai tout aussi apprécié. Avec « Hotel » en 2005, il a apporté un son plus « pop », alors que « 18 » était plutôt « électro-soul » et « Play » essentiellement « électro », voire proche de la « house ». Ce disque comporte de très bons morceaux comme la courte plage titulaire « Division », sublime, qui précède « Pale Horses » tout aussi excellent. Et la suite de l'album ne déçoit pas, que du contraire : il ne m'étonnerait point que « Mistake », chanté par Moby lui-même (avec des passages en français !), fasse l'objet d'un autre single, encore plus emblématique que celui qui est sorti car il me semble plus représentatif du contexte général empreint de douceur, de mélancolie, de tristesse, de romantisme même dans lequel l'album s'inscrit. Si après la lecture de cette critique, vous décidez d'acheter l'album, attardez-vous sur « A Seated Night », d'une beauté à vous donner la chair de poule. C'est certainement mon morceau préféré, un véritable « coup de cœur »... « Wait For Me » et « Hope Is Gone » nous conforte dans le fait de penser que Moby est effectivement un compositeur de grand talent. Les mélodies sont charmeuses et la voix de la belle inconnue est diablement... charmante ! Le CD se termine comme il a commencé, calmement, symphoniquement... En écoutant ce dernier titre, « Isolate » on a la nette impression de « s'isoler » du monde et de voir, comme par magie, des notes de musique multicolores descendre du ciel et venir se déposer délicatement sur une portée balayée par une brise légère... Quand vous aurez acheté ce CD, exaucez le vœu de Moby : écoutez-le au moins une fois du début à la fin... Et puis, vous vous surprendrez à enclencher la touche Repeat de votre lecteur ! Côté pochette, le génial électronicien ne nous surprend guère, il a « couché » sur une feuille blanche, à l'aide d'un simple feutre noir, un petit bonhomme avec de drôles d'antennes tout droit débarqué d'un autre monde, comme il les affectionne tant...


SIMPLE MINDS : « GRAFFITI SOUL » (UNIVERSAL)*


Franchement, le 16ème album studio du groupe écossais est une déception. Où est l'inspiration géniale des années 80 pendant lesquelles Jim Kerr et ses copains ont connu leurs plus grands succès ? Personnellement, j'attendais beaucoup mieux de cette formation qui, en 2009, fête le 30ème anniversaire de son existence. Toujours selon un avis qui n'appartient qu'à moi, les meilleurs morceaux de l'album sont « Stars Will Lead The Way » (c'est la chanson qui aurait dû sortir la première en single au lieu de « Rockets » trop formaté pour les radios), « This Is It » (nanti, pour ce dernier, d'une très bonne rythmique assurée par un excellent jeu de batterie de Mel Gaynor) et le titre en bonus track, « Rockin' In The Free World », une très bonne reprise d'un morceau de Neil Young. C'est Bob Clearmountain qui a pourtant supervisé l'accouchement du nouveau bébé. L'arrangeur n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il avait mixé « Born In The U.S.A. » pour Bruce Springsteen, « Avalon » pour Roxy Music et « Let's Dance » pour David Bowie pour ne citer que ses plus belles réussites. Que dire de plus ? En définitive, vraiment pas grand-chose, cet album est loin d'être la révolution annoncée, le « petit bijou » ou le reflet du grand retour des Simple Minds...  Loin de critiquer leur talent confirmé, la bande à Kerr a fait beaucoup mieux par le passé, en témoigne, pour n'en citer qu'un, « Street Fighting Years » en 1989 qui, par la qualité de ses compositions (il n'y a vraiment rien à jeter), refoule ce récent album à un rang de pâle figuration... 



CALOGERO : « L'EMBELLIE » (MERCURY)*****


Voici le 5ème album de Calogero, digne successeur de « Pomme C » paru deux ans plus tôt. Pour ce nouvel opus, le compositeur-interprète n'a pas hésité à s'entourer d'auteurs inhabituels, étrangers à son style musical : Dominique A lui a donné trois textes : la plage titulaire, « La Fin De La Fin Du Monde », « J'Attends » et le magnifique « Passage Des Cyclones », Grand Corps Malade, avec la complicité d'Alanna  Filippi (l'auteur d' « En Apesanteur »), a écrit le sublime « L'Ombre Et La Lumière » sur lequel le slameur dépose sa belle voix, le québécois Pierre Lapointe s'est chargé de « La Bourgeoisie Des Sensations », Marc Lavoine a rédigé le merveilleux « Nathan », le trop discret Dick Annegarn lui a offert « Tu Es Fait Pour Voler » et « Tu N'as Qu'à M'attraper », Kent a pris sa plume pour créer « L'Embellie » et, pour ne plus le présenter, l'hétéroclite Jean-Jacques Goldman est l'auteur du somptueux « C'est Dit », certainement l'une des plus belles chansons françaises de ces 10 dernières années, si pas la plus belle ! Calogero, quant à lui, s'est réservé les paroles de « Je Me Suis Trompé », le texte d' « Il Conte », la plage n° 11 sur les douze titres qui meublent cet album, étant l'œuvre de Pierre Pelù et du frère du chanteur, Gioacchino Maurici. En tout cas, Calogero ne retire que du positif de ces différentes associations et se félicite du travail accompli.  « C'est Dit » m'a beaucoup séduit par sa mélodie, la qualité de son texte, par la pudeur et la sincérité qu'il dégage. « On n'est riche que de ses amis » est une magnifique phrase. Ce sont quelques simples mots qui expriment une immense vérité. Le second single « L'Ombre Et La Lumière » est un subtil mariage de deux styles musicaux différents mais qui finissent par se rejoindre car la musique a un pouvoir magique de rassemblement. Le populaire qui frime avec le slam... quel régal ! On en redemande et quel coup de génie... Musicalement, ce Grand Corps Malade est un sacré bonhomme qui respire la santé ! Après ces deux « bombes », je place, dans l'ordre de mes préférences, « Passage des cyclones » très bien construite musicalement, avec de bonnes percussions et quelques jolies notes au piano dans le passage « tempéré », les superbes « Tu Es Fait Pour Voler » avec une floraison d'instruments « classiques », de la clarinettes aux cordes,  sur une ligne mélodique somme toute populaire, et « Nathan », avec ce texte qui vous interpelle, qui fait frémir aussi, surtout par ces quelques mots :

De ma folie à scandale
Vous y verrez la raison
Venez dans mon hôpital
Qui fait peur dans vos maisons

Calogero commence la chanson sur une très haute note avec une voix brisée comme celle d'un enfant malade qui se lamente sur son triste sort, sur sa solitude, qui serait en état « d'apesanteur », entre ciel et terre, entre le monde tel que nous le connaissons et un nouveau monde... Très beau et très émouvant à la fois comme « J'attends », une chanson en un seul mot parfaite comme on n'en fait pas souvent dans une carrière, avec un refrain très accrocheur composé de splendides liaisons musicales en crescendo. Les deux dernières chansons qui m'ont vraiment plu sont « La Fin De La Fin du Monde », un morceau que William Sheller lui-même n'aurait pas renié chanter et qu'il aurait d'ailleurs bien pu composer tellement l'ambiance musicale me rappelle son style si particulier, et « L'Embellie » qui a été subtilement choisie pour clore de maîtresse façon un album en tout point réussi.


 

MICHAEL BUBLÉ : « MICHAEL BUBLÉ MEETS MADISON SQUARE GARDEN » (WARNER)***

 

Ce CD assorti d'un DVD de Michael Bublé au Madison Square Garden de New-York n'apporte rien de neuf à la discographie du dandy-crooner canadien. C'est une mini compilation en live de 10 chansons (le producteur a été radin !) issues, pour la plupart, du dernier album « Call Me Irresponsible » de 2007 (« I'm Your Man » de l'album du même titre de Leonard Cohen sorti en 1988,  « Me And Mrs Jones » de Gamble, Huff et Gilbert pour Billy Paul en 1972, « Call Me Irresponsible » de Cahn et Van Heusen pour Judy Garland en 1962, « I've Got The World On A String » créée en 1933 par Arlen et Koehler, interprétée entre autres par Cab Calloway, Bing Crosby et Frank Sinatra en 1952, « Lost » que Michael composa avec Alan Chang et Jann Arden suite à une rupture sentimentale et qui fut le second single de l'album, et, « Everything » de Chang, Foster-Gillies et Bublé, qui se classa 46ème  au Billboard Top 100, 38ème dans les Charts britanniques, n° 2 en Italie et n° 1 en Pologne) mais aussi d' « It's Time » de 2005 (3 titres : « Feeling Good » de Bricusse et Newley qui reçut un accueil mondial mitigé lors de sa sortie en single, 162ème dans les Charts britanniques et n° 14 en Pologne, la meilleure place en Europe, où l'artiste est très populaire, « Home », du même trio que pour « Everything », plus plébiscité puisqu'il fut n° 1 au Canada ainsi que dans le classement Hot Adult Contemporary Tracks du Billboard et « Song For You » de Leon Russell, le génial créateur de « Delta Lady » pour Joe Cocker en 1969) et de son album éponyme « Michael Bublé » de 2003 qui se résume en l'unique « Crazy Little Thing Called Love » de Freddie Mercury présent sur l'album « The Game » des Queen d'octobre 1979. Le produit est disponible sur le marché sous deux formes : l'un avec une couverture orange (édition standard avec 10 titres), l'autre avec une couverture bleue (« special edition » avec deux titres en bonus : « Sway » (issu de « Michael Bublé », un cover de « ¿ Quién Será ? » un mambo composé en 1953 par Pablo Beltrán Ruiz et Norman Gimbel, interprété, entre autres, par Dean Martin en 1954) et « That's Life » (de « Call Me Irresponsible », créé par Dean Kay et Kelly Gordon, enregistré par Frank Sinatra en 1966). Les deux éditions contiennent un DVD avec un reportage d'une durée d'une heure qui montre les coulisses de ce concert ainsi qu'une autre facette moins stéréotypée de l'artiste. Bref, si vous possédez déjà les 3 albums de Michael Bublé, ce produit n'a d'attrait que pour le DVD si vous êtes vraiment fan et, éventuellement, pour s'immiscer dans l'ambiance d'un live avec les accompagnements musicaux d'un Big Band aussi affûté que dans les enregistrements studio.


 

EROS RAMAZZOTTI : « ALI E RADICI » (COLUMBIA)**

 

Après « Calma Apparente » sorti en 2005 qui était son dernier album studio en date et une compilation «  » en 2007, le bel Eros est de retour avec son 11ème opus « Ali E Radici ». Dans les bacs depuis le 22 mai, le CD a été précédé d'un single « Parla Con Me » le 24 avril : c'est une bonne chanson sans plus qui reste dans la lignée de ce qu'Eros a déjà fait auparavant, une simple mélodie qui débute par une intro facile, sans fioritures mais qui a toutefois le mérite de se laisser « siffloter » et c'est, somme toute, le but recherché par la plus populaire vedette italienne. Pourquoi ne pas prendre toujours la même recette en changeant quelques ingrédients puisque le « plat » est à chaque fois autant apprécié ? Point de vue arrangements musicaux, pose et conduite de la voix, rien à redire, c'est de l'excellent travail. Mais je ne vais pas me satisfaire de cette remarque générale, voici, outre ce titre, les autres, dans l'ordre de mes préférences, qui méritent d'êtres écoutés : « Ali E Radici », qui donne le titre à l'album, est déjà plus recherché en ce qui concerne la composition musicale; la partition impose une maîtrise totale et les changements de tons sont nombreux. Eros nous livre une interprétation parfaite, très pro avec beaucoup de sensibilité et de crédibilité également. Pour ma part, c'est le titre le plus « fort » de l'album. « L'Orizzonte » est une très bonne chanson également avec de beaux instruments classiques : piano, cordes, flûte et... timbales pour les percussions ! « Appunti E Note », la plage titulaire, et « Non Possiamo Chiudere Gli Occhi », sont les chansons les plus entraînantes et figureront, sans aucun doute, en bonne place sur la setlist de la prochaine grande tournée qui servira à promouvoir cet album aux quatre coins de l'Europe, de Rimini le 17 octobre pour finir à Milan le 10 avril après un passage au Forest National de Bruxelles pour deux concerts les vendredi 30 et samedi 31 octobre 2009.  Enfin, une version « Deluxe Edition » est disponible également avec 14 titres dont l'inédit « Linda E Il Mare » qui est repris en espagnol (« Linda Y El Mar ») ainsi qu' « Affetti Personali » (« Afectos Personales »), uniquement pour les aficionados...


 

PABLO CASALS : "THE COMPLETE PUBLISHED EMI RECORDINGS 1926-1955" (EMI)******

 

Oeuvres de

Bach, Beethoven, Brahms, Dvorak, Elgar, Bruch, Schubert, Mendelssohn, Schumann, Haydn, Boccherini, Tartini, Rimski-Korsakov/Strimer, Vivaldi/Stutschewzky, Bach/Siloti, Valentini/Piatti, Blas de Laserna, Garretta, Saderra Puigferrer, P. et E. Casals

 

Jacques Thibaud (violon), Alfred Cortot, Mieczyslaw Horszowski, Otto Schulhof, Blas Net (piano), Cobla La Principal de Gerona, Orchestre philarmonique tchèque, George Szell, London Symphony Orchestra, Landon Ronald, BBC Symphony Orchestra, Adrian Boult, Orquestra Pau Casals.

 

Fantastique ! Pour les amateurs de grande musique et, en particulier, pour les amoureux de ce fabuleux instrument qu'est le violoncelle, voici, pour la première fois rassemblée en un somptueux coffret de 9 CD, l'intégrale des enregistrements effectués par Pablo Casals pour His Master's Voice.  Le violoncelle doit beaucoup au célèbre musicien catalan et ce dernier n'aurait jamais eu la renommée internationale qu'il a acquise s'il n'avait pas choisi d'en jouer. À 4 ans, le petit Pablo joue déjà du piano et fait ensuite l'apprentissage du violon et de la flûte. C'est à l'âge de 12 ans qu'il commence l'étude du violoncelle dont il découvre peu à peu toutes les facettes avec les Six Suites de Bach (par lesquelles débutent ces enregistrements).  En 1894, il a 18 ans et il obtient une bourse pour partir à Bruxelles afin de continuer la pratique du violoncelle et se spécialiser dans la composition. Cinq ans plus tard, il arrive à Paris et c'est avec les Concerts Charles Lamoureux qu'il connaît le succès. En 1904, il franchit une étape supplémentaire sur le chemin de la gloire avec la création du fameux trio de musique de chambre « Casals, Thibaud (violon) et Cortot (piano) ». En 1920, il revient au pays, dans sa Catalogne qu'il affectionne tant et fonde son propre orchestre. C'est alors que survient la guerre civile espagnole et un changement de cap dans la vie de l'artiste qui, hostile à tout régime dictatorial, se réfugie d'abord à Paris pour ensuite se fixer définitivement à Prades, en 1939, dans les Pyrénées Orientales. Plus tard, l'arrivée de Franco au pouvoir confinera le musicien dans son lieu de retraite. En 1955, Pablo Casals est accablé par la perte de sa fidèle compagne mais peu de temps après, il se console auprès d'une jeune femme répondant au doux nom de Martita Martinez, originaire de Puerto Rico comme la maman de Casals. Sa nouvelle conquête le persuade de revenir sur les traces de sa mère. Informé de la venue du célèbre musicien et conscient de l'impact culturel qu'il peut générer, Luis Munoz Marin, le gouverneur de l'île, lui suggère d'organiser un festival similaire à celui de Prades. C'est ainsi que le 1er Festival de Puerto Rico se déroule du 22 avril au 8 mai 1957 sous la direction de Sasha Schneider suppléant Pablo Casals victime d'une alerte cardiaque. Le musicien fera de nombreuses allées et venues entre Prades et Puerto Rico où il finira ses jours le 22 octobre 1973 à l'âge de 97 ans. Encore aujourd'hui, le Festival Pablo Casals de Prades est toujours d'actualité et cette année, il fête sa 58ème édition du 26 juillet au 13 août 2009. Outre les Six Suites mythiques pour violoncelle de Bach, l'intégrale regorge de petites merveilles comme le Trio en Sol de Haydn, les Sonates de Beethoven, la Sonate n° 2 et le Double Concerto de Brahms, le Concerto de Dvorak et l'interprétation magnifique d'œuvres de Schubert, Mendelssohn et Schumann éclaboussée par l'immense talent de Thibaud, la rigueur rythmique de Cortot et le dynamisme incomparable de Casals. Un intense bonheur musical long de 10 heures 43 qui comblera le passionné ainsi que le novice avide d'élargir sa culture instrumentale et ses connaissances classiques.

Par BERNIE - Publié dans : MUSIC'S NEWS - Communauté : Parlons Zic !
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /2009 15:35

 

*                 Pas mal, sans plus

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***             Bon

****           Très bon

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U2 : « NO LINE ON THE HORIZON » (Universal/Division Az)***

Depuis "How To Dismantle An Atomic Bomb" en 2004, un disque fort moyen au demeurant, la bande à Bono était restée discrète au rayon « nouveautés ». Voici donc leur nouvel opus, le douzième, annoncé comme un retour aux sources... Soyons clairs, cet album n'est ni franchement mauvais, ni... une bombe atomique ! Certes, les morceaux qui le composent sont estampillés de leur marque de fabrique mais, mis à part les quatre premiers titres, excellents, qui dominent largement les autres, on peut être animé d'un sentiment mitigé à l'issue de l'écoute. Personnellement, la meilleure chanson de l'album est la quatrième plage, « Moment Of Surrender », la plus longue aussi (7'25), dans laquelle la voix de Bono est sublime, paraît déchirée pour encore mieux traduire l'intense émotion qui s'en dégage.

 

"Unknown Caller" 


Ensuite, dans l'ordre de mes préférences, je classerais « White As Snow », forgée dans le même moule, encore plus intimiste; une mélodie bien faite avec une orchestration dépouillée. « Unknown Caller » est un très bon morceau également, presqu'unanimement apprécié comme un titre fait pour la scène avec ses « ho ho ho ho » répétitifs et son refrain accrocheur. Côté instruments, je salue l'incursion très judicieuse d'un orgue qui ponctue également la chanson... Magnifique ! Comme l'est « Magnificent » avec une structure musicale plus mouvementée faite de percussions... percutantes et bien saccadées, certainement l'une des meilleures créations du groupe jusqu'à ce jour.

 

"Magnificent"  


Je ne passerai pas sous silence la plage titulaire de l'album qui en a donné son titre : « No Line On The Horizon » dont « Unknown Caller » en est un parfait ersatz et « Stand Up Comedy » qui, à n'en point douter, déchaînera les fans avec ses guitares ravageuses. Voilà, c'est à peu près tout ce que l'on peut retenir de cet album mais 6 bons titres sur 11, pour un groupe comme U2, c'est insuffisant. Enregistré d'abord en studios à Fez au Maroc (d'où la chanson « Fez-being born », pas convaincante) puis dans le propre studio du combo à Dublin, ensuite au Platinium Sound Recording Studios à New York et aux Olympics Studios à Londres, l'album est paru le 27 février en format vinyle ainsi qu'en CD standard avec un livret de 24 pages, en version « digipack » et, enfin, en coffret « deluxe » avec un livret encore plus complet.



PATRICIA KAAS : « KABARET, L'ALBUM DE PATRICIA KAAS » (Believe/Richard Walter Entertainment)**

On l'attendait avec impatience, ce nouvel album de Patricia Kaas depuis "Sexe Fort" paru en 2004. On y trouve diverses influences musicales : une couleur rétro, style années 30, puisée dans le Cabaret de Berlin, le jazz de Saint-Germain des Prés et enfin le tango sud-américain que l'on joue dans les quartiers de Buenos Aires. Patricia Kaas s'est beaucoup investie dans la réalisation de cet album et c'est elle également qui a imposé ses choix afin de s'entourer des auteurs et compositeurs susceptibles de lui fournir les tonalités et les couleurs musicales voulues tout en gardant une base de travail moderne. Elle s'est même mise à l'écriture pour la chanson « Une dernière fois » dont l'interprétation me fait quelque peu songer à Barbara.

 

  "Une dernière fois"


Le projet de « Kabaret » s'est dessiné avec la découverte d'une chanson allemande d'Hildegard Knef « Das Glück Kennt Nur Minuten » qui a donné « La chance jamais ne dure ». Dans le même concept est né « Faites entrer les clowns »; cependant, ces deux titres sont occultés par « Je t'aime encore » qui est, pour moi, la chanson la plus réussie, la plus aboutie au niveau du texte ainsi que de la mélodie aux relents « lounge ». « Le jour se lève » vaut le détour aussi, surtout pour la voix de Patricia qui n'a rien perdu de son éclat... avec un texte fort et... fort bien écrit. Par ailleurs, la belle nous offre une jolie reprise du « Bensonhurst Blues » d'Oscar Benton avec « Kabaret », la cinquième plage qui donne le titre à l'album.
 
 

"Kabaret"  


Le reste de l'album, malheureusement, n'est qu'anecdotique et je doute même que le titre « Et s'il fallait le faire », avec lequel Patricia représentera la France le 16 mai à Moscou lors du Concours de l'Eurovision, « kaas » la baraque... On saluera, pour terminer, l'incursion de Patricia dans l' « électro » avec l'interlude « Pigalle » qui fait très « Buddha Bar »... Bref, un album simple sans fioritures comme le déclare son interprète : « On ne s'est pas posé mille questions. On a par exemple enregistré les voix dans un musée à Avignon. On a pris notre temps en laissant les choses venir petit à petit, tout s'est fait très naturellement sans prise de tête, sans penser au grand studio, aux grands moyens ».



DICK RIVERS : « L'HOMME SANS ÂGE » (EMI)******

En prolongement de la rubrique « ON STAGE » qui lui a été dernièrement consacrée, je vous présente le nouvel album de Dick Rivers dont la sortie remonte, déjà, à juin 2008. Né de sa rencontre avec le jeune et talentueux compositeur Joseph d'Anvers en juillet 2006 au cours des Francofolies de La Rochelle, cet album mérite que l'on y accorde la plus grande attention et ce, pour deux raisons essentielles. Tout d'abord, Joseph d'Anvers (qui avait créé « Tant de nuits » pour le dernier album « Bleu Pétrole » d'Alain Bashung) écrit joliment et compose de bien belles mélodies. Ensuite, je crois que tout au long de sa carrière, Dick Rivers n'a jamais eu un album qui lui ressemble autant. La chanson « L'homme sans âge » qui ouvre l'album donne immédiatement le ton et est un parfait exemple de ce que seront les onze autres morceaux.

 

  "L'homme sans âge"


La voix du rocker est plus belle que jamais, on sent que l'artiste s'est imprégné de chaque syllabe de chaque mot afin de la restituer avec une justesse irréprochable. C'est un travail d'orfèvre, de longue haleine, résultant d'une osmose parfaite entre un artiste qui n'hésite pas à prendre un nouveau virage artistique après 47 ans de métier et un jeune auteur qui n'a pas fini de faire parler de lui... La deuxième plage « Par delà les plaines » est magnifique, c'est celle qui, pour moi, a un « petit plus ». Elle parle de l'émigration...  La musique est très belle, très douce; c'est un morceau qui s'écouterait facilement en boucle. « Sur le toit du monde » évoque la solitude; « Les braves » traite de la liberté bafouée, des innocents face à l'injustice...

 

Comment est né "L'homme sans âge" (1)  


« La première heure » est très solennelle, c'est une véritable prière, une requête pour un homme à la recherche de la lumière et d'une paix intérieure. « Attache-moi » est une ode sublime à son amour, l'amour de sa vie. Le titre de la chanson « Mon homme » est troublant, on n'en saisit pas tout de suite la signification; en fait, c'est un hommage à son père, à ses racines,... Le texte est court mais il frappe juste, il interpelle... « Les bras des femmes » est un vibrant hommage à l'assurance, à l'apaisement qu'ils procurent mais aussi au pouvoir qu'ils peuvent dégager. « La voie des anges », c'est la fin du parcours pour un « lonesome cow-boy » qui attend sa dernière heure... « Lola (veut la lune) », c'est l'histoire d'une pauvre fille en quête d'un bonheur... imaginaire. « Je reviens » est le retour d'un homme vers la femme qu'il a aimée et qu'il aime encore. Enfin, « Gagner l'horizon » est une remise en question, une sorte de bilan qui clôt l'album de fort jolie manière. En conclusion, c'est un très bon album qui, malheureusement, aura passé inaperçu aux récentes « Victoires de la Musique » mais ce blog est là pour réparer cet oubli malencontreux... 10/10, Mister Dick !

 

  Comment est né "L'homme sans âge" (2)




STARSAILOR : « ALL THE PLANS » (Virgin Records/EMI)*****

Voici le quatrième album de Starsailor, formation composée de James Walsh (chant et guitare), James Stelfox (basse), Barry Westhead (piano) et Ben Byrne (batterie), après « Love Is Here » (2001), « Silence Is Easy » (2003) et "On The Outside" (2005). Produit par Steve Osborne (qui s'était déjà occupé de "Love Is Here"), les quatre compères originaires de Chorley en Angleterre proposent, comme dans leur premier opus, une pop romantique après « On The Outside » qui était résolument plus rock. Et ça me plaît vraiment beaucoup. « All The Plans » contient des petites merveilles qui vous donnent la chair de poule. D'abord, le titre d'ouverture « Tell Me It's Not Over » n'est pas mal du tout; que du contraire, ce morceau a de la pêche et le piano de Barry Westhead est bien séduisant. C'est de bon augure pour la suite et on n'est pas déçu. La seconde plage « Boy In Waiting » est un joyau : la voix de James Walsh est splendide et l'orchestration parfaite.

 

"Tell Me It's Not Over"  

 

"Boy In Waiting"    


La suite est toute aussi heureuse : « The Thames » est plaisante, entraînante avec une guitare aux allures folk voire country. « All The Plans » est également une excellente chanson avec une belle ligne mélodique. En tout cas, les quatre premiers morceaux sont impeccables, ce sont des « cartons pleins ». « Neon Sky » est la chanson la plus longue de l'album; là encore, c'est irréprochable. C'est une jolie ballade admirablement bien structurée et James Walsh nous charme de la qualité de sa tessiture. Avec la chanson suivante, « You Never Get What You Deserve », bonjour les frissons ! Instrumentalement, c'est très bien joué, la partition est rondement menée avec maîtrise et beaucoup de talent. La deuxième partie de l'album est du même acabit. La ballade « Hurts Too Much » est émouvante, poignante, interprétée avec énormément de passion. Si les quatre derniers titres retiennent un peu moins l'attention, ils ne sont pas à négliger. La qualité reste de mise, les compositions sont soignées; ce n'est pas étonnant que le groupe ait travaillé longtemps avant d'aboutir à un tel résultat. De ceux-ci, j'extraie « Listen Up », certainement une chanson faite pour le « live », à taper dans ses mains... Un excellent album que je vous recommande et qui existe sous deux formats : le CD « standard » contenant 11 titres et un autre « deluxe » avec 2 CD dont le second reprend six des 11 morceaux du CD 1 en version « acoustique » plus un inédit, « Merry Go Round » qui vaut le détour par sa délicatesse.



BRUCE SPRINGSTEEN : « WORKING ON A DREAM » (COLUMBIA Records)***

Sorti le 27 janvier 2009, "Working On A Dream" est le 16ème album studio du "Boss". Sincèrement, il est loin d'égaler la qualité de « The Rising » (2002). Certes, ce nouvel opus contient de bonnes chansons mais elles ne font pas « frémir » comme celles qu'il avait écrites au lendemain des attentats terroristes qui avaient secoué les Etats-Unis le 11 septembre 2001. Enregistré avec son fidèle groupe « The E Street Band », l'album est dédié à l'un de ses membres, Danny Federici, décédé le 17 avril 2008 à l'âge de 58 ans, qui officiait à l'orgue et, quand la partition l'imposait, jouait de l'accordéon ou du glockenspiel (un instrument de percussion, similaire au xylophone, constitué de lamelles en métal alors que celles de ce dernier sont en bois). La chanson qui donne le titre à l'album a été interprétée pour la toute première fois le 2 novembre 2008 par Bruce Springsteen à Cleveland lors de la campagne présidentielle de Barack Obama. « Working On A Dream » est, bien évidemment, le titre qui « emmène » l'album, celui que l'on entend le plus souvent à la radio.

 

"Working On A Dream"  


La ritournelle est simple, sobre et efficace car elle capte la mémoire collective et se laisse, par exemple, siffloter sous la douche. Heureusement, il y a beaucoup mieux comme la chanson d'ouverture « Outlaw Pete », superbe, qui dure 8 minutes et qui, personnellement, est la meilleure création sur cet album. D'autres morceaux retiennent l'attention : « My Lucky Day », la chanson la plus rythmée de l'album, distille un refrain « facile », répétitif mais terriblement séduisant avec une partition musicale qui met bien en valeur la formation instrumentale qui accompagne le « Boss ».

 

"My Lucky Day"  


Au rayon des bonnes surprises, plaçons la très agréable « This Life », les gentilles ballades « Queen Of The Supermarket » et « The Last Carnival », encore plus dépouillé, avec une guitare sèche et de jolis chœurs en clôture, « Good Eye », un bon vieux blues poussiéreux que John Lee Hooker lui-même n'aurait pas renié, « Tomorrow Never Knows », du pur country, bien fait, tellement bien chanté que l'on regrette que ce soit si court (2 minutes 14), ainsi que l'inédite « The Wrestler », la chanson du film qui salue le retour au premier plan de Mickey Rourke. Produit et arrangé par Brendan O' Brien qui en est à sa 4ème collaboration avec Sprinsteen après « The Rising » (2002), « Devils and Dust » (2005) et « Magic » (2007), les sessions se sont déroulées durant les breaks de la tournée de promotion du précédent album. Bruce Springsteen sera de passage en France le 16 juillet prochain à Carhaix au « Festival des Vieilles Charrues ».



ROLANDO VILLAZON : « HANDEL » (Deutsche Grammophon)******

Pour commémorer le 250ème anniversaire de la mort de Georg Friedrich Haendel, Rolando Villazon consacre son nouvel album à 15 airs issus de quatre opéras de l'illustre compositeur allemand (1685-1759) : « Tamerlano », « Rodelinda », « Xerxès », « Ariodante » et d'un oratorio, « La Resurrezione ». L'initiative entreprise par le Ténor dont on connaît l'éclat et la puissance de la voix, peut paraître surprenante voire hasardeuse. Comment a-t-il pu s'intéresser à cette musique baroque du XVIIIème siècle ? Le gentil bougre avoue que c'est en achetant un disque de Cecilia Bartoli chantant du Vivaldi que l'idée lui est venue. En tout cas, je lui accorde une mention « très bien » car Rolando Villazon a exploré une nouvelle technique de chant afin que sa voix convienne à la musique baroque. L'opportunité se présenta lorsqu'il fit la rencontre d'Emmanuelle Haïm, la talentueuse claveciniste et chef d'orchestre. Elle le convainquit d'enregistrer un CD d'œuvres de Monteverdi (célèbre compositeur italien connu notamment pour « L'Orfeo » qui est considéré comme étant le premier opéra et dont les compositions se situent à la charnière de la Renaissance et de la musique baroque). L'artiste mexicain a donc décidé d'innover en s'attaquant au répertoire baroque et pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Pour ce projet audacieux, il s'est associé à Paul Mc Creesh et à ses Gabrieli Players qui sont des spécialistes dans ce genre en Grande-Bretagne.

 

Vidéo promo de l'album (extraits)  


Le Ténor n'a pas lésiné sur le travail, sur la « rééducation » de sa voix dont il a découvert de nouvelles couleurs mais laissons-le plutôt s'exprimer : "Si j'avais le sentiment d'avoir besoin de limiter ma technique pour chanter cette musique, cela reviendrait à dire: "Pour chanter ce répertoire, il faut avoir des moyens limités." Mais je ne vois pas les choses ainsi. L'énergie dont on a besoin pour le répertoire baroque est la même que pour la musique ultérieure, l'intensité est la même, et il faut songer tout autant aux couleurs vocales." Rolando Villazon et Paul Mc Creesh ont « épluché » de nombreux airs pour ténor d'Haendel et parmi ceux qu'ils ont choisis, plusieurs ne sont pas du tout destinés à la voix de ténor car ils sont écrits dans le grave et ne conviennent pas à une voix brillante et puissante comme celle de Rolando. Dans ce CD, Rolando interprète des airs de mezzo tels « Dopo notte » et « Scherza, infida » (extraits d' « Ariodante »), « Ombra mai fu », « Più che penso » et « Crude furie » de « Xerxès », les autres morceaux étant tous écrits pour ténor. Et puis il y a surtout les airs fabuleux de Bajazet dans « Tamerlano », notamment celui de sa mort, dans lesquels Rolando Villazon nous démontre toute l'étendue de son registre vocal et on a vraiment la nette impression qu'à certains passages, il prend son souffle pour la dernière fois... Un disque exceptionnel pour un Ténor qui l'est tout autant !

Par BERNIE - Publié dans : MUSIC'S NEWS - Communauté : Musiques
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