Johnny Hallyday

Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /2008 18:37

Comme promis et évoqué dans l’article sur l’album « Lorada », voici ma critique personnelle et mes commentaires sur les chansons qui composent le dernier opus de Johnny Hallyday : « Le cœur d’un homme ».

Mais avant l’analyse, parcourons d’abord l’ordre des titres :
1.
Monument Valley
(Christian Lejalé / Yvan Cassar - Laurent Vernerey)
2. Être un homme (Marie-Laure Douce / Yvan Cassar - Laurent Vernerey)
3. Always (Didier Golemanas - Alain Goldstein / Didier Golemanas)
4. Chavirer les foules (Michel Mallory)
5. Vous madame (Jacques Veneruso)
6. Je reviendrai dans tes bras (Jean Fauque / Fred Blondin)
7. Que restera-t-il ? (Didier Golemanas)
8. T'aimer si mal (featuring Taj Mahal) (Marc Lévy / Yvan Cassar)
9. Ma vie (Bruno Putzulu / Yvan Cassar- Laurent Vernerey)
10. Laquelle de toi (Bernard Droguet / Fred Blondin)
11. Sarbacane (Francis Cabrel)
12. Ce que j'ai fait de ma vie (Bernie Taupin / Jim Cregan)

      Adaptation française : Lionel Florence
13. I am the blues (Bono - Simon Carmody)

2 autres parties suivront avec en exclusivité l'histoire de toutes les chansons de cet album racontées par Johnny himself et la dernière reposera sur l'équipe d'auteurs-compositeurs qui ont collaboré à la confection de ce très bon CD.

 

Monument Valley

Dès les premières notes de musique, nous plongeons vraiment dans les racines les plus profondes du blues. « Monument Valley » est une parfaite introduction qui donne le ton sur ce que sera, majoritairement, la suite de l’album. Une atmosphère « poussiéreuse » dans le sillage des « Harley Davidson » qui tracent à toute vitesse dans ce fabuleux décor… Et ça sent bon le cuir et la fumée du joint fraîchement mouillé… La rythmique bien qu’étant cadencée est discrète pour laisser la place aux guitares sèches et électriques. Celles-ci sont dominantes dans le morceau habilement maquillé de chœurs judicieux. Et l’on dirait que Johnny a chanté ça durant toute sa vie ! Très bonne chanson d’ouverture, donc, avec une parfaite réalisation musicale du Maître Yvan Cassar.

« Être un homme » est, du moins pour ma part, une meilleure chanson encore. Déjà par le rythme plus soutenu, plus martelé et qui colle bien avec la voix de Johnny qui s’accorde admirablement. Et cet harmonica impertinent, bien présent, qui s’intercale entre les cordes… Excellent ! Yvan Cassar effectue là aussi un travail impeccable, précis, fouillé.
Par contre, je serais beaucoup moins élogieux en ce qui concerne « Always » qui flaire à coup sûr la bonne chanson de « variétoche » avec un refrain qui, dès qu’on l’entend, ne quitte pas nos oreilles… Et on se surprend même à le fredonner ! C’est « l’intrus » de l’album, un clone à « Marie » qui, heureusement, ne dure que 2 minutes 45 !


« Chavirer les foules »
 

On est rapidement rassuré avec « Chavirer Les foules » qui nous permet de retremper dans ce bain de blues bien mousseux… telle une bonne bière que l’on déguste en écoutant cette composition de qualité écrite par son bon vieux copain de toujours… Michel Mallory ! Ce dernier connaît parfaitement la recette et c’est très réussi. Le texte ne nous déçoit pas non plus et exprime tout ce que Johnny a provoqué durant sa très longue carrière…
« Vous Madame » est également bien charpentée sur le plan musical ; par contre, pour les paroles, Veneruso aurait pu sincèrement trouver autre chose… Le « Revenez plus tard » est longuet et sa répétition devient un peu lassante sur la fin… Ne retenons donc que la partition musicale qui masque les réelles faiblesses d’un texte à oublier au plus vite…
La chanson suivante est beaucoup mieux… « Je reviendrai dans tes bras » est plus solide, plus franche malgré quelques répétitions superflues. Un changement de rythme supplémentaire n’aurait pas été non plus inutile : le refrain, statique, ne subit pas de variations transcendantes. Mais là n’est pas le plus important, ce qui est primordial dans la chanson, c’est la sensibilité qui se dégage de son interprète et je dirais même plus : la dévotion…
 

« Que restera-t-il »


« Que restera-t-il » est, personnellement, la plus belle chanson de l’album. Ce n’est pas du blues, c’est plutôt une (très jolie) ballade aux sonorités « country ». C’est très mélodieux avec beaucoup de variations aussi bien dans les couplets que dans les refrains. Golemanas signe une partition très aérée qui permet à la belle voix de Johnny de « vagabonder » entre les notes avec une étonnante facilité. Le texte est bien « frappé » en forme de bilan, de regrets, de questions à propos d’une fin qui s’annonce sur le plan artistique mais aussi sur la vie dont l’horizon, au loin, rétrécit… Très beau et très émouvant à la fois.


« T’aimer si mal »


Le blues est à nouveau à l’honneur avec « T’aimer si mal » et on retrouve les ingrédients habituels avec, toutefois, encore plus de générosité que dans les autres morceaux de l’album. Une seule ombre au tableau : mais quelle mouche a donc piqué Taj Mahal pour chantonner quelques mots dans un français presqu’incompréhensible ? Il aurait donc pu se passer de cette participation vocale suggestive, surtout en français ! Sur le plan musical, rien à redire; c’est du très bon avec quelques passages savoureux notamment sur le jeu de l’harmonica.
« Ma vie » est une variante à « Que restera-t-il » pour le texte qui évoque les années qui passent, la perte d’amis, la crainte de la solitude… Johnny s’adresse à sa vie comme à une personne qui ne regarde pas derrière elle, qui avance implacablement sans se soucier de quoi que ce soit. La musique, quant à elle, est du style « rock FM » comme on en balance à longueur de journée sur des radios « U.S. »… C’est honorable sans plus mais c’est tout de même encore de l’excellent travail au niveau de l’harmonie des instruments. Yvan Cassar est derrière la console et on sent inévitablement son empreinte. C’est très propre, très pro.
La plage suivante est une petite perle, tant au niveau des paroles que de la musique : un texte qui parle de deux êtres très différents qui se cachent sous les traits d’une seule et même fille. Deux personnalités très controversées, placées aux antipodes, l’une par rapport à l’autre… et ça amuse plutôt Johnny ! En ce qui concerne l’accompagnement musical, les percussions sont subtiles, un touché de guitare sèche bien régulier et plein d’effet qui supplante des guitares électriques toniques… Oui, « Laquelle de toi » est vraiment très agréable à écouter. A coup sûr, elle figure dans mon « top 5 » des meilleures chansons de l’album. Bravo aux auteurs et coup de chapeau à Fred Blondin dont le talent n’a jamais été reconnu à sa juste valeur…


« Sarbacane »


Nul point de présenter « Sarbacane » pour qui connaît un tantinet la bonne chanson française… C’est l’un des plus gros succès de Francis Cabrel que Johnny, ici, reprend avec beaucoup de panache et d’enthousiasme. Il a voulu « se la faire » et, ma foi, c’est réussi. En langage cinématographique, c’est un bon « remake », plus dur, plus « viril » encore que la mouture initiale; Johnny a voulu en remettre « une couche » et, en tout cas, ça accroche… 

« Ce que j’ai fait de ma vie »


« Ce que j’ai fait de ma vie » est encore un récapitulatif sur le parcours d’une vie abordé dans sa dernière tranche. Il est bien mélancolique, notre cher Johnny, comme s’il sentait le souffle de la mort dans son dos. Il ne veut pas partir ainsi sans rien dire, il a besoin de se « confesser ». Et il est plutôt sévère dans son introspection existentielle : il se demande à quoi il a servi ! Mais notre idole se ressaisit bien vite, il éteindra les lumières des projecteurs le cœur léger, l’esprit libre avec le sentiment du devoir accompli, malgré les erreurs et les mauvais choix. Très belle chanson qui donne la chair de poule avec une voix du tonnerre comme si elle voulait atteindre les étoiles…
On attendait la chanson que Bono avait écrite spécialement pour Johnny au tournant… Malgré un anglais parfait et une conduite vocale irréprochable, on est en droit de se montrer déçu. On a beau écouter et réécouter le morceau, ça sonne trop « U2 » et ça ne convient pas forcément à Johnny qui, pourtant, tire très honorablement son épingle d’un jeu musical désordonné, discordé, figé. « I’m The Blues » est un très bon titre de chanson sur laquelle Johnny aurait pu complètement s’identifier mais elle aurait dû mériter une toute autre composition musicale, beaucoup plus en phase avec le contexte de l’album. Dommage…
Pour être complet, signalons qu’un inédit figurait sur le single « Always » : « Ce blues maudit », injustement absent sur l’album, dont la partition musicale se serait bien substituée à celle du titre qui clôt le CD. C’est un blues lent qui se traîne et qui aurait pu constituer un épilogue idéal…


MON CLASSEMENT DES CHANSONS DANS L’ORDRE DE MES PRÉFÉRENCES
 :

1.    QUE RESTERA-T-IL
2.   
CE QUE J’AI FAIT DE MA VIE
3.   
ÊTRE UN HOMME
4.   
LAQUELLE DE TOI
5.   
MONUMENT VALLEY
6.   
CHAVIRER LES FOULES
7.   
MA VIE
8.   
JE REVIENDRAI DANS TES BRAS
9.   
SARBACANE
10.
 T’AIMER SI MAL
11.
 VOUS MADAME
12.
 I’M THE BLUES
13.
 ALWAYS

À SUIVRE...

Par BERNIE - Publié dans : Johnny Hallyday - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Samedi 10 novembre 2007 6 10 /11 /2007 15:40
Johnny Hallyday et Claude François, quoi qu’on en dise, se respectaient et s’estimaient énormément : deux styles tout à fait différents, les deux chanteurs les plus idolâtrés de la chanson française… 

Mis dos à dos par la presse et leur fan club respectif, les deux « monstres » se sont toujours battus pour être le numéro 1… Ils l’ont été, l’un comme l’autre, d’une façon ou d’une autre… Johnny illumine encore de nos jours la scène française, il la domine outrageusement; ses spectacles sont irréprochables, tout est réglé minutieusement. Les investissements qu’il entreprend pour la préparation et la réalisation de ses shows exceptionnels sont hors du commun. 

Aucun autre artiste, aujourd’hui, ne peut le rivaliser. Il en va de même pour la qualité musicale. Johnny s’est continuellement attaché les services des meilleurs musiciens; les arrangements sont soignés et fignolés après de nombreuses et longues répétitions. La perfection, c’était également le souci majeur de Claude François.

A ce propos, Johnny lui rendit un vibrant hommage le jour de sa mort :

« La chanson française a perdu avec lui un de ses plus grands artistes. Méticuleux à l’extrême, il ne voulait jamais rien laisser passer et répétait ses shows jusqu’à ce qu’ils soient parfaits mais il était d’une exigence telle qu’il n’était même pas content lorsque c’était parfait. Et il recommençait. »

En 1997, dans son autobiographie « Destroy », Johnny déclare : « En 1985, quand j’interprète Le chanteur abandonné, l’un des titres forts de Rock’n’roll attitude, c’est à Claude François que je pense. Claude que j’adorais malgré toutes nos différences. »

Il le confirme lors d’une interview; il affirme qu’il n’a jamais connu un chanteur incarner autant la solitude, que seul lui savait ce que ce mot voulait dire…

Enfin, lors d’une dernière évocation de son éternel rival, il va même jusqu’à avouer : « Claude était un grand artiste et un grand professionnel. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir pu le fréquenter comme je l’aurais voulu, de ne pas avoir eu le temps d’approfondir notre amitié. J’aurais tellement aimé faire un jour, un grand spectacle ou un disque avec lui ». Je pense sincèrement que nous l’aurions tous également souhaité !

Num--riser0016.jpg A plusieurs reprises, les deux grands vont se croiser. C’est en 1963 lors d’un spectacle proposé dans le majestueux temple de l’Olympia où Johnny est venu voir Sylvie Vartan qu’il rencontre Cloclo pour la première fois. En 1966, Cloclo répond présent à l’invitation de Guy Lux dans le Palmarès de la Chanson du 7 avril qui consacre entièrement son émission à Johnny. Comme les autres artistes, il se complaît gentiment à interpréter une chanson de Johnny et choisit « Retiens la nuit ». Malheureusement, ils n’ont qu’un simple contact par voix interposées…
Un an plus tard, ils échangent des propos dans une même émission de télévision et, malgré de flagrantes divergences d’accoutrement, les deux chanteurs passent ensemble un très bon moment. A tour de rôle, ils parlent de leur actualité et tout se déroule dans la bonne humeur, voire dans une étonnante et remarquable complicité !

Num--riser0015.jpg Leurs chemins coïncident par la suite le 27 mars 1969 lorsque Claude est venu soutenir sa « pouliche » Liliane Saint-Pierre qui chante en première partie d’Antoine que Johnny est venu étrangement applaudir. Visiblement, ils se retrouvent avec beaucoup de plaisir et profitent pour parler musique et vie privée.
Les deux stars semblent tellement proches qu’un mois plus tard, Cloclo vient assister au show de Johnny au Palais des Sports !


243509.jpg
Num--riser0018.jpg
En juin 1977, Cloclo participe à un grand souper à l’Elysée Matignon organisé à l’occasion de l’anniversaire de Johnny. Les retrouvailles sont dantesques, les bouteilles de grand cru s’accumulent à leur table, d’autant plus que Michel Sardou et Démis Roussos se joignent à eux !
Claude François décide alors d’inviter Johnny à venir passer un week-end au moulin. Mais ce dernier ne gardera pas un grand souvenir de son séjour à Dannemois. Alors que tout avait bien commencé (échanges mutuels de cadeaux), Cloclo s’amusa à épater Johnny de ses connaissances œnologiques et lors de la projection du show « Elvis Aloha from Hawaii », il signala à son invité que les chœurs derrière Elvis chantaient faux ! Ce dernier ne l’entendit pas de la même oreille et le dimanche matin, il quitta le domaine à pas feutrés sans attendre le réveil de son hôte pour le saluer…


Je vous propose deux vidéos, l’une de Johnny avec « Le chanteur abandonné » et l’autre de Cloclo avec « Retiens la nuit ».


Le Chanteur Abandonné ( Clip 1985 )


Retiens la nuit
 

Par BERNIE - Publié dans : Johnny Hallyday - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Partager    

Présentation

  • : 28/10/2007
  • : LA MUSIQUE POUR TOUJOURS
  • : Biographies d'artistes et liens avec Claude François - Récits sur Claude François - Critiques personnelles de CD (collection propre) traitant les genres suivants : Musique Classique, Pop, Rock, Jazz, Soul, Funk, Disco, Rythm'n'blues, Blues, Chansons Françaises et Musiques de Films
  • : Rock Pop Jazz Blues Soul Musique
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Profil

QUELLE HEURE ?

 

 



Recommander

Créer un Blog

Recherche

PROCHAINEMENT

MADE IN BELGIUM

Machiavel

MACHIAVEL

Calendrier

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

LA MUSIQUE POUR TOUS/LIENS


RETROUVEZ MARC YSAYE
DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE "MAKING OF"
DE 15 H À 15 H 30
ET CHAQUE DIMANCHE DANS
"LES CLASSIQUES" DE 9 H À 12 H
SUR
link


link

link

link

link

ANDRÉ TORRENT
LES SAMEDI ET DIMANCHE
DE 4 H 30 À 7 H
"UN TORRENT DE MUSIQUE"
SUR

link

LA MUSIQUE POUR TOUJOURS

EST UNE

toute la culture sur ulike

LES CD

KYLIE MINOGUE
"APHRODITE"
(EMI)
  

kylie


STING
"SYMPHONICITIES"
(DG)

sting

 

LES DVD

BRUCE SPRINGSTEEN &

THE E-STREET BAND
LONDON CALLING LIVE

IN HYDE PARK

(COLUMBIA)

 

bruce

LOHENGRIN

 (DECCA)

lohen

 

S'INFORMER SUR LA MUSIQUE


PLATINE
LE MAGAZINE
DE LA VARIÉTÉ
Platine

JUKE BOX MAGAZINE
  



OPÉRA MAGAZINE

 

opéra magazine

DIAPASON

diapason


 

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés