Chanson Française

Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 11:46

J'adore Claude Nougaro. Je pense qu'il incarne vraiment, comme le titre de la chanson de Michel Sardou, « Le Chanteur de Jazz ». Je regrette aussi de n'avoir jamais eu l'occasion d'aller le voir sur scène. Plusieurs de ses chansons m'ont marqué : tous ses tubes des années 60 (d' « Une Petite Fille » à « La Pluie fait des Claquettes »), « Dansez sur moi » et « Tu verras » dans les seventies,  celles qui composent les deux albums qui ont marqué dans son retour fracassant en 1987 après que Barclay n'ait pas renouvelé son contrat (« Nougayork » et « Pacifique » enregistrés tous les deux aux Etats-Unis, l'un à New-York et l'autre à Los Angeles) et enfin, son avant- dernier album « Embarquement immédiat » où il n'y a rien à jeter, comme on dit. Cette nouvelle évocation comprendra bien évidemment une biographie résumée avec les principaux albums qui, pour ma part, doivent absolument figurer dans toute bonne « cédé thèque » et la présentation d'un très beau coffret CD/DVD retraçant la « résurrection » de Claude Nougaro. Claude pousse son premier cri le 9 septembre 1929 dans cette bonne vieille ville de Toulouse qu'il chérira tant. Il est inévitable que plus tard, il professe au sein du monde artistique : son père est premier baryton à l'Opéra de Paris et enseigne le piano.  Ses grands-parents pratiquent le chant dans une chorale. Quand il évoque ses souvenirs d'enfance, Claude déclare : « La musique, c'est mon père chantant, et ma mère, au piano, répétant l'opéra classique, Massenet, Rossini, Bizet... J'aimais beaucoup les airs, surtout Carmen. A travers mon père, la musique m'est vite apparue indissociable d'une action dramatique et d'un texte ». A 12 ans, il découvre le jazz à travers Louis Armstrong, Bessie Smith et Glenn Miller. Il sait déjà que le jazz, ce sera toute sa vie... Quatre ans plus tard, en 1945, il rédige ses premiers textes sur des musiques de Ravel et du saxophoniste Don Byas. C'est en 1952 qu'il tente sa chance à Paris et son destin le conduit aux « Deux Mégots » où il fait la connaissance de l'écrivain et poète Jacques Audiberti qui va le prendre en affection et se conduire comme un père avec lui. Un an plus tard, Claude Nougaro monte pour la première fois sur les planches à Montmartre, au « Lapin Agile », en récitant des textes.  1955 est une année importante pour Claude puisqu'il écrit « Les pantoufles à papa » pour Philippe Clay sur une musique de Jean Constantin qui connaît un succès retentissant. Mais ce n'est que 3 ans plus tard qu'il fait paraître son premier 45 tours 4 pistes chez le label « Président » avec quatre titres qui passent plutôt inaperçus : « Maman m'l'a dit », « Tiens-toi bien mon cœur », « Toutes les musiques » et « Vachement décontracté ».

Toutefois, la première chanson qui retient l'attention figure sur un 25 cm sorti en octobre 1958 et s'intitule « Les Anges », composée par Henri Salvador. Nanti de cette reconnaissance et de quelques bonnes chansons sans plus, Claude effectue sa première tournée en compagnie de Dalida et Marcel Amont.

Ce beau début de carrière ne lui monte pas à la tête et il n'oublie pas celui qui, le premier, a cru en lui : en 1961, il héberge Jacques Audiberti dans son appartement de l'Avenue des Ternes où il séjournera pendant un an. En avril 1962, c'est un autre 25 cm qui, cette fois-ci, le révèle au grand public avec 3 chansons inoubliables : « Une Petite Fille », qu'il écrit avec Jacques Datin, « Le Cinéma », avec la complicité de Michel Legrand, et, « Le Jazz et la Java » encore avec Jacques Datin, sur un thème de Josef Haydn. Il confie également : « J'ai toujours été influencé par le cinéma, alors j'écris une chanson comme un metteur en scène fait un découpage, plan par plan ». L'année d'après, toujours au mois d'avril et en compagnie de Jacques Datin, il signe l'une de ses plus belles chansons : « Cécile, ma fille ». 1964 marque une étape cruciale dans la carrière de Claude Nougaro : désormais, c'est Maurice Vander qui se charge de la direction musicale et prend ainsi la place de Michel Legrand. De plus, il s'adjoint les services du très réputé Eddy Louiss (très connu dans le milieu du Jazz français) à l'orgue-Hammond.

 

"Le Cinéma"

"Le Jazz et la Java"

"Cécile, ma fille"


La même année, il sort un nouveau 45 tours avec le formidable « Je suis sous... (Marie-Christine) » toujours avec Jacques Datin. L'auteur-compositeur Hubert Giraud incorpore son staff en travaillant avec lui sur les trois autres chansons de ce « 4 pistes ». L'année suivante, c'est avec une énorme tristesse que Claude apprend le décès de son ami et père spirituel Jacques Audiberti pour qui il écrira « Chanson pour le maçon » qui figurera sur un 33 tours en juin 1966. Mais avant ce disque, signalons, en mai 1965, la sortie d'un 45 tours avec un autre titre fort : « Sing Sing Song » et qui contient également « A bout de souffle » tiré d'un original de Dave Brubeck. Il ne manquera pas d'inclure ce dernier titre à son tour de chant qu'il interprétera à la façon d'un coureur à pied qui s'entraîne. A ce sujet, il déclare : « J'ai eu besoin de courir et c'est en chantant cette musique que je me suis rendu compte de l'importance respiratoire pour le chant. M'est venue l'idée de mettre les poumons en scène ». En juin 1966 donc, c'est un nouveau 30 cm pour Claude avec 3 autres fabuleuses chansons : « Bidonville » qui marque son incursion dans la musique brésilienne (l'original est signé Baden Powell et Vinicius de Moraes), « L'amour sorcier » où il nous régale de sa ferveur pour les rythmes africains et « Armstrong », l'ode qu'il consacre au merveilleux trompettiste de jazz.

"Bidonville"

"Armstrong"

"Toulouse"


Les tubes s'accumulent auxquels s'ajoute « Toulouse » en avril 1967, une fresque musicale grandiose dédiée à la ville qui l'a vu naître. Claude Nougaro s'occupe également de la décoration du recto de la pochette qui abrite ce 45 tours : ayant un talent fou de portraitiste, il ne manque pas d'utiliser un de ses nombreux dessins pour cette occasion. Un an plus tard, il accouche d'une nouvelle « galette » avec deux excellents titres : « La Maîtresse » en face A mais c'est surtout la face B, « Quatre boules de cuir » qui recueillera le plus de suffrages. Claude finit 1968 avec un nouveau 45 tours : « Paris mai », précurseur du rap, dont il est aisé de deviner la provenance de l'inspiration et surtout, pour ma part, « La pluie fait des claquettes » que j'ai toujours énormément apprécié aussi bien pour les paroles que pour la partition musicale. C'est au mois d'avril 1969 que sort le premier « live » : « Une soirée avec Claude Nougaro » enregistré en public à l'Olympia.


Le début des années 70 est assez calme et il faut attendre septembre 1973 pour trouver un nouveau « hit » digne de ce nom : « Dansez sur moi » qui annonce l'album « Locomotive d'Or ». Il s'entoure de nouveaux musiciens : le contrebassiste Luigi Trussardi, le batteur Charles Bellonzi, le percussionniste Youla Fodé se joignent aux fidèles Eddy Louiss à l'orgue et bien sûr Maurice Vander au piano.


En mai 1974, Claude s'offre une petite récréation pour l'album qui porte le même nom avec des reprises, notamment, de Brel (« Mathilde »), Mouloudji (« Un jour tu verras »), Trenet (« La Java du diable ») et Gainsbourg (« La Javanaise »), des auteurs qu'il affectionne tout particulièrement. 1974, c'est aussi la deuxième fois qu'il se produit en vedette à l'Olympia avec un tour de chant sous influence brésilienne, expérience qu'il renouvelle en tournée en 1975 avec la présence à ses côtés du célèbre guitariste Baden Powell, de la chanteuse Tania María et du duo brésilien de chanteurs travestis « Les Etoiles ». L'année suivante, Claude Nougaro change de marque de disques, il signe chez Barclay et enregistre « Femmes et famines », un 33 tours avec le titre « Brésilien » qui avait précédé l'album et qui était sorti en 45 tours en juillet 1975. Toujours en 1976, il enchaîne avec « Comme une Piaf » avant de sortir un nouvel « Olympia 1977» en mars 1977 qui comprend l'excellent morceau « Plume d'Ange ».  

"Tu verras"


1978 est une grande année pour Claude : il se voit méritoirement récompensé pour son sublime album « Tu verras » par l'Académie Française Charles Cros qui inclut deux autres superbes chansons : « Nobody knows » en plage titulaire et « Mon disque d'été ». Les années 70 se terminent par la composition, avec Maurice Vander, d'une musique de film : « L'ordre et la sécurité du monde » de Claude D'Anna en juillet 1978 et un nouvel « Enregistrement public : Nougaro 79 » en février 1979. La nouvelle décennie commence par la parution du 33 tours « Assez » sur fond de révolte dont s'extrait « Le Coq et la Pendule ». L'année suivante, c'est « Chansons nettes » qui salue l'arrivée du batteur de jazz Aldo Romano et de l'accordéoniste Richard Galliano qui devient par la même occasion son nouveau directeur musical. En mars 1982, Gérard Lauzier le sollicite pour la composition de la musique de son film « T'empêches tout le monde de dormir ». Au cours du même mois, il sort un nouveau 45 tours « Cadencé » avec la participation de Baden Powell. Claude sortira encore trois albums pour Barclay : « Ami Chemin » en mai 1983 avec le subtil « Very Nice », « Bleu Blanc Blues » en avril 1985 qui comprend également, outre la chanson qui donne le titre à l'album, « Réunion » faisant référence à l'Île de la Réunion où il rencontre la quatrième femme de sa vie : Hélène, de 36 ans sa cadette, qu'il épousera le 12 avril 1994 et, enfin, « Nougaro sur scène » en octobre 1985. L'actualité musicale de Claude reste muette en 1986 et cette discrétion est peut-être à la base de la rupture avec Barclay qui le prie d'aller voir ailleurs. Dégoûté, Claude vend sa maison et part avec Hélène s'exiler à New-York où la veuve de Charles Mingus l'invite à venir habiter sous son toit. Le producteur Mick Lanaro le recommande auprès de Philippe Saisse, un claviériste de jazz, originaire de Marseille.


"Nougayork"

De cette association naît l'album de la « revanche » baptisé « Nougayork » distribué par WEA en octobre 1987 qui, en un rien de temps, se retrouve en tête des ventes des albums. Outre « Nougayork », l'album inclut deux autres formidables chansons : « Lady Liberty » et le très émouvant « Il faut tourner la page ». Claude Nougaro reviendra en France en grand triomphateur pour recevoir 2 « Victoires de la Musique ». Les deux statuettes dans les bagages, il repart pour Los Angeles pour enregistrer « Pacifique » en octobre 1988 avec les excellents « Los Angeles Eldorado », « Vive l'Alexandrin » et une très belle mélodie composée en hommage à son père « Toi là- haut ».


En avril 1989, il retrouve la France à travers le Zénith où il fait une série de concerts dont un enregistrement « Zénith Made In Nougaro » qui paraît en octobre 1989. 1991 est synonyme de bilan pour Claude Nougaro. Il enregistre une version « dépouillée » des chansons qui ont compté dans sa carrière... et c'est Maurice Vander qui l'accompagne au piano. Maurice Vander qui est toujours là quand Claude a besoin de lui... L'album « live » qui en découle, « Une voix, dix doigts », sorti chez Polygram, présente néanmoins deux titres inédits : « Tendre » composée par Toots Thielmans et « Les mots » sur une musique de Daniel Goyone. En octobre 1993, Claude met en boîte l'album « Chansongs » et mélange les styles musicaux (jazz, blues, tango, rap...). Les compositions musicales sont signées Jean-Claude Vannier, Richard Galliano et Didier Lockwood. Deux titres s'en dégageront et se feront entendre à la radio : « Vie violence » et « C'est une Garonne ». Claude repart en tournée pour promouvoir ce nouvel opus avec les musiciens de Didier Lockwood : le bassiste Laurent Vernerey, le batteur Loïc Pontieux et le guitariste Jean-Marie Ecay. L'éternel Maurice Vander, au piano, et Arnaud Dunoyer de Segonzac, aux claviers, complètent la formation. En 1995, Claude doit observer un long repos suite à des problèmes cardiaques. Trois pontages coronariens ainsi qu'une délicate opération au cœur l'obligent à mettre sa carrière en parenthèses.
Il n'en revient que plus en forme, en 1997, avec, à la clé, un tout nouvel album intitulé « L'enfant phare », distribué par Mercury, dont la chanson, qui offre le titre à l'ouvrage, est composée par le revenant Eddy Louiss. J'accorde également une mention spéciale à la très jolie ballade « Bras dessus, bras dessous », au très coloré « Beaucoup de vent » et au nostalgique « Avec les anges », une chanson de 1956 tirée de l'opérette « Irma la douce » avec une musique de Marguerite Monnot et des paroles d'Alexandre Breffort que Claude reprend avec beaucoup de tendresse et d'émotion. Claude termine le XXème siècle avec « Hombre et lumière », un spectacle en plein-air à Toulouse sur les berges de la Garonne qu'il donne en juillet 1998 et dont un enregistrement voit le jour en janvier 1999. 2000 est l'année d'un nouveau changement de maison de disques puisque Claude signe chez EMI la publication d'un superbe album : « Embarquement immédiat ». Pour ce dernier, Claude s'entoure d'un « big band » dont la direction est assurée par l'omniprésent Yvan Cassar. Comme je le mentionnais au début de cet article, c'est un album parfait avec deux « gros » morceaux : « Jet set » et « Les bas ». Mais les autres titres ne sont pas à négliger, au contraire, le sublime « Mademoiselle Maman », « L'Île Hélène » aux accents celtiques, et les « Langues de bois » et « Bozambo » aux couleurs africaines sont auditivement délectables à souhait.

"Les Bas"


Bien sûr, cet album débouche sur un nouveau périple qui commence en octobre 2000 au Palais des Congrès de Paris, pour passer ensuite le 20 au Cirque Royal de Bruxelles et se terminer, après un ultime passage à l'Olympia en octobre 2001, par un dernier concert à Moscou le 15 décembre 2001 pour clôturer ainsi la tournée des « 100 dates ». Préalablement, en novembre 2001, sort logiquement, en 2 CD, un enregistrement « live » au Théâtre des Champs-Elysées. Du 3 au 11 mai 2002, Claude revient à ses premières amours pour réciter les « Fables de ma Fontaine » au Théâtre des Bouffes du Nord. Avec des mots bien à lui, il dit : « Un artiste aime se prendre pour sujet d'expérimentation. Son théâtre des opérations, c'est lui. Il s'opère de son opéra personnel, de ce que sa vie peut raconter de la vie. Je quitte donc momentanément le chant et je monte au front des mots seuls, quelques fables de ma fontaine sur les bancs d'école de la récitation. Mon banc, je l'ai planté, à Paris, sur la scène prestigieuse des Bouffes du Nord. Je n'y vois pas de lettre morte. Il faut dire que je suis des Souffles du Sud. » Imparable et incomparable.
Comme si la boucle était bouclée, le destin a placé Claude devant le sort implacable d'une maladie incurable qui le ronge peu à peu... Après une opération de la « dernière chance » en juillet 2003, se sachant en sursis et fortement amaigri, il veut livrer son testament musical : il enregistre au mois de septembre les maquettes d'un nouvel album qui compte énormément pour lui puisqu'il est prévu qu'il sorte sous le prestigieux label « Jazz Blue Note » qui regroupe les artistes de jazz les plus illustres. Pour Claude, c'est le rêve absolu de se retrouver ainsi au Panthéon du Jazz aux côtés de Jimmy Smith, John Coltrane, Miles Davis, etc... Malheureusement, très fatigué, Claude abandonne ses camarades de studio pour à nouveau être hospitalisé début 2004. Cependant, la vie lui accorde une ultime requête : il revient chez lui pour s'éteindre finalement le 4 mars 2004, à l'âge de 74 ans, entouré de son épouse Hélène et de ses enfants. De là-haut, il verra l'album « La Note Bleue » finir en août 2004 et sortir dans le commerce le mois suivant... Ce dernier, outre des versions instrumentales inédites d' « Armstrong », de « Bidonville » et « Toulouse », contient quelques perles dont les formidables duos avec David Linx sur « Dansez sur moi » et avec la soprano Nathalie Dessay sur « Autour de Minuit » où le mariage jazz et opéra est une pure merveille. Aujourd'hui, Hélène Nougaro a repris le flambeau et avec son association, elle propose au public de découvrir les œuvres de son mari qui fut aussi, ne l'oublions pas, un dessinateur et un peintre hors pair.
  

 COFFRET CD/DVD « MADE IN NOUGARO »


En 2005, un très beau coffret CD/DVD est sorti chez Warner Vision consacré au retour de Claude Nougaro après ses déboires avec sa maison de disques. Cet objet contient les CD « Nougayork » et « Pacifique » ainsi que le concert au Zénith qui s'étale sur 2 DVD, l'un pour le récital et l'autre pour les plantureux bonus. Si je devais décerner une cotation pour la conception de ce coffret, je donnerais un très bon 8/10 avec un petit regret pour l'absence d'un véritable livret qui aurait pu reprendre les paroles de toutes les chansons des deux albums ainsi que quelques anecdotes et photos relatives aux « making of » de ces deux enregistrements. Les détails sont repris au dos du coffret mais je les trouve insuffisants. Pour preuve, même le « timing » des chansons interprétées lors du concert n'est pas renseigné. Soit, nous n'allons pas bouder notre plaisir devant cette très belle réalisation et ce spectacle filmé au Zénith en avril 1989 : Claude Nougaro est en super forme et fait la part belle aux deux opus qui ont marqué son « comeback » fracassant.


Tracklist du concert 
 
Stances à New-York/Nougayork/Rhythm'Flouze/Lady Liberty/
Sing Sing Song/Le Gardien de Phare/ Tu Verras/
Quatre ou Cinq Jours/Pacifique/Los Angeles, Eldorado/Le Cinéma/
Le Cri de Tarzan/Toi Là-Haut/Un Ecureuil à Central Park/Kiné/
Toulouse To Win/Armstrong/Quatre Boules de Cuir/
Vive l'Alexandrin/Energie/Il Faut Tourner La Page/Cécile, Ma Fille/
Une Petite Fille/Toulouse

DVD Bonus 
 
Made In Nougayork : making of Nougayork à New-York (55') + Made In Pacifique : making of Pacifique à Los Angeles (30') + Made In Zénith : les dessous du concert (15') + 1 texte inédit + 1 prise « live » en studio inédite + clips.
 

Le lien avec Claude François !


Claude François et  Claude Nougaro ne se sont pas rencontrés souvent mais ils s'appréciaient mutuellement, en témoigne ce cliché pris à l'occasion de la rencontre des deux artistes qui, à l'époque, fréquentaient la même maison de disques (Philips). Les deux chanteurs ont vite sympathisé et, comme on le constate, ils ont poussé la plaisanterie jusqu'à échanger les partitions de leurs chansons. Claude avait choisi « Une Petite Fille » tandis que Nougaro avait jeté son dévolu sur « Si j'avais un marteau ». Les deux Claude ont passé un très bon moment ensemble et il est heureux qu'il ait été immortalisé... 18 février 1978 : Claude François est l'invité de Michel Drucker dans l'émission « La Grande Parade » sur RTL. Au cours de celle-ci, la tradition impose à la vedette de participer à un exercice appelé « Chantera, chantera pas » qui consiste à interpréter une liste de dix chansons d'autres artistes. Dans cette liste, une chanson de Claude Nougaro est proposée à Cloclo...  Par le plus pur des hasards, c'est « Une Petite Fille » à laquelle il doit se soumettre ! Michel Drucker, qui éprouve souvent de la peine à chanter, commence subitement à fredonner avec justesse les premières mesures de cette chanson sur lesquelles Cloclo s'empresse de déposer une voix assurée... C'est vrai que, depuis cette rencontre mémorable avec son créateur, il avait eu largement le temps de s'y préparer !

Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française
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Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 22:11
undefined Je vais tout de suite droit au but : j’ai énormément de respect pour Véronique Sanson qui s’apprête à fêter ses 40 ans de carrière. Si vous faites partie des heureux lecteurs (mais oui, mais oui !) avides de lire mes articles depuis la création de ce blog (et, au passage, je m’empresse de les remercier pour leur fidélité et pour leurs éventuels commentaires), vous aurez facilement remarqué que, jusqu’ici, je n’ai fait qu’évoquer des artistes qui répondent à mes critères préférentiels… Les autres qui, par leur répertoire ou leur parcours musical, ne m’attirent guère passeront simplement sous silence. Je ne vais pas passer mon temps à dénigrer qui que ce soit. Mon souhait majeur est de vous faire partager mon amour pour la musique en essayant d’aborder la carrière d’artistes susceptibles d’éveiller votre intérêt. J’espère donc qu’il en sera encore de même pour ce nouvel article. Ce petit prélude étant terminé, faisons plus ample connaissance, si vous le voulez bien, avec Véronique Sanson en parcourant sa carrière dans les moments importants et sa riche discographie en reprenant les titres les plus connus. Elle voit le jour à Boulogne-Billancourt, dans la région parisienne, le 24 avril 1949. Ses parents, fins mélomanes, lui transmettent le goût pour la musique. Tout de suite, elle est attirée par le classique et choisit tout naturellement le piano. Mais elle ne se limite pas à ce seul instrument puisqu’à 13 ans à peine, elle compose déjà ses premières chansons à la guitare. A 16 ans, elle subit un choc très lourd qui, heureusement, n’hypothèquera pas ses ambitieux projets : atteinte d’une méningite qui lui ôtera de nombreux souvenirs, elle redoublera de vigueur pour atteindre le but qu’elle s’est fixée : devenir une célèbre chanteuse. En 1967, avec sa sœur Violaine, de près de 2 ans son aînée, et François Bernheim, un garçon qu’elle rencontre en vacances, Véronique met sur pied un groupe « Les Roche Martin » qui enregistrera deux « super » 45 tours (avec deux chansons sur chaque face). Le premier sortira le jour du 18ème anniversaire de Véronique et le deuxième… précèdera la séparation du trio.
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Mais cette courte expérience permettra, toutefois, à Véronique de se faire un nom et de renouer avec un copain d’enfance devenu, entre-temps, un grand chanteur qui comptera beaucoup dans son cœur et dans la réussite de sa carrière : Michel Berger. C’est sous son aile protectrice qu’elle enregistre chez Pathé Marconi, où travaille son pygmalion, un premier 45 tours en 1969 avec deux titres : « Le Printemps Est Là », une adaptation d’un succès de Donovan, « Sunny Goodge Street », et « Le Feu Du Ciel ». 
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Ce disque ne laisse pas un souvenir impérissable et précipite le départ de nos deux protagonistes qui sont priés d’aller voir ailleurs… Michel Berger ne tarde pas à retrouver de l’embauche : en 1972, il intègre le staff de la maison de disques WEA; il prend Véronique par la main et produit son tout premier album « Amoureuse » qui comprend un titre qui va propulser sa belle aux toutes premières places du hit parade : « Besoin De Personne ».

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« BESOIN DE PERSONNE »

Cette chanson va déclencher un véritable raz-de-marée auprès des programmateurs des chaînes de radio. Elle devient un véritable tube permettant à Véronique de se produire en première partie des spectacles des grandes stars de l’époque comme Claude François (voir, par ailleurs, le lien avec…) qui l’engage pour sa « tournée périphérique » autour de Paris du 21 novembre au 28 décembre 1972 ou bien encore Julien Clerc et Michel Polnareff. L’ami Cloclo avait déjà repéré le talent de la jeune chanteuse puisqu’elle figurait parmi les invités de son émission de télévision « Avec le cœur » co-présentée avec Michel Drucker et diffusée le 24 mai 1972. Ne voulant pas trop traîner en chemin, Michel Berger décide de produire un second album « De l’autre côté de mon rêve » avec une autre « forte » chanson : « Comme je l’imagine ».
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« COMME JE L’IMAGINE »

Mais soudain, très rapidement, tout bascule dans la vie de Véronique Sanson : elle est subjuguée par sa rencontre avec Stephen Stills du fameux groupe « Crosby Stills Nash and Young » et, du coup, décide de littéralement plaquer Michel Berger. Elle prétexte aller acheter des cigarettes pour s’éclipser et jamais ne revenir ! Le 14 mars 1973, elle épouse son nouveau compagnon en Angleterre et met ensuite le cap pour les Etats-Unis où elle va rester pendant 10 ans. De cette union naît à Denver, dans le Colorado, le 19 avril 1974, un petit garçon répondant au doux prénom de Christopher qui, de nos jours, a acquis ses lettres de noblesse dans le milieu artistique. En effet, après un premier album « 100 Year Thing » sorti en 1998 et une longue traversée du désert qui a duré près de 7 ans pendant laquelle il songea même à arrêter la musique, il revient sur le devant de la scène en publiant, en 2005, un second opus sobrement intitulé « Chris Stills » avec la participation de Jean-Louis Murat, Stephan Eicher et Ryan Adams.
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Flash-back, revenons en 1974 où Véronique enregistre, en compagnie des musiciens de son mari, un nouvel album « Le Maudit » avec 3 titres « phares » : « Alia Souza », « Christopher » dédié à son fils et le sublime « On m’attend là-bas ».
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Deux années s’écoulent avant « Vancouver » en 1976 avec la première plage, du même titre que l’album, qui caracole en tête des « charts ».
undefined Lui succède « Hollywood » en 1977 avec le chef-d’œuvre « Bernard’s Song (Il n’est de nulle part) ».
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« 7ème » paraît deux ans plus tard avec l’immense « Ma Révérence », une chanson à caractère prémonitoire puisqu’elle quitte son mari.
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« MA RÉVÉRENCE »

Les années 80 débutent avec « Laisse-la vivre » qui donne le titre à l’album et qui contient entre autres deux formidables chansons : « Doux dehors, fou dedans » et « L’amour qui bat ».
undefined Nous sommes en 1981 et Véronique Sanson a de plus en plus envie de revenir dans sa chère patrie. C’est en 1983 qu’elle arrive à mener à bien son retour après une âpre bataille afin d’obtenir la garde de son fils. Tous ces événements font qu’elle attendra 1984 pour sortir une compilation de ses tubes avec l’inédit « Exclusivement Féminin ».
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1985 sera l’année de la renaissance avec un nouvel album éponyme emmené par le fantastique « C’est long, c’est court » ainsi que par une superbe chanson « Le temps est assassin ».
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La même année, elle connaît un nouvel amour en la personne du comédien Etienne Chicot. En 1988, Véronique Sanson provoquera un scandale auprès des mouvements intégristes islamiques qui censureront sa chanson « Allah » ouvrant son nouvel opus « Moi le venin ».
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Elle reçoit jusqu’à des menaces de mort qui la conduisent à ne pas l’interpréter durant son récital à l’Olympia et certains disquaires retireront l’album de leurs comptoirs. La tension s’apaise finalement à l’aube des années 90 où Véronique publie « Symphonique Sanson ». Elle concrétise enfin un vieux rêve de reprendre quelques chansons qui se prêtent à être interprétées avec un grand orchestre symphonique. Ce sera l’Ensemble Fysio de Prague dirigé par Leos Svarovsky, sur des arrangements de Jean-Claude Vannier, Bernard Gérard et Michel Bernholc, qui l’accompagnera durant les fêtes de fin d’année 1989, au Châtelet à Paris.
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1992 est l’année d’un nouveau succès pour Véronique Sanson avec « Rien que de l’eau » qui auréole son album « Sans regrets » lequel abrite également le sensationnel « Panne de cœur ». Les Victoires de la Musique la consacreront « Meilleure Interprète Féminine 1992 », une récompense ô combien méritée pour un fantastique album couplé à une carrière exceptionnelle jalonnée de nombreux tubes.
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Trois ans plus tard verront l’accomplissement d’un étonnant et superbe album de duos "Comme ils l'imaginent" enregistrés durant les Francofolies de la Rochelle pendant lesquelles Véronique interprète ses plus grands succès avec, notamment, Marc Lavoine, Les Innocents et la formation corse « I Muvrini ».
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C’est aussi en 1995 qu’elle fait la connaissance de l’humoriste Pierre Palmade qu’elle épouse au mois de juin. On la verra également sur scène chanter, avec beaucoup d’émotion, en duo avec son fils Christopher.
undefined  Avec Pierre Palmade
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Avec son fils Christopher

En 1998, Véronique Sanson salue la sortie de son 11ème album studio : « Indestructible ».
undefined L’année suivante, elle attisera bien involontairement la jalousie de France Gall en reprenant quelques chansons de Michel Berger au sein d’un album baptisé « D’un papillon à une étoile » qui défrayera la presse à scandales avec révélations interposées…
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« LE PARADIS BLANC » en duo avec Alain Chamfort

Avec cet album, elle entreprend une tournée avec l’orchestre de Paul Buckmaster, l’arrangeur d’Elton John. Ce sera l’occasion de faire paraître un nouvel album « live » : « Avec Vous ».
undefined La fin du XXème siècle est douloureuse puisque de sa séparation avec Pierre Palmade débouchera une pénible dépression imbibée d’alcoolisme. Mais Véronique est loin d’abdiquer et décide avec courage de relever la tête. Elle reprend le chemin des studios et sort un album plein de promesses : « Longue distance » avec un titre majeur « J’aime un homme » convaincant, qu’elle interprète « avec ses tripes ».
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Une nouvelle tournée s’ensuit du 13 février au 16 avril 2005 avec neuf soirées consécutives à l’Olympia où le public lui réserve un accueil triomphal. Toujours en 2005, elle publie un recueil autobiographique « La douceur du danger » avec la collaboration de Didier Varrod où elle raconte les événements importants qui ont marqué sa vie.
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2007 est une année de transition qu’elle met à profit pour signer la chanson « Alleluia » sur l’album « Merci » de Michel Fugain. Au mois d’octobre, elle est l’invitée principale des « 20 ans des Nuits de Champagne » où elle apporte sa contribution au grand choral « Le Sanson Polyphonique ». Enfin, en novembre, elle sort un « Best Of » de 3 CD « Petits Moments Choisis » où elle reprend les tubes et les chansons qui ont émaillé sa brillante carrière, en prélude à l’intégrale CD/DVD prévu pour mars 2008.
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J’espère qu’au travers de cet article, j’aurai réussi à vous faire apprécier cette grande chanteuse au timbre de voix si particulier, si reconnaissable entre tous, avec ce vibrato espacé et régulier qui n’appartient rien qu’à elle.
 
Le lien avec Claude François
 
undefined 1972 : Claude François a de grands projets pour la télévision. Depuis pas mal de temps déjà, il planche sur une émission qu’il produira et concevra du début à la fin. De nombreux et prestigieux invités sont contactés afin d’interpréter leur tube du moment dans un décor de rêve, des comédiens très connus sont également appelés à apporter leur aimable concours à la conception de différents sketches humoristiques écrits par Claude François lui-même. Ce style d’émission lui trotte dans la tête depuis qu’il a eu la possibilité de visionner un show télévisé aux Etats-Unis, conçu de la même manière. Il trouve le titre qu’il emprunte, en partie, à l’une de ses plus belles chansons « Avec la tête, avec le cœur ». Ce sera donc « Avec le cœur » qu’il animera avec son alter ego, le frère qu’il aurait toujours aimé avoir : Michel Drucker
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Ayant reçu l’approbation de la 1ère chaine de télévision française, il s’empresse de contacter Stone et Charden, le couple vedette en vogue du moment qui fait un carton avec « L’Avventura » ainsi que son grand ami Charles Aznavour, il « puise » dans son écurie Alain Chamfort, son « poulain » le plus séduisant qui vient de sortir son premier tube « Dans les ruisseaux » et… une toute jeune chanteuse de 23 ans qui apporte un vent de fraîcheur à la chanson française : Véronique Sanson. Véronique chantera « Besoin de personne » qui est le titre le plus plébiscité de son tout premier album. Sa prestation est si talentueuse que Claude François tombe immédiatement sous le charme et lui propose d’emblée d’être à l’affiche de la grande tournée qu’il compte organiser fin de l’année dans la banlieue parisienne. La jeune chanteuse en retirera une expérience très enrichissante mais sera un peu déçue de l’attitude de Cloclo à son égard. En effet, elle lui reprochera son manque d’attention et d’encouragement qu’une artiste « débutante » était logiquement en droit d’attendre de sa part…

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Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : je chante ,tu chante ,il chant
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  • : Biographies d'artistes et liens avec Claude François - Récits sur Claude François - Critiques personnelles de CD (collection propre) traitant les genres suivants : Musique Classique, Pop, Rock, Jazz, Soul, Funk, Disco, Rythm'n'blues, Blues, Chansons Françaises et Musiques de Films
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