MUSIC'S NEWS

Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /2009 15:35

 

*                 Pas mal, sans plus

**               Pas mal du tout

***             Bon

****           Très bon

*****         Super

******       Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....

 


U2 : « NO LINE ON THE HORIZON » (Universal/Division Az)***

Depuis "How To Dismantle An Atomic Bomb" en 2004, un disque fort moyen au demeurant, la bande à Bono était restée discrète au rayon « nouveautés ». Voici donc leur nouvel opus, le douzième, annoncé comme un retour aux sources... Soyons clairs, cet album n'est ni franchement mauvais, ni... une bombe atomique ! Certes, les morceaux qui le composent sont estampillés de leur marque de fabrique mais, mis à part les quatre premiers titres, excellents, qui dominent largement les autres, on peut être animé d'un sentiment mitigé à l'issue de l'écoute. Personnellement, la meilleure chanson de l'album est la quatrième plage, « Moment Of Surrender », la plus longue aussi (7'25), dans laquelle la voix de Bono est sublime, paraît déchirée pour encore mieux traduire l'intense émotion qui s'en dégage.

 

"Unknown Caller" 


Ensuite, dans l'ordre de mes préférences, je classerais « White As Snow », forgée dans le même moule, encore plus intimiste; une mélodie bien faite avec une orchestration dépouillée. « Unknown Caller » est un très bon morceau également, presqu'unanimement apprécié comme un titre fait pour la scène avec ses « ho ho ho ho » répétitifs et son refrain accrocheur. Côté instruments, je salue l'incursion très judicieuse d'un orgue qui ponctue également la chanson... Magnifique ! Comme l'est « Magnificent » avec une structure musicale plus mouvementée faite de percussions... percutantes et bien saccadées, certainement l'une des meilleures créations du groupe jusqu'à ce jour.

 

"Magnificent"  


Je ne passerai pas sous silence la plage titulaire de l'album qui en a donné son titre : « No Line On The Horizon » dont « Unknown Caller » en est un parfait ersatz et « Stand Up Comedy » qui, à n'en point douter, déchaînera les fans avec ses guitares ravageuses. Voilà, c'est à peu près tout ce que l'on peut retenir de cet album mais 6 bons titres sur 11, pour un groupe comme U2, c'est insuffisant. Enregistré d'abord en studios à Fez au Maroc (d'où la chanson « Fez-being born », pas convaincante) puis dans le propre studio du combo à Dublin, ensuite au Platinium Sound Recording Studios à New York et aux Olympics Studios à Londres, l'album est paru le 27 février en format vinyle ainsi qu'en CD standard avec un livret de 24 pages, en version « digipack » et, enfin, en coffret « deluxe » avec un livret encore plus complet.



PATRICIA KAAS : « KABARET, L'ALBUM DE PATRICIA KAAS » (Believe/Richard Walter Entertainment)**

On l'attendait avec impatience, ce nouvel album de Patricia Kaas depuis "Sexe Fort" paru en 2004. On y trouve diverses influences musicales : une couleur rétro, style années 30, puisée dans le Cabaret de Berlin, le jazz de Saint-Germain des Prés et enfin le tango sud-américain que l'on joue dans les quartiers de Buenos Aires. Patricia Kaas s'est beaucoup investie dans la réalisation de cet album et c'est elle également qui a imposé ses choix afin de s'entourer des auteurs et compositeurs susceptibles de lui fournir les tonalités et les couleurs musicales voulues tout en gardant une base de travail moderne. Elle s'est même mise à l'écriture pour la chanson « Une dernière fois » dont l'interprétation me fait quelque peu songer à Barbara.

 

  "Une dernière fois"


Le projet de « Kabaret » s'est dessiné avec la découverte d'une chanson allemande d'Hildegard Knef « Das Glück Kennt Nur Minuten » qui a donné « La chance jamais ne dure ». Dans le même concept est né « Faites entrer les clowns »; cependant, ces deux titres sont occultés par « Je t'aime encore » qui est, pour moi, la chanson la plus réussie, la plus aboutie au niveau du texte ainsi que de la mélodie aux relents « lounge ». « Le jour se lève » vaut le détour aussi, surtout pour la voix de Patricia qui n'a rien perdu de son éclat... avec un texte fort et... fort bien écrit. Par ailleurs, la belle nous offre une jolie reprise du « Bensonhurst Blues » d'Oscar Benton avec « Kabaret », la cinquième plage qui donne le titre à l'album.
 
 

"Kabaret"  


Le reste de l'album, malheureusement, n'est qu'anecdotique et je doute même que le titre « Et s'il fallait le faire », avec lequel Patricia représentera la France le 16 mai à Moscou lors du Concours de l'Eurovision, « kaas » la baraque... On saluera, pour terminer, l'incursion de Patricia dans l' « électro » avec l'interlude « Pigalle » qui fait très « Buddha Bar »... Bref, un album simple sans fioritures comme le déclare son interprète : « On ne s'est pas posé mille questions. On a par exemple enregistré les voix dans un musée à Avignon. On a pris notre temps en laissant les choses venir petit à petit, tout s'est fait très naturellement sans prise de tête, sans penser au grand studio, aux grands moyens ».



DICK RIVERS : « L'HOMME SANS ÂGE » (EMI)******

En prolongement de la rubrique « ON STAGE » qui lui a été dernièrement consacrée, je vous présente le nouvel album de Dick Rivers dont la sortie remonte, déjà, à juin 2008. Né de sa rencontre avec le jeune et talentueux compositeur Joseph d'Anvers en juillet 2006 au cours des Francofolies de La Rochelle, cet album mérite que l'on y accorde la plus grande attention et ce, pour deux raisons essentielles. Tout d'abord, Joseph d'Anvers (qui avait créé « Tant de nuits » pour le dernier album « Bleu Pétrole » d'Alain Bashung) écrit joliment et compose de bien belles mélodies. Ensuite, je crois que tout au long de sa carrière, Dick Rivers n'a jamais eu un album qui lui ressemble autant. La chanson « L'homme sans âge » qui ouvre l'album donne immédiatement le ton et est un parfait exemple de ce que seront les onze autres morceaux.

 

  "L'homme sans âge"


La voix du rocker est plus belle que jamais, on sent que l'artiste s'est imprégné de chaque syllabe de chaque mot afin de la restituer avec une justesse irréprochable. C'est un travail d'orfèvre, de longue haleine, résultant d'une osmose parfaite entre un artiste qui n'hésite pas à prendre un nouveau virage artistique après 47 ans de métier et un jeune auteur qui n'a pas fini de faire parler de lui... La deuxième plage « Par delà les plaines » est magnifique, c'est celle qui, pour moi, a un « petit plus ». Elle parle de l'émigration...  La musique est très belle, très douce; c'est un morceau qui s'écouterait facilement en boucle. « Sur le toit du monde » évoque la solitude; « Les braves » traite de la liberté bafouée, des innocents face à l'injustice...

 

Comment est né "L'homme sans âge" (1)  


« La première heure » est très solennelle, c'est une véritable prière, une requête pour un homme à la recherche de la lumière et d'une paix intérieure. « Attache-moi » est une ode sublime à son amour, l'amour de sa vie. Le titre de la chanson « Mon homme » est troublant, on n'en saisit pas tout de suite la signification; en fait, c'est un hommage à son père, à ses racines,... Le texte est court mais il frappe juste, il interpelle... « Les bras des femmes » est un vibrant hommage à l'assurance, à l'apaisement qu'ils procurent mais aussi au pouvoir qu'ils peuvent dégager. « La voie des anges », c'est la fin du parcours pour un « lonesome cow-boy » qui attend sa dernière heure... « Lola (veut la lune) », c'est l'histoire d'une pauvre fille en quête d'un bonheur... imaginaire. « Je reviens » est le retour d'un homme vers la femme qu'il a aimée et qu'il aime encore. Enfin, « Gagner l'horizon » est une remise en question, une sorte de bilan qui clôt l'album de fort jolie manière. En conclusion, c'est un très bon album qui, malheureusement, aura passé inaperçu aux récentes « Victoires de la Musique » mais ce blog est là pour réparer cet oubli malencontreux... 10/10, Mister Dick !

 

  Comment est né "L'homme sans âge" (2)




STARSAILOR : « ALL THE PLANS » (Virgin Records/EMI)*****

Voici le quatrième album de Starsailor, formation composée de James Walsh (chant et guitare), James Stelfox (basse), Barry Westhead (piano) et Ben Byrne (batterie), après « Love Is Here » (2001), « Silence Is Easy » (2003) et "On The Outside" (2005). Produit par Steve Osborne (qui s'était déjà occupé de "Love Is Here"), les quatre compères originaires de Chorley en Angleterre proposent, comme dans leur premier opus, une pop romantique après « On The Outside » qui était résolument plus rock. Et ça me plaît vraiment beaucoup. « All The Plans » contient des petites merveilles qui vous donnent la chair de poule. D'abord, le titre d'ouverture « Tell Me It's Not Over » n'est pas mal du tout; que du contraire, ce morceau a de la pêche et le piano de Barry Westhead est bien séduisant. C'est de bon augure pour la suite et on n'est pas déçu. La seconde plage « Boy In Waiting » est un joyau : la voix de James Walsh est splendide et l'orchestration parfaite.

 

"Tell Me It's Not Over"  

 

"Boy In Waiting"    


La suite est toute aussi heureuse : « The Thames » est plaisante, entraînante avec une guitare aux allures folk voire country. « All The Plans » est également une excellente chanson avec une belle ligne mélodique. En tout cas, les quatre premiers morceaux sont impeccables, ce sont des « cartons pleins ». « Neon Sky » est la chanson la plus longue de l'album; là encore, c'est irréprochable. C'est une jolie ballade admirablement bien structurée et James Walsh nous charme de la qualité de sa tessiture. Avec la chanson suivante, « You Never Get What You Deserve », bonjour les frissons ! Instrumentalement, c'est très bien joué, la partition est rondement menée avec maîtrise et beaucoup de talent. La deuxième partie de l'album est du même acabit. La ballade « Hurts Too Much » est émouvante, poignante, interprétée avec énormément de passion. Si les quatre derniers titres retiennent un peu moins l'attention, ils ne sont pas à négliger. La qualité reste de mise, les compositions sont soignées; ce n'est pas étonnant que le groupe ait travaillé longtemps avant d'aboutir à un tel résultat. De ceux-ci, j'extraie « Listen Up », certainement une chanson faite pour le « live », à taper dans ses mains... Un excellent album que je vous recommande et qui existe sous deux formats : le CD « standard » contenant 11 titres et un autre « deluxe » avec 2 CD dont le second reprend six des 11 morceaux du CD 1 en version « acoustique » plus un inédit, « Merry Go Round » qui vaut le détour par sa délicatesse.



BRUCE SPRINGSTEEN : « WORKING ON A DREAM » (COLUMBIA Records)***

Sorti le 27 janvier 2009, "Working On A Dream" est le 16ème album studio du "Boss". Sincèrement, il est loin d'égaler la qualité de « The Rising » (2002). Certes, ce nouvel opus contient de bonnes chansons mais elles ne font pas « frémir » comme celles qu'il avait écrites au lendemain des attentats terroristes qui avaient secoué les Etats-Unis le 11 septembre 2001. Enregistré avec son fidèle groupe « The E Street Band », l'album est dédié à l'un de ses membres, Danny Federici, décédé le 17 avril 2008 à l'âge de 58 ans, qui officiait à l'orgue et, quand la partition l'imposait, jouait de l'accordéon ou du glockenspiel (un instrument de percussion, similaire au xylophone, constitué de lamelles en métal alors que celles de ce dernier sont en bois). La chanson qui donne le titre à l'album a été interprétée pour la toute première fois le 2 novembre 2008 par Bruce Springsteen à Cleveland lors de la campagne présidentielle de Barack Obama. « Working On A Dream » est, bien évidemment, le titre qui « emmène » l'album, celui que l'on entend le plus souvent à la radio.

 

"Working On A Dream"  


La ritournelle est simple, sobre et efficace car elle capte la mémoire collective et se laisse, par exemple, siffloter sous la douche. Heureusement, il y a beaucoup mieux comme la chanson d'ouverture « Outlaw Pete », superbe, qui dure 8 minutes et qui, personnellement, est la meilleure création sur cet album. D'autres morceaux retiennent l'attention : « My Lucky Day », la chanson la plus rythmée de l'album, distille un refrain « facile », répétitif mais terriblement séduisant avec une partition musicale qui met bien en valeur la formation instrumentale qui accompagne le « Boss ».

 

"My Lucky Day"  


Au rayon des bonnes surprises, plaçons la très agréable « This Life », les gentilles ballades « Queen Of The Supermarket » et « The Last Carnival », encore plus dépouillé, avec une guitare sèche et de jolis chœurs en clôture, « Good Eye », un bon vieux blues poussiéreux que John Lee Hooker lui-même n'aurait pas renié, « Tomorrow Never Knows », du pur country, bien fait, tellement bien chanté que l'on regrette que ce soit si court (2 minutes 14), ainsi que l'inédite « The Wrestler », la chanson du film qui salue le retour au premier plan de Mickey Rourke. Produit et arrangé par Brendan O' Brien qui en est à sa 4ème collaboration avec Sprinsteen après « The Rising » (2002), « Devils and Dust » (2005) et « Magic » (2007), les sessions se sont déroulées durant les breaks de la tournée de promotion du précédent album. Bruce Springsteen sera de passage en France le 16 juillet prochain à Carhaix au « Festival des Vieilles Charrues ».



ROLANDO VILLAZON : « HANDEL » (Deutsche Grammophon)******

Pour commémorer le 250ème anniversaire de la mort de Georg Friedrich Haendel, Rolando Villazon consacre son nouvel album à 15 airs issus de quatre opéras de l'illustre compositeur allemand (1685-1759) : « Tamerlano », « Rodelinda », « Xerxès », « Ariodante » et d'un oratorio, « La Resurrezione ». L'initiative entreprise par le Ténor dont on connaît l'éclat et la puissance de la voix, peut paraître surprenante voire hasardeuse. Comment a-t-il pu s'intéresser à cette musique baroque du XVIIIème siècle ? Le gentil bougre avoue que c'est en achetant un disque de Cecilia Bartoli chantant du Vivaldi que l'idée lui est venue. En tout cas, je lui accorde une mention « très bien » car Rolando Villazon a exploré une nouvelle technique de chant afin que sa voix convienne à la musique baroque. L'opportunité se présenta lorsqu'il fit la rencontre d'Emmanuelle Haïm, la talentueuse claveciniste et chef d'orchestre. Elle le convainquit d'enregistrer un CD d'œuvres de Monteverdi (célèbre compositeur italien connu notamment pour « L'Orfeo » qui est considéré comme étant le premier opéra et dont les compositions se situent à la charnière de la Renaissance et de la musique baroque). L'artiste mexicain a donc décidé d'innover en s'attaquant au répertoire baroque et pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Pour ce projet audacieux, il s'est associé à Paul Mc Creesh et à ses Gabrieli Players qui sont des spécialistes dans ce genre en Grande-Bretagne.

 

Vidéo promo de l'album (extraits)  


Le Ténor n'a pas lésiné sur le travail, sur la « rééducation » de sa voix dont il a découvert de nouvelles couleurs mais laissons-le plutôt s'exprimer : "Si j'avais le sentiment d'avoir besoin de limiter ma technique pour chanter cette musique, cela reviendrait à dire: "Pour chanter ce répertoire, il faut avoir des moyens limités." Mais je ne vois pas les choses ainsi. L'énergie dont on a besoin pour le répertoire baroque est la même que pour la musique ultérieure, l'intensité est la même, et il faut songer tout autant aux couleurs vocales." Rolando Villazon et Paul Mc Creesh ont « épluché » de nombreux airs pour ténor d'Haendel et parmi ceux qu'ils ont choisis, plusieurs ne sont pas du tout destinés à la voix de ténor car ils sont écrits dans le grave et ne conviennent pas à une voix brillante et puissante comme celle de Rolando. Dans ce CD, Rolando interprète des airs de mezzo tels « Dopo notte » et « Scherza, infida » (extraits d' « Ariodante »), « Ombra mai fu », « Più che penso » et « Crude furie » de « Xerxès », les autres morceaux étant tous écrits pour ténor. Et puis il y a surtout les airs fabuleux de Bajazet dans « Tamerlano », notamment celui de sa mort, dans lesquels Rolando Villazon nous démontre toute l'étendue de son registre vocal et on a vraiment la nette impression qu'à certains passages, il prend son souffle pour la dernière fois... Un disque exceptionnel pour un Ténor qui l'est tout autant !

Par BERNIE - Publié dans : MUSIC'S NEWS - Communauté : Musiques
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /2008 21:50

est, comme vous vous en doutez, une rubrique essentiellement axée sur les nouveautés. Un choix de CD's dans des genres musicaux différents vous sera régulièrement proposé avec, bien sûr, mon petit système de cotation personnalisé !

*                 Pas mal, sans plus

**               Pas mal du tout

***             Bon

****           Très bon

*****         Super

******       Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....


Ecoutez d'où ma peine vient - Alain Souchon (EMI)*** 

Depuis déjà quelques mois, le successeur de « La vie Théodore », sorti en septembre 2005, était annoncé; le voici donc sentant bon la nature avec cette pochette très « écolo » où l'on découvre l'éternel ado assis le popotin dans l'herbe avec un gentil âne qui, semble-t-il, a le même regard sur la vie que son célèbre compagnon... Un regard indéfinissable, à la fois triste et mélancolique... Pas gai tout ça ! Mais c'est vrai aussi qu'il est rare de voir Souchon sourire sur une photo... Pour l'inspiration, il aborde des thèmes qui le préoccupent : « Parachute doré », où il tourne en dérision la crise financière en y apportant une couleur musicale aux forts accents « calypso », « Ecoutez d'où ma peine vient » qui résume un sentiment général que chacun d'entre nous peut éprouver à un moment bien précis de son existence, « Elle danse »  où il évoque le triste sort des clandestins africains, « 8 m² » où il dépeint les pénibles conditions d'emprisonnement des femmes. Le dernier titre, « Popopo », pas franchement le meilleur, le seul coécrit avec son pote de toujours, Laurent Voulzy, dresse un portrait nuancé du « Che » au-delà de la légende. Outre la chanson qui donne le titre à l'album, les deux premières plages « Rêveur » (aux relents « country ») et « Les saisons » (un beau slow) constituent d'autres excellentes surprises. On regrettera cependant la reprise de « Bonjour tristesse » déjà présent sur « La vie Théodore » et l'emploi un peu trop prononcé des synthétiseurs sur l'ensemble de l'album qui est loin d'égaler le génie de « Foule sentimentale »...  Enfin, une dernière particularité nostalgique : près de la moitié des textes ont des verbes composés à l'imparfait...

"Ecoutez d'où ma peine vient"

 

"Parachute doré"




Duos - Charles Aznavour (EMI)**

Le 8 décembre est sorti un double CD de Charles Aznavour avec ses plus célèbres chansons et quelques standards interprétés en duo avec divers artistes internationaux comme Frank Sinatra l'avait fait avant de tirer sa révérence... Evidemment, on souhaite que ce ne soit pas prémonitoire et que cette légende de la Chanson Française saura encore nous épater durant de nombreuses années... Allez, Charles, vous pouvez battre le record d'Henri Salvador ! Ce double album est donc constitué de 2 CD, l'un qualifié de « version française » et l'autre de « version internationale ». Trois duos « virtuels » ont été aussi réalisés : avec Edith Piaf sur « C'est un gars », Frank Sinatra sur « Young at heart » (une chanson que Frankie popularisa en 1953 et qu'il chanta avec Doris Day) et Dean Martin sur l'inoubliable « Everybody love somebody sometime ».  Les autres invités sont Céline Dion (« Toi et moi », plutôt anecdotique), Placido Domingo (« Les bateaux sont partis », d'une complicité qui ne s'est pas altérée depuis « Une première danse » lors d'un « Grand Echiquier » de Jacques Chancel), Julio Iglésias (« Que c'est triste, Venise »), Johnny Hallyday (« Il faut savoir »), Laura Pausini (« Paris au mois d'août »), Carole King (« Ton nom »), Sting (« L'amour, c'est comme un jour »), Paul Anka (« Je n'ai pas vu le temps passer »), Josh Groban (« La bohème »), Nana Mouskouri (« Mourir d'aimer »), Liza Minelli (« Quiet Love »), Herbert Grönemeyer (qui c'est celui-là ?, « Mes emmerdes ») ainsi que les inattendus Bryan Ferry (« She ») and last but not least Sir Elton John (« Hier encore ») en personne ! Un bémol : le recto de la pochette grimé d'un portrait pas très actuel du grand Charles... Les concepteurs ne se sont pas foulés ! Soit, ne boudons pas notre plaisir : un bien beau p'tit cadeau à déposer au pied du sapin pour Pépé et Mémé !

Charles Aznavour et Julio Iglésias : "Que c'est triste Venise"

 

Charles Aznavour et Josh Groban : "La Bohème" au cours de "Vivement Dimanche"



Perfect Symmetry - Keane (UNIVERSAL Division Az)**  

Troisième album du trio composé de Tom Chaplin (chant, guitare), Richard Hughes (batterie, chœurs) et de Tim Rice-Oxley (piano, guitare basse, chœurs) après « Hopes And Fears » (2004) et « Under The Iron Sea » (2006). Après deux albums qui se sont vendus à des millions d'exemplaires et qui ont accumulé les récompenses (2 « Brit Awards » pour Meilleur Album et Meilleure Progression en 2005), le troisième était-il celui de la confirmation ? Franchement, on peut être surpris de la nouvelle orientation musicale que les membres de la formation ont choisie comparativement à la couleur affichée dans les deux opus précédents certes plus mélancoliques. Les membres du groupe avaient-ils déjà placé la barre trop haute ? Néanmoins, que peut-on en dégager ? Assurément, les quatre titres, sur les onze que compte l'album, qui se démarquent sont, dans l'ordre du tracklisting, « The Lovers Are Losing », « Perfect Symmetry », « Again And Again » et surtout le superbe « Black  Burning Heart ». Quelques influences musicales sont également reconnaissables dans « Spiralling » (qui a des consonances très « Duran Duran »), « Better Than This » (qui sonne très « Bowie ») et « You Don't See Me » (qui a quelques relents « Queen-esque »). Il est évident que Keane a voulu innover en apportant de nouveaux sons plus optimistes et plus entraînants qui font « claquer » les doigts comme sur « Pretend That You're Alone ». De toute façon, les irréductibles admirateurs du combo y trouveront leur satisfaction et seront encore charmés par la très belle voix de Tom Chaplin très à l'aise d'un bout à l'autre de l'album...

"Perfect Symmetry"

"Black Burning Heart"



24 hours - Tom Jones (EMI)******  

A 68 ans, Tom Jones est toujours en grande forme (physique et vocale) et n'est pas prêt à renoncer... Au contraire, en témoigne ce nouvel album très séduisant à plus d'un titre, c'est le cas de le dire ! Ayant pris part à l'écriture de cet album (il s'est personnellement investi dans le choix des textes afin d'y apporter quelques références autobiographiques), la légende galloise est en passe de réaliser un joli score de ventes après son fabuleux « Reload », son dernier succès en date, paru en 1999 et qui contenait le sulfureux « Sex Bomb ».  A propos de son nouvel album, il a notamment déclaré : « Pour une fois, je voulais un disque qui parle de moi, de mes histoires et de mon existence. Au bout du compte, ce disque ressemble à ce que je suis vraiment ». Et dès l'entame du CD, on est enthousiasmé par sa reprise de « I'm Alive », un original interprété par Tommy James And The Shondells (adapté en français par... Claude François sous le titre « Un homme libre » figurant sur son 10ème album « Tout éclate, tout explose » sorti en novembre 1969 et qui fit un tabac lors de sa tournée au Canada !). La deuxième plage « If He Should Ever Leave You » est très plaisante et a d'ailleurs fait l'objet d'un single que l'on entend actuellement très souvent à la radio. On ne s'arrête pas en si bon chemin et « We Got Love » est une belle petite chanson subtilement dosée de percussions et de jolies notes sur un piano qui se veut discret. De plus, la mélodie convient parfaitement au timbre de voix de Tom Jones qui n'a rien perdu de son éclat. « Feels Like Music » fait très « années 60 » avec un son de batterie très présent et pourrait être le digne successeur de « Sex Bomb » ainsi que « Give A Little Love » dont le refrain est très accrocheur avec des cuivres à profusion ! « The Road » est une magnifique ballade commençant par un son très « vinyle » et sur laquelle la voix de Tom fait merveille prouvant une fois de plus qu'il reste un interprète hors pair. « In Style And Rhythm » est une agréable surprise également avec une mélodie aux accents exclusivement latinos sur laquelle la voix de Tom est à nouveau en parfaite harmonie avec la partition et, en plus, à la fin, il nous balance son petit rire salace, le bougre... « Sugar And Daddy » est le cadeau de Bono & The Edge de U2 pour Sir Tom... Une petite perle sur laquelle Tom nous fait un cri à la « James Brown » ! « Seasons » est une grande chanson, savamment orchestrée (de jolies sections de cordes) et interprétée avec beaucoup d'émotion.  Tom Jones jette un regard sur son passé : « Le temps ne passe pas sans raison », chante-t-il. « Il s'agit là des saisons de ma vie ».  Alors que « Never », au refrain assez facile mais ô combien efficace, est une chanson qui lui convient à 100 %, Tom Jones nous offre une superbe cover de « The Hitter », un original de Bruce Springsteen. « Seen That Face » (avec une basse d'enfer, des chœurs pertinents et un refrain à nouveau « mémorable »)  et le très solennel « 24 Hours » (à vous donner la chair de poule) clôturent un album que je qualifierais de « révélation de fin d'année » et pour lequel j'attribue une cote maximum de 6 étoiles sans aucune discussion !

"I'm Alive"

Claude François : "Un homme libre"

"Give A Little Love"
Sicilien - Roberto Alagna (Deutsche Grammophon)****  

Pour ce nouvel album rassemblant des chansons siciliennes, le Ténor va jusqu'à affirmer que « c'est le disque qui lui ressemble le plus »... Et c'est vrai qu'il y a mis toute son âme de sicilien, jusque dans sa voix dans laquelle on ressent tout l'enthousiasme, toute la tendresse qu'il réussit à nous faire partager. Ce projet lui tenait à cœur, il y pensait depuis belle lurette car il se souvenait de ce temps béni où ses parents et leurs amis chantaient ensemble ces ritournelles populaires pour comme se rapprocher de leurs racines. Au sujet de la couleur musicale de ce disque, Roberto Alagna déclare : « J'ai voulu de la chanson classique, à l'égal du tango, du jazz ou de la bossa nova ». A la direction orchestrale, on n'est pas étonné de retrouver le très éclectique Yvan Cassar qui, étonné de cette nouvelle sollicitation après avoir réalisé l'album de reprises de Luis Mariano, a pu, en fin de compte et sans surprise, tellement son talent est immense, apporter sa touche créatrice à l'enrobage instrumental des mélodies. Sur « A Lu Mircatu », des cuivres festifs se font entendre, pour « Sicilia Bedda », c'est un accordéon « parisien » qui domine alors que les percussions orientales et la flûte de bambou sont très expressives dans « Carritteri ». On remarque également des influences grecques dans la mélodie à trois temps de « Li Pira » tandis qu'une séduisante mandoline nous caresse les tympans dans « Si Maritau Rosa »... Yvan Cassar avoue s'être basé de la façon dont deux grands chefs qu'il admire énormément, Nino Rota et Ennio Morricone, travaillaient les musiques de films italiennes pour inclure des instruments à bois et à cordes dans « Mi Votu ». Le cinéma est encore à l'honneur avec cette splendide reprise de la chanson du « Parrain », « Parla Piu Piano », la seule de tout l'album à être interprétée en italien. Toutes les autres sont donc chantées en pur sicilien avec l'accent de Syracuse et avec l'appui de son frère Frédérico qui, selon Roberto, connaît mieux ce répertoire que lui. En tout cas, Roberto Alagna a provoqué un élan de ferveur et de fierté avec la diffusion de ce disque car il est le premier chanteur classique à s'être intéressé à ces chansons dont « Abballati », très dansante, est l'ambassadrice toute désignée. Enfin, une berceuse « Ninna Nanna » clôt doucement l'album et n'est pas sans rappeler la chanson de Claude François, du même titre (figurant sur l'album « Le Lundi Au Soleil » sorti en décembre 1972)  que « sa mère chantait quand elle le prenait dans ses bras »...

"Abballati"


Roberto Alagna s'exprime sur son nouvel album

 

Claude François "Ninna Nanna"



Jean-Sébastien Bach  - Hélène Grimaud (Deutsche Grammophon)******

Hélène Grimaud voue une admiration sans bornes à l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Elle le confesse religieusement : « Bach est la Bible, et cela depuis que j'ai commencé à le jouer dans mon enfance; travailler Bach chaque jour était la base, le fondement. Et c'est une Bible qui offre une infinité d'interprétations, à travers lesquelles on peut renouveler son rapport à la musique, à soi-même et au monde ». Pour ce premier CD consacré au compositeur allemand, la virtuose l'a conçu avec des œuvres pour clavier originales ainsi qu'avec des transcriptions réalisées par Busoni, Liszt et Rachmaninov. Pour ces dernières, nous découvrons donc la Chaconne en ré mineur, version Bach/Busoni, la Partita pour violon en mi majeur arrangée par Rachmaninov et le Prélude et Fugue en la mineur, version Liszt. Pour la partie Bach/Bach, Hélène Grimaud n'a pas lésiné sur la difficulté puisqu'elle nous offre une interprétation splendide du Clavier bien Tempéré et du Concerto n° 1 en ré mineur en compagnie du Kammerphilarmonie de Brême. Je le proclame haut et fort : ce disque d'Hélène Grimaud est une réussite totale, de bout en bout. D'un point de vue technique, la pianiste est intransigeante de précision et de maîtrise. Son touché est subtilement bien dosé, tantôt élégant et souple, tantôt nerveux et solide comme l'imposent les partitions. Son jeu est naturel, spontané, sans fioriture et... sans faille. C'est de la toute grande classe. On sent que la musicienne joue avec beaucoup de cœur et de concentration afin que le résultat soit impeccable. Laissons-lui le mot de la fin à propos de son compositeur fétiche : « C'est un compositeur qui fait peur parce qu'on craint de ne pas être à sa hauteur, mais la seule manière de lui rendre hommage est de jouer sa musique dans un esprit d'aventure et de découverte ».  Nommée pour les Victoires de la Musique Classique 2009, ce serait un comble si elle n'était pas reconnue par ses pairs ! En attendant, je lui décerne toutes mes étoiles !


Bach/Busoni "Chaconne" (extrait)
Par BERNIE - Publié dans : MUSIC'S NEWS - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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  • : 28/10/2007
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