Made in Belgium

Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 20:10


Marc Moulin
, c'était d'abord une voix. Une voix incomparable qui passait très bien à la radio... Et c'est par ce formidable moyen de diffusion que je l'ai connu, comme beaucoup. Comme je vous l'ai déjà signalé, j'écoutais (et j'écoute encore !) souvent la radio. Je changeais fréquemment de station et je me baladais sur les ondes, de la « Première » à RTL en passant par Europe n° 1... Et, inévitablement, je découvris Marc Moulin qui me fascina d'emblée par son style d'animation. Dans cet hommage, je vais, bien sûr, retracer son parcours à la radio mais je m'attarderai surtout sur sa discographie, de « Placebo » à ses derniers albums, sur le prestigieux label de jazz « Blue Note », et en évoquant la formidable aventure de ce groupe qui ne s'est jamais pris au sérieux : je veux parler, vous l'aurez deviné, de « TELEX ». Marc naît le 1er septembre 1942 à Ixelles. Ses parents, Léo et Jeannine Moulin sont écrivains. Très jeune, il est attiré par le jazz et il entre à l'Académie de Musique d'Ixelles pour apprendre le piano. Conjointement à son apprentissage de la musique, il suit des cours de sciences politiques et de sciences économiques. En 1961, il forme son premier trio de jazz. Deux ans plus tard, il rejoint l' « Alex Scorier Jazz Quintet » et fait la connaissance de Philip Catherine, autre grand musicien belge de Jazz, qui deviendra son ami... jusqu'à la mort puisqu'avant de tirer sa révérence, Marc s'occupera de la production de son plus récent album « Guitars II » paru en janvier 2008. Mais revenons au tout début des années 70 où Marc décide de voler de ses propres ailes. En 1971, il décide de créer le groupe jazz-rock « Placebo » avec lequel il publie trois albums :

« Ball Of Eyes » en 1971, « 1973 » paru la même année, comme on aurait pu s'en douter, et un album éponyme « Placebo » en 1974.

En 2006, le label « Blue Note » ressortira « The Placebo Years 1971-1974 » qui permettra à la nouvelle génération de découvrir le talent de création et l'avant-gardisme de Marc Moulin sur le plan de l'écriture musicale. Je vous propose d'écouter « Humpty Dumpty » de l'album « Ball Of Eyes » qui est un véritable petit joyau.

 


Malgré toute l'énergie qu'il consacre à son nouveau projet, Marc n'oublie pas pour autant son grand copain Philip Catherine et vient apporter son concours sur son premier album « Stream » produit par Sacha Distel. Pour Catherine, Marc s'occupera également des albums suivants : « September Man » (1974), « Guitars » (1975) et supervisera « End Of August » (1982).


En 1975, Marc a envie d'être autonome et édite son tout premier album solo : « Sam Suffy ». L'album est surprenant de bout en bout, imprégné de sons qui font penser à Miles Davis ou Herbie Hancock; dans ce disque, Marc effectue un travail personnel époustouflant puisqu'il est le compositeur de tous les titres, il est aussi le précurseur, par le mariage subtil du moog (synthétiseur électronique) avec des instruments tels que la trompette, la guitare et les percussions, d'une musique d'un style « cosy» que l'on peut également assimiler à un autre style de musique qualifiée de « Lounge ». Le côté novateur de l'album vaut par la face B de l'album consacré à un seul morceau « Tohu-Bohu » décimé en cinq parties.

 


En 2005, pour le 30ème anniversaire de sa création, « Blue Note » rééditera cet album qui n'a pas pris une seule ride, le son est tellement actuel que l'on croirait qu'il a été enregistré de nos jours ! En 1978, c'est la grande aventure « TELEX » qui commence avec ses deux compères Dan Lacksman et Michel Moers. Cette rencontre qui, au départ, ne devait être qu'une association furtive deviendra finalement, au fil des années, un groupe culte surtout grâce à l'humour apporté à leurs interprétations, à leurs reprises désinvoltes, surréalistes et à leur jeu de scène hors du commun (leur prestation sur « Euro-vision »... au Concours Eurovision de la Chanson en 1980 !).


La reprise de « Twist à Saint-Tropez » de Dick Rivers et des Chats Sauvages  est leur premier « pamphlet » suivi d'une autre, pas triste non plus, de « Rock Around The Clock ». Ils s'attaquent également au tube de Plastic Bertrand, « Ça plane pour moi ».

 


Mais la plus belle réussite de leur premier LP « Looking For Saint-Tropez » est incontestablement « Moskow Diskow » dont ils réalisent une version en anglais. Ce titre viendra bafouer la suprématie internationale de « Kraftwerk » reconnu jusqu'alors comme les pionniers et les spécialistes de la musique électronique avec leur hit « Radioactivity » paru en 1975. Maintenant, il faudra compter avec le groupe belge qui accepte donc de représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson en 1980.  Pour ce grand événement, « TELEX » va en étonner plus d'un avec leur chanson originalement intitulée « Euro-vision » avec des paroles désopilantes évoquant l'ambiance dans laquelle se déroule le concours ainsi que le faste débile du sacrement du pays gagnant ! L'ironie est à son comble lorsque Dan Lacksman sort de sa poche un petit appareil photo pour immortaliser l'assistance qui ne leur prodiguera que de timides applaudissements... Finalement, la formation termine antépénultième (17ème sur 19 d'un concours gagné par l'irlandais Johnny Logan avec « What's Another Year »). N'empêche, le titre rencontre un joli succès en Belgique et s'il n'a pas soulevé l'enthousiasme des jurys européens lors de la collecte des votes, les critiques musicaux reconnaissent l'esprit novateur et caricatural du groupe.
 

 


Un second album sort en 1980 nanti du morceau tant décrié par ses détracteurs avec trois plages qui retiennent l'attention : « We Are All Getting Old » qui ouvre l'album, « Dance To The Music », un cover de la célèbre chanson de Sly and The Family Stone, et surtout « En Route Vers De Nouvelles Aventures » qui aura de fréquentes diffusions en radio ainsi que sa version en anglais sous le titre « My Future ».



En 1981, le trio publie « Sex » dont les paroles sont écrites par le groupe « Sparks » mais l'album ne recueille pas le succès attendu, tout comme le 4ème, « Wonderful World » paru en 1984 malgré le beat ravageur de « L'Amour Toujours » et le très dansant « Raised By Snakes » qui valent que l'on s'y attarde.


En 1988, c'est sous le label Warner que sort « Looney Tunes » dont quatre titres se dégagent nettement : « Temporary Chicken », « Spike Jones », « Peanuts » et « Rendez-Vous dans l'Espace » (avec des sonorités et des bruitages très perceptibles à la sauce « Jean-Michel Jarre »). Mais apparemment, le « filon » est épuisé et le public ne répond pas en masse à ce nouvel album.


Alors, en 1989, comme c'est la mode des Remixes, le combo paraît « Les Rythmes Automatiques » mais c'est quatre ans plus tard, en 1993, qu'ils feront un retour en grâce avec la compilation 4 CD « Belgium One Point ».


S'ensuivent plusieurs autres albums de remixes, « I Don't Like Remixes Vol. 1 », « I Don't Like Remixes, Original Classics 78-86 » (1998) et « I Still Don't Like Music Vol. 2 » (1999) avant un dernier album sorti en février 2006, « How Do You Dance », comprenant deux covers : « On The Road Again » de Canned Heat et « J'Aime La Vie » de Sandra Kim. Mais les années les plus exaltantes sur le plan musical restent encore à venir pour Marc qui intègre en 2001 le prestigieux label de jazz « Blue Note » et ce nouveau changement de cap va lui valoir une renommée mondiale.


Avec « Top Secret », il place la barre très haute aussi bien sur la qualité de la réalisation que des compositions. Le résultat est au « top » et il n'y a pas de « secret » : c'est tout le potentiel de son talent qui s'exprime et qui se concrétise par la vente de 100.000 copies à travers le monde et un Disque d'Or en Belgique. Des 10 morceaux qui composent « Top Secret », « Into The Dark » est celui qui a eu le plus de retentissement, mais « What ? », « Organ » et « Tenor » méritent certainement le même privilège.


Les autres titres ne sont pas à dénigrer mais auditivement, je préfère les quatre précédents... Il faut quand même avoir quelques préférences, non ? Il est vrai que notre ami Marc est bien soutenu vocalement (la brillante Christa Jérôme également présente sur « Entertainment » et « I Am You ») et musicalement : Bert Joris (Trompette et Trompette Muette), Djaffar Bensetti (Trompette), Bart Maris (Fluegelhorn ou Bugle et Trompette), Johann Vandendriessche (Sax Ténor, Sax Baryton, Flûte, Flûte Alto et Batterie), Philip Catherine (Guitare), Paul Flush (Orgue Hammond), Ron Mael des « Sparks » (qui prête sa voix sur « What ? ») et Marc aux Synthés, Keyboards et Rythmes.  Ils méritent tous d'être cités tellement leur performance est de qualité.


« Entertainment » paraît donc en septembre 2004 avec sa chienne Sadie sur la pochette. Outre Bert Joris et Christa Jérôme, Marc est cette fois-ci rejoint par le jeune percussionniste flamand Peter Schneider. Dès la sortie de ce CD, Marc fait coup double car il connaît autant de succès qu'avec le précédent, il en vend également 100.000 exemplaires et reçoit un nouveau Disque d'Or en Belgique.


« Silver (Who Stole The Groove) » s'impose tout de suite comme la plage « maîtresse » mais l'ensemble de l'album est aussi bon que son prédécesseur. D'autres titres sont remarquables : la seconde plage « Preface », « Calligram », « Irony »... Très difficile encore de différencier les morceaux afin de faire un choix judicieux !  En tout cas, ce Bert Joris est un très grand trompettiste qui nous en met plein les oreilles, sa technique est tout simplement splendide !

 


Le fameux dicton « jamais deux sans trois » sera respecté avec « I Am You » qui sort en janvier 2007. C'est à nouveau un coup de maître puisque Marc est Disque d'Or pour la 3ème fois consécutive et j'ai véritablement flashé pour « Welcome To The Club », « Music Is My Husband », « Ftb » ainsi que « Me & My Ego » et « Le Bruit De l'Ombre », ces deux derniers morceaux étant enjolivés par la voix de Marc veloutée par... les volutes d'un bon Havane, déposée délicatement, avec le même talent qu'un Gainsbourg.

 

   


Je ne pouvais m'imaginer que Marc parte aussi vite. Je ne savais pas qu'il était malade... D'ailleurs, personne ne le savait. Comme personne ne savait qu'il était mort et enterré au moment où nous avons tous appris qu'il n'était plus de ce monde. Telle était la volonté d'un homme sensible, généreux, humble, pas prétentieux pour un sou... Je considère qu'avec Toots Thielemans et Philip Catherine, il est un des plus grands Jazzmen que notre petit pays ait connu...

 

Marc Moulin et la radio, c'est une autre grande histoire d'amour. Il entre à la RTB en 1968 et rencontre Jacques Mercier qui, à ce moment-là, anime « Dimanche Musique » avec Stéphane Steeman. Au début des années 70, Marc se voit confier l'animation en soirée et crée le concept de « Cap de Nuit », émission co-animée et co-programmée par Jacques Mercier, pour laquelle il compose le générique. D'autres émissions suivent : « King Kong », « Radio Crocodile » mais sa plus grande trouvaille sera « Radio Cité », chaque week-end, de 1978 à 1986, une radio de la RTBF qui se voulait indépendante, diffusée sur un canal bruxellois, le canal 21, sur la fréquence FM 93.2. Instantanément, cette nouvelle radio bat les records d'audience, le public est séduit par cette fine équipe constituée de Tania Roshenko, Ria Marten, Anne Goreux, Isabelle Watelet, Terry Focant, Ray Cokes, Martine Matagne, Jean-Pierre Hautier (directeur actuel de « La Première »), Bert Bertrand, Marc Francart, Guy Vanhumbeeck, Alain Neefs et Rudy Léonet (directeur actuel de « Pure FM »). Inspiré des radios américaines, Marc révolutionne la façon de présenter, désire que l'on parle sur les intros des disques, ce qui n'était pas coutumier à l'époque. Avec ses camarades de « TELEX », il improvise des jingles pour habiller le démarrage de chaque émission.

 


Marc élabore également le principe de la playlist qui reprend les chansons les plus diffusées sur les ondes. En 1981, la RTBF crée « Bruxelles 21 » pendant la semaine qui est relayée par « Radio Cité » pour le week-end. Du coup, une rivalité s'installe entre deux radios de la même maison. « Radio Cité » va pourtant encore tenir durant cinq années avant que Pierre Guyaut, début 86, soit désigné pour s'occuper des programmes du week-end pour ensuite laisser le champ libre à Marc Ysaye aux commandes de « Système 21 ». Devant tous ces changements, Marc Moulin, conservateur de l'ancien schéma, jette l'éponge. De plus, Marc estimait qu'il avait tiré le maximum de sa progéniture et avait envie de passer à autre chose...

Marc Moulin, c'était aussi un producteur hors pair. Outre le guitariste de jazz Philippe Catherine, c'est lui qui est à la base, avec Jacques Duvall, de l'éclosion de la jeune chanteuse Lio au moment de la sortie de son premier tube « Banana Split » en 1979. Sa deuxième association la plus célèbre est celle d'avec Alain Chamfort pour qui il réalise « Tendres Fièvres » en 1986 (qui contient « La Fièvre Dans Le Sang », « Revenir Avec Vous » et « Je Laisse Couler », titres auxquels Marc participe à l'écriture). Il récidive avec l'album « Trouble » en 1990 (qui comprend, entre autres, « Souris Puisque C'est Grave », « Ce Ne Sera Pas Moi », « La Femme De Ma Vie »). Marc continue pour l'album « Neuf » en 1993 avec l'emblématique « Clara Veut La Lune » et clôt sa collaboration avec « Personne N'est Parfait » en 1997 (avec « Aucune Différence », « Les Majorettes », « Ce N'est Que Moi »). Il travaille également aux côtés de Julos Beaucarne, Jacques Duvall, Alec Mansion, Viktor Lazlo et du groupe belge The Bowling Balls qui connut la gloire de 1979 à 1983.


Marc Moulin, c'est un aussi un amoureux des mots. En septembre 1997, il publie chez Labor « La surenchère... ou l'horreur médiatique » où il dresse un constat pertinent sur l'impact des médias dans notre société et la manière dont nous les utilisons. Le style de l'écriture est bien évidemment teinté d'humour mais amène inévitablement à une réflexion sincère et sérieuse sur les répercussions engendrées. Durant 10 ans, il étalera ses « humoeurs », des chroniques personnelles hebdomadaires, dans les colonnes du magazine Télémoustique avec une dérision qui lui est propre. À la radio, il conçoit et co-anime l'émission « Le Jeu des Dictionnaires », avec son ami Jacques Mercier, qui deviendra télévisuelle ainsi que « La Semaine Infernale » sur « La Première ». Il s'est également frotté au théâtre en écrivant 4 pièces qui ont été montées au Théâtre de la Toison d'Or à Ixelles et au Théâtre Le Public à Saint-Josse. Comme si son temps était déjà malheureusement compté, paraît en début d'année 2007 « Les neuf vies de Marc Moulin », une biographie concoctée par Thierry Coljon chez Luc Pire. Chouette, Marc n'en est qu'à sa deuxième alors...
 

Par BERNIE - Publié dans : Made in Belgium - Communauté : Musiques
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 21:55


Voici comment le 30ème anniversaire de la disparition de Jacques Brel s'est traduit sur le marché du CD, du DVD et du livre.

Commençons par le rayon CD :

Enregistrements Philips 1954-1961 (Coffret 5 CD)

Coffret paru le 15 septembre 2008 en édition limitée sous le label Barclay. Rien ne vaut l'intégrale ci-dessous mais c'est un bon condensé de chansons immortelles dont le succès a occulté beaucoup d'autres... dont certaines sont reprises ici, parsemées dans les 5 CD. Uniquement pour les collectionneurs...

L'intégrale (Coffret 15 CD)

Un must pour tout passionné du Grand Jacques ! La boîte à bonbons qui contenait les 15 CD remastérisés avec, pour chacun des albums, la reproduction recto/verso de la pochette d'origine, conçue pour le 25ème anniversaire, a fait place à un joli coffret en velours rouge. Toutefois, je trouve que la présentation dans la boîte à bonbons était beaucoup plus imaginative avec, pour cerise sur le gâteau, un somptueux livret illustré de magnifiques photos contenant un CD bonus d'enregistrements inédits effectués sur la chaîne de radio BRT 2 le 28 mai 1953.

Beaucoup d'autres exclusivités également comme, entre autres, « La Foire » et « Il y a » (les deux premières chansons de Jacques Brel parues en 78 tours) reprises sur le CD « Jacques Brel et ses chansons » et, pour apothéose, sur l'ultime album des « Marquises », les 5 perles que les héritiers ont retiré d'un tiroir et qui n'étaient jamais parues jusqu'alors : « Sans exigences », « Avec élégance », « Mai 40 », « L'amour est mort » et « La cathédrale »...

Les 100 Plus Belles Chansons (Coffret 5 CD)

Pour ceux qui ne peuvent s'offrir l'intégrale, voici un excellent résumé de la fantastique discographie de Brel en 5 CD disposés dans un très joli écrin métallisé...

 

Au rayon DVD :

J'aime les Belges

Jacques Brel nous confie, avec tendresse, ses impressions sur sa terre natale qu'il qualifie de « seconde peau » pour laquelle il a éprouvé beaucoup d'amour, de passion mais aussi des colères. C'est France Brel qui est à l'origine de ce documentaire inédit que la RTBF a diffusé récemment à l'occasion du 30ème anniversaire avec des images émouvantes et drôles aussi comme, par exemple, cette version humoristique de « La Quête » en flamand qui n'avait pas encore été montrée... Témoignage de l'attitude grandguignolesque que pouvait avoir Jacques Brel en parfait contraste de la gravité parfois exprimée dans ses interprétations...

  Comme quand on était beau

3 magnifiques DVD réédités aussi pour le 30ème anniversaire et, comme pour « Les 100 Plus Belles Chansons », dans un boîtier métallisé.

Parmi les fabuleux documents audiovisuels qui composent ces 3 DVD, retenons les inédits sur :

  • Le volume 1: «La cathédrale» (un clip de la Fondation Brel), «Hé! m'man» (Midi-Variétés 1966), «Jojo» (une version inédite de la Fondation Brel) et «Le petit chemin» (Le château des chansons 1969)
  • Le volume 2: «Le pendu» (Club Domino 1963), «La Toison d'Or» (Journal Télévisé 1963) et «Avec élégance» (Fondation Brel)
  • Le volume 3: «Place de la Contrescarpe» (Chansons pour un ami 1965), «Mai 40» (Fondation Brel), «Buvons un coup», «Les porteurs de rapières» et «Mourir pour mourir» (extraits du film «Mon Oncle Benjamin» 1969) et «L'amour est mort» réalisé conjointement par la RTBF et la VRT... comme quoi, Jacques Brel pouvait aussi briser les barrières linguistiques !

 

Franz/Far West

Judicieuse initiative que celle entreprise par la Fondation Brel de regrouper ici les deux films réalisés par Jacques. Ignorés, voire dénigrés, ces deux longs métrages dégagent beaucoup d'émotion et de poésie. « Franz » est, à proprement parler, un film d'auteur avec une brillante prestation de Jacques Brel et de l'étonnante Barbara. Les deux artistes sont tellement proches que l'on croirait qu'ils ont « grandi » ensemble ! « Far West » (pourtant « chapeauté » par Claude Lelouch et Lino Ventura) reçoit ici, par l'entremise du DVD, une seconde chance d'être enfin reconnu pour sa subtilité et sa magie !

 

Les risques du métier/Mon oncle Benjamin

Coffret de 2 DVD regroupant deux films qui ont compté dans la carrière cinématographique de Jacques Brel : « Les risques du métier » d'André Cayatte où il campe un instituteur accusé d'attouchements sur une élève dont le rôle est tenu par la talentueuse Delphine Desyeux et « Mon oncle Benjamin » d'Edouard Molinaro, avec une interprétation beaucoup plus convaincante où manifestement, il se sent à merveille dans la peau de ce médecin à l'allure libertine qui le rend irrésistible de drôlerie et... terriblement séduisant !

 

Brel en public

Voici 2 DVD judicieusement regroupés dans un seul boîtier avec deux concerts à l'Olympia en 1966 et à Knokke en 1963, ce dernier n'existant, jusqu'alors, qu'en CD. Le premier DVD est donc consacré aux adieux à la scène avec les titres suivants :

« Le cheval » - « Fils de.. » - « Jacky » - « Le gaz » - « Les vieux » - « Les bigotes » - « Mon enfance » - « Mathilde » - « Ces gens-là » - « Amsterdam » -

«  Les bonbons 67 » - «  Jef » - « Au suivant » -«  Le plat pays » - « Madeleine » - « Ne me quitte pas ».

En bonus : 2 interviews réalisées la veille de la première sont utilisées en commentaires audio.

Le 2ème DVD est une petite merveille en soi : c'est un récital inédit enregistré au Casino de Knokke le 23 juillet 1963 au cours duquel Jacques Brel interprète :

« Bruxelles » - « Rosa » - « La Fanette » - « Les fenêtres » - « Quand on a que l'amour » - « Mathilde » - « Les vieux » - « Le plat pays » - « Le moribond » - « Les bigotes » - « Madeleine ».

En bonus : Brel parle (interview à Knokke en 1971).

Deux DVD qu'il faut absolument regarder en éprouvant le sentiment de partager un moment unique avec un personnage...unique ! Un seul mot : fabuleux !

 

Au rayon livres :

 

Jacques Brel : L'éternel adolescent

de Serge Le Vaillant avec des préfaces d'Abd Al Malik et de Gérard Jouannest.


191 pages, Editeur : Textuel. Sorti le 2 octobre 2008.

Serge Le Vaillant est un homme de radio. Il a œuvré pour la célèbre émission « L'Oreille en Coin » du dimanche après-midi. C'est un « touche à tout » puisqu'il fut reporter, animateur, chroniqueur, réalisateur et même auteur de textes pour les programmes de nuit ! Actuellement, il est producteur délégué et animateur de l'émission nocturne « Sous les étoiles exactement ». Il est le fidèle compagnon des auditeurs de France Inter jusqu'aux petites brumes de l'aurore...

 

Jacques Brel : Voyage au bout du rêve

d'Alain Wodrascka avec une préface de Juliette Gréco.
 

141 pages, Editions Didier Carpentier. Sorti le 4 septembre 2008.

Alain Wodrascka aime les artistes. Outre Jacques Brel, il a consacré des ouvrages à Johnny Hallyday (« Le Phénix »), Serge Gainsbourg (« Over The Rainbow »), Claude Nougaro (« Souffleur de vers »), Francis Cabrel (« Une star à sa façon). Il a également écrit sur Alain Souchon et Laurent Voulzy (« Destins et mots croisés »), Renaud (« Docteur Renaud »), Hugues Aufray (un livre/CD) et Barbara (« Parfums de femme en noir »). En parfait connaisseur, il retrace la carrière de Brel dans la Chanson et le Cinéma en apportant un regard neuf et analytique avec l'appui de très nombreux documents rares et inédits.

 

Jacques Brel

de Philippe Crocq et Jean Mareska.

 

143 pages, Nostalgie Editions. Sorti le 17 septembre 2008

Encore un très beau livre de Philippe Crocq à l'origine de nombreuses autres biographies sur Barbara (« Le noir lui allait si bien »), Bourvil (« De rire et de tendresse »), Julien Clerc (« Le pas discret du patineur »), Edith Piaf (« La vie pas toujours rose d'Edith Piaf »), Yves Montand (« La vie n'efface rien »), Corneille, Robbie Williams (« L'art d'être une star ») et Indochine (« Sur la muraille d'Indochine »). Le producteur, éditeur de musique et journaliste Jean Mareska apporte son généreux concours à la réalisation de cet ouvrage qui nous permet de nous immiscer encore un peu plus dans l'intimité du Grand Jacques.

 

 

Brel par Leloir

de Jean-Pierre Leloir

 

126 pages, Editions Fetjaine, dans la Collection « Gilles Verlant présente ». Sorti le 11 septembre 2008.

Depuis l'arrivée de Jacques Brel à Paris en 1957 jusqu'au début des années 70, Jean-Pierre Leloir a suivi Brel, a partagé son univers et est devenu son ami. Ce magnifique album très richement illustré de jolies photos est le reflet de quinze années passées dans l'ombre de l'inoubliable poète.

Jean-Pierre Leloir est un très talentueux photographe. Il a pu prendre « sur le vif » quantité non négligeable d'artistes issus de milieux différents (jazz, rock, classique) pour le compte de nombreuses revues mais aussi pour la conception de pochettes de disques.

 

Jacques Brel : La valse à mille rêves

d'Eddy Przybylski, préface de Serge Lama

 

765 pages, Editeur : L'Archipel. Sorti le 1er octobre 2008.

Durant trois ans, Eddy Przybylski, (né à Liège en 1953 et journaliste au quotidien « La Dernière Heure »), a suivi Jacques Brel afin de connaître ce qui avait pu l'influencer dans sa manière d'être, ses origines, ses blessures et ses contradictions. Il a questionné sa famille, ses amis, ses copains d'enfance, ses voisins, les femmes de sa vie et les artistes qu'il a côtoyés pour finalement recueillir plus d'une centaine de témoignages inédits et émouvants. Le Grand Jacques n'a décidément pas encore fini de faire parler de lui...

C'est sur le plateau du film « Far West » qu'Eddy « tombe » sous le charme de l'immense talent de Jacques Brel dont il décide, à partir de 1972, de se passionner pour sa carrière à tel point qu'il conçoit un spectacle hommage « Dans l'ombre de son ombre » qui sera joué dans six pays. On lui doit également « Brel à Bruxelles » sorti en 2002 aux Editions « Le Roseau Vert ».

 

Jacques Brel : L'impossible rêve

de Serge Vincendet


359 pages, Editions Alphée. Sorti le 9 octobre 2008.

Encore un ouvrage très bien écrit qui rend un vibrant hommage à Jacques Brel en tant qu'homme mais aussi, bien sûr, en tant que chanteur et acteur.

Serge Vincendet est un spécialiste du Disque puisqu'il dirige le magasin « Monster Melodies » réputé en raretés et disques de collection. Il a écrit d'autres livres sur la chanson notamment consacrés à Serge Gainsbourg (« L'intégrale et caetera » chez Bartillat, 2005 en collaboration avec Yves-Ferdinand Bouvier et « Le cinéma de Serge Gainsbourg affirmatif ! » chez Le Rocher, 2007 en collaboration avec Philippe Crocq et Alain-Guy Aknin) et à Barbara (« Ombres et lumières » chez Alphée, 2007).

 

Sur les pas de Jacques Brel

de Michel Quint avec des illustrations de Philippe Lorin.

 

93 pages, Presses de la Renaissance. Sorti le 20 février 2008.

Voici, pour terminer, un ouvrage somptueux. L'auteur, Michel Quint, a effectué un travail titanesque, que l'on peut juger « en profondeur ».  Impressionné (qui ne le serait pas !), à l'âge de 5 ans, par la rencontre fortuite avec Jacques Brel qui lui fit cadeau de son vélo, le dernier jour de travail à la cartonnerie de son père, avant de prendre le train pour Paris, Michel Quint « enfourche sa bécane » pour suivre Brel de la maison de son enfance de Schaerbeek à sa dernière demeure d'Hiva-Oa. Avec un style romanesque, bon enfant et admiratif à outrance, Michel Quint narre l'unique enregistrement en public d' « Amsterdam » à l'Olympia, la première de « L'Homme de la Mancha », les péripéties du tournage de « L'Aventure, c'est l'Aventure », le baptême du ciel de Jacques aux commandes de son avion personnel... Une approche inédite et authentique d'un homme qui en fait, était tout simplement un homme comme les autres... 

Par BERNIE - Publié dans : Made in Belgium - Communauté : Parlons Zic !
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