18 décembre 2010… Je regarde « bêtement » « Les Enfants de la Télé » sur TF1 où la plupart des téléspectateurs belges attendent une « dérive » du Ministre Michel Daerden, l’invité surprise d’une spéciale consacrée au film de Dany Boon « Rien à déclarer »… Et soudain, dans la dernière partie de l’émission d’Arthur, une bouffée d’air frais envahit le plateau avec l’arrivée de Jean-Louis Aubert qui aurait bien pu se demander ce qu’il était venu faire là… L’ami Jean-Louis est poli, il sourit aux pitreries de Poelvoorde et consorts, il attend sagement qu’on veuille bien lui adresser la parole car s’il est là, ce n’est pas pour les beaux yeux de Line Renaud… C’est pour parler, ne fut-ce qu’un bref instant, de son dernier album « Roc’ éclair ». Et j’ai vraiment été touché par sa gentillesse, sa simplicité, son sourire mais aussi par la tristesse qui perlait encore dans ses yeux, accumulée par la perte récente de son père qu’il avait assisté jusqu’à son dernier jour sur son lit d’hôpital, la disparition d’Olivier Caudron (créateur de la formation Lili Drop), son ami d’enfance décédé le 17 janvier 2006, de Fred Chichin (Rita Mitsouko), victime d’un cancer rapide le 28 novembre 2007, et de Guillaume Depardieu pour qui il avait chanté « Un Monde Ailleurs », lors de ses obsèques le 17 octobre 2008… Autant d’êtres pour lesquels il vouait une profonde amitié. Alors, presque pour exorciser toutes ces douleurs, Jean-Louis s’est isolé en Provence pour se concentrer sur l’écriture de son nouveau disque. Ensuite, il est revenu à Paris et a investi le studio « Labomatic » de Dominique Blanc-Francard et Bénédicte Schmitt. S’entourant seulement d’Albin de la Simone (claviers), de Denis Benarrosh (batteries) et de Julien Chirol (cuivres et cordes), Jean-Louis à joué à « l’homme orchestre », notamment dans le magnifique « Maintenant Je Reviens » où il se démultiplie au piano, aux guitares et à la batterie avec une déconcertante agilité et un énorme talent. Les paroles sont belles, simples, Jean-Louis nous revient tel qu’il a toujours été pour notre plus grand plaisir.
Après un excellent « C’est Con Mais Bon » aux très belles sonorités (jolies guitares, subtiles cuivres et harmonica avec de beaux clappements de mains en guise de percussions), on découvre le tubesque « Demain Sera Parfait » déjà très plébiscité par les radios avec un magnifique clip dans lequel Jean-Louis endosse un « vieux pardessus usé » et vient se mêler aux sans abris pour leur apporter un peu de réconfort…
Vient ensuite le fabuleux « Puisses-Tu » avec un très beau message d’espoir face aux nombreuses désillusions qui peuvent pourrir une vie. Le très feutré « Chasseur De Nuages » et l’amusant « Les Lépidoptères », dans lequel Jean-Louis jongle avec les mots et les rythmes, précèdent les poignants « Demain Là-Bas Peut-Être » (la voix de Jean-Louis qui se pose sur une jolie guitare sèche et quelques envolées de cordes) et « Regarde-Moi » (aux couleurs franchement country). Le dernier tiers de l’album est tout aussi bon avec « Le Matin Des Magiciens » (la musique guérit, par magie, bien des blessures), l’émouvant « Marcelle » (dédiée à une bonne vielle dame centenaire qui occupait la chambre d’hôpital juste en face de celle de son papa…), le troublant « Aimer Ce Qui S’enfuit », l’un des plus beaux morceaux de l’album, qui traduit la nécessité de ne jamais oublier les valeurs de la vie qui nous ont été enseignées, et « Roc’ éclair » qui donne le titre à l’album (l’hommage final de Jean-Louis à ses chers disparus, en référence à une grande entreprise française de pompes funèbres). Ces 12 titres sont issus des 35 (!) qui ont été enregistrés dont 7 font l’objet d’un CD intitulé « Hiver » et inclus dans une édition limitée parue lors de la sortie de « Roc’ éclair ». Après l’aventure « Téléphone » qui aura duré 10 ans, Jean-Louis Aubert avait remarquablement négocié un dangereux virage dans sa carrière.
Tout le monde était curieux de voir comment il allait réagir suite à la séparation du groupe et l’année suivante, il clouait le bec à ses détracteurs avec « Plâtre Et Ciment », un premier album… solide qui délivrera plusieurs hits : « Juste Une Illusion », « Les Plages (C’est Ici) » et « Quand Paris S’éteint ».
En septembre 1989, il sort « Bleu Blanc Vert » riche de 16 titres dont s’extraient « Voilà C’est Fini », « Sid’aventure », « Ils Cassent Le Monde » et « Le Long De L’eau », un album pour lequel il reçoit les précieux concours de Paul Personne, Axel Bauer, Princess Erika et Guesch Patti.
Trois ans s’écoulent avant « H », son plus gros succès discographique, qui renferme les très efficaces « Moments », « Temps À Nouveau » et « Toi Que L’on N’homme Pas ». Personnellement, on peut facilement rajouter les quatre derniers titres de l’album, d’excellente qualité musicale : « La Question », « Si Seulement », « La Bonne Étoile » et « Solitude »… Ce n’est pas étonnant que le disque se soit vendu à plus de 200.000 exemplaires ! Si Princess Erika et Paul Personne sont encore de la partie, Jean-Louis épatera tout son monde en faisant appel au Mystère des Voix Bulgares…
En mai 1997, il publie « Stockholm » avec le magnifique « Le Jour Se Lève Encore » qu’il compose avec Barbara. Il reprend également « Vivant Poème » qu’il avait créé pour elle en 1996 à l’occasion de son dernier CD « Il Me Revient » contenant ces deux derniers titres. Un peu plus tard, en novembre 1997, la Grande Dame Brune s’éteindra…
En novembre 2001, il édite « Comme Un Accord » dont se distinguent
« Commun Accord », « Alter Ego » et « Milliers Millions Milliards ». Je retiens
également la seconde plage « L’Essentiel », « Donne-Moi Une Raison » et « Cette Vie ».
Pas de tubes en puissance mais rien que de bonnes chansons, tout de même…
Fin 2005, il publie « Idéal Standard » avec les très bons « Parle-Moi », « Ailleurs », « On Vit D’Amour », « On Aime (Comme On A Été Aimé) » et « À Ceux Qui Passent ». Encore une fois, Jean-Louis nous livre des beaux textes sur l’amour, l’espérance et l’humanité… À l’heure où tous les fans de « Téléphone » rêvent à une reformation (Louis Bertignac et Richard Kolinka sont partants alors que Corine Marienneau, exprimant encore quelques griefs à l’encontre de Jean-Louis Aubert, resterait à l’écart), Jean-Louis est sur les routes pour une nouvelle grande tournée afin d’égrener son nouvel album et il sera de passage chez nous à Forest National ce prochain 7 mai. Dans un prochain « INTERMEZZO », je reviendrai sur la période « Téléphone »…
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