Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 20:37

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Question facile : quel est le point commun entre John Barry et James Bond, le héros d’Ian Fleming ? Ils ont les mêmes initiales, pardi ! Rien que par cette banale coïncidence, le destin du compositeur était irrémédiablement lié aux aventures de l’agent 007 ! Même s’il a dû mettre le fameux thème de Monty Norman à toutes les sauces, il faut bien avouer que Barry a joué un rôle considérable dans le succès de la saga. L’orchestration des scènes d’action était rondement menée et il était aussi palpitant d’assister aux divers exploits de Bond que d’écouter la musique… John Barry est donc crédité au générique de 11 James Bond :

JB DR NO

1962 : « Dr No » (« James Bond contre Dr No ») uniquement pour l’orchestration de la scène finale, le reste de la bande originale ayant été attribuée à Monty Norman (John Barry et Monty Norman se retrouveront même, à deux reprises, devant la Cour de Justice pour la reconnaissance et le partage de leurs droits respectifs dans le thème créé par Norman et maintes fois arrangé par Barry);

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1963 : « From Russia with Love » (« Bons Baisers de Russie ») avec une nomination aux Golden Globe Awards pour la meilleure chanson de film composée par Lionel Bart et interprétée par Matt Monro);

JB GOLDFINGER

1964 : « Goldfinger » (chanson interprétée par Shirley Bassey sur une musique de Barry avec des paroles d’Anthony Newley et Leslie Bricusse, des auteurs ayant travaillé, entre autres, pour Sammy Davis Jr et Tony Benett);

JB THUNDERBALL

1965 : « Thunderball » (chanson interprétée par Tom Jones sur une musique de Barry et des paroles de Don Black qui collaborera aux travaux de Barry sur « Out Of Africa » et « Dances With Wolves », j’y reviendrai);

JB YOU ONLY LIVE

1967 : « You Only Live Twice » (« On ne vit que deux fois », chanson interprétée par Nancy Sinatra sur une création du duo Barry/Bricusse);

JB AU SERVICE SECRET

1969 : « On Her Majesty’s Secret Service » (« Au Service Secret de Sa Majesté »);

JB DIAMONDS

1971 : « Diamonds Are Forever » (« Les diamants sont éternels », chanson interprétée par Shirley Bassey sur une composition de la paire Barry/Black);

JB THE MAN

1974 : « The Man With The Golden Gun » (« L’homme au pistolet d’or », chanson interprétée par Lulu, co-gagnante du Concours Eurovision en 1969, sur un travail signé à nouveau par Barry et Black);

JB MOONRAKER

1979 : « Moonraker » (3ème chanson à être finalement interprétée par Shirley Bassey alors qu’elle était préalablement destinée à Johnny Mathis, ce dernier l’ayant refusée après que les producteurs aient songé à Kate Bush voire même Frank Sinatra ! C’est un texte d’Hal David qui a été posé sur la musique de Barry);

JB OCTOPUSSY

1983 : « Octopussy » (la chanson thème intitulée « All Time High », sur une musique de Barry et des paroles de Tim Rice, est interprétée par Rita Coolidge);

JB A VIEW

1985 : « A View to a Kill » (“Dangereusement Vôtre”, nominations aux Golden Globe Awards pour la meilleure musique de film et la meilleure chanson par le groupe Duran Duran qui cosigne la composition avec Barry);

JB THE LIVING

1987 : « The Living Daylights » (« Tuer n’est pas jouer », chanson interprétée par le groupe A-ha et coécrit avec le guitariste de la formation, Paul Waaktaar-Savoy).

Impressionnant, n’est-il pas ! Et pourtant, personnellement, c’est vers l’âge de 10 ans que j’ai véritablement découvert John Barry lorsque la série « The Persuaders ! » (« Amicalement Vôtre ») a été diffusée pour la toute première fois à la RTB ! Quel subtil habillage musical pour le générique condensant le chemin parcouru par Danny Wilde et Brett Sinclair depuis leur plus tendre enfance jusqu’à leur rencontre !  Mon frère et moi nous identifiions à ces deux personnages opposés par leurs origines : j’avais une nette préférence pour le rôle de Tony Curtis et mon frère, logiquement selon moi, puisqu’il était l’aîné, se parait de celui de Roger Moore…  Et cette musique que nous connaissions sur le bout des doigts était le détonateur de nos aventures improvisées… Mais revenons à ce qui nous occupe. Avant de faire plus ample connaissance avec John Barry, voici ce fameux générique accompagné de deux pochettes de 45 tours sous le label CBS : le pressage hollandais, avec le titre original, paru en 1972, avec le sticker « Indicatif Amicalement Vôtre » apposé sur le recto, et le pressage français sorti en 1974 :

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De son vrai nom John Barry Prendergast, John naît le 3 novembre 1933 à York en Angleterre. Sa mère est une talentueuse pianiste classique et son père gère plusieurs salles de cinéma. L’équation, dès son tout jeune âge, est évidente : Musique + Cinéma = John Barry. Très intéressé par l’apprentissage de la musique, il débute tout naturellement par le piano en combinant l’étude de la trompette. John a neuf ans et il adore vraiment ça. Ce qui ne gâte rien, il est extrêmement doué. Désirant intensifier ses explorations musicales, il s’oriente vers la musique classique jusqu’à son 15ème anniversaire. Il déniche un boulot comme projectionniste de cinéma avant d’entrer sous les drapeaux pour intégrer bien évidemment la formation musicale de son camp d’affectation. Sitôt débarrassé du service militaire, il signe ses premiers arrangements pour des groupes anglais emmenés par Ted Heath (il fut à la tête du plus célèbre big band anglais, après la Seconde Guerre, enregistra plus d’une centaine d’albums et vendit plus de vingt millions de disques. Durant sa carrière, il eut la possibilité de côtoyer de nombreux grands artistes comme Nat King Cole, Count Basie, Marlène Dietrich, Johnny Mathis, Tony Benett, Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald, entre autres.  Il décéda en 1967 mais sa formation lui survécut jusqu’en 2000 !) et Johnny Dakworth, formidable jazzman, un excellent clarinettiste et saxophoniste qui fut à l’origine du générique des trois premières saisons de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir ». Au crépuscule des années 50, John n’a qu’un désir : les imiter et posséder sa propre formation. Avec l’aide de trois camarades qu’il a gardés de sa période de service militaire et de trois musiciens recrutés dans le Yorkshire, sa région natale, il fonde le groupe « The John Barry Seven » et se met directement au travail pour composer quelques instrumentaux qui rencontreront un assez bon succès.

JB JOHN BARRY SEVEN

JB THE JOHN BARRY SEVEN

Cette reconnaissance leur permet de partir en tournée dans le Royaume-Uni et ils réussissent à capter l’intérêt de la fameuse firme EMI. Leur signature au bas d’un contrat les conduit à l’enregistrement d’un premier disque intitulé « The Big Beat » qui leur ouvre les portes des studios de télévision afin de se produire dans plusieurs émissions de variétés. Mais John a d’autres objectifs. Ce groupe, il le considère plus comme un tremplin pour aboutir à ce qu’il veut vraiment : la composition de musiques de films.

C’est avec « Beat Girl » (« L’aguicheuse ») d’Edmond T. Gréville que John signe sa première musique de film en 1960 dans lequel apparaît notamment Christopher Lee. La même année, il s’occupe de la partition de « Never Let Go » de John Guillermin avec Peter Sellers. L’année suivante, c’est Chloe Gibson qui fait appel à lui pour accompagner « Girl on a roof » interprété surtout par des acteurs de séries télévisées dont Ivor Dean qui a joué dans « Regrets éternels », un épisode de la série « Amicalement Vôtre ». Mais tout à coup, le destin de John va prendre une toute autre dimension dès 1962 : il a tapé dans les oreilles d’Albert R. Broccoli et d’Harry Saltzman, deux producteurs associés avides d’adapter au grand écran le célèbre James Bond, l’agent 007 des romans d’Ian Fleming. Pourtant, sa musique ne s’exprimera que sur un court passage de « James Bond contre Dr No » mais elle aura un impact suffisant pour lancer définitivement sa carrière.

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Malgré ce succès, John n’abandonne pas sa formation « The John Barry Seven » et sort un second album « Stringbeat ». Toujours en 1962, il s’occupe de la bande originale de « La chambre indiscrète », un drame de Bryan Forbes produit par Richard Attenborough avec Leslie Caron. Mais voilà que Broccoli et Saltzman viennent à nouveau le solliciter pour « Bons Baisers de Russie » de Terence Young, le second James Bond, en 1963. Vous connaissez la suite et John se sépare logiquement de ses six compères pour se consacrer définitivement à sa vocation de compositeur de musiques pour le cinéma.

En 1963 et 1964, il est nommé responsable musical pour EMI et sera l’heureux producteur du célèbre tube « Yesterday’s Gone » de Chad & Jeremy, enregistré dans les studios d’Abbey Road, qui paraîtra en septembre 1963. Après avoir travaillé pour des documentaires (« Elisabeth Taylor in London », 1963, « Sophia Loren in Rome », 1964), il écrit pour des séries télévisées parmi lesquelles, « The Human Jungle » (1963-1964) et surtout « Vendetta » (1966 – 1968) pour son magnifique « The Danny Scipio Theme ».

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Entre-temps, il est sollicité pour « Zoulou » en 1964, un excellent film de guerre de Cyril Endfield avec Michael Caine, « Le rideau de brume » de Bryan Forbes, toujours en 1964, avec Richard Attenborough et « Ipcress, danger immédiat » de Sidney J. Furie, en 1965, avec Michael Caine. Il se jauge dans la comédie avec « Le Knack et comment l’avoir » de Richard Lester avec Rita Tushingham, Ray Brooks et Michael Crawford ainsi qu’en 1966 dans « Un mort en pleine forme » de Bryan Forbes avec Michael Caine.

Toutefois, la même année, sa carrière prend un essor gigantesque avec la récompense de 2 Oscars (meilleure musique et meilleure chanson)  pour « Born Free » (« Vivre Libre ») de James Hill avec Virginia Mc Kenna. Le thème principal est une pure merveille avec de superbes envolées de cordes qui montent somptueusement en puissance sur un imposant fond de cuivres. La mélodie se termine doucement et subtilement sur un lit de cordes comme elle a commencé. Très joli et bourré d’effets musicaux à vous donner des frissons dans le dos… Dès lors, le carnet de commandes de notre ami va se remplir à une vitesse vertigineuse. La même année, il travaille pour « Le secret du rapport Quiller » de Michael Anderson avec George Segal, Max Von Sydow et Alec Guiness. À peine une partition finie, il en commence une autre pour « La poursuite impitoyable », encore en 1966, un film remarquable d’Arthur Penn avec Marlon Brando, Robert Redford et Jane Fonda.

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1968 est prolifique avec trois films : « Le chat croque les diamants » du fidèle Bryan Forbes avec toujours son acteur préféré, Michael Caine, en tête d’affiche; « Boom » de Joseph Losey avec les amants terribles qu’étaient Elisabeth Taylor et Richard Burton; et « Petulia » de Richard Lester avec Julie Christie, Richard Chamberlain et George C. Scott. Tout en restant au « service secret de l’agent 007 », John est de plus en plus accaparé et fait face, avec succès, à toutes les demandes : après un nouvel Oscar pour la très belle musique d’« Un lion en hiver » d’Anthony Harvey avec une distribution prestigieuse réunissant Peter O’Toole, Katharine Hepburn et Anthony Hopkins, il signe, en 1969, le très célèbre thème de « Midnight Cowboy » de John Schlesinger avec Dustin Hoffman et Jon Voight ainsi que la composition du long métrage de Sidney Lumet, « Le rendez-vous », avec Omar Sharif et Anouk Aimée.

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Le début des années 70 va débuter par un très gros succès avec le générique d’« Amicalement Vôtre » qui, à lui seul, fera la propagande de la série. Pour la petite histoire, signalons que c’est Ken Thorne qui écrit la musique accompagnant différentes scènes dans les feuilletons et qu’une chanson, « Gotta Get Away », de Tony Hatch et Jackie Trent est utilisée dans l’épisode « pilote », durant la course poursuite entre la Ferrari de Danny Wilde et l’Aston Martin de Lord Brett Sinclair. Durant cette décennie, John écrit pour une autre série (« L’aventurier », 1972-1973, avec Gene Barry) et il va partager son travail entre la télévision et le cinéma. Il travaille pour une dizaine de téléfilms mais la qualité de sa composition du générique d’ « Amicalement Vôtre » ne sera pas égalée.

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En ce qui concerne les musiques de films, le rythme ne faiblit pas : en 1970, William A. Fraker lui commande d’accompagner la réalisation de son film « Monte Walsh » qui met en vedettes Lee Marvin et Jack Palance. Puis viennent successivement « La vallée perdue » de James Clavell avec Michael Caine et Omar Sharif, « La guerre de Murphy » de Peter Yates, en 1971, avec Peter O’Toole et, en 1972, la version musicale d’ « Alice au pays des Merveilles » de William Sterling avec Peter Sellers et Ralph Richardson. La même année, « Mary queen of Scots » de Charles Jarrott (avec Patrick Mc Goohan, Vanessa Redgrave et Timothy Dalton) lui vaut une nomination pour l’Oscar de la Meilleure Musique de Film. En 1974, il se charge de la musique de « Top secret », une comédie du regretté Blake Edwards, décédé récemment le 15 décembre 2010, avec Julie Andrews et Omar Sharif. En 1975, John Schlesinger fait à nouveau appel à lui pour « Le jour du fléau » avec Donald Sutherland.

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Ensuite, il est crédité de musiques pour des films qualifiés « à grand spectacle » avec, en 1976, « King Kong », le pâle remake du chef-d’œuvre de 1933 réalisé par John Guillermin avec Jessica Lange et Jeff Bridges, « La rose et la flèche » de Richard Lester avec Sean Connery et Audrey Hepburn, « Le bison blanc », en 1977, de Jack Lee Thomphon avec son « justicier » Charles Bronson et « Les grands fonds » de Peter Yates avec Robert Shaw, Nick Nolte, Jacqueline Bisset, Louis Gossett et Eli Wallach.

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Il s’oriente dans d’autres genres de films tels « Le jeu de la mort » de Robert Clouse et Bruce Lee, en 1978, avec le King des Arts Martiaux, et se laisse attirer, en 1979, par le domaine de la science-fiction avec « Le choc des étoiles » de Luigi Cozzi avec Christopher Plummer et Caroline Munro, et « Le trou noir » de Gary Nelson avec Anthony Perkins, Ernest Borgnine, Yvette Mimieux et Maximilian Schell. Dans les années 80, ses activités ne déclinent pas et, en moins de 5 ans, il composera une vingtaine de musiques de films, parmi les plus appréciées, citons « Quelque part dans le temps » (nomination aux Golden Globes) de Jeannot Szwarc, le réalisateur de « Jaws 2 », en 1980 avec Christopher « Superman » Reeves et Jane Seymour, « La fièvre dans le corps » de Lawrence Kasdan, en 1981, avec William Hurt, Mickey Rourke et Kathleen Turner, « Les aventuriers du bout du monde » de Brian G. Hutton, en 1983, avec Tom « Magnum » Selleck et « Cotton Club » de Francis Ford Coppola, en 1984, avec Richard Gere, Nicolas Cage et Diane Lane.

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En 1985, il obtient une reconnaissance supplémentaire pour son génie créatif avec la formidable musique d’ « Out of Africa », le magnifique film de Sydney Pollack avec Robert Redford, Meryl Streep et Klaus Maria Brandauer, pour laquelle il reçoit un nouvel Oscar et un Golden Globe. Le lyrisme de la mélodie est très envoûtant, les cordes et les cuivres se juxtaposent harmonieusement avec une intensité musicale très émouvante dans la dernière minute du thème principal : c’est du très grand art, c’est divinement beau, sacrément bien dirigé et orchestré ! Il serait difficile de faire mieux… Et pourtant ! Après « Peggy Sue s’est mariée » de Coppola, en 1986 avec Nicolas Cage et Kathleen Turner, « Masquerade » de Bob Swaim, en 1988, avec Rob Lowe, et après avoir terminé sa collaboration avec la saga des Bond par un ultime « Tuer n’est pas jouer » en 1987, Kevin Costner le convie à travailler avec lui pour son premier film « Danse avec les loups » en 1990.

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Très inspiré, John concocte un petit bijou qui lui rapporte un dernier Oscar ainsi que des nominations aux Golden Globes et aux Grammy Awards. Barry a beau utiliser la même recette mais c’est admirablement bien ciselé : les cordes sont d’une précision dantesque dans un ensemble harmonique de grande éloquence. C’est vraiment irréprochable et d’une musicalité de haut vol. En 1992, il est à deux doigts de réitérer le même exploit aux Oscars avec la bande originale de « Chaplin », le film de Richard Attenborough, en 1992, avec Robert Downey Jr et Anthony Hopkins, mais il devra se contenter d’une nouvelle nomination ainsi qu’aux Golden Globes.

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Il réalisera encore une excellente performance sur « Proposition indécente » d’Adrian Lyne, en 1993, avec Robert Redford et Demi Moore ainsi qu’en 1994 sur « Les experts » de Luis Llosa avec Sylvester Stallone et Sharon Stone. Ses dernières compositions marquantes sont à relever sur « Les amants du nouveau monde » de Roland Joffé, en 1995, avec Gary Oldman, Demi Moore et Robert Duvall, « Code Mercury » d’Harold Becker, en 1998, avec Bruce Willis et Alec Baldwin, et, enfin, « Enigma » de Michael Apted, en 2001, avec Kate Winslet.

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30 janvier 2011… John Barry s’éteint, foudroyé par une crise cardiaque… Au moment où je commençai à rédiger cet article dans le dernier tiers du mois de janvier, je ne m’imaginais pas qu’il devait être finalement le prélude à un hommage… Funeste coïncidence ! Alors voilà, cet article est et restera au présent comme s’il était toujours parmi nous.

John fut le premier époux de Jane Birkin et de leur union naquit la photographe Kate Barry.

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John et Jane lors de leurs retrouvailles à Auxerre en 2007

Il devait être de passage chez nous le 21 octobre 2010 pour un concert unique à l’occasion du Festival du Film de Gand. Très malade et très diminué physiquement, il fut contraint d’y renoncer et fut remplacé par Nicholas Dodd. C’est David Arnold, son successeur dans la composition des musiques des James Bond, qui reçut le Lifetime Achievement Award en son nom.

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Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : Toutes les musiques
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Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 16:45

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J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle catégorie baptisée « Les Grands du Blues » avec, comme premier « monstre sacré » dans le genre, le pionnier B.B. King ! À 85 ans passés (il est né à Itta Bena, une petite ville dans le Comté de Leflore dans l’État du Mississippi, le 16 septembre 1925), ce génie est toujours diablement actif : 26 dates sont reprises à son agenda des concerts d’ici le 22 avril 2011 ! S’il demeure assis durant tout son récital, et on le comprendra aisément vu son noble âge, son « doigté » et son jeu de guitare n’en sont nullement diminués; que du contraire, il concentre toute son énergie sur sa technique, un style rudement efficace qui n’appartient rien qu’à lui. En mai 1999, je me rends à Londres avec mon épouse. Il y avait longtemps que je désirais découvrir la capitale anglaise ainsi que son fameux magasin de disques « Tower Records », entre-temps racheté par Virgin et malheureusement fermé depuis le 14 janvier 2009. Devant mon empressement et mon insistance, Chantal m’accorde généreusement 20 minutes (j’ai même débordé de 10 minutes) pour aller me balader entre les comptoirs de disques. Je suis littéralement émerveillé devant ce foisonnement incomparable de CDs ! Je vais et je reviens, les yeux dévalant d’étagère en étagère prêts à débusquer la perle rare ! Et soudain, je m’arrête devant une compilation, toute fraîche sortie, de B.B. King. Je l’ausculte : c’est un double CD proposant généreusement 34 morceaux dont 8 en live.

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Ce « Definitive Greatest Hits » a l’air drôlement appétissant pour les oreilles : c’est du mou pour le chat, je le mets dans ma musette avec une compil des Supremes et un best of des Shadows. Janvier 2011 : ce double CD est le fil conducteur pour cette évocation. De 1964 à 1993, ce sont 34 grandes compositions qui jalonneront le fabuleux parcours de ce géant du Blues.

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En 1964, B.B. King enregistre « How Blue Can You Get » de Jane Feather qui figure sur son album “Blues in My Heart” et “Help The Poor” de Charlie Singleton présent sur l’un des plus grands albums de blues de tous les temps : le « Live At The Regal » qui restitue l’époustouflant récital du 21 novembre 1964 à Chicago. Près de 40 ans séparent ces deux succès aux premiers cris de Riley B. King (c’est sa véritable identité). Le petit Riley ne profitera pas bien longtemps des câlins de sa maman : son cœur s’arrête de battre alors qu’il n’a que quatre ans. Alors que son père se révèle très absent et s’en va voir sous d’autres jupons, c’est sa grand’mère qui se charge en grande partie de son éducation. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Riley va régulièrement à l’église et apprécie le Gospel qui l’accompagne jusqu’à l’adolescence.

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Mais il découvre un autre genre musical : le Blues le fascine par l’intermédiaire de Lonnie Johnson (1894-1970, formidable guitariste de blues et de jazz, il apparaît aux côtés de Louis Armstrong et Duke Ellington; il influencera « techniquement » Django Reinhardt et Charlie Christian) et T-Bone Walker dont son succès « Call It Stormy Monday », qui est, en réalité, le premier gros tube « blues » dans le style à mettre la guitare particulièrement en valeur, va inciter Riley à s’orienter définitivement dans cette voie musicale. Nous sommes en 1947 et Riley finit son service militaire. 1965 : B.B. King fête ses 40 ans et se rappelle de sa première émission de radio en 1943…

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Durant cette année, il reprend en live quatre fabuleuses compositions issues de l’album « Singin’ The Blues » paru en 1957 : « Everyday I Have The Blues » de Peter Chatman, « Sweet Little Angel », qu’il crée avec Jules Taub, « Woke Up This Mornin’ », qu’il écrit, et « Please Love Me » qu’il signe avec Sam Ling. La compilation que je vous présente en parallèle de cet article propose ces quatre grands morceaux aussi extraits du déjà cité « Live At The Regal », un CD incontournable que tout spécialiste de bonne musique doit absolument posséder…

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Son passage sous les drapeaux terminé, Riley peut à nouveau se focaliser sur son objectif : devenir un véritable musicien de blues grâce au cadeau d’une guitare par son cousin, le chanteur de Country Blues, Booker T. Washington qui lui enseigne la technique de base. Cette technique, King va la façonner admirablement avec un doigté exceptionnel et une voix d’une couleur chaleureuse, meublée d’un subtil vibrato, qui suppléera à son jeu de guitare.

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Désormais installé à Memphis et ayant, au préalable, retrouvé son père qui s’est soudainement rappelé qu’il avait un fils, Riley commence à se faire remarquer d’abord en tant que musicien et, ensuite, comme DJ et animateur de radio d’où il va se faire affubler du surnom de « Blues Boy » qui, en abrégé, donnera les initiales B.B.  1949 est l’année où tout va se bousculer dans la vie de B.B. King : le célèbre Sam Phillips (le futur propriétaire de Sun Records qui verra défiler Presley, Perkins, Cash et Lee Lewis) l’enrôle afin d’enregistrer un morceau intitulé « Miss Martha King » dédié à la femme qu’il épousa alors à peine âgé de 18 ans…

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Quand deux Kings se rencontrent...

 

King s’engage avec le label RPM sous la vive recommandation d’Ike Turner, preuve qu’il n’a pas uniquement donner des baffes à la pauvre Tina… Accompagné par le pianiste Johnny Ace (1929-1954) et du légendaire Bobby Bland, qui deviendra l’un de ses plus grands amis, King sort son premier gros succès « Three O’Clock Blues ». Survient ensuite un épisode qui aurait pu virer au cauchemar lors d’un concert donné dans l’Arkansas : une bagarre provoque l’embrasement du local et tout le monde se tire y compris King qui y laisse sa guitare. Inexplicablement, pris d’un réel coup de folie, il retourne dans le brasier afin de la récupérer et en sort miraculeusement. Peu après, il apprend que c’est une femme prénommée Lucille qui était à l’origine de la bagarre entre deux soupirants survoltés… King s’aperçoit alors qu’une petite lumière vient de s’allumer au-dessus de sa tête : il choisit de donner ce prénom à sa guitare en guise de souvenir de cet événement qui faillit lui coûter la vie. Plus tard, une ligne de guitare sera d’ailleurs commercialisée sous le nom de Lucille.

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Revenons à notre fil conducteur. 1966 est illustrée par un titre de Jimmy Johnson, un très grand guitariste de blues américain (né comme King en 1925, le 28 novembre) : « Don’t Answer The Door (Parts One and Two) », un hit, avec « Sweet Sixteen Part 1 », extrait de l’album live « Blues is King ». Au cours de cette prestation, King veut faire passer un message à ses fans. S’il se produit autant de fois sur scène, il le considère comme un devoir mais aussi, bien sûr, comme un immense plaisir de se retrouver face à eux pour leur faire entendre la meilleure musique au monde. Ces quelques mots vont galvaniser son auditoire : « Nous allons faire de notre mieux pour essayer de vous faire bouger ce soir… Si vous aimez le blues, je pense que nous pouvons le faire ». Et King va puiser au plus profond de ses ressources improvisatrices pour en extraire un son et une technique qui vous donnent la chair de poule. C’est, une nouvelle fois, une prestation hors du commun qu’il livre, un soir de 1966 à Chicago, en compagnie de ses excellents musiciens, avec beaucoup de moments d’intensité musicale gorgés de force et de passion…

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Bref retour dans les années 50 où King devient l’artiste le plus demandé avec un nombre incalculable de concerts; de plus,  il truste les premières places des classements mondiaux en alignant une vingtaine de succès ! Tout va très vite et la prochaine décennie débute sous les meilleurs auspices avec sa signature au bas d’un contrat qui le lie avec une nouvelle marque de disques : ABC RECORDS qui compte en ses rangs Fats Domino, Lloyd Price et Ray Charles.

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Nous voici déjà en 1968… Plus de flash-back, le passé devient le présent et le temps s’arrête sur « Paying The Cost To Be The Boss » qu’il écrit, extrait du fabuleux et « cuivré » « Blues On The Top Of The Blues ». Cet album, où il bénéficie de la collaboration très précieuse de Johnny Pate (qui a également travaillé avec Curtis Mayfield), se différencie des autres par la présence d’une section judicieuse et importante de cuivres. Les arrangements sont soignés, la voix de King est parfaite; bref, ce disque est un pur joyau. Il n’est pratiquement pas possible d’opérer un choix parmi les 12 morceaux de cet album. Du terrible « Heartbreaker » au génial « Now That You’ve Lost Me » en passant par les somptueux « Dance With Me », « That’s Wrong Little Mama » et « I’m Gonna Do What They Do To Me » où il fait montre à nouveau d’une technique exceptionnelle, vous passez du bonheur à l’extase, du 7ème ciel au paradis avec des instants inoubliables de très, très bonne musique.
 

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L’année suivante est l’année d’un succès planétaire pour King : il enregistre le mythique « The Thrill Is Gone » de Roy Hawkins et Rick Darnell en juin 1969 et le morceau sort au mois de décembre. Il devient le plus gros succès de sa carrière. Initialement interprétée en 1951 par l’un de ses créateurs, Roy Hawkins, la chanson reçoit un accueil mitigé. King choisit de l’inclure à son album « Completely Well » en la réorchestrant avec l’appui d’une section de cuivres et l’utilisation de cordes. Ces instruments ajoutés à la couleur vocale incomparable de King font que « The Thrill Is Gone » s’empare de la 3ème place du Billboard « Rhythm and Blues » en 1970. Ce titre figurera à la 183ème place dans le classement des 500 plus grandes chansons établi par le magazine Rolling Stone et vaudra un Grammy Award à B.B. King lors de sa réédition en 1998.

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Toujours en 1969, B.B. King assoit sa réputation mondiale en assurant la première partie de la tournée des Rolling Stones en compagnie d’Ike et Tina Turner. Il signe également avec Dave Clark « Why I Sing The Blues » présent dans l’album « Live and Well » de 1969 où l’extraordinaire dextérité de King nous sidère telle une grande claque dans la figure. Notre « Definitive Greatest Hits » reprend aussi « So Excited », un autre titre issu de « Completely Well », qui en est la plage titulaire, composé par King et Gerald Jemmott.

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En 1970 paraît « Chains And Things », encore de la paire King/Clark, tiré de l’album « Indianola Mississippi Seeds » pour lequel il s’entoure de Carole King au piano sur « You’re Still My Woman », « Until I’m Dead and Cold », « Ain’t Gonna Worry My Life Anymore » et le déjà cité « Chains And Things »; de Leon Russell au piano et de Joe Walsh à la guitare sur « Ask Me No Questions », « King’s Special » et « Hummingbird » (repris sur notre compilation en question) écrit par Russell. « Chains And Things » est n° 6 au Billboard « Black Singles » et le 30 cm est n° 8 dans le classement « Black Albums ».

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Tout comme ce dernier album, il innove pour le prochain « In London » de 1971 représenté par trois titres : « Ghetto Woman » qu’il crée à nouveau en collaboration avec Dave Clark, « Ain’t Nobody Home » de Jerry Ragovoy et « Caldonia » de Fleecy Moore (dont on trouve une version live de 1980 dans le « Definitive Gretatest Hits »). Pour cet album, la distribution des musiciens est vraiment impressionnante. Jugez du peu : Ringo Starr, que l’on ne présente plus, à la batterie, Steve Marriott (ex-Small Faces et ex-Humble Pie) et Duster Bennett (ex-Bluebreakers aux côtés de John Mayall) à l’harmonica, Peter Green (de Fleetwood Mac) et le regretté Alexis Korner à la guitare ainsi que Gary Wright au piano. Relevons également, entre autres, les participations de Greg Ridley et David Spinozza à la guitare et Jerry Shirley à la batterie (tous deux ex-Humble Pie), Jim Price aux trompette, trombone et piano électrique, Pete Wingfield au piano et même Steve Winwood comme joueur d’orgue « mystère » ! Quelle brochette d’invités pour un album aux sonorités qui en surprendront plus d’un !

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Continuons notre promenade chronologique en parallèle avec notre compilation : en 1973, B.B. King sort « To Know You Is To Love You » dont sont extraits le morceau, composé par Stevie Wonder et Syreeta Wright, qui donne le titre à l’album ainsi que le hit « I Like To Live The Love » de Dave Crawford et Charles Mann. Résolument « soul » et solidement « cuivré » par la présence des « Memphis Horns », cet album s’inscrit parfaitement dans la continuité du précédent et « Guess Who », en 1972, sera du même cru avec, en plage titulaire, une superbe reprise de « Summer In The City ».

BB Bobby Bland

Avec Bobby Bland

 

Faisons escale en l’année 1976 avec une rencontre au sommet, pour le plus grand plaisir de leurs fans respectifs, de B.B. King et Bobby Bland pour une prestation cinq étoiles en live sur le fabuleux « Let The Good Times Roll » créé en 1946 par Sam Theard et Fleecy Moore pour Louis Jordan (1908-1975) and His Tympany Five (n° 2 dans les Charts R & B aux États-Unis) et repris également par Ray Charles.

 

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 En 1978, B.B. King s’associe avec The Crusaders pour « Midnight Believer » dont se démarque le morceau « Never Make Your Move Too Soon » de Nesbert « Stix » Hooper et Will Jennings (le compositeur de « My Heart Will Go On », la chanson de la bande originale du film « Titanic » en 1997). Cette fois, B.B. King se la joue « funky »; on aime ou on n’aime pas, c’est vrai qu’on s’éloigne quelque peu des racines du blues et les puristes pourront se montrer déçus. N’empêche, le mariage a du bon (excellente sonorité instrumentale et la guitare de King se fond admirablement bien dans la couleur musicale de fond).

BB-KING-TAKE.jpg  Et King de renouveler l’expérience sur « Take It Home » de 1979 avec la plage titulaire « Better Not Look Down », de Joe Sample et Will Jennings, qui sort en single et emmène l’album. Mais je vous recommande aussi et surtout le superbe « Second Hand Woman », un pur blues qui fait vibrer avec de bons cuivres et un beat bien prononcé. Après une tournée triomphale en URSS en 1979, B.B. King fait sa grande entrée, l’année suivante, dans la catégorie blues du Rock And Roll Hall Of Fame, la légendaire institution de reconnaissance des plus grands artistes ayant marqué l’histoire du Rock & Roll.

BB KING THERE MUST

 

En 1981, King édite « There Must Be A Better World Somewhere » dont le morceau, composé par Mac Rebennack alias « Dr John » et Doc Pomus, qui donne le titre à l’album, est inclus dans notre « Definitive Greatest Hits ». Six titres seulement remplissent les deux faces de ce nouveau 33 tours mais quel disque, avec la présence de l’extraordinaire saxophoniste David « Fathead » Newman (décédé le 20 janvier 2009 à l’âge de 76 ans) ! Outre le titre emblématique de cet album, retenons aussi la seconde plage « More, More, More » où le saxo de Newman est bien mis en évidence et « Life Ain’t Nothing But A Party » avec le formidable Dr John, en personne, aux claviers.

BB King Jazz

 

En 1983, B.B. King est récompensé d’un Grammy Award pour « Blues’n’Jazz » dont s’extraient « Broken Heart » qu’il écrit avec Joe Bihari et « Darlin’ You Know I Love You » qu’il signe avec Jules Taub.

BB KING SIX SILVER

bb king

 

En 1985, King fête son 60ème anniversaire et son 50ème album avec la parution de « Six Silver Strings ». Trois morceaux se dégagent de cet album : la reprise de « In The Midnight Hour » de Wilson Pickett et Stephen Cropper, « Into The Night » et « My Lucille » d’Ira Newborn. Sur cet album, King reprend également « Big Boss Man », immortalisé par Elvis Presley, avec une orchestration très différente dont l’introduction fait étrangement rappeler celle de « Billie Jean » de Michael Jackson… Et une récompense de plus pour Mister King : il reçoit un nouveau Grammy Award en 1988 pour son exceptionnelle carrière.

BB King U2

 

C’est aussi l’année d’un duo inédit avec U2 et Bono qui lui concocte « When Love Comes To Town » inclus dans l’album « Rattle And Hum » du combo irlandais et qui paraît en single en avril 1989. La chanson atteint la 6ème place dans les Charts britanniques et est n° 2 aux États-Unis dans le classement établi par les stations de radio spécialisées dans le domaine Rock. Du coup, King participe à la tournée d’U2 et retrouve une seconde jeunesse.

BB King live at san quentin

 

En 1990, George W. Bush lui décerne la Médaille Présidentielle des Arts et comme Johnny Cash en 1969, King offre un concert aux « pensionnaires » de San Quentin. À cette occasion, un nouveau live est enregistré (c’est son 5ème dans une prison) pour célébrer son 60ème concert dans ces conditions un peu particulières. King livre encore une de ses meilleures prestations tout en distillant des dialogues et des remarques réconfortants à l’adresse des prisonniers. Son discours captive, ses mots procurent un peu de baume au cœur de chacun et le son qui sort de sa guitare est enduit d’une extrême sensibilité. C’est « Rock Me Baby » composée avec Joe Josea, dont le single sortit en mai 1964, qui clôt le concert et King offre un dernier moment de bonheur à son public en le faisant chanter de droite à gauche « Rock Me All Night Long », un moment d’anthologie et de partage durant lequel tous les hommes sont égaux devant la musique…

BB King there Is Always

 

En 1991, B.B. King développe une chaîne de « cafés-concerts » en achetant le Memphis Blues Club qu’il rebaptise « BB King’s Blues Club ». Depuis, d’autres établissements se sont ouverts à Orlando, Nashville, West Palm Beach et Las Vegas. Infatigable, il publie « There Is Always One More Time » qui propose neuf nouvelles compositions dont le très bon “The Blues Come Over Me” de Will Jennings et Joe Sample et « I’m Moving On » du même duo. L’album ravit une fois de plus par son savant mélange de rock et de blues. King joue et chante à merveille et il nous émerveille. En 1992, King et Gary Moore allient leur guitare et leur incomparable talent sur « Since I Met You Baby » de ce dernier. Les deux artistes s’en donnent à cœur joie et ça s’entend ! Le Blues Pour Toujours…

Deuces Wild

En 1997, il s’offre une récréation en réorchestrant ses principaux tubes qu’il interprète avec de grands artistes. « Deuces Wild » contient 17 morceaux avec la participation, entre autres, de Van Morrisson, Tracy Chapman, Eric Clapton, Mick Hucknall, Bonnie Raitt, Dr John, Dionne Warwick, Zucchero, Joe Cocker, les Rolling Stones, David Gilmour, Paul Carrack et Willie Nelson.

BB King Blues on The

 

L’année suivante, « Blues On The Bayou » sort et King nous met encore K.O. ! Il reste l’incontestable Roi du Blues avec un album qui lui vaut un nouveau Grammy Award en 2000 pour le meilleur album de Blues traditionnel. Les 15 morceaux qui le composent sont soigneusement arrangés et tous d’égale qualité. C’est du très bon blues, on s’en délecte et on en redemande ! King s’entoure d’excellents musiciens, la sauce prend et on en prend plein les oreilles. Eric Clapton a toujours voué une admiration sans bornes pour King et ce dernier voulait absolument faire un disque avec l’interprète de « Layla ».

BB King Eric Clapton

bbking-eric-clapton1999-50101

 

En 2000, c’est chose faite avec « Riding With The King » qui est n° 1 au Top Albums Blues et n° 3 à l’US Billboard 200. De plus, le disque se voit certifié deux fois multi-platine (4.000.000 d’exemplaires vendus !).

BB KING Love Is

King enchaîne avec « Makin’ Love Is Good For You » tiré d’un titre inédit composé par son ami Tony Joe White. L’album est essentiellement fait de reprises avec toutefois six nouvelles chansons et parmi les musiciens, c’est au claviériste Tommy Eyre que cet enregistrement est dédié puisqu’il disparaît peu après le 23 mai 2001 à l’âge de 52 ans. C’est lui qui joue de l’orgue sur la reprise de « With A Little Help From My Friends » de Joe Cocker en 1968 et sur « Baker Street » en 1978 pour le regretté Gerry Rafferty disparu récemment le 4 janvier 2011 à qui je rendrai hommage prochainement.

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Alors qu’il ne songe nullement à raccrocher, King se fait plaisir en 2003 en sortant « Reflections », un album comprenant 13 chansons qu’il rêvait d’enregistrer un jour. Laissant quelque peu sa guitare « Lucille » de côté, King se concentre sur sa voix, très jolie et très bien posée d’ailleurs, pour revisiter des classiques comme « Tomorrow Night » (Lonnie Johnson), « Always On My Mind » (Willie Nelson), « I Love You (For Sentimental Reasons) » (que Sam Cooke et Nat King Cole ont interprété), « What A Wonderful World » (Louis Armstrong) ou « I’ll String Along With You » (Frank Sinatra).

BB King The Vintage

Conçu de la même façon que « Riding With The King » (musiciens et producteur, Simon Climie, identiques), King s’attache également à reprendre « Neighborhood Affair », une chanson de ses débuts comprise dans le magnifique box 4 CD « The Vintage Years » reprenant pas moins de 106 titres des années 50 et 60 et agrémenté d’un somptueux livret de 74 pages.

BB KING 80

bbkingandeltonjohn

Ayant, à chaque fois, reporté ses adieux sur scène, le Roi du Blues invite une nouvelle fois ses amis à venir le rejoindre en studio pour un album intitulé « 80 » à l’occasion de son 80ème anniversaire. Parmi eux, Van Morrison, Billy Gibbons, Eric Clapton, Sheryl Crow, Daryl Hall, Mark Knopfler, le fidèle Bobby Bland et Sir Elton John (sur un excellent “Rock This House”) se prêtent avec grand plaisir à l’accompagner sur ses plus grands succès.

BB kind One Kind

BB King Steven Seagal

Avec Steven Seagal qui a beaucoup plus de talent quand il chante...

 

Pas encore résigné, B.B. King sort un tout nouvel album « One Kind Favor » en 2008 pour lequel un nouveau Grammy Award lui est décerné ! 12 morceaux de la meilleure veine supervisés par le producteur T Bone Burnett et, en soutiens instrumentaux, les formidables Dr John (piano), Jim Keltner (batterie), Nathan East (guitare basse acoustique), Mike Elizondo et Johnny Lee Schell (guitares) et Jay Bellerose (batterie et percussions)… quoi de plus auditivement jouissif si l’on adore le blues ! Le King du Blues n’a pas encore chanté sa dernière chanson, ni joué sa dernière note de guitare… Les anges peuvent encore attendre !
Par BERNIE - Publié dans : Les Grands du Blues - Communauté : musique à Coeur..ouvert
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