The Kings Of Soul

Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /2007 22:55
*                 Pas mal, sans plus
**               Pas mal du tout
***             Bon
****           Vachement bon
*****         Super
******       Indispensable, à se rouler par terre….
 
THE FOUR TOPS : THE ULTIMATE COLLECTION****
REACH OUT I’LL BE THERE/STANDING IN THE SHADOWS OF LOVE/BERNADETTE/
ASK THE LONELY/BABY I NEED YOUR LOVING
WITHOUT THE ONE YOU LOVE (LIFE’S NOT WORTH WHILE)
IT’S THE SAME OLD SONG/LOVING YOU IS SWEETER THAN EVER/
I CAN’T HELP MYSELF (SUGAR PIE, HONEY BUNCH)/SOMETHING ABOUT YOU/
I GOT A FEELING/I’M IN A DIFFERENT WORLD/WALK AWAY RENEE/
WHAT IS A MAN/A SIMPLE GAME/STILL WATER (LOVE)/
(IT’S THE WAY) NATURE PLANNED IT/IT’S ALL IN THE GAME/
YOU KEEP RUNNING AWAY/IF YOU DON’T WANT MY LOVE/7-ROOMS OF GLOOM/
I’LL TURN TO STONE/SHAKE ME, WAKE ME (WHEN IT’S OVER)/SAD SOUVENIRS/
YESTERDAY’S DREAMS
 
Commentaires : cette compilation débute par un “méga-hit”, c’est l’incontournable “Reach Out I’ll Be There” (paru le 18 août 1966) qui se classe n° 1 au Bilboard dès sa sortie, composé par notre trio de génie Holland-Dozier-Holland qui signeront également l’excellent « Standing In The Shadows Of Love » (28 novembre 1966), n° 6 et qui figurera dans la liste des 500 meilleures chansons de tous les temps parue dans le célèbre magazine « Rolling Stone ». 
« Bernadette » (16 février 1967) sera n° 4, toujours estampillée « H-D-H ». “Baby I Need Your Loving” figure assez bizarrement à la 5ème plage de ce CD alors que c’est pourtant leur premier “Top 20” (n° 11 à sa sortie le 10 juillet 1964) offert par nos trois fameux compères qui leur écrivent dans la foulée « Without The One You Love (Life’s Not Worth While » (novembre 1964, qui passe quasi inaperçu, se classant à la 43ème place), « It’s The Same Old Song » (9 juillet 1965, n° 5) et le somptueux « I Can’t Help Myself (Sugar Pie, Honey Bunch) » (23 avril 1965, n° 1).
La griffe des 3 compositeurs est toujours bien présente sur les titres suivants : « Something About You » (21 octobre 1965, n° 19), « I Got A Feeling » (face B du single « Bernadette »), le beaucoup moins convaincant « I’m In A Different World » (octobre 1968, issu de leur album « Yesterday’s Dreams »), le plus imaginatif « You Keep Running Away » (septembre 1967, n° 19), le moins rythmé « If You Don’t Want My Love » (face B du titre précédent et qui est, en fait, un pur slow), le rapide « 7-Rooms Of Gloom » (4 mai 1967, n° 14, extrait de leur album « Reach Out »), l’excellent mais toutefois moins connu « I’ll Turn To Stone » (face B du précédent et qui ne récolte qu’une imméritée 76ème place !) et enfin, le gigantesque « Shake Me, Wake Me (When It’s Over) » (pour rappel, « Réveille-Moi » par Claude François) n° 18 à sa sortie le 2 février 1966.
Comme on peut aisément le constater, les plus gros succès sont nés de la plume des frères Holland et de Lamont Dozier. Leur départ de la « Motown » en 1967 ne servira pas les intérêts du groupe; que du contraire, ils ne pourront jamais retrouver leur lustre d’antan. Des autres morceaux qui complètent ce « best of », retenons essentiellement « Walk Away Renee » (18 janvier 1968, n° 14) que Brian Holland et Lamont Dozier, sans être à l’origine de cette chanson, en seront néanmoins, les producteurs. 
Diana-Ross.jpg  
DIANA ROSS AND THE SUPREMES : EARLY CLASSICS*****
STOP! IN THE NAME OF LOVE/YOU BRING BACK MEMORIES/COME ON BOY/
TIME CHANGES THINGS/RUN, RUN, RUN/WHISPER YOU LOVE ME BOY/
WHERE DID OUR LOVE GO/ASK ANY GIRL/HONEY BOY/
ANY GIRL IN LOVE (KNOWS WHAT I’M GOING THROUGH)/COME SEE ABOUT ME/
MOTHER DEAR/BABY LOVE/(I’M SO GLAD) HEARTACHES DON’T LAST ALWAYS/
YOU’VE REALLY GOT A HOLD ON ME/BABY DOLL/
WHO COULD EVER DOUBT MY LOVE/I’M IN LOVE AGAIN
 
Commentaires : ce CD aurait très bien pu s’appeler “Diana Ross and The Supremes sings Holland-Dozier-Holland” tellement l’influence de ces derniers a été prépondérante sur le succès et la légende de la belle Diana et de ses deux petites camarades. Jugez-en plutôt : sur les 18 titres que contient cette superbe compilation, nos trois amis en signent 14 ! Nos suffrages vont pour la chanson d’ouverture, un énorme hit : « Stop ! In The Name Of Love » sorti le 8 février 1965 qui garde la première place au Bilboard du 21 mars au 3 avril 1965 ! La petite histoire dit que l’idée a germé d’abord dans le cerveau de Lamont Dozier suite à une dispute avec sa petite amie. Il lui aurait crié « Stop ! In The Name Of Love” avant qu’elle ne claque la porte ! La chorégraphie qui accompagne l’interprétation de cette chanson est unique : une main sur la hanche et l’autre écartée dans un geste qui impose l’arrêt de l’action sont restées dans la mémoire collective…  
Le deuxième « super hit » figurant sur cet album en 7ème plage (alors que, chronologiquement, il aurait dû se situer à la 1ère plage ! Un blâme pour le concepteur de ce disque !) est le dantesque « Where Did Our Love Go » (17 juin 1964) n° 1 pendant 2 semaines, du 16 au 29 août 1964 ! Initialement, la mélodie avait été proposée à « The Marvelettes » (voir le précédent article). Celles-ci la refusèrent, la trouvant « enfantine »… Aujourd’hui encore, elles s’en mordent les doigts tellement le succès fut fulgurant ! 
Supremes-Come-see-about-me.jpg « Come See About Me » (27 octobre 1964) est le 3ème n° 1 des Supremes dans le Bilboard du 13 au 18 décembre 1964 et, fait rare dans la vie d’une chanson, une deuxième fois du 10 au 16 janvier 1965 ! Ce titre est issu de l’album qui inclut « Where Did Our Love Go ». “Baby Love” (17 septembre 1964) est le plus grand succès du groupe puisqu’il occupe la plus haute marche du podium du Bilboard pendant 4 semaines, du 25 octobre au 21 novembre 1964 ! La chanson a gardé également la première place au hit parade anglais pendant deux semaines avant d’être détrônée par les Rolling Stones

Les autres titres susceptibles de récolter nos préférences sont « Ask Any Girl » (face B de « Baby Love »), le fabuleux « Mother Dear » qui aurait pu être un autre numéro 1 et « Come On Boy » de Berry Gordy himself, le « papa » de la « Motown » ! Un seul regret mais de taille : l’absence incompréhensible du 5ème et dernier n° 1 des Supremes, du 6 au 12 juin 1965 : « Back In My Arms Again » (sorti le 15 avril 1965). Avec la présence de celui-ci, j’aurais donné 6 étoiles !
 
Le lien avec Claude François !
Cloclo-et-Supremes.jpg Une rencontre historique dans la carrière de l’icône a lieu le 3 février 1968 au cours de l’émission « Studio 102 ». En effet, au cours de celle-ci, Claude François chante avec Diana Ross and The Supremes « Reach Out I’ll Be There », la version originale de « J’attendrai  ». A cette occasion, le chanteur s’entretient avec Diana Ross de son amour pour le son « Tamla Motown » et de ses goûts musicaux. Cette réunion ne se renouvellera malheureusement pas, Diana Ross décidant de mener une carrière en solo à partir de 1969. Dans la vidéo qui nous permet de revoir cet instant magique (article suivant), on s’aperçoit de l’enthousiasme de Cloclo, ravi de pouvoir partager le plateau avec ce groupe mythique et fier d’étaler ses qualités inégalées de véritable « showman » !
Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /2007 17:16
hdhbw.jpg Brian Holland (au milieu, né le 15 février 1941), Eddie Holland (à droite, 30 octobre 1939) et Lamont Dozier (assis au piano, 16 juin 1941) commencèrent leur collaboration au sein de la « TAMLA MOTOWN » en 1962. Pendant les cinq années durant lesquelles ils collectionnèrent les succès, Brian et Lamont se chargeaient de composer et de produire chaque chanson de leur catalogue, Eddie se voyant confier les travaux d’écriture et d’arrangement. Quand ils quittèrent Berry Gordy, ils poursuivirent leur carrière ensemble et montèrent leur propre label de production « HDH Productions ».
Les futurs associés s’intéressèrent très tôt à la musique et plus particulièrement au Rhythm’n’blues. Dans les années 50, ils intégrèrent des ensembles vocaux à Detroit, dans le Michigan, comme chanteurs solistes.
Le destin fit qu’ils devaient inévitablement se rencontrer. C’est Eddie qui fut surtout le « catalyseur » de la réunion puisqu’il commença à travailler pour Berry Gordy en 1958 et Brian vint rejoindre son frangin dès la création de la « Motown » en 1959; Lamont, de son côté, œuvrait comme producteur sur d’autres labels avant d’arriver à la « Motown » en 1961. Au cours de cette même année, Eddie avait déjà pu goûter aux joies du succès puisqu’il était entré dans le Top 30 américain avec une chanson personnelle intitulée « Jamie ». Brian, quant à lui, décrocha une première place au Bilboard avec la chanson « Please Mr Postman » interprétée par The Marvelettes (ci-dessous).
marvelettes.jpg
Ils consacrèrent leurs premiers travaux communs au groupe The Miracles,  à Martha and The Vandellas et au plus grand de tous (c’est un avis qui n’engage que moi) : Marvin Gaye.
90sup3.jpg Décelant en eux un don inné pour le succès, Berry Gordy s’empressa de les solliciter pour qu’ils s'occupent de la carrière du trio The Supremes (ci-contre). En effet, malgré les louables efforts de Smokey Robinson (l’un des membres du groupe The Miracles), la carrière des trois chanteuses n’arrivait pas à prendre son envol. Le premier essai fut un coup de maître puisque la première chanson « When The Lovelights Starts Shining Through His Eyes » se classa à la 23ème place du Bilboard. Il s’ensuivit une succession de tubes qui furent tous numéro 1 : « Where Did Our Love Go ? », « Baby Love »,  “Stop ! In The Name Of Love, “I Hear A Symphony, “You Keep Me Hangin’ On, “You Can't Hurry Love, etc. Ils en firent autant pour les Isley Brothers  et les Four Tops avec “I Can't Help Myself ”, “It's The Same Old Song ou “Reach Out, I’ll Be There. Eddie écrivit aussi « Ain't Too Proud To Beg » avec Norman Whitfield (qui connaîtra plus tard un incroyable succès avec la musique du film « Car Wash ») pour les Temptations (ci-dessous)
.
90tempt3.jpg  
Afin d’accompagner ces chanteurs, Holland-Dozier-Holland prirent l'habitude de leur adjoindre le groupe de musiciens-arrangeurs The Funk Brothers, voire l'orchestre symphonique de Detroit.
marvin-gaye.jpg En unissant leur indéniable talent, les trois compositeurs firent exploser le tiroir caisse de leur maison de disques. Ils récoltèrent encore des succès retentissants avec «
How Sweet It Is (To Be Loved By You) », « Can I Get A Witness » et « Baby Don’t You Do It » qu’ils donnèrent à Marvin Gaye (ci-contre) ainsi qu’avec “Heatwave” qu’ils destinèrent à Martha and the Vandellas (ci-dessous).  
90mart3.jpg
Malheureusement, même les plus belles histoires ont une fin et en 1967, les trois amis quittèrent le navire suite à un différend financier (des royalties ne leur auraient été pas reversées). Dans la foulée, ils créèrent deux labels :
Invictus Records et Hot Wax Records mais manifestement, ils n’avaient plus le « feu sacré » et ils ne purent plus jamais retrouver le même génie créatif dont ils avaient fait preuve chez « Motown ». De son côté, Berry Gordy ne décolérait pas et assimilait cette fuite à une rupture de contrat unilatérale. Une sévère et longue bataille en justice s’ensuivit jusqu’en 1977 où un jugement fut rendu en défaveur de HDH qui fut contraint de payer plusieurs milliers de Dollars en dommages et intérêts. Ils perdirent également les crédits de leurs premières compositions au sein de leurs propres labels. Au début des années 70, Lamont Dozier décida de se séparer des frères Holland pour mener une carrière en solo et fut remplacé au sein de « HDH Productions » par Harold Beatty. Assez curieusement, dans le milieu de ces années 70, durant la suspension de leur procès avec leur ancien employeur, HDH continua de composer pour des artistes appartenant toujours à la « Motown » comme Michael Jackson et Diana Ross and The Supremes. Durant son cavalier seul, Lamont sortit trois albums comme interprète et fut producteur d'Aretha Franklin, Eric Clapton, Ben E. King, Phil Collins et Simply Red.  Toutefois, par après, il reprit sa place aux côtés de ses illustres partenaires. L’envie de retravailler avec eux était tellement forte qu’il ne fut plus tenté de leur faire fausse route… Le trio entra définitivement dans la légende en 1990 quand il reçut l’infime honneur d’être intronisé au prestigieux « Rock’n’roll Hall Of Fame » (Temple de la renommée et Musée du Rock’n’roll basé à Cleveland, dans l’Ohio où sont répertoriés tous les artistes les plus célèbres et les plus influents de l’histoire du Rock’n’roll, qu’ils soient chanteurs, producteurs ou compositeurs). Dans le monde de la musique soul, c’est certainement le trio de compositeurs le plus populaire : on ne compte plus les interprètes de leurs chansons. En plus de ceux déjà repris ci-avant, citons les célèbres Rod Stewart
, James Taylor, The Dixie Chicks, Freda Payne, The Carpenters, Barbara Streisand, Reba McEntire, Dionne Warwick, The Jackson Five sans oublier The Beatles (eh oui !) qui enregistrèrent une version de “Please, Mr Postman en décembre 1963 !. Ils détiennent également le record de diffusion de leurs créations dans les stations de radio et dans les chaînes de télévision : à l’heure actuelle, on recense la bagatelle de 100 millions d’ « airplays » ! C’est gigantesque et c’est plus qu’Elvis Presley, The Beatles et The Rolling Stones réunis !
51DGGCC2SSL--AA240-.jpg
Le siège de « Motown Records » !
"Hitsville USA" était l’appellation donnée au premier siège de la « MotownRecords » situé au 2648 West Grand Boulevard à Detroit. Berry Gordy racheta ce bâtiment en 1959 qui servait, jusqu’alors, à des travaux de photographie pour y fonder sa maison de disques. En 1972, « Motown » quitta Detroit pour Los Angeles et resta une entreprise indépendante jusqu’à sa vente par Gordy à MCA en 1988. Actuellement, le siège se trouve à New-York et « Motown Records » est devenue une filiale de Universal Motown/Universal Republic Group elle-même dépendante de Universal Music Group. Depuis 1985, le bâtiment de Hitsville est le site du « Motown Historical Museum » géré par la sœur de Gordy, Esther, qui expose l'héritage du label (les artistes et les origines du son « Tamla ») ainsi que des costumes, photos et enregistrements.
Le lien avec Claude François !
Que serait-il advenu de la carrière de Claude François s’il n’avait pas enrichi son répertoire des adaptations « Tamla Motown » ? On se le demande surtout avec « J’attendrai » (« Reach Out I’ll Be There »), « C’est la même chanson » (« It’s The Same Old Song ») et « Stop, au nom de l’amour » (« Stop ! In The Name Of Love ») qui feront toujours partie de son tour de chant à partir de leur enregistrement ! Il est certain que, sans ces chansons, ses performances scéniques n’auraient pas du tout eu le même impact ! Mais attachons-nous à rechercher dans le catalogue de l’idole les titres qu’il a empruntés au fantastique trio que nous évoquons : outre les trois emblématiques cités ci-dessus, signalons aussi « Car… Tout le monde a besoin d’amour » (« Baby I Need Your Loving »), « Bernadette », du même titre que l’original, « Réveille-moi » ( « Shake Me, Wake Me »), « Mais c’est différent déjà » (« You Keep Me Hanging On »), « Une fille et des fleurs » (« You Can’t Hurry Love ») et « L’Amour c’est comme ça » (« I Can’t Help Myself »). La liste ne s’arrête pas là en ce qui concerne les adaptations « Tamla Motown ». J’y reviendrai plus tard. Ces nombreuses reprises confirmaient l’attachement que Claude François vouait à ce style musical qui lui collait si bien à la peau ! Dommage que, sur scène, il n’ait pas exploité les autres chansons qu’il aurait bien pu inclure dans un « medley » par exemple. Cette admiration conduisit Cloclo  à une rencontre mémorable avec Lamont Dozier au cours de l’émission « Musique and Music » de Jacques Martin en octobre 1977  

 

Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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