Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 22:06

José Todaro photo

1972… Nous habitons, mes parents, mon frère et moi, chez ma grand-mère qui tient un café sur la Place du Manège à Charleroi, devant le Palais des Beaux-Arts. Nous sommes venus la rejoindre début 1968, au lendemain du décès de mon grand-père. En cette année, le temple carolorégien de l’Opérette accueille, entre autres, José Todaro dans « Gipsy », la nouvelle création de Francis Lopez. Depuis qu’elle a été jouée pour la toute première fois le 18 décembre 1971 au Théâtre Sébastopol de Lille, « Gipsy » fait les beaux soirs du Châtelet à Paris depuis le 19 février 1972… La prestance et la splendide voix de José Todaro contribuent au succès sans cesse croissant d’une œuvre appelée à s’exporter dans les pays limitrophes dont la Belgique pour commencer… Charleroi est une étape inévitable car le public carolorégien est friand d’opérettes et est reconnu pour être l’un des plus connaisseurs dans cette spécialité. Mon père et ma mère assistent au spectacle et, au terme de celui-ci, décident d’aller prendre un verre dans l’établissement « La Terrasse » situé à proximité de l’entrée des artistes qui conduit aux coulisses et aux loges du Palais des Beaux-Arts. Quelle n’est pas leur surprise quand ils aperçoivent le talentueux ténor franchir le pas de la porte, suivi de plusieurs membres de l’équipe du spectacle ! Malheureusement, la salle est comble et devant la désolation du patron de « La Terrasse », José Todaro fait signe à ses camarades de rebrousser chemin. Embêté par la déception de l’artiste à pouvoir passer un bon moment avec sa troupe avant un repos bien mérité, mon père invite ma mère à se lever afin qu’ils s’effacent au profit du ténor et de ses collègues. Il s’empresse donc d’avertir José Todaro que des sièges sont désormais libres mais, très poliment, en le remerciant vivement pour son geste, ce dernier décline sa proposition en lui confiant qu’il ne reviendra pas de sitôt dans cet établissement. Mon père a alors une brillante idée et lui dit :

Si vous le voulez, je suis disposé à vous accueillir au Café « Le Manège » où je travaille, de l’autre côté de la place…

Touché par cette aimable proposition, le chanteur accepte mais devant le périple de traverser la place à pied, il choisit sagement de reporter sa venue au lendemain soir après la dernière représentation. Mes parents reviennent et annoncent à ma grand-mère l’arrivée de Todaro demain en fin de soirée. Elle n’en croit pas ses oreilles et dit à mon père que le ténor lui a lancé des promesses en l’air… Le soir venu, nous sommes tous réunis dans le café et nous regardons les minutes s’écouler à l’horloge au-dessus du comptoir. Le marchand de sable est passé depuis longtemps et devant l’heure avancée, nous ne nous faisons plus aucune illusion quand soudain, nous voyons deux grosses voitures noires s’arrêter devant le café. José Todaro et Maria-Hélèna de Oliviera, son épouse à la ville, sortent du premier combi, imité par d’autres artistes membres de la troupe qui s’extraient du second et qui les accompagnaient déjà la veille lorsqu’ils avaient voulu s’installer à « La Terrasse ».  Très ému par le respect de leurs engagements, mon père les salue très chaleureusement et les invite à prendre place. Du haut de mes 10 ans, je contemple cette venue avec des étoiles plein les yeux, des yeux émerveillés qui ne quittent pas le ténor et sa jolie épouse. Jus d’orange pour tout le monde et le jeu des dédicaces peut enfin débuter… On sort les disques que la vedette se fait une joie de signer au gros marqueur noir. Ces instants magiques passent malheureusement trop vite et la vedette doit partir. Comme pour sceller une amitié qui vient de naître, mon père lui demande s’il veut bien nous adresser un petit bonjour lorsqu’il passera à la télévision… Le ténor lui répond alors que c’est difficilement concevable mais qu’en revanche, il fera un clin d’œil uniquement à notre attention… Ce qu’il fera lors d’un passage dans « Midi Magazine », l’émission présentée par Danièle Gilbert ! Depuis ce soir inoubliable où il nous a rendu visite, les rencontres se sont succédé : à sa sortie des loges à la fin de la revue « Charleroi Tout Ring » élaborée pour la mise en service de la petite ceinture autoroutière de Charleroi en 1976 et pendant laquelle il interpréta, avec beaucoup d’émotion, « La Fanette » de Jacques Brel; au terme de « Pêcheur d’étoiles » (une opérette d’Alain Vanzo), de « La Belle de Cadix », d’ « Andalousie » et du « Chanteur de Mexico » qu’il reprit également au Palais des Beaux-Arts. Nous le vîmes également dans « Le Pays du Sourire » au Palais Opéra Royal de Wallonie à Liège et la dernière fois, ce fut à nouveau dans « Gipsy » à Charleroi pendant le week-end des 17 et 18 novembre 2007 pour ce qui constitue l’avant-dernière opérette à avoir été jouée au Palais des Beaux-Arts (la dernière étant « Victoria et son hussard » en janvier 2008). Outre ces formidables retrouvailles, ne négligeons pas non plus de signaler qu’il participa à un concert « 3 Ténors » avec Alain Vanzo et Carlo Di Angelo à la Basilique Saint-Christophe de Charleroi le samedi 22 juin 1996 et qu’il chanta à Lobbes pour l’ASBL « Julie et Mélissa » le dimanche 25 mai 1997. On épinglera également son passage au Théâtre de Namur les 6 et 7 novembre 2004 dans « Andalousie ». Fin 2009, je me suis rappelé à son bon souvenir en lui envoyant mes vœux pour la nouvelle année, un courrier que je réitérai l’année suivante avec, à chaque fois, une réponse sympathique et très rapide de sa part. Depuis, je suis toujours régulièrement son actualité et il animera prochainement les fêtes de fin d’année à Lamalou-Les-Bains (Département de l’Hérault, Languedoc-Roussillon) pour le 8ème Fêt’Opéret’Lamalou qui consacre son festival à l’Opérette et à José Todaro du 26 décembre 2011 au 2 janvier 2012. Le ténor présentera son spectacle « L’univers de José Todaro » le 31 décembre à partir de 19 heures en compagnie de son épouse Leina Oliviera, les Ballets Espagnols et l’Orchestre du Festival d’Opérette sous la direction de Charly Oleg. Il sera à nouveau sur la brèche pour un concert du Nouvel An le 1er janvier à 16 heures et une rencontre est organisée en sa présence le 2 janvier à 11 heures avant une dernière apparition pour le gala de clôture à 18 heures.

José Todaro 3  

José Todaro naît le 2 octobre 1940 à Tripoli de parents italiens. La famille émigre à Agrigento, sur la Côte Sud de la Sicile. Entouré de ses parents et de ses frères, l’enfance du petit Giuseppe est bercée d’airs de Bel Canto. Le plus beau récit de ces souvenirs dorés, c’est José Todaro qui le livre lui-même au dos de son plus beau disque « José Todaro chante l’Opéra » (Decca, 1975) dans l’émouvante lettre qu’il dédie à son père et que je reproduis ci-après dans son intégralité :

 

« Mon cher Papa,

C’est à toi que je dédie mon premier enregistrement d’Opéra ainsi que je t’en avais fait la promesse à Agrigento, tu t’en souviens ?

 

Si aujourd’hui je peux chanter les œuvres de ces compositeurs prestigieux, avec émotion et fierté, c’est à toi que je le dois, toi qui as su entourer mon enfance d’une chaleureuse ambiance familiale où le Bel Canto avait une grande place, toi qui m’as encouragé à développer cette vocation que tu avais décelée en moi.

 

À chaque instant de ma vie, il y a toujours un air qui me ramène à ces temps heureux d’Agrigento où nous nous réunissions entre amis pour chanter nos refrains préférés, ces souvenirs ne peuvent s’oublier et il m’est doux de penser à la joie que je t’apporte en te dédiant ce disque.

 

Dis à Maman, toujours inquiète pour la santé de ses enfants, que si je travaille beaucoup, ainsi que l’exige mon métier, elle ne doit pas se faire de soucis pour moi. Quand on a le bonheur d’exercer cet art, la fatigue ne compte pas.

 

Dis-lui aussi que ma vie professionnelle est étroitement liée à ma vie familiale et que j’ai pu fonder un foyer sur le modèle du vôtre.

 

Que ma petite Rose-Marie soit la messagère de notre affection; je lui confie la mission de vous faire, du haut de ses 2 ans ½, un collier de ses bras pour vous embrasser, Maman et toi.

José. »

José Todaro 1bis

 

Non seulement, Giueseppe est très vite attiré par la musique mais ses parents lui inculquent les vraies valeurs de la vie et le sens de la famille. Il travaillera aussi très jeune dans une aciérie dans la région de Metz, où ses frères sont installés, pour subvenir à ses besoins et envisager des études musicales qu’il effectue au Conservatoire de Metz dans la classe de Georges Genin, ténor de l’Opéra de Paris qui triompha notamment dans « Faust », « Tosca », « Carmen », « Roméo et Juliette », « La Bohème » et « Werther ». Reconnu pour sa puissance vocale et sa clarté, Georges Genin reconnaît les mêmes qualités chez son protégé et lui prédit un bel avenir s’il respecte scrupuleusement les enseignements qu’il lui prodigue avec soin et méticulosité. José croit en son destin et à 22 ans, il entre comme choriste au Théâtre de Mulhouse. Patiemment, il découvre peu à peu les facettes de son futur statut de grande vedette car de petits rôles de soliste lui sont attribués. En 1965, il tient son premier grand rôle dans « La Bohème » où il incarne le personnage de Rodolphe. Sa prestation ayant été très appréciée de la critique, il est invité à se produire à l’Opéra de Gand dans « Mireille », « La Traviata », « Manon » et « Rigoletto » où il campe un Duc de Mantoue infiniment convaincant. Alors que rien ne le prédestinait à l’Opérette, Georges Springers, le directeur des Éditions Royalty qui détenaient les droits, entre autres, de films, de musiques comme, par exemple, celle du compositeur Georges Delerue pour « Tirez sur le pianiste » et des chansons du « Chanteur de Mexico », lui propose justement de reprendre cette célèbre œuvre de Francis Lopez pour une série de 8 représentations au Grand Théâtre de Limoges pour la fin de l’année 1967.

C’est donc Springers qui est à l’origine de cette étonnante bifurcation dans la carrière du ténor qui, pourtant, ne délaissera pas l’Opéra pour autant puisqu’il est à nouveau très applaudi dans « La Bohème » à l’Opéra de Wallonie début 1968 et en mars de la même année, il décuple l’enthousiasme des spectateurs de l’Opéra de Liège dans « Le Prince Igor » de Borodine. Les contrats, ainsi que les éloges des spécialistes musicaux, s’amoncellent : de récitals en galas lyriques, en Alfredo dans « La Traviata » ou en Cassio dans « Othello » (Opéra de Marseille, 1970), José Todaro ne laisse que d’excellents souvenirs de ses passages. Il est également à l’affiche des opéras « Les Pêcheurs de perles » et « Lucie de Lammermoor » pour lequel il tiendra le rôle d’Edgar qui lui vaudra notamment de fervents applaudissements de la part du public lillois. Le 14 juillet 1970 un peu avant minuit, l’Opérette perd son Prince : Luis Mariano décède après avoir porté « La Caravelle d’Or » à bout de bras… Francis Lopez est inconsolable, il a perdu son ami, son frère et avec la disparition de Mariano, c’est le monde de l’Opérette qui vacille. Afin de faire continuer à vivre cet art pour lequel il voue un amour sans bornes et comme pour perpétuer le souvenir de Mariano, Lopez se met à la recherche de son successeur et il vient à songer à ce jeune ténor dont les brillants échos de sa prestation dans « Le Chanteur de Mexico » lui étaient parvenus. La rencontre est organisée et Lopez est enthousiasmé par le charisme et la fraîcheur de sa nouvelle recrue. Bien qu’étant un peu réticent, Todaro cède aux arguments de Lopez et réalise ainsi le vœu de Mariano qui voyait en lui son digne héritier. Motivé par cette entrevue on ne peut plus positive, Francis Lopez décide d’écrire une nouvelle opérette dont le titre sera « Gipsy ». Après des débuts prometteurs avec peu de moyens à Lille, Lopez envisage de la faire jouer dans un lieu mythique plus apte à faire ressortir son lustre : le Châtelet à Paris ! Depuis la mort de Mariano le fameux théâtre est confiné dans de sérieux problèmes financiers et il a besoin d’un nouveau souffle salvateur. « Gipsy » sera sa bonbonne d’oxygène et le Châtelet renaîtra de ses cendres puisque l’opérette sera jouée plus de 600 fois !

José Todaro 2bis

Le public est conquis par ce beau ténor au regard pétillant, au timbre clair et puissant, à l’accent savoureux et dont le seul désavantage est d’être moins grand, par la taille bien évidemment, que son illustre prédécesseur. Autour de Todaro, la distribution est éclatante : en plus du fidèle Maurice Baquet qui joue le comique de service, Jean-Marie Proslier et Max Montavon apportent leur lot de bonne humeur. Cyril Tcharenko est un brillant Rodolf et les voix féminines sont excellemment bien mises en valeur avec Nicole Briard, Jeanine Roux et Sylvia Paule. En outre, la chorégraphie du spectacle est rehaussée par la présence de Jacques Chazot dont on connaît l’efficacité en la matière. Après une tournée en province ainsi qu’en Belgique qui s’étalera sur plusieurs mois, Francis Lopez se remet à l’écriture d’un nouveau manuscrit : c’est « Volga » dont la première est jouée le 26 novembre 1976 avec la participation d’une certaine Lena Oliviera qui n’est autre que l’épouse du ténor dont le cœur fut conquis quelques années auparavant dans « Carmen » au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles… Lena avait les traits de la troublante cigarière et José campait le fougueux Don José. Malheureusement, « Volga » ne connaîtra pas le même retentissement que « Gipsy » et au bout d’un plus d’un an de représentations, Todaro décide de passer le flambeau à André Jobin qui, malgré un respectable bagage vocal, ne parviendra pas à faire oublier la chaleur du ténor sicilien qui, de son côté, est engagé par différents organisateurs de spectacles afin de faire revivre « La Belle de Cadix », « Andalousie », « Le Chanteur de Mexico » et même « Le Prince de Madrid » sur de nombreuses scènes françaises et belges.

José Todaro Volga

José Todaro volga 2

Mais José n’a jamais oublié l’art qui l’a révélé et en 1979, il répond aux sirènes du prestigieux Opéra de Paris qui le voit apparaître, entre autres, dans «  Der Rozenkavalier », « Salome », « Don Quichotte », « Pagliacci », « Boris Godounov », « Turandot »… C’est près d’une quarantaine de rôles qui s’inscriront à son impressionnant palmarès qui s’enrichira aussi d’œuvres viennoises comme « Le Baron Tzigane », « Le Pays du Sourire » et « La Chauve- Souris » pour lesquels il gravera un magnifique disque « Vienne, ville de mes rêves/Les Grands Airs d’Opérette Viennoise » paru en 1996 chez BMG et réédité en 2003 chez RCA Red Seal.

José Todaro Vienne

José Todaro opérette viennoise

Au cours du mandat qui le lie à l’Opéra de Paris, José Todaro aura toutefois le privilège de fouler la scène de l’Opéra de Rio de Janeiro où il interprétera, avec une conviction stupéfiante, le rôle de Mario Cavaradossi dans « Tosca » de Puccini. Après 11 ans de bons et loyaux services, José Todaro se consacre à nouveau à l’opérette puisqu’à peine 6 mois après avoir quitté l’Opéra de Paris, il se produit pour une représentation unique de « La Belle de Cadix » au Centre Culturel d’Auderghem le dimanche 25 avril 1993.

José Todaro affiche Mogador

Le 5 mars 1995, il est de retour dans la même salle pour une version en concert surprenante de « La Traviata » chantée en… français ! Courant 1995, il fête les 50 ans de « La Belle de Cadix » en reprenant la légendaire opérette au Théâtre « Mogador » à Paris. José Todaro aime à se produire en Belgique et les 30 et 31 août 1997, il reprend « La Belle de Cadix » à Ath avec une mise en scène de Jacques Taylès et une direction d’orchestre assurée par Jacques Grosjean, deux figures emblématiques des belles années de l’Opérette au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Cependant, José a décidé de restreindre son rayonnement artistique pour se produire plus souvent… en famille. Depuis 1998, par l’entremise de sa propre société de production Todarte qu’il a créée, José Todaro propose un spectacle intitulé « Tout l’univers de José Todaro » où il reprend, à la plus grande joie du public et accompagné de son épouse Leina Oliviera, de son frère Carlo di Angelo, et de sa fille Angelina,  des airs d’opérettes (« Gipsy », « Mexico »,…) mais aussi d’autres chansons très connues appartenant aux répertoires italien et espagnol tels « O Sole Mio », « Funiculi Funiculà » et « Granada », ainsi que des oratorios et des extraits d’opéras (« Carmen », « Il Trovatore », « Nabucco »).  En 2001, José est la grande vedette au programme du Théâtre d’Opérette de Lyon puisqu’en plus de « Gipsy » les 3 et 4 février, il est l’invité d’un gala en hommage à sa carrière le dimanche 25 février. Durant la même année, il reprend « La Belle de Cadix » au Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins. En janvier 2002, José et son épouse se produisent au Palais des Congrès de Tours accompagné des Chorales de l’Association Bord-de-Loire. L’année suivante, le ténor répond à une nouvelle sollicitation du Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins pour incarner encore une fois le séduisant Carlos dans « La Belle de Cadix ». Le samedi 24 mai 2003, il interprète l’ « Hymne des Nations » de Verdi au cours du Festival « Chœurs en fête » au Théâtre Municipal « Le Colisée » à Lens. Soulignons, au passage, qu’en 1992, José Todaro a enregistré sur CD une excellente version de cette œuvre ainsi que la « Messa di gloria » de Puccini avec le concours du baryton-basse Frédéric Vassar et les orchestres de Sénart et Ama-Deus sous la direction de Richard Bourdarham (Amadeus Musique Production, 1992). En 2004 et en 2006, il honore, par le biais du baryton Eric Pezon, l’invitation de la Mairie de Nuits-Saint-Georges afin de présenter son spectacle lyrique. Le 16/11/2008, José se produit à l’Auditorium du Centre des Congrès à Lyon et le 22 février 2009, il est en vedette du Concert du Printemps organisé à Sainte-Marie-aux-Chênes, près de Metz, où il est accompagné par la Chorale « Chœur de Chêne ».


José Todaro Hymne des Nations

 

Voilà donc résumés les principales dates et faits majeurs qui ont marqué la carrière exemplaire de ce formidable artiste qui nous émerveille non seulement par sa voix mais également par sa chaleur, sa gentillesse et sa générosité.

 

D’autres disques de José Todaro

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  José Todaro chante Francis Lopez

José Todaro Francis Lopez

  José Todaro chansons napolitaines

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José Todaro la voix d'or

La voix d'or de José Todaro

José Todaro ses plus grands succès

  Dernier CD "Ses plus grands succès" paru en 2000

 

Les DVD   José Todaro DVD Gipsy

Toute la magie de l'Opérette résumée dans cette captation en couleurs de "Gipsy" au Théâtre du ChâteletJosé Todaro est en grande forme vocale : il aborde chaque interprétation avec enthousiasme et concentration, sa voix est puissante et splendide, les phrasés sont d'une grande justesse et son accent apporte également sa part d'ensoleillement. Les vibratos sont bien réguliers dans les aigus et le ténor dose admirablement sa voix, très à l'aise en "piano" ou en "forte". Passons sur les décors et retenons les ballets où Jacques Chazot vient apporter une contribution chorégraphique de grande classe en compagnie de la danseuse étoile Danièle Fugere. Parmi les autres acteurs, outre le grand numéro de comique de service splendidement assuré par l'éternel Maurice Baquet, retenons la très jolie voix de Cyril Tcharenko dans "Mayerling" ainsi que les prestations plus qu'honorables de Jeanine Roux ("Zingara", "Je t'attendrai") et Nicole Briard ("Monsieur Johann Strauss"). Soulignons également le passage où José Todaro interprète "Bohémienne" en duo avec son frère Carlo Di Angelo. En ce qui concerne la direction musicale, André Martial ne maîtrise malheureusement pas les maladresses de son percussionniste qui, manifestement, était dans un mauvais... soir car il se plante magistralement dans quelques reprises....

Opérettes vol 1

Opérettes de toujours Vol. 1 aux Editions Montparnasse : José Todaro apparaît dans le thème principal de "Volga" et en duo avec Maria Candido dans un extrait du "Pays du Sourire" ("Qui dans nos coeurs fait fleurir l'amour").

Opérettes vol 2

Opérettes de toujours Vol. 2 aux Editions Montparnasse avec notamment deux extraits de "Gipsy" (le Ballet Stanislas Zmarzlik et l'interprétation de José Todaro dans "Je suis un vagabond").

José Todaro Gipsy

José Todaro dédicace

Une gentille dédicace spécialement à mon attention lors de l'entracte du "Chanteur de Mexico" au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (décembre 1992)...

 

Cher José, je te renvoie le même compliment... Cet article, je te le dédie avec toute ma sympathie.

Par BERNIE - Publié dans : Les grands noms de l'Opérette - Communauté : Toutes les musiques
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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 22:33

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Bowie black

Après une participation remarquée et remarquable en tant que narrateur dans « Peter and the Wolf » de Prokofiev interprété par le Philadelphia Orchestra sous la direction d’Eugene Ormandy et paru en 1992 sous le label RCA , David Bowie songe très sérieusement à la conception de son prochain album afin d’effacer le cuisant échec du précédent « Never Let Me Down ». Pour « Black Tie White Noise » qui sortira le 5 avril 1993, il rappelle Nile Rodgers à la barre mais ce dernier n’aura pas la possibilité de marquer son retour de la même empreinte que celle laissée sur le travail réalisé dans « Let’s Dance ». En effet, Bowie souhaite ardemment explorer d’autres horizons musicaux et cette nouvelle orientation est très nettement constatée dans la plage d’ouverture, l’excellent instrumental « The Wedding » dont le titre évoque son récent mariage avec Iman Abdulmajid. Ce morceau inaugural mêle astucieusement des sons provenant de leurs origines respectives (occidentales et musulmanes), habillés par le jeu séduisant de Bowie au saxophone. De cet album sont extraits trois singles : le hit « Jump They Say » paru en mars 1993 et qui se classe 9ème dans les Charts britanniques (Bowie n’avait plus connu un « Top 10 » depuis « Absolute Beginners » en 1986; la chanson fait référence au suicide de son demi-frère Terry le 16 janvier 1985 et se démarque musicalement par une base funk provenant du son très caractéristique de la guitare de Nile Rodgers ainsi que par le côté jazzy dû essentiellement à la prestation exceptionnelle du trompettiste  Lester Bowie), « Black Tie White Noise » sorti en juin 1993 (composé par Bowie s’inspirant de l’affaire Rodney King qui fut brutalisé par des policiers le 3 mars 1991 à Los Angeles et agrémenté de la voix du chanteur de R & B Al B. Sure) et le plaisant « Miracle Goodnight » édité au mois d’octobre (remarquables prestations de Barry Campbell à la basse et de Richard Hilton aux claviers). L’album se distingue également par l’inclusion de 4 covers : le très bon « I Feel Free » au rythme ravageur avec une voix parfaite de Bowie et la présence du regretté Mick Ronson à la guitare (composé initialement par Jack Bruce et Pete Brown pour l’album « Fresh Cream » de Cream sorti en décembre 1966), l’habile « Nite Flights » (issu de l’album du même nom des Walker Brothers en 1978), « Don’t Let Me Down & Down » avec une conduite vocale irréprochable de la part de Bowie et un éblouissant passage à la trompette de Lester Bowie entre 2’ et 2’28’’ (un morceau composé par Tahra et Martine Valmont dont les sonorités plurent à Iman, lors de son passage à Paris, qui s’empressa, dès son retour, de convaincre son époux à l’enregistrer) et le fabuleux « I Know It’s Gonna Happen Someday » nanti de chœurs impressionnants (extrait de l’album « Your Arsenal » de Morrissey de 1992). Les autres titres non encore cités regorgent également de qualités diverses, du moins pour trois d’entre eux : « You’ve Been Around » (très remuant, qui bénéficia d’un remix lors de la parution du collector consacrant le 10ème anniversaire de la parution de l’album), « Pallas Athena » (paru en single le 26 août 1997 en édition limitée sous un nom d’emprunt, Tao Jones Index, et destiné particulièrement au Dancefloor) et le fantastique instrumental « Looking For Lester » mettant bien en évidence l’agilité de Lester Bowie à la trompette. Suivant si l’on préfère la version lyrique ou instrumentale, « The Wedding Song », la version chantée de la plage d’ouverture qui clôt l’album aurait pu, ma foi, être évitée. C’est la seule ombre au tableau d’un album de très bonne facture sur le plan général qui constitue l’amorce à d’autres réjouissances musicales.

    

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Bowie Outside

Après le bon accueil de « Black Tie White Noise » qui ne le satisfait qu’à moitié, Bowie envisage de revenir à la formule de l’album concept et pour mener à bien ce projet, il fait appel à la créativité et au modernisme de Brian Eno qui l’avait assisté dans la « trilogie berlinoise » (les albums « Low », « Heroes » et « Lodger ») ainsi que sur l’appui de David Richards qui avait déjà travaillé sur « Never Let Me Down » en 1987. Un canevas est élaboré dont le titre sera « Le Journal de Nathan Adler » qui relatera les aventures du détective Adler amené à résoudre l’assassinat d’une jeune fille de 14 ans appelée Baby Grace Blue. Ce concept devait ultérieurement faire l’objet d’une suite puisque figure le chiffre 1 avec un point précédant le titre de l’album. Mais, finalement, Bowie décidera de passer à autre chose. « The Hearts Filthy Lesson » est le premier single et sort en septembre 1995, un peu avant l’album. La pochette frappe déjà : Bowie affublé d’un chapeau campe le personnage du détective et paraît « défoncé » en tirant sur une cigarette… Les trois lettres « Art » apparaissent également en bas de la pochette et Bowie confiera que la chanson évoque effectivement la dégradation de l’art (l’intrigue se passe à l’intérieur d’un musée). Dès la première audition, ce morceau est astucieusement bien choisi pour annoncer l’album et est, musicalement, magistral surtout par les prestations sublimes de Brian Eno aux synthés, Reeves Gabrels à la guitare, Erdal Kizilcay à la basse, le génial Mike Garson au piano et Sterling Campbell à la batterie qui imprime à la mélodie un rythme diaboliquement implacable. Le second single « Strangers When We Meet » paraît en novembre 1995 et fait place à une Pop plus conventionnelle par rapport au rock expérimental du premier single. Parmi les musiciens, on remarque le retour de l’excellent guitariste Carlos Alomar, un fidèle de Bowie pour l’avoir accompagné sur une douzaine d’albums de 1975 à 2003. Le troisième et dernier single dévoilera « Hallo Spaceboy », avec un retour au rock expérimental, pour lequel une version remixée sera réalisée par les Pet Shop Boys. Des autres morceaux qui composent l’album (19 au total !), on retiendra le superbe « A Small Plot Of Land » où les Eno, Gabrels, Garson et Kizilcay laissent libre cours à leur imagination musicale débordante (rien que le début vaut que l’on s’y attarde pour les sonorités extraordinaires dégagées par le piano et la batterie qui précèdent le superbe galvaudage vocal de Bowie); le fantastique « The Motel », le morceau le plus long de l’album (6’49’’) dans lequel les musiciens font également preuve d’une maestria exemplaire; les instruments se déchaînent, accompagnés par la voix de Bowie qui se dépose admirablement comme la cerise sur le gâteau; les très plaisants « I’ve Not Been To Oxford Town » et « No Control »; le formidable « The Voyeur Of Utter Destruction (As Beauty) » avec des jeux de piano, guitare et batterie exceptionnels, une partition vocale pas piquée des hannetons, bref, un morceau véritablement taillé pour la scène; le vibrant « We Prick You » que Bowie plébiscita aussi lors de la promotion de son album sur la tournée qui s’ensuivit; enfin, « I’m Deranged », certainement l’un des meilleurs morceaux de l’album pour la qualité de son interprétation et son incroyable musicalité, et « Thru’ These Architects Eyes » pour l’originalité et la modernité qui s’en dégagent, méritent tout particulièrement notre attention. En conclusion, malgré un classement moyen (n° 8 dans les Charts britanniques et n° 21 au Billboard), cet album figure incontestablement parmi les plus marquants de sa discographie et aurait dû bénéficier d’une répercussion médiatique beaucoup plus favorable.

 

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Bowie Earthling

« Hello Spaceboy », le dernier single d’ « Outside » ayant à peine été plébiscité par les programmateurs radios, David Bowie souhaite ardemment sortir un nouveau single fin 1996 afin de préméditer son nouvel album qui devrait voir le jour début de l’année suivante. Il enregistre « Telling Lies » au Looking Glass Studio de New York et, afin de respecter scrupuleusement les délais, le morceau est dans les bacs le 6 novembre 1996. Préalablement à cette sortie, David innovait en proposant à ses fans de télécharger les 3 versions qu’il avait réalisées sur son site officiel. Il était ainsi le premier artiste à utiliser le web afin de promouvoir sa nouvelle création. En ce qui concerne l’accompagnement musical, Reeves Gabrels et Mike Garson sont encore de la partie. Reeves s’associe à Bowie pour la production du futur album qui s’intitulera « Earthling ». Ce duo deviendra très vite un trio avec la complicité de Mark Plati (producteur, entre autres, pour The Cure, Robbie Williams mais aussi Hooverphonic). Bowie enrôle également deux musiciens qui se montreront déterminants par leur style et leur adresse : la formidable bassiste-chanteuse Gail Ann Dorsey et le fantastique batteur Zachary Alford dont les présences et performances scéniques seront véritablement époustouflantes ! Pour « Telling Lies », David donne un avant goût de l’ambiance musicale dans laquelle baignera « Earthling » : il utilise à bon escient les ingrédients des derniers courants musicaux en vogue en Grande-Bretagne : le jungle et le drum’n’bass dont la spécificité réside en l’expression de sons inédits faits de percussions électroniques accélérées, de samples et de loops créés à l’aide de boîtes à rythmes, de synthétiseurs et de samplers; bref, d’instruments issus de la musique numérique. C’est ingénieux, novateur et surtout, ça surprend très agréablement. Fin janvier 1997, alors que l’on attend toujours impatiemment la sortie de l’album, c’est un second morceau, « Little Wonder » qui fait l’objet d’un nouveau single. Ce morceau, du même acabit que son prédécesseur, montre à quel point Bowie s’intéresse aux mouvements musicaux à la mode et « Little Wonder » séduit littéralement puisqu’il constitue le hit de l’album (14ème au classement britannique). « Earthling » paraît comme prévu le 3 février 1997 et réussit à s’emparer d’une très méritoire 6ème position dans le Top britannique. Il intégrera également le Top 50 aux États-Unis en se classant 39ème alors que l’on aurait pu se montrer un peu plus optimiste de l’accueil outre Atlantique. Pour son 3ème single, Bowie choisit « Dead Man Walking » qui est commercialisé le 21 mars 1997. Très nettement tourné vers la Dance voire la Techno, ce titre bénéficiera de deux versions « Mix » et de deux autres « Remix » (Moby Mix, House Mix, This One’s Not Dead Yet Remix, Vigor Mortis Remix) qui feront le bonheur des D.J. et affoleront les pistes de danse. Constatant qu’ « Earthling » constitue une belle réussite, David Bowie veut prolonger son plaisir et celui de ses fans : deux autres singles seront publiés : « Seven Years in Tibet » le 18 août 1997 et « I’m Afraid of Americans » le 14 octobre 1997. « Seven Years in Tibet » accroche par son contraste entre des passages sobres et d’autres beaucoup plus trash; les subtiles sonorités des samples provenant des prestations de Reeves Gabrels et de Mark Plati s’immiscent adroitement dans l’ensemble orchestral judicieusement rythmé par Zachary Alford qui, décidément, au fil des morceaux, se révèle un percussionniste hors pair et d’une adresse infaillible.  Quant à « I’m Afraid of Americans », Bowie démontre son attachement au rock alternatif avec la participation de la formation « Nine Inch Nails », spécialiste dans ce type de démonstration musicale. Destiné uniquement au marché américain, le single ne laisse personne indifférent car Bowie a cette faculté avant-gardiste de pouvoir toujours étonner son auditoire; de plus, le travail d’écriture concocté par Bowie et Eno est d’une créativité et d’une originalité telles que nous sommes confrontés à une mini révolution musicale d’un peu plus de 4 minutes que compte la durée du morceau. Que peut-on tirer comme enseignements des autres morceaux ? Incontestablement, « Looking For Satellites » aurait mérité d’être exploité en single, c’est de la très bonne pop, c’est instrumentalement bien joué avec un solo de guitare dantesque de Reeves Gabrels, des percussions d’une précision métronomique de Zachary Alford sans oublier une approche vocale de toute beauté de Bowie; « Battle For Britain (The Letter) » est encore un exemple convaincant du bon usage du Drum’n’bass avec, à nouveau, une grosse prestation de nos protagonistes et la très agréable intervention du piano scintillant de Mike Garson; « The Last Thing You Should Do » est un duplicata du titre précédent avec des variantes dominées par une omniprésence de percussions beaucoup plus « lourdes » et des riffs de guitares toujours aussi plaisants; enfin, « Law (Earthlings on Fire) » clôt l’album sur une note techno, un morceau assez grave et brutal dans lequel Bowie s’inspire de la phrase mythique du philosophe anglais Bertrand Russel (1872-1970) « I don’t want knowledge, I want certainty » (« Je ne veux pas la connaissance, je veux la certitude ») qu’il enregistra à l’aide d’un bidon réfrigérant afin d’accentuer la « froidure » de la chanson (il y réussit !).    Conceptuellement, avec « Outside » et « Earthling », Bowie a atteint des objectifs et des résultats auxquels il n’avait plus eu droit depuis le début des années 70; ces deux albums, de par leurs composantes musicales, marquent une étape importante dans la carrière discographique de l’artiste et constituent des références incontournables dans l’histoire de la musique des années 90.

 

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Bowie Hours

Afin d’honorer le contrat qui le lie encore pour la parution d’un album sous le label Virgin Records (sous label d’EMI), David Bowie ne désire pas trop s’attarder en chemin et sollicite Reeves Gabrels afin de le coproduire. Parmi les 10 chansons qui figureront sur « Hours… », David choisit, comme premier single, « Thursday’s Child » qui sort le 20 septembre 1999, quinze jours avant la présentation de son nouvel album. Dès les premières mesures, il est aisé de constater que Bowie est revenu à un style de musique beaucoup plus conventionnel et que les expériences vécues sur « Outside » et « Earthling » appartiennent désormais au passé… « Thursday’s Child » est une bien sympathique ballade, très « easy listening », mais l’on regrettera cependant l’absence de subtilités ou innovations musicales susceptibles de nous surprendre comme ce fut le cas avec ses deux précédents opus. Pour les marchés australien et japonais, Bowie décide de faire paraître, le même jour, un single avec le morceau « The Pretty Things Are Going To Hell » et là, on se demande, logiquement, pourquoi Bowie n’a pas plutôt désigné ce titre comme premier single officiel car c’est une composition très rock avec d’excellents riffs de guitares et un excellent jeu de batterie; bref, des ingrédients qui « font bouger » et « accrochent » l’auditeur. En janvier 2000, Bowie publie un 3ème single comprenant une nouvelle ballade pop « Survive » qui lui avait permis de livrer une prestation acoustique de très grande qualité instrumentale lors du mythique « Top Of The Pops » en octobre 1999. Le 4ème et dernier single sera l’excellent autobiographique « Seven » dans lequel David évoque son père et son demi-frère Terry avec beaucoup d’émotion et de sensibilité. De par sa très jolie ligne mélodique, c’est incontestablement le meilleur morceau de « Hours… ». À propos des autres chansons de cet album, « Something In The Air » raconte la fin d’une histoire d’amour et les répercussions morales qu’elle a pu faire naître. David est, encore une fois, bouleversant de crédibilité dans son interprétation vocale et Reeves Gabrels, à la guitare, fournit une prestation de toute beauté. « If I’m Dreaming My Life » est le morceau le plus long de l’album (7’04"); composé de couplets et refrains à pulsations rythmiques différentes, la mélodie ne finit pas aussi bien qu’elle commence : son dernier tiers est affligeant de monotonie dans sa longévité et on est presque soulagé d’entendre le son diminuer à 6’20" ! « What’s Really Happening » a la particularité d’avoir été écrit avec un fan internaute. Bowie avait mis une mélodie sans texte sur son site et avait lancé un appel à ses fans pour lui fournir les paroles. Aussitôt, les réponses ne se firent pas attendre et 80.000 textes lui parvinrent. L’heureux élu fut Mark Grant qui eut donc le privilège de travailler avec Reeves Gabrels et Mark Plati. Par cette initiative, Bowie voulait démontrer qu’il était vraiment très proche de ses admirateurs… « New Angels Of Promises » est superbe au niveau de sa conception musicale et se place, avec « Seven », un cran au-dessus des autres morceaux. De plus, le début et la fin sont agrémentés de très jolis sons de flûtes apportant une touche inédite à une mélodie dont la créativité rappelle les meilleures compositions de Bowie. « Brilliant Adventure » est un génial instrumental de 1’54" qui, par la mystérieuse atmosphère musicale qu’il dégage, aurait très bien pu s’insérer dans une bande originale d’un film de James Bond ; enfin, « The Dreamers », malgré la parfaite maîtrise vocale de Bowie, clôt l’album d’une façon plutôt anodine due essentiellement à un manque de subtilité harmonique. Au rayon des musiciens, on salue le retour de Sterling Campbell à la batterie et la rassurante présence du guitariste Chris Haskett sur « If I’m Dreaming My Life » qui, à lui seul, parvient à hisser le morceau à un niveau auditivement appréciable !

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Bowie Heathen

David va consacrer 2001 au peaufinage de son nouvel album qu’il intitulera « Heathen ». Déçu du succès plutôt mitigé d’ « Hours… » qui contenait pourtant de bonnes créations, David veut oublier les vieilles querelles du passé en rappelant Tony Visconti à la barre. Très touché par cette surprenante mais agréable sollicitation, le célèbre producteur accepte sans aucune hésitation et se met immédiatement au travail. À la sortie du disque le 11 juin 2002, on en retire un bilan très positif dans la qualité des compositions. On peut même dire que Bowie a retenu les leçons engrangées par les réalisations antérieures. Le « cru » Bowie 2002 est un savant mélange des ingrédients utilisés dans « Outside » et « Earthling » en les incorporant à des sonorités entendues dans « Space Oditty » et « Scary Monsters »… Du très grand art ! Avec « Slow Burn », son premier single qui paraît le 3 juin 2002, David frappe très fort. Tout d’abord, la voix est impeccable de justesse et de netteté et instrumentalement, c’est du lourd puisque le morceau est magistralement buriné de la guitare convaincante de Pete Townshend. Le second single « Everyone Says "Hi" », sorti le 16 septembre 2002 et exclusivement réservé au marché britannique, est également une totale réussite. On a beau se répéter, l’interprétation de Bowie est irréprochable et l’enrobage musical est d’une grande qualité due notamment aux fantastiques contributions de Matt Chamberlain à la batterie, Jordan Rudess au piano et à l’orgue Hammond et de Carlos Alomar à la guitare. Le 3ème et dernier single servira à mettre en évidence l’excellente reprise d’un morceau de Neil Young issu de son album éponyme de novembre 1968 : « I’ve Been Waiting For You » rehaussé de la présence du formidable guitariste Dave Grohl (Foo Fighters et ex-membre de Nirvana). Chaque fois que Bowie fait une adaptation, il prend le soin de restituer l’œuvre en y apportant sa propre vision; il le fait de telle manière qu’une réelle authenticité s’en dégage comme s’il avait composé le morceau. Ce ne sera pas le seul cover  puisque Bowie reprend, avec la même ingéniosité, « Cactus » des Pixies et « I Took a Trip on a Gemini Spaceship » de Norman Carl Odam, le « Legendary Stardust Cowboy » qui inspira Bowie à créer le personnage de Ziggy Stardust pour son album de 1972. Ne passons pas sous silence le gigantesque « Slip Away », l’une des plus belles ballades que Bowie ait écrites (il en fit une interprétation de toute beauté lors du show de Jonathan Ross à la BBC1 quand il vint présenter l’album), le très plaisant rock « Afraid » (auquel Bowie incorpore le sublime quatuor à cordes « The Scorchio Quartet » également très présent sur « I Would Be Your Slave » conférant à ce morceau une ambiance quelque peu moribonde), le séduisant « 5:15 The Angels Have Gone » (une fabuleuse intro d’une minute et un morceau où la batterie est l’instrument prédominant avec une somptueuse partition et un jeu admirablement dosé de Matt Chamberlain), l’efficace « A Better Future », l’une de ses plus belles compositions qu’il se plaira à interpréter sur scène lors du « Heathen Tour » ainsi que pendant la tournée qui suivra son dernier album studio « Reality », et, enfin « Heathen (The Rays) » qui clôt divinement bien l’album et pour laquelle Etienne Daho se permettra d’en faire une honorable reprise. L’édition limitée de l’album inclut un second CD avec 4 bonus : un remix de « Sunday » par Moby, un autre d’ « A Better Future » par Air, « Conversation Piece » (un nouvel enregistrement d’un morceau paru le 6 mars 1970 en face B du 45 tours « The Prettiest Star » emprunté à l’album « Aladdin Sane ») et « Panic In Detroit » (encore extrait de l’album « Aladdin Sane », réenregistré en 1979 pour la sortie en CD de « Scary Monsters (and Super Creeps) » en 1992 et qui est la même version utilisée ici dans ce CD bonus). « Heathen » sera finalement l’album le mieux classé de Bowie (n° 14 au Billboard Top 200) depuis « Tonight » en 1984 et sera unanimement apprécié par la critique comme l’un des meilleurs albums de sa discographie.

 

Bowie Reality

Pour son dernier album studio à ce jour, « Reality », qui paraîtra le 16 septembre 2003, Bowie investit à nouveau The Looking Glass Studios auxquels il avait accordé sa confiance pour une partie des enregistrements d’ « Heathen ». Très satisfait de la qualité du son produit dans ces studios, David Bowie est impatient de profiter des nombreux avantages qu’ils procurent afin de travailler sur de nouvelles chansons. Il confirme son amitié retrouvée avec Tony Visconti et s’entoure de musiciens qui lui sont fidèles (Gary Leonard, Slick Earl, Mark Plati et Déchirée David aux guitares, Mike Garson au piano) avec le retour du splendide batteur qui avait « sévi » sur « Outside » : Sterling Campbell. Dans un souhait de mettre encore plus l’accent sur la découverte de l’album, Bowie ne publiera que deux singles : « New Killer Star » (fin septembre 2003, avec une excellente partition musicale sevrée de guitares nerveuses et animée d’un beat ravageur) et « Never Get Old », destiné uniquement au marché japonais, dont un CD promo sortira toutefois en Europe (morceau aux rythmes funky dans lequel Bowie défie les affres du temps en apparaissant éternellement jeune, encore plus marquant sur scène puisqu’il s’offre à ses fans, affublé d’un tee-shirt sans manches, le regard triomphant et la démarche désinvolte…). L’album comprend deux reprises : « Pablo Picasso » des Modern Lovers (qui fut enregistrée en 1972 et publiée en 1976) et « Try Some, Buy Some » en hommage à George Harrison (extrait de son album « Living In The Material World » de 1973) disparu en 2001. Pour ces deux covers, Bowie prouve qu’il est vraiment un expert en la matière; ses restitutions sont prodigieuses et époustouflantes au niveau de la qualité mais aussi surtout pour leur modernisme. Que peut-on dire des autres titres ? Eh bien, on doit absolument décerner une mention toute particulière à « The Loneliest Guy » que Bowie interprète magistralement avec une très « grande » voix. Décidément, « The Thin White Duke » arrive encore à nous bluffer par son incomparable talent. En plus, la mélodie est superbe avec le piano feutré de Mike Garson qui joue comme un chef. Sur « Looking For Water », Sterling Campbell se démène comme un beau diable sur sa batterie, bien entouré par de cinglantes guitares, et, pour l’ixième fois, on se laisse encore surprendre par la couleur vocale du ténébreux David… Parlons encore du jeu de Campbell sur « She’ll Drive The Big Car » : il est d’une efficacité monstrueuse et Bowie n’a rien à envier à Springsteen quand il joue de l’harmonica, sa prestation lors du « Traffic Musique » que Guillaume Durand lui consacra le 18 septembre 2003 sur France 2 étant restée dans les mémoires (d’autant plus qu’il enchaîne avec un « Modern Love » de derrière les fagots !). Ne ratez pas non plus le son des instruments sur « Days », c’est le morceau le plus court de l’album (3’19") mais c’est Bowie qui imprime le rythme au synthétiseur et c’est rudement bon. D’autre part, il s’accompagne lui-même à la guitare sur le magnifique « Fall Dog Bombs The Moon » qui est éclaboussé par la dextérité de l’excellent guitariste Gerry Leonard. « Reality », qui donne le titre à l’album, est le morceau le plus déjanté avec des guitares vrombissantes et une batterie lourde. Bowie se déchaîne littéralement et on regrette vraiment qu’il soit resté silencieux depuis… Enfin, « Bring Me The Disco King » (très belle prestation de Mike Garson au piano et un jeu tout en finesse de Sterling Campbell à la batterie), une chanson appartenant aux sessions d’enregistrement de « Black Noise White Tie » de 1993 et qui n’avait jamais été publiée jusqu’alors, clôt mélancoliquement l’album comme si c’était vraiment la dernière chanson de Bowie… « Reality » sera très bien accueilli en Europe puisqu’il sera n° 1 tous classements nationaux confondus (n° 2 en France, n° 3 en Allemagne et en Grande-Bretagne avec des Tops en Tchéquie et au Danemark); néanmoins, il se classera moins bien qu’ « Heathen » aux États-Unis (n° 29 au Billboard Top 200).

Depuis, c’est le mystère sur un éventuel nouvel album de David Bowie sur qui toutes les rumeurs (surtout sur son état de santé) ont circulé. Espérons seulement qu’il brisera bientôt la glace de ce long silence et qu’on le reverra prochainement sur scène en super grande forme…

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Le lien avec Claude François !

Claude François hits en anglais

Ce que vous allez lire ci-après n’est pas un canular… L’info fut même relayée par Classic 21, la radio « Rock & Pop » belge dirigée par Marc Ysaye : le premier à s’être intéressé afin d’adapter « Comme d’habitude » en anglais fut… David Bowie ! Séduit par la qualité de la mélodie et certain de détenir en cette chanson un futur grand succès, David écrivit un texte dont le titre était « Even A Fool Learns To Love ». Malheureusement pour lui, Paul Anka flaira également le bon coup et afin de s’approprier les droits de « Comme d’habitude », il n’hésita pas, de passage à Paris, à aller à la rencontre de Claude François. Finalement, la version d’Anka fut retenue et Bowie réalisa qu’il était passé à côté de la montre en or… Il se consolera quelques années plus tard en sortant le single « Life on Mars » le 22 juin 1973 (extrait de l’album « Hunky Dory » de 1971) pour lequel il affirma que les arrangements musicaux étaient inspirés de ceux de « My Way »…

David Bowie Life on Mars

Le mercredi 5 octobre 1977, Bowie est aperçu au Club de François-Patrice Saint-Hilaire qui, à l’instar de Régine, possède des boîtes de nuit entre Paris et Saint-Tropez. Grand supporter de Manchester United, David fête la victoire de son équipe préférée contre les Verts de Saint-Etienne (2-0) en sablant le champagne avec quelques jolies demoiselles et un certain… Jean-François Sellig, journaliste au magazine Podium. Ce dernier s’empresse de se présenter et de poser quelques questions à Bowie qui, aimablement, se prête au jeu. Inévitablement, la musique est au centre de la conversation et quel n’est pas l’étonnement du journaliste lorsqu’il entend Bowie parler de son admiration à propos de Claude François qu’il avait récemment découvert à l’occasion de la sortie de son album en anglais ! D’autre part, Bowie éprouvait le besoin de changer d’horizon à l’aube de ses 30 ans en déclarant : « Je viens de fêter mes trente ans… et je découvre la vie, la vraie, pas celle que je menais jusqu’à présent. Je suis enfin bien dans ma peau; maintenant je vais vivre, je vais abandonner la musique pour me consacrer au cinéma… avec Truffaut peut-être… ».

 
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Par BERNIE - Publié dans : Les Grands du Rock - Communauté : Toutes les musiques
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