Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 20:34

Avec la récente disparition de Maurice Jarre, le 29 mars 2009 à l'âge de 84 ans, le cinéma a perdu l'un de ses plus grands compositeurs de musiques de films. En février, il était encore apparu au Festival de Berlin qui lui avait décerné un Ours d'Or pour l'ensemble de sa carrière. Très affaibli par la maladie, il avait encore trouvé la force de sourire en brandissant son trophée devant le parterre de photographes... Maurice Jarre était le compositeur de films le plus « oscarisé » puisqu'il reçut trois statuettes pour « Lawrence d'Arabie » de David Lean (1962), « Docteur Jivago » encore de David Lean (1965) et « La Route des Indes » toujours de David Lean (1984). Il est l'auteur de plus de 150 musiques de films; parmi celles-ci, citons « Le Président » d'Henri Verneuil (1961), « Paris brûle-t-il ? » de René Clément (1966), « Jésus de Nazareth » de Franco Zeffirelli (1976), « Witness » de Peter Weir (1985), « Gorilles dans la brume » de Michael Apted (1988), « Le Cercle des Poètes Disparus » de Peter Weir (1989), « Ghost » de Jerry Zucker (1990) et « Les Vendanges de Feu » d'Alfonso Aarau (1995).
Reconnaissant envers les réalisateurs qui l'ont sollicité, Maurice Jarre avait déclaré : « J'ai eu la chance de travailler avec les plus grands dont David Lean qui m'a donné le goût de la perfection ». Il expliquait aussi : « Pour Lawrence d'Arabie, j'avais six semaines pour composer deux heures de musique. Du coup, j'ai travaillé par tranches de cinq heures espacées de vingt minutes de sommeil. J'ai mis un an pour m'en remettre ! ». La preuve, par ce témoignage, que c'était un artiste méticuleux et professionnel jusqu'au bout de sa baguette... En fait, comment concevait-il une bonne musique de film ? Il la définissait comme suit : « Les trois premières notes d'une mélodie, puis le rythme et l'harmonie. Après, tout est question d'équilibre, de liant comme en cuisine, de fluidité comme chez Mozart. Je ne crois pas à l'improvisation. On ne se lève pas comme ça le matin avec toute une partition dans la tête. Stravinski disait : « Un musicien est comme un bureaucrate qui doit se lever tôt le matin pour travailler ». L'inspiration vient ensuite ». Il y a quelques années, il confiait encore : « Dans un film, le compositeur est le dernier maillon d'une lourde chaîne. Souvent, il se retrouve face au producteur quand ce dernier enrage de sortir son film. Alors tout va très vite ». Comme on peut le deviner à travers ces confidences, Maurice Jarre était très soucieux de la qualité de son travail afin qu'il soit le meilleur possible. En tout cas, il nous laisse des œuvres grandioses dont vous découvrirez quelques vidéos à la fin de cet hommage. Né le 13 septembre 1924 à Lyon, Maurice Jarre est attiré très tôt pour la musique : encore enfant, il est littéralement séduit par la Rhapsodie Hongroise n° 2 de Franz Liszt dirigée par le chef d'orchestre britannique d'origine polonaise, Léopold Stokowski (qui a, notamment, composé les arrangements pour le dessin animé musical « Fantasia » (1940) de Walt Disney). Durant l'Occupation, il apprend la musique par correspondance et devient percussionniste-timbalier. En 1946, il s'associe à Pierre Boulez (autre grand compositeur classique et chef d'orchestre français, toujours bon pied, bon œil et en activité à 84 ans... son agenda est rempli jusqu'au 13 août 2009 !) pour la compagnie du Théâtre Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault. En 1951, l'acteur et metteur en scène Jean Vilar lui demande de s'occuper de la partition musicale de la pièce « Le Prince de Hombourg » d'Heinrich von Kleist à l'affiche du Festival d'Avignon avec Gérard Philipe et Jeanne Moreau. C'est le début d'une longue collaboration de 12 ans où il se verra nommé Chef musical du Théâtre national populaire. Maurice Jarre a un profond respect pour Jean Vilar dont il dira qu'il a passé « les plus belles années de sa vie, des années d'inspiration, d'amitié, de bonheur avec un homme qui faisait un théâtre populaire et non pas populiste ». Désormais, les engagements s'enchaînent à grande vitesse pour Maurice Jarre : en 1952, il signe sa première musique de film pour le court-métrage « Hôtel des Invalides » de Georges Franju, pamphlet antimilitariste tourné dans le sanctuaire des souvenirs guerriers, le musée des Invalides, avec pour récitant Michel Simon. En 1956, il écrit les musiques pour le ballet « Notre-Dame de Paris » ainsi que la partition de « La Mémoire du Monde » d'Alain Resnais et, l'année suivante, c'est Jacques Demy qui le contacte pour « Le Bel Indifférent », ces deux dernières réalisations s'inscrivant dans la même catégorie que celle de Georges Franju. Mais Maurice désire beaucoup plus et c'est logiquement qu'il lorgne désormais vers les longs-métrages. C'est à nouveau Georges Franju qui, par l'intermédiaire de son film « La Tête Contre Les Murs » (1958), lui permet de franchir ce cap. Les deux compères décident de faire un bout de chemin ensemble et cette association se retrouve dans « Les Yeux Sans Visage » (1959), « Pleins Feux Sur l'Assassin » (1961), « Thérèse Desqueyroux » (1962) et « Judex » (1964). C'est le début de la célébrité pour Maurice Jarre en qui les critiques reconnaissent son fantastique talent de création ainsi que la souplesse et l'universalité de ses musiques. Justement, la particularité de sa musique se résume à sa simplicité, à son efficacité sur le développement du thème du film, afin que le spectateur puisse ressentir l'émotion voulue au moment où la musique l'accompagne. Cette conception judicieuse de l'art de composer le conduit à une renommée mondiale en 1962 avec « Lawrence d'Arabie » de David Lean et « Le Jour Le Plus Long » de David Zanuck. Les plus grands réalisateurs frappent désormais à sa porte : Richard Brooks pour « Les Professionnels » (1966), Luchino Visconti pour « Les Damnés » (1969), Alfred Hitchkock pour « L'Etau » (1969), Elia Kazan pour « Le Dernier Nabab » (1976), Volker Schlöndorff pour « Le Tambour » (1979). Au début des années 90, il se fait plus discret mais il compose toujours et en 1996, il s'occupe de la musique du premier film de Bernard-Henri Lévy, « Le Jour Et La Nuit ». Bien que cantonné dans la musique de films, Maurice Jarre a également composé des œuvres symphoniques : « Armide » un opéra-ballet (1953) et « Passacaille à la mémoire d'Honegger » (1957), la Passacaille étant un genre musical pratiqué aux XVIIème et XVIIIème siècles. Il signe aussi la musique de la série TV « Shogun » (1980) réalisée par Jerry London d'après le roman de James Clavell avec Richard Chamberlain dans le rôle principal.
Côté vie privée, Maurice Jarre épouse en 1965... la future Madame Drucker, Dany Saval avec qui il a une fille, Stéfanie qui deviendra décoratrice (photo ci-dessus). Il aura également un fils adoptif, Kevin, avec l'actrice Laura Devon, qui sera scénariste et, enfin, le plus connu d'entre tous, Jean-Michel, le créateur d' « Oxygène » (ci-dessous).
Maurice Jarre adorait les Etats-Unis où il s'installa dans les années 60 pour ensuite habiter la Suisse et revenir enfin à Los Angeles couler paisiblement ses derniers jours. Il laisse derrière lui un palmarès éloquent : 3 Oscars, 4 Golden Globe, 5 Nominations aux Oscars et 7 Nominations aux Golden Globe ainsi que de multiples autres récompenses : un 7 d'Or en 1985 pour « Au Nom de Tous les Miens » de Robert Enrico, un César d'Honneur en 1986, le British Academy Award en 1989 pour « Le Cercle des Poètes Disparus », l'American Society of Composers, Authors and Publishers pour « Ghost » en 1991, le Prix SACD en 1997, l'Hommage du Festival du Cinéma Américain de Deauville en 1999 et, enfin, l'Ours d'Or à Berlin pour sa carrière exceptionnelle, un mois avant de tirer sa révérence...


À écouter, cette double compilation reprenant les plus célèbres musiques de films composées par Maurice Jarre

et ce  DVD « Maurice Jarre : A Tribute To David Lean » paru en février 2006 où vous pourrez le voir, en 1992, en concert à Barbican Centre à Londres, diriger le Royal Philarmonic Orchestra sur les musiques pour lesquelles il a été récompensé de 3 Oscars.

   

"Lawrence d'Arabie"

 

"Docteur Jivago"

 

"La Route Des Indes"

 

"Le Cercle des Poètes Disparus"

 

"Ghost"
Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : Musiques
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 22:07

Prêts pour un nouveau voyage à travers les époques de la Chanson depuis 1930 ? Alors, embarquez avec moi à bord de la navette 

C'est parti, accrochez-vous bien !


Gaston Ouvrard : « Je n'suis pas bien portant » (1934)

Le remède à tous les maux s'appelle Gaston Ouvrard ! Profession ? Comique troupier ! Né à Bergerac en 1890, son père amusait déjà la galerie, comme on dit... Infecté par le même virus, Gaston veut en faire son métier. C'est en 1909 qu'il effectue donc ses premiers enregistrements chez Odéon et « C'est mon frère » est sa première chanson qui retient l'attention... Son succès est tel que le style « comique troupier » renaît de ses cendres. En effet, alors que son père l'avait institué à partir de 1877 avec la chanson « L'invalide à la tête de bois », ce style avait quelque peu disparu du paysage humoristique de la Chanson Française. Gaston connaît le succès surtout entre 1925 et 1935 avec les titres « Elle met des chaussinettes » (1925), « Les femmes au régiment » (1932) et, bien sûr, celui qui fait l'objet du présent article pour lequel nous retrouvons, à l'écriture, Géo Kojer pour les paroles, Ouvrard et l'inévitable Vincent Scotto (qui avait composé un bon nombre de succès pour Tino Rossi, j'y reviendrai dans un prochain article). Après la guerre, il est un peu plus discret et il réapparaît au cinéma dans « Le Tracassin » en 1962. Après l'enregistrement d'un dernier disque en 1966, il est l'un des invités de « Studio 102 » le 3 décembre 1968, une émission présentée par Claude François et Roger Whittaker, et ne manque pas d'interpréter sa chanson favorite. Il fait sa dernière prestation scénique à Bobino en 1971. Il tire sa révérence à Caussade dans le Tarn-et-Garonne à l'âge de 91 ans...

 


André Claveau : « J'ai pleuré sur tes pas » (1943)

André Claveau ne s'est pas imposé tout de suite dans le monde de la Chanson : il décroche le premier prix à un concours d'amateurs en 1936 alors qu'il s'était déjà essayé, avec talent, aux métiers de graphiste et dessinateur. Et ce n'est que six ans plus tard qu'il est remarqué par le manager d'artistes Marc Duthyl. Sa voix de « crooner » (et de « baryton », car il interprétera même des airs d'opéras !) l'aide à acquérir un statut de « chanteur de charme » qu'il tiendra jusqu'à la fin des années 60 avant la déferlante des « Yé Yé ». Parmi ses titres les plus célèbres, citons « Venez donc chez moi » (1939), initialement chanté par Jean Sablon en 1935, « Seul ce soir » (1942), « Marjolaine » (1943), « Une nuit mon amour » (1949), « Domino » et « Cerisier rose et pommier blanc » (1950), le traditionnel et éternel « Bon anniversaire (nos vœux les plus sincères...) » (1951), l'inaltérable « Mon cœur est un violon », « Tango des jours heureux » (1955), « Les yeux d'Elsa » (1956) , « Buesnas noches mi amor » et « Histoire d'un amour » (1957), « Dors mon amour » (1958) avec lequel il remporte, pour la France, le Grand Concours Eurovision de la Chanson, la reprise de « La valse à mille temps » de Jacques Brel (1959) et « Les amoureux de minuit » (1961). Assez curieusement, alors que sa popularité est toujours intacte, il met un terme à sa carrière en 1970 et se retire dans le Lot-et-Garonne. Jusqu'à la fin de ses jours, le 4 juillet 2003 où il s'éteint à l'âge de 91 ans, il continuera à recevoir des centaines de lettres de ses nombreux admirateurs pour qui il restera, à jamais, le « Prince de la Chanson de Charme » à la voix de velours...


Jacqueline François : « Tu n'peux pas t'figurer » (1950)

Voici le petit mais vibrant hommage de « LA MUSIQUE POUR TOUJOURS » à une grande chanteuse qui vient de nous quitter ce dernier 9 mars à l'âge de 87 ans. Connue aux quatre coins de la planète grâce à son immense succès « Mademoiselle de Paris » en 1948, Jacqueline François incarnera, pour beaucoup, « la chanteuse des amoureux ». C'est vrai que ceux-ci occuperont toujours une place privilégiée dans son répertoire comme le témoigne aussi cette excellente chanson de Paul Misraki. Elle reprendra aussi en français des standards de jazz tels que « Shiny Stockings » (Count Basie), « Lullaby Of Birdland » (de George Shearing, immortalisé par Ella Fitzgerald), « The Lady Is A Tramp » (Frank Sinatra),... C'est en 1945 que son destin se trace par une audition pour passer à la radio. Elle est remarquée par Louis Gasté, le futur époux de Line Renaud, et par l'intermédiaire de sa maison d'édition, il l'invite à enregistrer deux chansons : « Gentleman » et « Ça n'était pas original » qui, toutefois, ne défrayeront pas les chroniques musicales. C'est la rencontre avec Henri Decker (qui deviendra son mari et le père de son unique enfant, François) qui sera déterminante : par son entremise, elle fait la connaissance du compositeur Paul Durand (« Seule ce soir » pour Léo Marjane). Ce dernier la présente à Jacques Canetti, Directeur de Polydor et l'entrevue aboutit à un changement radical dans le style musical que Jacqueline se destinait à personnaliser. Elle abandonne le réalisme pour se cantonner dans un genre plus jazzy empreint de rythmes latins et de « bluettes » destinées à faire oublier les horreurs de la guerre. À partir de 1948, les « tubes » vont s'enchaîner avec la reprise de « C'est le printemps » (« It Might As Well Be Spring » de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein, créé en français par Jean Sablon) qui lui vaut un Grand Prix du Disque, « Mademoiselle de Paris » (de Paul Durand et Henri Contet, l'un des auteurs phares d'Edith Piaf), « Trois fois merci » (1950, de Pierre Dorsey et Michel Elmer qui a également travaillé pour Piaf), « Les Lavandières du Portugal » (1955, de Roger Lucchesi et André Popp), titre pour lequel elle reçoit un second Grand Prix du Disque. Le début des années 50 est marqué par sa conquête des Etats-Unis où elle fera même de l'ombre à Edith Piaf ! Ses tenues impeccables, son look irréprochable et son phrasé parfait séduisent définitivement le public américain qui voit en elle l'alter ego masculin de Charles Aznavour. Durant les années 60, elle continue à enregistrer et reprend d'ailleurs « Les comédiens » de Charles Aznavour en 1962, elle sort aussi « C'est bon quand on s'aime » (1963, de Jean Renard et Pierre Delanoë), « Bluesette » (« Les mots que j'entends », 1964, sur la célèbre mélodie de Toots Thielemans) mais se fera plus discrète jusqu'à l'aube des années 70 où elle ne sortira plus que quatre 45 tours dont une réédition de « Mademoiselle de Paris ». Elle fera un bref retour en 1984 avec « Central Park », un dernier 45 tours avec le concours de Francis Lai. Seul Pascal Sevran réussira à la faire ressurgir de l'oubli dans lequel elle s'était volontairement réfugiée, au risque « d'aller trop loin »...


Jean-François Michael : « Adieu Jolie Candy » (1968)

Il commence à chanter sous son véritable nom, Yves Roze, et participe au « Jeu de la Chance » de l'émission « Télé dimanche » qu'il remporte pendant 4 semaines. En 1967, il s'affuble d'une autre identité : il sera désormais Jean-François Michael et rencontre Michel Berger qui, sous un pseudonyme, lui écrit « Adieu Jolie Candy » qui devient un succès international et se vend à plus de cinq millions d'exemplaires ! Il enregistre d'autres chansons jusqu'en 1975 mais elles n'auront pas le même retentissement. Il décide d'abandonner sa carrière de chanteur au profit de celle, brillante, de producteur  puisqu'il se chargera, entre autres, des albums « Rock'n'Dollars » de William Sheller (1975), « Laisse béton » de Renaud (1977), et « Ouragan » de Stéphanie (de Monaco) en 1986. Il produira le single « Comme au cinéma » (1985) et l'album « Mon Victor Hugo » (1988) pour Alain Delon. Ensuite, il s'exile pendant deux ans en U.R.S.S. et revient, accompagné de la chanteuse Cécilia pour s'installer à la Côte d'Azur et fonder une famille. Mais la chanson lui manque et en 2000, il crée un spectacle qui reprend les tubes de 1968 à 2000, il s'intéresse également au marché chinois et réalise un album pour la célèbre chorégraphe transsexuelle Jing Xing. En 2004, il fait son grand retour sur la scène de l'Olympia pour « La Rose d'Or » en référence au célèbre festival d'Antibes créé en 1962.  En avril 2006, il sort un DVD live de tous ses succès et intègre la troupe « Âge Tendre et Tête de Bois » en mars 2008. « Adieu Jolie Candy » est indémodable et fait encore danser les amants d'aujourd'hui...


Résonance : « OK Chicago » (1973)

Ce 45 tours me rappelle aussi d'excellents souvenirs. Déjà à cette époque (j'avais 11 ans), j'écoutais très souvent la radio : le matin à partir de 5 heures 55, pour l'émission « Musique au petit déjeuner » de Gérard Valet sur la première chaîne belge et le soir à 19 h pour le « Hit Parade » d'André Torrent sur RTL ! Dès la découverte de ce morceau, je me  précipitai chez mon disquaire pour me l'approprier et l'incorporer au juke box qui trônait dans le café de mes grands-parents où nous habitions. Je vous assure que les pièces ont défilé pour le faire jouer ! Ce condensé d'effets sonores divers (bruits de pas, claquements de portes de voitures, crissements de pneus, sirènes de police, mitraillettes, revolvers, talkie-walkie) sur fonds de musiques de séries inspirés des thèmes d' « Amicalement Vôtre » et des « Rues de San Francisco » est issu de l'imagination d'un mystérieux Bacson né de l'association de... Pierre Bachelet et Mat Camison ! On ne présente plus le célèbre interprète des « Corons »; Mat Camison, quant à lui, fit partie du groupe « The Peppers » qui sortit le fameux « Pepper Box » et s'occupa des arrangements de la période « Disco » de Sheila. Il fit quelques 45 tours dans les années 80 sous son propre nom mais ils passèrent plutôt inaperçus. Les deux compères collaborèrent ensemble sur deux autres singles qui n'eurent, cependant, pas le même succès que celui-ci : « Safari Love » (1974) que j'achetai également et « Boxing Joe » (1976) dont j'ai découvert l'existence en me documentant pour l'écriture de cet article ! Un double LP intitulé « Time Machine » fut édité en 1976 et reprit ces trois morceaux avec d'autres réalisations dont la face B d' « OK Chicago » : « Yellow Train », marinade de percussions avec le bruit d'un train lancé à toute vitesse et qui finalement entre en gare... Je me servais de ce générique chaque quart d'heure pour lire mes « petites nouvelles » dans mon émission de radio fictive (voir l'article sur « Dan The Banjo Man » dans un autre « Comeback ») !


Guesch Patti : « Etienne » (1987)

Attention, chaud devant... Âmes prudes, s'abstenir ! Voici Guesch Patti et son sulfureux « Etienne ».  Excellente danseuse (elle a commencé à l'âge de 9 ans sous l'œil attentif de Roland Petit), Guesch a... aguiché le public avec cette chanson qui se classe numéro 1 dans 9 pays et dont le disque se vend à 1.500.000 exemplaires. D'emblée, en 1988, elle reçoit le prix de la « Révélation Féminine de l'Année » aux Victoires de la Musique et connaît un autre grand succès avec « Let Be Must The Queen ». Son premier album « Labyrinthe » est une réussite totale. Il n'est jamais donc trop tard pour réussir dans la chanson ! Guesch a déjà près de 44 ans lorsqu'elle sort son second album « Nomades ». Ce dernier est cependant moins bien accueilli que le précédent tout comme celui qui suit, « Gobe » en 1992. Elle change radicalement de cap en 1995 avec « Blonde » qui obtient le concours de Mathieu Chedid, Etienne Daho (sur « Blonde ») et Françoise Hardy (sur « Un peu... beaucoup »). Malgré ces nouveaux choix musicaux, elle ne rééditera pas le succès d' « Etienne ». En 2000 paraît son 5ème album « Dernières Nouvelles » avec des textes traitant, pour la plupart, de la solitude. Mais, à nouveau, le public se montrera peu réceptif, c'est un échec qui l'écartera du monde de la musique et l'incitera à diversifier ses projets artistiques. C'est ainsi qu'elle revient à la danse avec le spectacle « Elle sourit aux larmes » au Théâtre des Abbesses en 2001. Elle fait quelques incursions dans le cinéma et notamment dans le film « Une pour toutes » de Claude Lelouch en 1999 avec, dans les rôles principaux, Jean-Pierre Marielle et Anne Parillaud. Elle se tournera aussi vers le théâtre puisqu'elle jouera aux côtés de Caroline Loeb et d'Alexandra Kazan dans « Les Monologues du Vagin » au Petit Théâtre de Paris en 2004. En 2008, on pouvait la retrouver dans une pièce de Michel Vinaver « Par-dessus bord » (un spectacle d'une durée de six heures !) au Théâtre de la Colline (Paris 20ème). Dotée d'une forte mais attachante personnalité, Guesch Patti aura incontestablement marqué les années 80 presqu'uniquement par cette chanson provocante, certes, mais dont le clip témoigne de ses qualités chorégraphiques indéniables imprégnées d'une gestuelle gracieuse et travaillée.


Gala : « Freed From Desire » (1996)

Dès sa sortie, ce disque eut un succès foudroyant ! Jugez-en plutôt : numéro 1 en France, Belgique, Italie, Espagne, au Brésil, en Israël et au Danemark. En juillet 1997, la chanson parvient aux oreilles des anglais et se retrouve immédiatement catapultée à la deuxième place des Charts ! Elle restera dans le Top 10 pendant 8 semaines et se retrouvera encore dans le Top 100 après 14 semaines ! Identifiable par la répétition de la syllabe « na », ce titre a plu tout de suite aux amateurs de « Dance » et a été certifié Disque de Diamant en France pour plus d'un million d'exemplaires vendus ! Au Royaume-Uni, 400.000 copies du single se sont écoulées et ont permis à la chanteuse d'engranger un Disque d'Or. L'artiste italienne Gala est née à Milan le 6 septembre 1975. C'est une véritable « globe-trotter » : elle a voyagé beaucoup en Europe, de l'Espagne à l'Angleterre pour s'initier au flamenco et à la photographie avant d'émigrer aux Etats-Unis où elle a entrepris des études à la Tisch School of Arts de New-York. Remarquée par un DJ pour la particularité sonore de sa voix, Gala enregistre un premier album mais elle devra attendre le second, « Come Into My Life », pour connaître la célébrité. Et le chiffre 2 est certainement un signe du destin pour elle car... après le premier single « Everyone Has Inside » qui a été plutôt anecdotique, c'est le deuxième, « Freed From Desire » qui s'accapare les lauriers ! Mais il arrive quelquefois que la gloire ait des revers douloureux... C'est le cas de Gala qui a vécu une longue traversée désertique avant de revenir... après une pétition organisée sur le net ! En 2005, elle paraît un single « Faraway » mais il est loin de reproduire la plantureuse moisson qu'avait recueillie « Freed From Desire »... Gala aurait récemment travaillé sur la conception d'un tout nouvel album appelé « Tought Love » nanti de 13 chansons inédites... Mais on l'attend toujours alors qu'il était prévu pour ce mois d'avril...


James Blunt : « 1973 » (2007)

La vocation familiale tendait à ce que James devienne militaire de carrière... C'est durant son séjour au Kosovo qu'il compose « No Bravery », une chanson sur sa vision de la guerre. James a toujours voulu faire et vivre de la musique. En 2002, il prend la décision de quitter l'armée pour se consacrer entièrement à sa passion. Il commence donc à se produire dans des bars en Angleterre. L'année suivante, il part pour les Etats-Unis et rencontre Linda Perry de la formation « 4 Non Blondes » qui a notamment travaillé avec Pink et Christina Aguilera. Linda croit beaucoup au talent hors du commun de James et accepte de participer à la production de son premier album « Back To Bedlam » qui sort en 2004. C'est le carton plein et James séduit immédiatement le public de la couleur de ses mélodies, tendres et romantiques. Il a aussi la chance de posséder une voix sublime. Le single « You're Beautiful » devient numéro 1 dans de nombreux pays et son avenir s'annonce sous les meilleurs auspices. Début 2006, il reçoit le « NRJ Music Award » de la révélation internationale de l'année et entreprend une longue tournée mondiale. Il devient également, après Elton John, le second chanteur britannique à avoir vendu le plus de disques aux Etats-Unis. Son second album « All The Lost Souls » paraît en septembre 2007 emmené par le single « 1973 » sorti quelques jours auparavant et qui, d'emblée, décroche la première place aux hits parades allemand et anglais. Mais l'album est aussi composé de très bonnes chansons comme « Give Me Some Love », « I Really Want You » et « Annie » pour lesquelles, personnellement, je marque une petite préférence par rapport aux autres. Pour James, la vie s'est transformée en un véritable conte de fées. Depuis sa naissance (en 1974 ou 1977, on ne sait pas trop mais des références lui attribuent toutefois la date du 22 février 1974) dans un hôpital militaire à Tidworth, dans le Wiltshire (sud-ouest de l'Angleterre) jusqu'au studio d'enregistrement de Los Angeles après avoir transité par l'académie militaire de Sandhurst et les épreuves de son séjour au Kosovo, James Blunt a déjà beaucoup « bourlingué » alors qu'il vient seulement de franchir la trentaine... Et je suis sûr que ce chanteur très charismatique et éminemment sympathique n'a pas fini de faire parler de lui.

Par BERNIE - Publié dans : COMEBACK ! - Communauté : Parlons Zic !
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