Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /2008 17:58
*                 Pas mal, sans plus
**               Pas mal du tout
***             Bon
****           Vachement bon
*****         Super
******       Indispensable, à se rouler par terre….
 
SHELLER EN SOLITAIRE (1991) *****
 
SYMPHOMAN/MAMAN EST FOLLE/BASKET-BALL/GENÈVE/
LES MOTS QUI VIENNENT TOUT BAS/
LES MIROIRS DANS LA BOUE/
UN ENDROIT POUR VIVRE/FIER ET FOU DE VOUS/NICOLAS/
OH ! J’COURS TOUT SEUL/CHANSON LENTE/
UNE CHANSON QUI TE RESSEMBLERAIT/
LES FILLES DE L’AURORE/PETIT COMME UN CAILLOU/
UN HOMME HEUREUX
 
Commentaires : cet album a été enregistré le 19 mars 1991 non pas dans une salle de spectacle mais bien à Paris au Studio Davout devant un parterre de 200 personnes. Cette formule de piano seul est née de problèmes rencontrés à la douane belge lorsque William est venu en Belgique en 1982. En effet, c’est une malheureuse et bête contrainte administrative qui a empêché les musiciens de suivre William… D’abord furieux de devoir se produire dans de telles conditions, William fut séduit par cette proximité avec son public, atténuant ainsi sa colère, et retira d’énormes satisfactions de cette expérience qu’il décida de renouveler avec le succès que l’on sait. A l’écoute de ce disque, on est également sous le charme de cette intimité et on s’intègre avec beaucoup de plaisir parmi ce cercle restreint. C’est une grande chanson de 1977, « Symphoman », un titre qui veut tout dire, qui ouvre le spectacle. Magnifique morceau nanti d’une gigantesque introduction, il donne le ton au spectacle qui est d’une haute qualité musicale. « Maman est folle » (1983) est court mais c’est une pépite, le texte est génial et d’une grande sensibilité. « Basket-ball » (tiré de l’album « Univers » de 1987) est également, comme « Symphoman », très riche sur le plan musical, très intense; c’est une composition qui relève du pur classique, très difficile à chanter, la barre est placée haute ! Et elle reste au même niveau avec « Genève » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976) : William nous fait voyager dans son « univers » et on se sent merveilleusement bien avec lui… L’introduction de la chanson suivante nous rappelle une grande frayeur, on croit entendre la fameuse musique du générique du film « JAWS » de John Williams et sentir le gros nez du méchant requin nous frôler; mais non, c’est « Les mots qui viennent tout bas » (de l’album « J’suis pas bien » de 1981). Le refrain, totalement décalé par rapport au couplet, nous raconte une relation amoureuse tumultueuse… Le calme et la sérénité reviennent avec « Les miroirs dans la boue » (une autre chanson de 1987 extraite d’ « Univers »), fabuleuse ode à la quête d’un amour. La douceur est toujours de mise avec « Un endroit pour vivre » (de « J’suis pas bien » de 1991) qui définit un petit coin tranquille « made in Sheller » à l’abri des soucis de ce monde. « Fier et fou de vous » (de l’album « Nicolas » de 1980) est une immense et « forte » chanson, l’une de ses meilleures, rythmiquement. La mélodie est parfaite, d’un bout à l’autre avec un texte qui ne l’est pas moins. « Nicolas » nous donne le frisson et nous émeut : c’est une chanson triste et elle nous prend à la gorge. Mais c’est quand même un peu plus de trois minutes de pur bonheur. J’ai toujours adoré « Oh ! J’cours tout seul » (encore tiré de « Nicolas »). Je me rappelle encore du 45 tours avec cette pochette originale de William, moustachu, avec les jambes bizarrement proches du reste du corps !
« Chanson lente » (présente dans l’album de 1984, « William Sheller et le Quatuor Halvenalf ») est très mélancolique, c’est presqu’une berceuse et « Une chanson qui te ressemblerait » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976) en constitue une suite judicieuse, logique et inévitable, tellement les deux chansons se… ressemblent ! On n’aurait pas imaginé le spectacle sans « Les filles de l’aurore » (du « mini album » « Simplement » de 1983 qui ne contient que 6 titres), fabuleuse et extraordinaire chanson qui précède « Petit comme un caillou » (face B du 45 tours « Oh ! J’cours tout seul » et inclus dans l’album « Nicolas » de 1980) au texte si délicat et à la mélodie si fragile… Le récital se termine par un monument : « Un homme heureux » est LA chanson, comme on n’en fait plus, comme on en ferait qu’une fois seulement dans sa vie… Mais William est l’exception qui infirme la règle, c’est un « extra-terrestre », lui, car il en a fait plusieurs…

Symphoman

 
LIVE AU THÉÂTRE DES CHAMPS ÉLYSÉES (2001) ******

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CD 1 :
 
SYMPHOMAN/MOONDOWN/INDIES (LES MILLIONS DE SINGES)/
LES ORGUEILLEUSES/TO YOU/CENTRE-VILLE/
UN ENDROIT POUR VIVRE/
LES ENFANTS SAUVAGES/
C’EST L’HIVER DEMAIN/RELÂCHE
 
CD 2 :

LE TÉMOIN MAGNIFIQUE/GENÈVE/UN ARCHET SUR MES VEINES/
PARADE (LE BEL ADIEU)/LA MAISON DE MARA/
UNE CHANSON QUI TE RESSEMBLERAIT/
CHAMBERWOOD (LA VILAINE MAISON)/
LE CAPITAINE/EXCALIBUR/ROCK’N’DOLLARS/CHANSON LENTE

Commentaires : William Sheller ne change pas de chanson d’ouverture… Pour lui, il est tout à fait indiqué de débuter par cette fabuleuse « mini symphonie » qu’est « Symphoman », beaucoup plus enveloppé musicalement par l’ajout de plusieurs instruments à cordes… C’est chaud, convivial et comme il le signale, il nous emmène voyager à travers son « nouveau monde ».

Excalibur

Durant ce récital, il fait la part belle à son plus récent et excellent album « Les machines absurdes » dont il extrait pas moins de cinq chansons : « Moondown » commence à nouveau par une belle section de cordes enrobée de percussions altruistes et d’une basse électrique presqu’inconvenante mais savamment dosées afin de ne pas troubler l’ambiance « classique » qui se dégage indéniablement de ce morceau; « Indies (Les millions de singes) » est incontestablement l’une des meilleures créations de William, au tempo résolument plus rock avec des connotations orientales… Fabuleux, dantesque ! « To You » est, par contre, plus dépouillé, plus intimiste et William dédicace cette mélodie à sa promise, une mélodie qui est venue comme ça, sortie tout droit de son fidèle piano… Il ne se l’explique pas et on est séduit par cette étrange étourderie… « Parade (Le bel adieu) » nous conforte dans le classicisme et William nous sert cette belle chanson avec des cordes et… une trompette habile qui virevolte entre les notes comme si elle était nantie d’ailes… Belle et savoureuse combinaison de sonorités ! « Chamberwood (La vilaine maison) » est burlesque, au rythme plus enjoué, clownesque ! On imaginerait bien William en arlequin… Mais l’imprégnation classique est tellement perceptible qu’elle force le respect… Chapeau, William ! « Chanson lente » est tendre, émouvant… et drôle car William se plante merveilleusement à deux reprises et en grand professionnel, l’enregistrement n’a pas été « falsifié ». C’est vrai que, succédant à l’endiablé « Rock’n’dollars », il est très malaisé de redescendre vertigineusement dans le tempo. Ce qui justifie ce délicieux dérapage pour lequel William s’excuse en évoquant Edith Piaf qui avait connu la même mésaventure avant lui, s’y reprenant… onze fois ! Les autres chansons qui s’intercalent méritent que l’on s’y attarde : « Les orgeuilleuses » (de l’album « J’suis pas bien » de 1981) est moins connue mais pas du tout dénuée de qualités et de richesses musicales. Une adroite clarinette nous entraîne sur une mer de cordes tranquille, c’est joliment joué, c’est gentil… comme l’est tout simplement William ! « Centre ville » est très mélodieuse (un inédit qui figure sur la double compilation « Tu devrais chanter » de 1998), mélancolique à souhait et inexorablement, on se sent doucement porté par la délicatesse dont William fait preuve pour interpréter ce bien beau morceau au piano… C’est aussi trop court, on aurait aimé que la chanson dure une minute de plus… « Un endroit pour vivre » (qui est certainement l’une de ses chansons préférées) vient à la suite et assure en tout cas une parfaite continuité dans la ligne mélodique…  « Les enfants sauvages » (de l’album « Albion » de 1994 tant décrié de par son changement de style résolument porté sur le hard rock) nous confirme que, décidément, William Sheller est un formidable musicien, capable de passer d’un genre musical à un autre avec le même brio ! L’agressivité des guitares électriques et des cordes, la pertinence des percussions et les prouesses vocales de William se marient harmonieusement et nous offrent un cocktail sonore détonant ! Et nous ne sommes pas encore remis de nos émotions que le froid nous transperce avec « C’est l’hiver demain » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976). Pendant la chanson, on croirait vraiment entendre trembler les instruments ! Et c’est à nouveau très réussi… « Relâche » (de l’album « Albion » de 1994) nous déconcerte par son tourbillon musical : ça commence par une parade de cirque, ça vire au « populaire », une guitare électrique flirte avec une trompette classique et tout ça finit dans une étrange mais élégante cacophonie ! « Le témoin magnifique » et « Un archet sur mes veines » (tirés de l’excellent album « Ailleurs » de 1989) sont deux très grands moments de ce concert : en un peu plus de 12 minutes, William marie le classique à la pop dans le premier, mélange le blues toujours au classique dans le deuxième ! Incroyable, il n’y a que William Sheller pour oser ces étonnants alliages… « La maison de Mara » (de son premier album à succès « Rock’n’dollars » de 1975) est un choix agréable dans ce récital où on se plaît à redécouvrir cette courte mais ô combien jolie mélodie. William enchaîne, seul au piano, avec « Une chanson qui te ressemblerait » (extrait de « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976), il exprime ses regrets et ses frustrations à travers un texte qui nous décrit une douleur intérieure profonde… "Excalibur" (de l'album "Albion" de 1994) est une véritable fresque musicale, une immense chanson à grand spectacle, tragique avec une floraison de sons fantastiques... Enfin, « Le capitaine » (de « Simplement » en 1983) est une complète déraison, un moment de folie avec des clarinettes qui imitent le cri des mouettes, le bateau tangue avec, à son bord, des marins inquiets de la raison de leur capitaine… Mais le public, lui, arrive à bon port et traduit généreusement sa satisfaction… et c’est bien là le principal. Six étoiles, le maximum pour ce double compact en public avec, je le répète, une mention spéciale pour le tendre plantage sur « Chanson lente »…  
POUR LES INCONDITIONNELS… ET LES CURIEUX EN PROIE À DE FASCINANTES DÉCOUVERTES SUR L’UNIVERS MUSICAL DE WILLIAM SHELLER :
L’INTÉGRALE DES ENREGISTREMENTS DE 1968 À 2004 :
« CHEMIN DE TRAVERSE » (PARUE LE 31 OCTOBRE 2005) ***
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Fier et fou de vous

16 CD
avec des bonus issus de divers 45 tours
9 CD de chansons en studio et 7 CD « live »
1 CD instrumental : « Les Quatuors William Sheller »
2 CD de musiques de films 
(« Erotissimo », « L’écrivain public » et « Arlette »)
1 DVD avec 7 clips vidéo et un entretien d’une heure avec Patrice Gaulupeau
1 brochure biographique de 42 pages avec commentaires sur sa discographie, l’index des titres de l’intégrale et le détail des photos figurant sur le poster
1 poster de collection comprenant 122 photos ou documents sur la carrière de William Sheller
 
Commentaires : seulement 3 étoiles pour cette intégrale qui, en fait, n’en est pas une puisqu’il manque 6 chansons (dont l’enregistrement studio de « Fier et fou de vous » qui est l’une de ses plus célèbres chansons. Inexplicable et impensable !), plusieurs instrumentaux et la bande originale du film « Retour en force »… C’est regrettable. Pourquoi cette ignorance ou cette négligence ?
 
DVD « WILLIAM SHELLER – PARADE AU CIRQUE ROYAL » ****
Enregistré en public à Bruxelles le 14 mars 2005
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30 CHANSONS :
SYMPHOMAN/BASKET BALL/LE NOUVEAU MONDE/NICOLAS/
MAMAN EST FOLLE/LA TÊTE BRÛLÉE/PHOTOS SOUVENIRS/
LE CARNET À SPIRALE/LES MIROIRS DANS LA BOUE/
C’EST L’HIVER DEMAIN/LE CAPITAINE/RELÂCHE/DARJEELING/
MON HÔTEL/TOUTES LES CHOSES QU’ON LUI DONNE/
FIER ET FOU DE VOUS/CHAMBERWOOD/TO YOU/
LES MACHINES ABSURDES/J’EN AVAIS ENVIE AUSSI/
LES PETITES FILLES MODÈLES/OH ! J’COURS TOUT SEUL/
UN HOMME HEUREUX/LES FILLES DE L’AURORE/
INDIES (LES MILLIONS DE SINGES)/EXCALIBUR/LOULOU/ ROCK’N’DOLLARS/QUAND J’ÉTAIS À VOS GENOUX/
DANS UN VIEUX ROCK’N’ROLL
 
MUSICIENS :
 
William SHELLER (Piano)
 
Nicolas STEVENS (Violon – chef d’orchestre)/Laurence RONVEAUX (Violon)
Valérie BRUSSELLE (Violon)/Yan BERCU (Violon)
Eric GERSTMANS (Alto)/Marc PIJPOPS (Alto)
Christelle HEINEN (Violoncelle)/Jean-François ASSY (Violoncelle)
André KLENES (Contrebasse)/Pierre BERNARD (Flûte)
Gilles DEMAZIÈRES (Basson)/Geoffrey GUÉRIN (Cor)
Michel PARÉ (Trompette)/Rhonny VENTAT (Saxophone)
Grégory DEMAILLY (Clarinette)/Alain LÉONARD (Basse)
Giovanni RIZZUTO (Guitare)/Yves BAIBAY (Batterie)
 
BONUS :
 
Les coulisses du concert
En Aparté
Entretiens de William Sheller avec Patrice Gaulupeau
 
Commentaires : 2 heures 33 de pur bonheur pendant lesquelles William Sheller revisite sa carrière en 30 chansons … Quoi de plus normal pour célébrer le 30ème anniversaire de l’année de son premier grand succès ? 18 excellents musiciens l’accompagnent sur scène et se partagent les instruments classiques et contemporains : c’est un ravissement pour les oreilles ! De plus, William prend son temps et prend beaucoup de plaisir à raconter une petite anecdote pour amener chaque chanson. C’est parfois très loquace mais tendre, drôle et émouvant à la fois.
Que dire du choix des titres ? Pour la plupart, il est amplement justifié vu les nombreux tubes qui ont jalonné un parcours exemplaire, presque sans aucun temps mort… Trois lacunes, pourtant, sont à relever et elles sont de taille : l’artiste a fait l’impasse sur « J’me gênerais pas pour dire que j’t’aime encore » (1978), « Une chanson noble et sentimentale » (1981) et « Mon Dieu que j’l’aime » (1983) qui sont de formidables chansons et furent des succès chacune à leur époque. Au décompte final, le résultat est un peu moins bon qu’on l’aurait espéré. Donc, devant cet état de fait, je n’attribuerai que quatre étoiles à ce DVD. Toutefois, on ne fera pas la fine bouche devant ce concert de grande qualité brillamment filmé par Pascal Duchêne qui s’y prend de très belle manière pour nous faire une petite place parmi les spectateurs… En ce qui concerne les bonus, une pâle mention pour les coulisses du concert beaucoup trop brefs (9 minutes); par contre, l’entretien « en aparté » nous fait découvrir, sans surprise, un être attachant qui raconte sa vie de musicien avec énormément de passion, de sensibilité. A suivre aussi avec attention : une véritable leçon d’écriture musicale par ordinateur ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez en savoir plus sur William Sheller… si je n’ai pas été assez précis !
Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /2008 11:58

undefined William Sheller est un artiste extrêmement doué, l’un des meilleurs de sa génération, certainement l’un des plus complets. Dès 1975, il a aligné une kyrielle de chansons que dès qu’on les entend, on se surprend à les fredonner : « Rock’n’dollars », « Dans un vieux rock’n’roll », « Le carnet à spirales », « Oh ! J’cours tout seul », « Les filles de l’aurore », « Maman est folle »… On pourrait en citer d’autres, un peu moins connues mais toutes aussi belles. J’ai vraiment une très grande admiration pour ce chanteur, pour son sens de la mélodie, la qualité de ses textes mais également pour son formidable talent de musicien. Je me permettrai de lui consacrer 2 articles successifs : le premier sera autobiographique et le deuxième survolera quelques albums indispensables ainsi que son passage chez nous en février et mars 2005. J’aurai le plaisir de vous commenter son superbe spectacle au Cirque Royal de Bruxelles où il fêtait ses 30 ans de carrière. J’eus le privilège d’aller le voir au mois de février au Palais des Beaux-arts de Charleroi où il donna un concert inoubliable. A cette occasion, il reçut un accueil chaleureux et une « standing ovation » méritée ! Mais comme je vous le disais ci-avant, laissez-moi vous le présenter…
undefined Le vrai nom de William Sheller est William Hand et il est né à Paris, dans le 17ème arrondissement, le 9 juillet 1946.  Il est issu d’un couple franco-américain : son père Jack est un soldat américain qui tombe sous le charme de la France... et d'une certaine Paulette Desboeuf dont il fait la connaissance au terme du deuxième conflit mondial. A 3 ans, William et ses parents émigrent aux Etats-Unis et s’installent à Cleveland, dans l’Ohio. Très jeune, le petit William est traumatisé par le jazz, il en sera même dégoûté, ses parents l’obligeant à les accompagner pour entendre des amis, grands musiciens, en jouer. Les sermons qu’il subit avant chaque représentation ne le quitteront plus à tel point qu’il éprouvera toujours par la suite une rancune vis-à-vis de ce style de musique. En 1953, William revient définitivement en France. Ses grands-parents affineront sa culture : sa grand-mère, ouvreuse au Théâtre des Champs-Elysées et son grand-père, chef décorateur à l’Opéra Garnier, l’emmènent assister à de nombreux spectacles. Il découvre la grande musique, le ballet et l’opéra. A l’âge de 11 ans, il décide d’apprendre assidûment le piano. Mais il est déjà un peu tard pour qu’il devienne un véritable pianiste. Il s’oriente alors vers la composition et c’est Yves Margat, ancien élève de Gabriel Fauré, qui le forme à cet apprentissage. Il lui enseigne également la philosophie, la littérature mais aussi le latin qu’il considère comme primordial pour la composition (d’où le titre de son premier album, « Lux Aeterna », est peut-être originaire…). Le destin de William est désormais tout tracé : il abandonne le milieu scolaire au profit de l’enseignement musical. Yves Margat s’attache d’abord à lui inculquer les rudiments de l’écriture et de l’harmonie. Ils se voient à raison de trois fois par semaine, chaque séance durant deux heures. William part même avec lui en vacances afin de ne pas trop espacer les cours ! A 16 ans, il délaisse définitivement l’école pour apprendre encore plus intensément la musique. Alors que l’amour pour la musique classique semble bien ancré en lui, la découverte des Beatles vient tout bouleverser ! Son piano étant en réparation, William décide d’aller s’entraîner chez une copine qui lui fait entendre le célèbre groupe et d’autres disques de rock. A son retour, il est complètement subjugué par cette musique et veut absolument changer de trajectoire au grand désespoir de son professeur ! Celui-ci ne pourra plus rien pour lui, William partant à l’aventure, en 1966, avec un groupe de rock niçois appelé « Worst » (Les pires !). En 1968, il rencontre un autre groupe « Les Irrésistibles » et leur donne une chanson « My Year Is A Day » qui sera un succès. 
undefined C’est au cours de cette même année qu’il enregistre son premier 45 tours sous le nom de William Sheller (subtil équilibre en Schiller et Shelley) : « Couleurs » et « Les Quatre Saisons » sur des paroles de Gérard Manset (« Il voyage en solitaire »). 
undefined En 1970, il offre une messe à un couple d’amis, ce sera son premier album « Lux Aeterna » qu’il réalise grâce à ses cachets reçus de « My Year Is A Day ». Malheureusement, ce premier essai ne sera pas un coup de maître : seulement 2000 exemplaires trouveront acquéreurs… 
Cependant, une grande dame de la Chanson Française est séduite par cet album : c’est Barbara qui lui propose de s’installer carrément chez elle afin de réaliser les arrangements de son 33 tours « La Louve ». C’est elle aussi qui le convainc à continuer à chanter (il avait songé à abandonner l’interprétation après son échec commercial de son premier album). 
Du coup, toujours sous la bienveillante assistance de la Dame en noir, il enregistre « Rock’n’dollars » accompagné par les musiciens du groupe rock « Alice ». 
undefined C’est le déclic, le voilà propulsé aux premières places du hit parade, malgré le texte moqueur décriant ce système de classement, et invité sur les plateaux des différentes émissions de variétés de l’époque, de Danièle Gilbert à Guy Lux en passant par Maritie et Gilbert Carpentier  Fort de ce raz-de-marée, il enchaîne avec l’enregistrement de 2 autres albums : « Dans un vieux rock’n’roll » en 1976 et « Symphoman » en 1977.
La même année, il crée un concerto pour violon « Le Violon aire Français » pour sa grande amie Catherine Lara. Désormais, il fait partie, avec Francis Cabrel, Michel Jonasz, Laurent Voulzy et Alain Souchon, de la nouvelle génération de la Chanson Française. Il renvoie l’ascenseur à Barbara en écrivant pour elle et d’autres artistes font appel à ses talents de compositeur : Dalida, Nicoletta, Philippe Chatel et… Joe Dassin pour lequel il crée « Le Lord Anglais ». Pourtant, en 1979, il entreprend de « souffler » quelque peu en s’expatriant aux Etats-Unis, le temps de concocter un nouvel opus : « Nicolas ». 
Il signe son grand retour un an plus tard en effectuant sa première grande tournée en province. Il fait une incursion dans le cinéma en composant la musique du film de Jean-Marie Poiré : « Retour en Force ». Le 20 octobre 1980, il retrouve Catherine Lara pour célébrer le 20ème anniversaire d’Amnesty International. 1981 est riche en événements : TF1 le contacte pour un nouveau générique du 20 heures, il enregistre un nouveau disque « J’suis pas bien » et foule, pour la toute première fois, les planches d’une scène parisienne : Bobino avant de s’attaquer à l’Olympia un an plus tard, du 27 avril au 2 mai.  C’est l’occasion pour lui de sortir son premier « Live ». En 1984, la Belgique l’attire et il doit se produire seul au piano à Bruxelles suite à un problème de douane ! Il fait la connaissance du Quatuor à cordes « Halvenalf » et entreprend avec eux une série de concerts en Belgique et en France, notamment pour un nouvel Olympia. A nouveau, il sort un second « Live » intitulé tout naturellement « Olympia 84 ».  En 1987, c’est « Univers » qui voit le jour avec un étrange cocktail de musique savante et de chanson populaire. Le public est envoûté, la critique l’encense et il est gratifié d’un Disque d’Or. Il renouvelle l’expérience deux ans plus tard avec « Ailleurs » en mélangeant de la musique symphonique avec une pièce issue de la musique impériale japonaise ! Du 2 au 6 mai 1989, il se produit au Palais des Congrès de Paris, avec, pour la toute première fois, son fils Siegfried, guitariste, dans un « Concerto pour Violoncelle et orchestre » accompagné de 70 musiciens sous la direction de Louis Langrée (photo ci-dessous), et, le 3 décembre, il fait un tabac à l’Olympia en créant sa plus belle chanson : « Un homme heureux » pour laquelle il reçoit l’Oscar de la Chanson Française.
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Le monde du spectacle le sollicite de tous les côtés et il est chargé de la mise en scène de la comédie musicale « Quasimodo » avec Nicoletta en hommage à Victor Hugo (un prélude à la future « Notre-Dame de Paris » !). Un nouveau Disque d’Or lui est attribué pour « Sheller en solitaire » en 1991, un album piano-voix qui fait gentiment la nique à la musique électronique à la mode cette année-là. En 1992, il truste les récompenses aux « Victoires de la Musique » en remportant les trophées pour la Meilleure Chanson de l’Année (« Un homme heureux ») et le Meilleur Album de l’Année (« Sheller en solitaire »). Il se produit en 1993 avec l’Orchestre National de Lille et la même année, la vente de son album « Sheller en solitaire » atteint les 500.000 exemplaires ! Il joue également à la Salle Pleyel un « Concerto pour Trompette » avec le soliste Thierry Caens (photo ci-dessous) et le prestigieux Orchestre des Concerts Lamoureux.
undefined Enfin, un très beau coffret en 3 CD paraît : « Carnet de notes » avec des enregistrements studio et en public. 1994 est l’année du changement avec la sortie d’ « Albion », un album résolument « hard-rock » peaufiné en Angleterre dans lequel on retrouve une version complètement remaniée d’ « Excalibur ». S’ensuit une nouvelle tournée en France qui ne le verra pas promouvoir les titres de son récent album (à part « La Navale ») mais aboutira à la parution d’un nouveau disque « Live » (« Olympiades 95 ») avec, toutefois, un inédit « Une dépression d’hiver » composé durant les sessions de l’album « Albion ». En 1997, il écrit une nouvelle musique pour le film « Arlette » de Claude Zidi. Une nouvelle compilation « Tu devrais chanter » (un petit clin d’œil au coup de pouce de Barbara) et un nouveau spectacle à la Salle Pleyel comblent l’absence d’un nouvel album en 1998. Les fans de William doivent attendre le 18 janvier 2000 pour découvrir son nouveau CD « Les Machines Absurdes » où il utilise des procédés électroniques complétés par de vraies cordes sur des textes surréalistes. Le 11 novembre 2000 restera à jamais gravé dans la mémoire de William Sheller : il est entouré de son père Jack et de son fils Siegfried pour un concert de 4 heures (!) au Théâtre des Champs-Elysées.  En avril 2003, il retourne à la musique classique et écrit un ensemble de pièces pour le Quatuor à cordes Parisii (photo ci-dessous).

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Jean-Philippe MARTIGNONI, violoncelle
Arnaud VALLIN, premier violon
Dominique LOBET, alto
Jean-Michel BERRETTE, second violon

En juin 2004, c’est le Festival de Musique Classique de Sully-sur-Loire qui lui demande de composer une symphonie : elle sera interprétée par l’Orchestre Ostinato sous la baguette de Jean-Luc Tingaud.
Au cours de la même année, l’artiste renoue le piano-voix en enregistrant chez lui « Epures », un album intimiste composé de mélodies très dépouillées. Au début de l’année 2005, il entreprend de fêter ses 30 ans de carrière avec une tournée qu’il commence en Belgique, à Charleroi, Liège et Bruxelles. C’est dans la capitale belge, au Cirque Royal qu’est filmé son concert qui fera l’objet de son tout premier DVD « Live » (« Parade au Cirque Royal »). En décembre 2005, il repart pour une deuxième tournée en compagnie du Quatuor Stevens et mettra à profit cette collaboration par la sortie d’un nouvel album en public le 1er octobre 2007 qui comprend l’enregistrement de chansons issues de deux concerts donnés à Lannion.
Voilà donc le brillant parcours de cet auteur-compositeur de génie qui n’a pas fini de nous étonner et de nous ravir !

Le lien avec Claude François !

williamsheller2.jpg Lors de l’émission « Musique and Music » de Jacques Martin du 3 juillet 1977, sur Antenne 2, pour laquelle il est l’invité vedette, Claude François présente William Sheller qui interprète « Symphoman ». Cloclo ne manque pas de vanter les talents de William en qui il reconnaît un auteur-compositeur et un musicien hors pair. La rencontre est certes brève mais la poignée de mains est franche et sincère entre les deux artistes. Claude François sait apprécier la nouvelle et jeune génération montante de la Chanson Française et c’est tout à son honneur. C’est également une réflexion intelligente et une attitude digne qu’un patron de magazine tel que « PODIUM » doit avoir et pouvoir montrer. La bonne renommée de la revue et de son géniteur en dépend essentiellement… 

LES IRRÉSISTIBLES : MY YEAR IS A DAY

 
DANS UN VIEUX ROCK’N’ROLL
 


UN HOMME HEUREUX
 
Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : Toutes les musiques
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