Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 17:35





Je vous propose de retrouver Joe Cocker avec 2 CD et 2 DVD incontournables qui reproduisent magnifiquement bien ses prestations scéniques.


*                 Pas mal, sans plus

**               Pas mal du tout

***             Bon

****           Très bon

*****         Super

******       Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....

 

Tout d'abord, en CD :

The Best Of Joe Cocker "Live"******


C'est une compilation "Flarenasch" parue en 1991 avec des enregistrements de 1970 et 1972. Voici la « tracklisting » :


•1.   
HONKY TONK WOMEN

•2.    CRY ME A RIVER

•3.    THE LETTER

•4.    DELTA LADY

•5.    FEELIN' ALRIGHT 

•6.    SHE CAME IN THROUGH THE BATHROOM WINDOW

•7.    SPACE CAPTAIN

•8.    DEAR LANDLORD

•9.    HITCHCOCK RAILWAY

•10. HIGH TIME WE WENT

•11. MIDNIGHT RIDER

•12. LOVE THE ONE YOU'RE WITH

•13. ST JAMES INFIRMARY

•14. EARLY IN THE MORNIN'

•15. WHAT KIND OF MAN ARE YOU?

 

Les 7 premiers titres sont donc issus de concerts donnés les 27 et 28 mars 1970 au « Fillmore East », à New York et repris sur le disque mythique « Mad Dogs and Englishmen » sorti en août 1970.

 

Quant aux titres 8 à 15, ils ont figuré sur l'album « Live in L.A. » de 1976 sous le label « Cube Records ».  Ils sont tirés des concerts au « Hollywood Bowl » (Titres 8, 9, 10, 11, 12, 14 et 15) et au « Long Beach Arena » de Los Angeles en 1972.

Dans une ambiance survoltée, Joe débute avec le très connu « Honky Tonk Women » des « Rolling Stones » composé par Mick Jagger et Keith Richards dont le 45 tours avait été édité en juillet 1969. Cette chanson a fait l'objet de nombreuses « covers »; je retiendrai principalement celles d'Elton John sur l'album « live » « 17-11-70 » et du groupe « Humble Pie » sur « Eat It » de 1973. Il enchaîne ensuite avec le formidable « Cry Me A River » écrit par Arthur Hamilton en 1953 et destinée initialement à Ella Fitzgerald qui, en raison de dissensions nées du contenu du texte, ne l'enregistrera finalement qu'en 1961 sur son album « Clap Hands, Here Comes Charlie ! ».

"Cry Me A River"


« The Letter » du compositeur country Wayne Carson Thompson est un incontournable dans le répertoire scénique de Joe Cocker. La chanson avait été rendue célèbre par le groupe « The Box Tops » et leur chanteur Alex Chilton sur l'album qui portait le même nom et qui était paru en 1967. Ce titre fit un tabac pendant la guerre du Vietnam et décrocha un n° 1 au Billboard ainsi qu'une 5ème place dans les Charts anglais.

Joe poursuit avec le légendaire « Delta Lady » de Leon Russell, formidable musicien qui a travaillé avec les plus grands, de Jerry Lee Lewis aux « Rolling Stones », en passant par Eric Clapton, B.B. King, Bob Dylan, etc... et dont cette chanson fut son premier hit.

"Delta Lady"


« Feelin' Alright » du chanteur et guitariste britannique Dave Mason est également un titre dont Joe ne peut plus se passer sur scène. Dave Mason connut la gloire au sein du groupe « Traffic » qu'il forma avec Steve Winwood, Jim Capaldi et Chris Wood. « She Came In Through The Bathroom Window » (créditée Lennon et Mc Cartney alors qu'elle fut exclusivement écrite par ce dernier) est un classique des "Beatles" figurant sur leur album "Abbey Road" de 1969. Au même titre que les quatre précédentes chansons, ce morceau figure toujours aujourd'hui parmi ceux que Joe choisit pour ses récitals, pour le plus grand plaisir de ses nombreux admirateurs. Le titre suivant, « Space Captain » de Matthew Moore est moins connu mais il n'est pas dépourvu d'intérêts puisque la chanson fit l'objet d'une adaptation en français par Michel Mallory et fut interprétée en 1972 par Nanette Workman, une chanteuse qui fit carrière surtout au Québec dans les années 70, en duo avec Johnny Hallyday avec qui elle effectua même une grande tournée.

"Space Captain"


« Dear Landlord » de Bob Dylan, extrait de son album « John Wesley Harding » de 1968, est vraiment une grande chanson que Joe reprend ici avec brio, accompagné, entre autre, par le brillantissime Chris Stainton au piano. Je crois également, sans me tromper, que c'est une des meilleures chansons de Dylan. Il est dommage qu'il l'ait très rarement jouée en public. « Hitchcock Railway » est génial dans la transition. Encore une fois, cette superbe chanson de Dunn et Mc Cashen met en évidence la dextérité de Chris Stainton qui est vraiment un formidable musicien. Il est vrai aussi qu'elle convient admirablement à Joe Cocker qui déploie, au cours de cette interprétation, une gestuelle incomparable. Ce titre constitue un autre grand moment sur scène; je regrette cependant que Joe l'ait actuellement quelque peu délaissée au profit de morceaux, pour ma part, de moins bonne qualité musicale.  

Cette remarque vaut également pour « High Time We Went », l'un des rares titres à être composé par Joe himself avec le concours de son complice Stainton. « Midnight Rider » du rocker et bluesman Gregg Allman, extrait de son album « Laid Back » paru en 1973, est un « clone » de « Hitchcock Railway », très rythmé avec un piano omniprésent et des chœurs bien en voix. Par ailleurs, cette chanson prouve que Joe savait très bien « monter » dans les aigus malgré une voix éraillée. « Love The One You're With » que Stephen Stills sorti, en single, en 1970, (il fut l'époux de Véronique Sanson et lui donna un fils, Christopher) bénéficie ici d'une « version longue » avec, il faut le dire, une interprétation magistrale de l'ami Joe et aussi, des musiciens qui savent divinement bien jouer de leur instrument. A signaler, dans les chœurs, la présence de la très talentueuse Rita Coolidge dont on se souvient de son inoubliable « All Time High », la chanson de la bande originale d'un James Bond, « Octopussy ». « St James Infirmary » est une agréable surprise dans ce disque : c'est un vieux blues inspiré d'une folk song anglaise du... 18ème siècle et qui s'intitulait « The Unfortunable Rake ». Le jazzman Joe Primrose s'appropria cette mélodie pour en faire un classique du blues repris, entre autres, par Eric Clapton, The Doors, Janis Joplin mais aussi bien avant eux par Billie Holiday et... Cab Calloway ! « Early In The Mornin' » de Hickman, Jourdan et Bartley est un parfait prolongement avant de terminer, brillamment, sur une composition du Genius Ray Charles « What Kind Of Man Are You ? ». Ces deux dernières chansons clôturent en beauté ce CD musicalement impeccable de bout en bout et qui décroche méritoirement la plus grande distinction !
  

« Joe Cocker Live »*****

 

•1.    FEELIN' ALRIGHT 

•2.    SHELTER ME

•3.    HITCHCOCK RAILWAY

•4.    UP WHERE WE BELONG

•5.    GUILTY

•6.    YOU CAN LEAVE YOUR HAT ON

•7.    WHEN THE NIGHT COMES

•8.    UNCHAIN MY HEART

•9.    WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

•10. YOU ARE SO BEAUTIFUL

•11. THE LETTER

•12. SHE CAME IN THROUGH THE BATHROOM WINDOW

•13. HIGH TIME WE WENT

•14. WHAT ARE YOU DOING WITH A FOOL LIKE ME

•15. LIVING IN THE PROMISELAND

 

Enregistrement "live" du 5 octobre 1989 au Memorial Auditorium de Lowell, Massachusetts (Etats-Unis).

 

Voici encore un "live" indispensable que vous devez ranger en bonne place dans votre cédéthèque ! Ce disque est une « bombe » avec « un » Joe Cocker en très grande forme vocale (le nombre de « cris » déployés est ahurissant surtout sur « Shelter Me », « When The Night Comes » et « With A Little Help From My Friends », déjà rien que pour cela, ce « live » vaut le détour !).
 

"Shelter Me"


Allons-y pour notre tour d'horizon des chansons ici proposées : « Feeling' Alright » est très bien choisie comme ouverture de ce concert avec une orchestration qui « sent » bon le début des années 90 (le son du piano-synthétiseur). « Shelter Me » de Nick Di Stefano, issu de l'album « Cocker » de 1986, est un titre « fort » qui permet de mettre en exergue la puissance vocale de Joe avant un « Hitchcock Railway » de « très bon cru » parfaitement bien rythmé (keyboards, percussions et guitare basse au « top » !).

"Hitchcock Railway"


« Up Where We Belong » de Nitzsche, Jennings et Sainte-Marie, chanson de la bande originale du film « An Officer and A Gentleman » sorti en 1982 avec Richard Gere, a véritablement contribué au retour de Joe Cocker sur le devant de la scène (le jeu de mots est facile !). Pour rappel, sur le disque original, Joe interprète cette chanson avec Jennifer Warnes (voir l'article sur Joe dans « Les Grands du Rock »).
« Guilty » de l'auteur-compositeur-interprète américain Randy Newman est un gentil intermède avant le gros méga tube qui le rendit célèbre autant que Joe lui-même : « You Can Leave Your Hat on ». Cette dernière figurait déjà sur l'album « Sail Away » de Randy Newman en 1972 et servit d'accompagnement musical à la scène de strip-tease de Kim Basinger dans le film d'Adrian Lyne « 9 semaines et ½ » en 1986. Depuis, cet « accompagnement » a fait le tour de monde et est à chaque fois assimilé à d'agréables débats en de très charmantes circonstances ! « When The Night Comes » d'Adams, Vallance et Warren est un morceau taillé sur mesure pour la scène où les chœurs forment une belle osmose avec leur « maître d'œuvre ». Comme signalé ci-avant, la forme de la chanson et sa ligne mélodique conviennent « comme un gant » à la tessiture de Joe et celui-ci se fait un plaisir « monstre » à placer judicieusement ses « hurlements » légendaires là où il faut !

"When The Night Comes"


« Unchain My Heart » de Sharp et James, qui fut chantée initialement par Trini Lopez en 1963 et reprise par la suite par Ray Charles, est aussi un incontournable, une chanson dont Joe ne peut plus se passer et qu'il est obligé de donner en pâture à ses fans sous risque de se faire lyncher ! « With A Little Help From My Friends », de Lennon et Mc Cartney (la seule chanson interprétée par Ringo Starr sur l'album des Beatles, « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » de 1967) est un « hit » dans la carrière de Joe Cocker. Classé n° 1 dans les charts britanniques en 1968, il lui collera à la peau depuis la première fois qu'il l'interpréta lors du festival Woodstock en août 1969. « You Are So Beautiful » de Preston et Fisher est un grand succès de Joe qui se doit également de la chanter sur scène. Cette chanson, interprétée à l'origine par Billy Preston sur son album « The Kids And Me » en 1974, fut spécialement arrangée et rythmiquement réorchestrée pour la version de Joe Cocker dont le single atteignit la 5ème place au Billboard. « The Letter » est un des meilleurs moments de l'album avec 3 merveilleux solos de piano, trompette et guitare basse à « déguster » auditivement, un pur régal ! Le rocker termine sur « She Came In Through The Bathroom Window » déjà évoqué sur le précédent CD mais avec, toutefois, une version moins longue. Par contre « High Time We Went » « joue » les prolongations : Joe et ses musiciens se déchaînent durant près de 8 minutes ! Pourquoi une étoile de moins par rapport à la première critique ? Tout simplement parce que les deux derniers titres figurant sur l'album, à savoir « What Are You Doing With A Fool Like Me » de Diane Warren (paru sur un « maxi single » en 1990 avec deux autres titres, « Another Mind Gone » et « Many Rivers To Cross ») et « Living In The Promiseland » de David Lynn Jones (un hit composé au départ pour Willie Nelson en 1986 et qui fut n° 1 dans les charts) n'ont rien à faire sur un CD « live » qui aurait pu comporter, à leur place, deux autres chansons enregistrées en public !

   

En DVD :

  Joe Cocker « Across From Midnight Tour »***

 

•1.    COULD YOU BE LOVED

•2.    FEELIN' ALRIGHT

•3.    HAVE A LITTLE FAITH IN ME

•4.    UP WHERE WE BELONG

•5.    YOU CAN LEAVE YOUR HAT ON

•6.    WHEN THE NIGHT COMES

•7.    N'OUBLIEZ JAMAIS

•8.    SUMMER IN THE CITY

•9.    YOU ARE SO BEAUTIFUL

•10. INTO THE MYSTIC

•11. DON'T LET ME BE MISUNDERSTOOD

•12. DELTA LADY

•13. THE LETTER

•14. UNCHAIN MY HEART

•15. WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

•16. ACROSS FROM MIDNIGHT

•17. CRY ME A RIVER

 

Concert filmé au Waldbühne de Berlin le 3 septembre 1997.

Absence totale de bonus !

 

Outre les « classiques », Joe fait la part belle à son dernier opus en date « Across From Midnight » avec la chanson qui donne le titre à l'album composée par le fidèle Tony Joe White et Leann White, la très jolie « N'oubliez Jamais » de Jim Cregan et Russ Kunkel et la superbe reprise d'un standard de Bob Marley paru en 1980, « Could You Be Loved » avec lequel il débute. Au tout début de « Feelin' Alright », on remarque Joe vêtu de son veston, tout à coup sans et puis tout de suite avec... Aurait-il des dons de magicien ? Ce petit détail d'observation laisse supposer que le concert a eu lieu également à une autre date, soit la veille ou le lendemain de celui qui nous est proposé et qu'il a été monté avec les meilleures prises. En témoigne la troisième chanson « Have A Little Faith In Me » du musicien, chanteur, guitariste et parolier américain John Hiatt, tirée de l'album « Have A Little Faith » paru en 1994, où l'on découvre Joe avec une chemise déjà trempée de sueur... L'ordre des chansons de ce concert n'aurait-il pas été respecté ? On peut se poser légitimement cette question... Du même album, Joe reprend « Summer In The City », un hit des « Lovin' Spoonful » de 1966 avant de dédier « You Are So Beautiful » à la Princesse Diana décédée le 31 août. Vient ensuite un petit « set » acoustique avec deux extraits de son album « Organic » sorti en 1996 et qui est plutôt passé inaperçu : « Into The Mystic » de Van Morrison et le mythique « Don't Let Me Be Misunderstood », de Benjamin, Caldwell et Marcus, écrit à l'origine en 1964 pour Nina Simone. Joe enchaîne sur ses incontournables avant de clôturer avec le superbe « Cry Me A River ».  Un bon concert, donc, bien filmé avec des caméras bien placées afin d'apprécier le jeu des musiciens, d'excellents effets de lumières multicolores dans un très beau cadre en plein air... Tout est réunit pour passer un très bon moment musical !

 

"With A Little Help From My Friends"
   

The Best Of Joe Cocker Live*****

  Live à Dortmund en 1992 :

 

•1.    CRY ME A RIVER

•2.    FEELIN' ALRIGHT

•3.    HITCHCOCK RAILWAY

•4.    MANY RIVERS TO CROSS

•5.    UP WHERE WE BELONG

•6.    I CAN HEAR THE RIVER

•7.    SHELTER ME

•8.    PLEASE NO MORE

•9.    NIGHT CALLS

•10. NOW THAT THE MAGIC HAS GONE

•11. YOU CAN LEAVE YOUR HAT ON

•12. WHEN THE NIGHT COMES

•13. LOVE IS ALIVE

•14. UNCHAIN MY HEART

•15. FEELS LIKE FOREVER

•16. WITH A LITTLE HELP FROM MY FRIENDS

•17. THE LETTER

•18. SORRY SEEMS TO BE THE HARDEST WORD

•19. YOU ARE SO BEAUTIFUL

 

BONUS :

  Joe Cocker Live à Cologne en 2002 :

 

•1.    YOU CAN'T HAVE MY HEART

•2.    LOVE NOT WAR

•3.    NEVER TEAR US APART

•4.    MIDNIGHT WITHOUT YOU

•5.    RESPECT YOURSELF

•6.    EVERY TIME IT RAINS

•7.    THIS IS YOUR LIFE

•8.    UNCHAIN MY HEART

 

Interview de Joe Cocker à propos de son album « Heart & Soul »

 

En ce qui concerne le concert de Dortmund en 1992, le DVD porte bien son nom : nous assistons à un déferlement, une floraison de tubes en puissance avec, intercalées, de très heureuses surprises émanant de son album « Night Calls » paru la même année : « I Can Hear The River » de Don Dixon, « Please No More » d'Egar et Hansen, « Night Calls » de Jeff Lynne, « Now That The Magic Has Gone » de John Miles, « Love Is Alive » de Gary Wright et « Feels Like Forever » de Warren et Adams. Joe nous apparaît au mieux de sa forme vocale et, évidemment, plus chevelu et plus svelte... Il est entouré de la crème de musiciens :

 

Deric Dyer aux Sax, Keyboards et Percussions

John Miles aux Guitare, Keyboards et voix additionnelles

Chris Stainton aux Keyboards

Warren McRae à la Guitare Basse

Phil Grande à la Guitare

Dan Hickey aux Drums

 

Chœurs : Maxine Sharp et Cydney Davis

"You Can Leave Your Hat On"


Et franchement, on perçoit une qualité musicale supérieure par rapport au concert de Berlin de 1997 ! Deric Dyer est impérial au Sax et nous livre deux solos de la meilleure veine sur « You Can Leave Your Hat On » (où Joe profite de changer de chemise et de se refaire une petite beauté) et, bien entendu, sur « Unchain My Heart ». Chris Stainton est génial sur « Hitchcock Railway » mais également sur « You Are Beautiful » de même que Dan Hickey qui martèle généreusement les tomes de sa batterie sur « Love Is Alive ».

"Love Is Alive"


John Miles, Warren McRae et Phil Grande se distinguent soit collectivement ou individuellement sur, entre autres, « Hitchcock Railway », « With A Little Help From My Friends » et « The Letter ». En tout et pour tout, 1 heure 30 de réel bonheur avec la sensation de vivre un vrai concert dans l'ordre chronologique des chansons reprises dans la tracklist ! Impeccable... Et pourquoi ce DVD ne recueille-t-il pas la note maximale ? Lisez plus loin ! Pour les bonus, nous avons droit à un mini concert filmé à Cologne en 2002 dont sept des huit titres proviennent de l'album « Respect Yourself » paru la même année, accompagnés de l'inévitable « Unchain My Heart ».

Joe est plus emprunté, a grossi et ne déploie plus la même énergie qu'il y a dix ans. C'est normal mais la voix est toujours pareille, forte, juste et terriblement efficace. Parmi ces sept titres, retenons principalement l'excellente reprise de « Never Tear Us Apart » du groupe INXS (superbe musique d'Andrew Farriss, texte de Michael Hutchence), le slow mortel « Every Time It Rains » de Randy Newman à écouter seulement les jours de déprime et « This Is Your Life » de Shanks et Peiken qui est un parfait contraste pour donner un bon coup de fouet à un moral défaillant ! En prime, Joe se livre sur le « making of » (pour reprendre une expression chère à mon ami Marc Ysaye) de « Haert & Soul » pour lequel une traduction française en sous-titres aurait été la bienvenue ! Vous saisissez maintenant la raison pour laquelle ce DVD ne reçoit pas la note maximale !  

Par BERNIE - Publié dans : ON STAGE - Communauté : Parlons Zic !
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 17:53

Comme beaucoup, j'ai véritablement découvert Jacques Brel peu après sa disparition. Je connaissais l'artiste, bien sûr, mais je n'étais pas particulièrement attiré par son univers musical. Voici plus de 20 ans, un ex collègue de travail me prêta l'intégrale en vinyle et je l'enregistrai sur cassettes. Je fus littéralement conquis et séduit par la sensibilité, l'émotion mais aussi la colère qui se dégageaient de ses textes. L'article que je vous propose sur Jacques Brel sera composé de deux parties. Il s'inscrit, non pas dans "Chanson Française", mais bien dans une toute nouvelle rubrique intitulée "Made in Belgium" qui sera exclusivement destinée aux artistes belges.  La première est consacrée à une biographie résumée, année après année, aux faits les plus marquants, illustrée d'extraits de sa discographie en 33 tours qui, depuis le 25ème anniversaire, ont été réédités en CD. La deuxième vous renseignera sur les produits qui sont sortis à l'occasion du 30ème anniversaire de sa disparition.

Jacques Brel naît à Schaerbeek, une commune de l'entité de Bruxelles, le 8 avril 1929. Ses parents exploitent une entreprise d'emballage. Il fréquente le Collège Saint-Louis avec son frère aîné Pierre. N'ayant que peu d'enthousiasme pour les études, il est néanmoins attiré par les cours de français et plus particulièrement par la lecture. Devant son laxisme scolaire, son père l'intègre dans sa société. Cette « promotion » ne le satisfait pas, loin de là... Il s'initie au Théâtre par l'entremise d'une association philanthropique appelée « La Franche Cordée » au sein de laquelle il rencontrera sa future épouse, Thérèse Michielsen, dite « Miche ». Doué pour l'écriture, il met ses textes en musique, en s'accompagnant à la guitare ou en les jouant sur le piano familial.   

Jacques se marie avec « Miche » le 1er juin 1950 et lui donne 3 filles : Chantal, le 6 décembre 1951, ensuite, France, le 12 juillet 1953 et enfin, Isabelle, en août 1958, pour laquelle il écrira une chanson du même nom. A partir de 1952, Jacques crée ses premières chansons qu'il interprète quand la famille se réunit où lorsqu'il réussit à se faire engager pour des soirées dans des cabarets bruxellois. En 1953, il sort un 78 tours chez Philips avec deux titres : « La Foire » et « Il y a » qui se vendra à 200 exemplaires seulement mais qui le fera remarquer auprès de Jacques Canetti, propriétaire du célèbre cabaret « Les Trois Baudets » qui l'encourage à partir pour Paris.

"La Foire"

En juillet de la même année, il rencontre Georges Brassens qui lui prodigue quelques conseils et l'encourage à continuer dans la même voie. Au printemps 1954, Jacques décide de s'installer définitivement à Paris où Jacques Canetti et Patachou le font chanter dans leur établissement. Il obtient même en juillet un premier passage à l'Olympia « en supplément de programme » et impressionne tellement Bruno Coquatrix que celui-ci s'empresse de le solliciter pour une prochaine prestation.

 "Grand Jacques"


1954, c'est aussi l'année de son premier 33 tours « 25 cm » avec « La haine », « Grand Jacques », « Il pleut », « Le diable », « Il peut pleuvoir », « Il nous faut regarder », « Le fou du roi », « C'est comme ça » et « Sur la place ». En janvier 1955, Jacques Brel fait, pour la première fois, un récital en vedette à l'Ancienne Belgique à Bruxelles. Le mois suivant, il fait la connaissance de Georges Pasquier qu'il surnommera affectueusement « Jojo » et qui deviendra son meilleur ami. Au mois de mars, il emménage à Montreuil-sous-Bois avec « Miche », Chantal (4 ans) et France (2 ans).

"Quand on n'a que l'amour"


En mai 1956, il enregistre une chanson qui deviendra l'un de ses plus grands succès : « Quand on n'a que l'amour ». Celle-ci fait partie d'un nouveau « 25 cm » avec, entre autres, « La bourrée du célibataire », « J'en appelle », « Les blés », qui est récompensé par l'Académie Charles Cros. C'est cette année-là qu'il croise le chemin du pianiste François Rauber qui l'accompagnera sur scène. Mais en 1957, ce dernier le quitte pour terminer ses études au Conservatoire de Musique. C'est Gérard Jouannest, en novembre 1957, qui devient le pianiste attitré de Brel avant que Rauber ne revienne, auréolé de son diplôme, afin de s'occuper des arrangements musicaux. Les deux musiciens formeront avec Brel un trio magique et seront désormais indissociables. En février 1958, fatiguée de subir le métier exigeant de son mari, « Miche » rentre à Bruxelles tandis que Jacques garde un pied-à-terre à proximité de la place de Clichy pour les rares fois où il doit revenir à Paris. Après une tournée au Canada où il rencontre Félix Leclerc, Jacques passe en « vedette américaine » de Philippe Clay, en novembre, à l'Olympia.


"Ne me quitte pas"


Rayon chanson, c'est « Au printemps » qui recueille le plus de suffrages. 1959 est une grande année pour Jacques Brel. Non seulement il paraphe un nouveau contrat chez sa maison de disques, Philips, mais il compose aussi l'une des plus belles chansons de tous les temps : « Ne me quitte pas » qui figure sur un nouveau « 25 cm » avec « La valse à mille temps », « Les Flamandes » et « Isabelle » qu'il a écrite à l'occasion de la naissance, en août 1958, de sa troisième fille.

"La valse à mille temps"


Après avoir été à nouveau à l'affiche à l'Ancienne Belgique, en mars 1960, et donné un récital au Caire en octobre, Jacques enregistre un autre « 25 cm » avec notamment « Marieke », « On n'oublie rien » et « Les singes ». Il étoffe sa petite équipe de musiciens en engageant l'accordéoniste Jacques Corti et fait l'Olympia en « vedette » au mois d'octobre suite à la demande expresse de Bruno Coquatrix surpris par le désistement soudain de Marlène Dietrich.


"Marieke"


1962 représente un changement dans la carrière discographique de Jacques Brel puisqu'il s'unit à l'empereur du Disque, Eddie Barclay avec qui il signe un contrat de 5 ans, lequel sera reconduit en 1967 pour une nouvelle période de 6 ans puis en 1971 pour une durée de... 33 ans ! En mars, Jacques se met directement au travail et enregistre de nouvelles chansons dont « Le plat pays », « Madeleine », « Bruxelles », « Rosa » et « Les biches ». Suivront « Les bigotes », « Les vieux » et encore une très jolie chanson : « La fanette ».

"Le plat pays"


"La fanette"


Le 23 juillet, Jacques Brel est au Casino de Knokke pour la 5ème Coupe d'Europe de Tour de Chant et présente, en exclusivité, sa nouvelle chanson « Mathilde » qui devient un « classique ». 1964 est synonyme de nouveaux gros succès pour Jacques qui prend l'apparence, bien malgré lui, d'une « machine à tubes » avec « Titine », « Jef », « Au suivant » mais aussi et surtout l'immense, le fabuleux « Amsterdam ». Mais 1964 est aussi synonyme de malheur avec la perte successive de son père, Romain, en janvier, et de sa mère, Elisabeth, à peine quelques semaines après, au mois de mars. En 1965, la carrière de Jacques Brel prend une dimension internationale. Après un récital aux Pays Bas, il fait un triomphe au Théâtre d'Estrade à Moscou en octobre avant de s'envoler, en décembre, pour les Etats-Unis, pour un unique concert au Carnegie Hall de New-York.

"Amsterdam"


"Ces gens-là"


Côté chansons, il termine l'année avec « Fernand », « Les désespérés » et la magnifique « Ces gens-là ». L'année suivante, Jacques entreprend une grande tournée africaine qui le conduit à Djibouti et à Madagascar avant de se produire à La Réunion et à l'Ile Maurice. C'est en gala à Vittel qu'il choisit le moment pour annoncer à ses musiciens son intention d'arrêter définitivement la scène. Sa décision sera irrévocable. La fin de l'année est consacrée à ses adieux aux publics parisien, du 6 octobre au 1er novembre à l'Olympia, et bruxellois, le 15 novembre, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

"La chanson des vieux amants"


Toutefois, Jacques n'arrête pas la chanson; au contraire, il ajoute de nouveaux titres à son répertoire tels que « La chanson des vieux amants » et « Fils de... » qui paraissent en 1967. Après une dernière tournée au Maroc ainsi qu'au Québec, Jacques donne son dernier concert à Roubaix le 16 mai. Débarrassé de la scène, il se tourne vers le cinéma et fait étalage de son énorme potentiel de comédien dans le film d'André Cayatte, « Les risques du métier » dont il entame le tournage le 19 juillet. Encouragé par ce premier grand succès cinématographique, Jacques joue dans « La bande à Bonnot » de Philippe Fourastié en mars 1968 avant de reprendre les chemins du studio pour enregistrer les légendaires « Vesoul », « J'arrive » et « La bière ».

"Vesoul"


Cependant, un autre projet mûrit dans la tête de Jacques : adapter « L'Homme de la Mancha », une comédie musicale américaine tirée du roman « Don Quichotte » de Cervantès. Après des répétitions menées en août au Théâtre des Champs-Elysées, la primeur est accordée au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, le 4 octobre, avec Dario Moreno dans le rôle de Sancho Pança. Malheureusement, Dario Moreno décède peu après à l'aéroport d'Istanbul et est remplacé par Robert Manuel.

"La quête"


En novembre, Mort Shuman crée une comédie musicale sur Jacques Brel qu'il intitule « Jacques Brel is alive and well and living in Paris » et il choisit Londres pour la présenter. C'est le 11 décembre au Théâtre des Champs-Elysées que le public parisien découvre « L'Homme de la Mancha » qui ne sera jamais ni filmé, ni enregistré (un comble !). Excepté les chansons qu'il interprète pour la bande originale du dessin animé « Tintin et le Temple du Soleil »,  les trois années qui suivent seront donc presqu'exclusivement consacrées au cinéma avec, en juillet 1969, « Mon Oncle Benjamin », en juin 1970,  « Mont-Dragon », et, en 1971, Jacques, très actif, réalise son premier film « Franz » (avec Barbara) avant de tourner dans « Les assassins de l'ordre » en mai et dans la super production de Claude Lelouch, « L'aventure, c'est l'aventure » au mois de novembre, aux côtés de Lino Ventura, Charles Denner, Charles GérardAldo Maccione et un certain... Johnny Hallyday dans son propre rôle ! C'est au cours de ce film qu'il fait la rencontre de Maddly Bamy, ancienne Clodette, qui deviendra sa future compagne jusqu'à sa mort. En 1972, après avoir assisté à New-York au gala des 5 ans de création de « Jacques Brel is alive and well and living in Paris », Jacques Brel fait la promo de « Franz » en mars et de « L'aventure, c'est l'aventure » en mai avant d'entreprendre le tournage du film « Le bar de la fourche » d'Alain Levent et de faire un bref retour au disque avec la réorchestration d'anciennes chansons dont « Ne me quitte pas », « Le prochain amour », « Je ne sais pas », « Marieke », « On n'oublie rien », « Les Flamandes », « Les prénoms de Paris », « Le moribond », « La valse à mille temps », « Quand on n'a que l'amour » et « Les biches ».

En août et septembre, il se consacre à son deuxième film en tant que réalisateur : « Far West » qui, comme « Franz », ne recueillera pas le succès escompté auprès du public. En juin 1973, par contre, il retrouve Lino Ventura dans « L'emmerdeur » d'Edouard Molinaro, inspiré d'une pièce de théâtre de Francis Veber. Cette fois, la critique est unanime : Jacques Brel fait une remarquable prestation dans ce long métrage qui sera... son dernier. En novembre, il concrétise une ambition : amoureux de la mer, il effectue la traversée de l'Atlantique à bord d'un « bateau-école », « Le Korrig ». Enthousiasmé par cette expérience, il achète, fin février 1974, un voilier « L'Askoy II » avec lequel il envisage de faire le tour du monde pendant 3 ans. Deux terribles nouvelles vont pourtant obscurcir son horizon : il apprend en septembre le décès de Gérard Pasquier dit « Jojo », son ami de toujours, et, en octobre, une tumeur au poumon gauche l'oblige à subir une intervention chirurgicale. Pourtant, en décembre, il repart pour une nouvelle traversée de l'Atlantique avec son voilier amarré aux Iles Canaries. Jacques est fou de sa nouvelle vie : il passera 1975 sur les mers du globe. Après être arrivé à Fort-de-France, il met le cap sur les Antilles et le Canal de Panama avant de se fixer à Hiva Oa, dans l'archipel des Iles Marquises après 59 jours de traversée dans le Pacifique. Toutefois, ses problèmes de santé le ramènent à une dure réalité : en février 1976, il retourne à Bruxelles pour passer de nouveaux examens médicaux. Ces contrariétés à peine terminées, il repart à Atuona, sur l'île d'Hiva Oa, afin de louer une petite maison et décide de vendre son voilier. En juillet, il repasse un brevet de pilote de bimoteur pour lequel il était déjà qualifié depuis 1970 afin d'aller plus facilement d'Hiva Oa à Tahiti et rendre ainsi de nombreux services à la population locale en mal de déplacement. En 1977, c'est une bombe qui éclate dans le milieu artistique : Jacques Brel revient à la chanson avec l'enregistrement de nouvelles chansons inédites ! Le 17 novembre, les disquaires sont envahis de ce 33 tours à la pochette mythique décorée de son nom en grandes lettres transparentes aux contours blancs sur fond de ciel bleu parsemé de nuages. Le disque est un prodigieux succès et contient de sublimes chansons dont « Vieillir », « Orly », « Les remparts de Varsovie », « Voir un ami pleurer », « Jojo » et bien sûr « Les Marquises ». 

 


"Les Marquises"

"Orly" 


Fin 1977, Jacques repart pour les Iles Marquises mais il sait que ses jours sont comptés. En juillet 1978, il revient à Paris pour suivre un dernier traitement. Le 7 octobre, très malade, il est contraint à être hospitalisé à Bobigny, en région parisienne. Il souffre d'une embolie pulmonaire qui l'emporte dans un dernier sommeil le 9 octobre à 4 heures 10. Il repose sur l'île d'Hiva Oa à proximité de la tombe du célèbre peintre Gauguin. En 2003, pour commémorer le 25ème anniversaire de sa disparition, une nouvelle intégrale sort, enfouie dans une boîte à bonbons avec, sur le dernier album, cinq chansons jamais parues jusqu'alors : « La cathédrale », « L'amour est mort », « Mai 40 », « Avec élégance » et « Sans exigences » enregistrées entre le 5 septembre et le 1er octobre 1977. Aujourd'hui, 30 ans après, le mythe « Brel » reste intact...

 

"Avec élégance"



Le dernier portrait du vivant de Brel publié par "Match"

Le lien avec Claude François !

Evidemment, le lien entre Cloclo et Jacques Brel, c'est l'ex « Capitaine » des Clodettes : Maddly Bamy. Maddly a rencontré Claude François par l'intermédiaire de son frère Erick dont l'imprésario n'était autre que Paul Lederman.  Pendant une courte période, Erick assura même les premières parties des spectacles de Cloclo en s'inspirant de James Brown, ce qui ne plaisait pas du tout à Cloclo qui, également influencé par le « Godfather of Soul » pour ses chorégraphies ainsi que le final de son show, somma Lederman de l'éjecter. Pour en revenir à Maddly, l'engagement fut conclu rapidement au cours d'un dîner soigneusement organisé par Claude qui la désigna responsable pour le recrutement de futures danseuses. Maddly s'acquitta très honorablement de sa tâche mais ne voulant pas subir le même sort de certaines de ses collègues qui voulait qu'elles finissent finalement dans le lit des musiciens, elle le quitta au terme de la tournée en Italie. Elle fit donc partie de son équipe de fin 1967, un peu avant la parution de son premier album (« Comme d'habitude ») sous le label « Flèche », jusque fin août 1969...

 

"Le monde est grand, les gens sont beaux" (Maddly est la première Clodette, en partant de la gauche) 
Par BERNIE - Publié dans : Made in Belgium - Communauté : Musiques
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