Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 21:50

est, comme vous vous en doutez, une rubrique essentiellement axée sur les nouveautés. Un choix de CD's dans des genres musicaux différents vous sera régulièrement proposé avec, bien sûr, mon petit système de cotation personnalisé !

*                 Pas mal, sans plus

**               Pas mal du tout

***             Bon

****           Très bon

*****         Super

******       Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....


Ecoutez d'où ma peine vient - Alain Souchon (EMI)*** 

Depuis déjà quelques mois, le successeur de « La vie Théodore », sorti en septembre 2005, était annoncé; le voici donc sentant bon la nature avec cette pochette très « écolo » où l'on découvre l'éternel ado assis le popotin dans l'herbe avec un gentil âne qui, semble-t-il, a le même regard sur la vie que son célèbre compagnon... Un regard indéfinissable, à la fois triste et mélancolique... Pas gai tout ça ! Mais c'est vrai aussi qu'il est rare de voir Souchon sourire sur une photo... Pour l'inspiration, il aborde des thèmes qui le préoccupent : « Parachute doré », où il tourne en dérision la crise financière en y apportant une couleur musicale aux forts accents « calypso », « Ecoutez d'où ma peine vient » qui résume un sentiment général que chacun d'entre nous peut éprouver à un moment bien précis de son existence, « Elle danse »  où il évoque le triste sort des clandestins africains, « 8 m² » où il dépeint les pénibles conditions d'emprisonnement des femmes. Le dernier titre, « Popopo », pas franchement le meilleur, le seul coécrit avec son pote de toujours, Laurent Voulzy, dresse un portrait nuancé du « Che » au-delà de la légende. Outre la chanson qui donne le titre à l'album, les deux premières plages « Rêveur » (aux relents « country ») et « Les saisons » (un beau slow) constituent d'autres excellentes surprises. On regrettera cependant la reprise de « Bonjour tristesse » déjà présent sur « La vie Théodore » et l'emploi un peu trop prononcé des synthétiseurs sur l'ensemble de l'album qui est loin d'égaler le génie de « Foule sentimentale »...  Enfin, une dernière particularité nostalgique : près de la moitié des textes ont des verbes composés à l'imparfait...

"Ecoutez d'où ma peine vient"

 

"Parachute doré"




Duos - Charles Aznavour (EMI)**

Le 8 décembre est sorti un double CD de Charles Aznavour avec ses plus célèbres chansons et quelques standards interprétés en duo avec divers artistes internationaux comme Frank Sinatra l'avait fait avant de tirer sa révérence... Evidemment, on souhaite que ce ne soit pas prémonitoire et que cette légende de la Chanson Française saura encore nous épater durant de nombreuses années... Allez, Charles, vous pouvez battre le record d'Henri Salvador ! Ce double album est donc constitué de 2 CD, l'un qualifié de « version française » et l'autre de « version internationale ». Trois duos « virtuels » ont été aussi réalisés : avec Edith Piaf sur « C'est un gars », Frank Sinatra sur « Young at heart » (une chanson que Frankie popularisa en 1953 et qu'il chanta avec Doris Day) et Dean Martin sur l'inoubliable « Everybody love somebody sometime ».  Les autres invités sont Céline Dion (« Toi et moi », plutôt anecdotique), Placido Domingo (« Les bateaux sont partis », d'une complicité qui ne s'est pas altérée depuis « Une première danse » lors d'un « Grand Echiquier » de Jacques Chancel), Julio Iglésias (« Que c'est triste, Venise »), Johnny Hallyday (« Il faut savoir »), Laura Pausini (« Paris au mois d'août »), Carole King (« Ton nom »), Sting (« L'amour, c'est comme un jour »), Paul Anka (« Je n'ai pas vu le temps passer »), Josh Groban (« La bohème »), Nana Mouskouri (« Mourir d'aimer »), Liza Minelli (« Quiet Love »), Herbert Grönemeyer (qui c'est celui-là ?, « Mes emmerdes ») ainsi que les inattendus Bryan Ferry (« She ») and last but not least Sir Elton John (« Hier encore ») en personne ! Un bémol : le recto de la pochette grimé d'un portrait pas très actuel du grand Charles... Les concepteurs ne se sont pas foulés ! Soit, ne boudons pas notre plaisir : un bien beau p'tit cadeau à déposer au pied du sapin pour Pépé et Mémé !

Charles Aznavour et Julio Iglésias : "Que c'est triste Venise"

 

Charles Aznavour et Josh Groban : "La Bohème" au cours de "Vivement Dimanche"



Perfect Symmetry - Keane (UNIVERSAL Division Az)**  

Troisième album du trio composé de Tom Chaplin (chant, guitare), Richard Hughes (batterie, chœurs) et de Tim Rice-Oxley (piano, guitare basse, chœurs) après « Hopes And Fears » (2004) et « Under The Iron Sea » (2006). Après deux albums qui se sont vendus à des millions d'exemplaires et qui ont accumulé les récompenses (2 « Brit Awards » pour Meilleur Album et Meilleure Progression en 2005), le troisième était-il celui de la confirmation ? Franchement, on peut être surpris de la nouvelle orientation musicale que les membres de la formation ont choisie comparativement à la couleur affichée dans les deux opus précédents certes plus mélancoliques. Les membres du groupe avaient-ils déjà placé la barre trop haute ? Néanmoins, que peut-on en dégager ? Assurément, les quatre titres, sur les onze que compte l'album, qui se démarquent sont, dans l'ordre du tracklisting, « The Lovers Are Losing », « Perfect Symmetry », « Again And Again » et surtout le superbe « Black  Burning Heart ». Quelques influences musicales sont également reconnaissables dans « Spiralling » (qui a des consonances très « Duran Duran »), « Better Than This » (qui sonne très « Bowie ») et « You Don't See Me » (qui a quelques relents « Queen-esque »). Il est évident que Keane a voulu innover en apportant de nouveaux sons plus optimistes et plus entraînants qui font « claquer » les doigts comme sur « Pretend That You're Alone ». De toute façon, les irréductibles admirateurs du combo y trouveront leur satisfaction et seront encore charmés par la très belle voix de Tom Chaplin très à l'aise d'un bout à l'autre de l'album...

"Perfect Symmetry"

"Black Burning Heart"



24 hours - Tom Jones (EMI)******  

A 68 ans, Tom Jones est toujours en grande forme (physique et vocale) et n'est pas prêt à renoncer... Au contraire, en témoigne ce nouvel album très séduisant à plus d'un titre, c'est le cas de le dire ! Ayant pris part à l'écriture de cet album (il s'est personnellement investi dans le choix des textes afin d'y apporter quelques références autobiographiques), la légende galloise est en passe de réaliser un joli score de ventes après son fabuleux « Reload », son dernier succès en date, paru en 1999 et qui contenait le sulfureux « Sex Bomb ».  A propos de son nouvel album, il a notamment déclaré : « Pour une fois, je voulais un disque qui parle de moi, de mes histoires et de mon existence. Au bout du compte, ce disque ressemble à ce que je suis vraiment ». Et dès l'entame du CD, on est enthousiasmé par sa reprise de « I'm Alive », un original interprété par Tommy James And The Shondells (adapté en français par... Claude François sous le titre « Un homme libre » figurant sur son 10ème album « Tout éclate, tout explose » sorti en novembre 1969 et qui fit un tabac lors de sa tournée au Canada !). La deuxième plage « If He Should Ever Leave You » est très plaisante et a d'ailleurs fait l'objet d'un single que l'on entend actuellement très souvent à la radio. On ne s'arrête pas en si bon chemin et « We Got Love » est une belle petite chanson subtilement dosée de percussions et de jolies notes sur un piano qui se veut discret. De plus, la mélodie convient parfaitement au timbre de voix de Tom Jones qui n'a rien perdu de son éclat. « Feels Like Music » fait très « années 60 » avec un son de batterie très présent et pourrait être le digne successeur de « Sex Bomb » ainsi que « Give A Little Love » dont le refrain est très accrocheur avec des cuivres à profusion ! « The Road » est une magnifique ballade commençant par un son très « vinyle » et sur laquelle la voix de Tom fait merveille prouvant une fois de plus qu'il reste un interprète hors pair. « In Style And Rhythm » est une agréable surprise également avec une mélodie aux accents exclusivement latinos sur laquelle la voix de Tom est à nouveau en parfaite harmonie avec la partition et, en plus, à la fin, il nous balance son petit rire salace, le bougre... « Sugar And Daddy » est le cadeau de Bono & The Edge de U2 pour Sir Tom... Une petite perle sur laquelle Tom nous fait un cri à la « James Brown » ! « Seasons » est une grande chanson, savamment orchestrée (de jolies sections de cordes) et interprétée avec beaucoup d'émotion.  Tom Jones jette un regard sur son passé : « Le temps ne passe pas sans raison », chante-t-il. « Il s'agit là des saisons de ma vie ».  Alors que « Never », au refrain assez facile mais ô combien efficace, est une chanson qui lui convient à 100 %, Tom Jones nous offre une superbe cover de « The Hitter », un original de Bruce Springsteen. « Seen That Face » (avec une basse d'enfer, des chœurs pertinents et un refrain à nouveau « mémorable »)  et le très solennel « 24 Hours » (à vous donner la chair de poule) clôturent un album que je qualifierais de « révélation de fin d'année » et pour lequel j'attribue une cote maximum de 6 étoiles sans aucune discussion !

"I'm Alive"

Claude François : "Un homme libre"

"Give A Little Love"
Sicilien - Roberto Alagna (Deutsche Grammophon)****  

Pour ce nouvel album rassemblant des chansons siciliennes, le Ténor va jusqu'à affirmer que « c'est le disque qui lui ressemble le plus »... Et c'est vrai qu'il y a mis toute son âme de sicilien, jusque dans sa voix dans laquelle on ressent tout l'enthousiasme, toute la tendresse qu'il réussit à nous faire partager. Ce projet lui tenait à cœur, il y pensait depuis belle lurette car il se souvenait de ce temps béni où ses parents et leurs amis chantaient ensemble ces ritournelles populaires pour comme se rapprocher de leurs racines. Au sujet de la couleur musicale de ce disque, Roberto Alagna déclare : « J'ai voulu de la chanson classique, à l'égal du tango, du jazz ou de la bossa nova ». A la direction orchestrale, on n'est pas étonné de retrouver le très éclectique Yvan Cassar qui, étonné de cette nouvelle sollicitation après avoir réalisé l'album de reprises de Luis Mariano, a pu, en fin de compte et sans surprise, tellement son talent est immense, apporter sa touche créatrice à l'enrobage instrumental des mélodies. Sur « A Lu Mircatu », des cuivres festifs se font entendre, pour « Sicilia Bedda », c'est un accordéon « parisien » qui domine alors que les percussions orientales et la flûte de bambou sont très expressives dans « Carritteri ». On remarque également des influences grecques dans la mélodie à trois temps de « Li Pira » tandis qu'une séduisante mandoline nous caresse les tympans dans « Si Maritau Rosa »... Yvan Cassar avoue s'être basé de la façon dont deux grands chefs qu'il admire énormément, Nino Rota et Ennio Morricone, travaillaient les musiques de films italiennes pour inclure des instruments à bois et à cordes dans « Mi Votu ». Le cinéma est encore à l'honneur avec cette splendide reprise de la chanson du « Parrain », « Parla Piu Piano », la seule de tout l'album à être interprétée en italien. Toutes les autres sont donc chantées en pur sicilien avec l'accent de Syracuse et avec l'appui de son frère Frédérico qui, selon Roberto, connaît mieux ce répertoire que lui. En tout cas, Roberto Alagna a provoqué un élan de ferveur et de fierté avec la diffusion de ce disque car il est le premier chanteur classique à s'être intéressé à ces chansons dont « Abballati », très dansante, est l'ambassadrice toute désignée. Enfin, une berceuse « Ninna Nanna » clôt doucement l'album et n'est pas sans rappeler la chanson de Claude François, du même titre (figurant sur l'album « Le Lundi Au Soleil » sorti en décembre 1972)  que « sa mère chantait quand elle le prenait dans ses bras »...

"Abballati"


Roberto Alagna s'exprime sur son nouvel album

 

Claude François "Ninna Nanna"



Jean-Sébastien Bach  - Hélène Grimaud (Deutsche Grammophon)******

Hélène Grimaud voue une admiration sans bornes à l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Elle le confesse religieusement : « Bach est la Bible, et cela depuis que j'ai commencé à le jouer dans mon enfance; travailler Bach chaque jour était la base, le fondement. Et c'est une Bible qui offre une infinité d'interprétations, à travers lesquelles on peut renouveler son rapport à la musique, à soi-même et au monde ». Pour ce premier CD consacré au compositeur allemand, la virtuose l'a conçu avec des œuvres pour clavier originales ainsi qu'avec des transcriptions réalisées par Busoni, Liszt et Rachmaninov. Pour ces dernières, nous découvrons donc la Chaconne en ré mineur, version Bach/Busoni, la Partita pour violon en mi majeur arrangée par Rachmaninov et le Prélude et Fugue en la mineur, version Liszt. Pour la partie Bach/Bach, Hélène Grimaud n'a pas lésiné sur la difficulté puisqu'elle nous offre une interprétation splendide du Clavier bien Tempéré et du Concerto n° 1 en ré mineur en compagnie du Kammerphilarmonie de Brême. Je le proclame haut et fort : ce disque d'Hélène Grimaud est une réussite totale, de bout en bout. D'un point de vue technique, la pianiste est intransigeante de précision et de maîtrise. Son touché est subtilement bien dosé, tantôt élégant et souple, tantôt nerveux et solide comme l'imposent les partitions. Son jeu est naturel, spontané, sans fioriture et... sans faille. C'est de la toute grande classe. On sent que la musicienne joue avec beaucoup de cœur et de concentration afin que le résultat soit impeccable. Laissons-lui le mot de la fin à propos de son compositeur fétiche : « C'est un compositeur qui fait peur parce qu'on craint de ne pas être à sa hauteur, mais la seule manière de lui rendre hommage est de jouer sa musique dans un esprit d'aventure et de découverte ».  Nommée pour les Victoires de la Musique Classique 2009, ce serait un comble si elle n'était pas reconnue par ses pairs ! En attendant, je lui décerne toutes mes étoiles !


Bach/Busoni "Chaconne" (extrait)
Par BERNIE - Publié dans : MUSIC'S NEWS - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /Déc /2008 18:21

 


Voici la bio et la disco d'un géant de la soul : Marvin Gaye. Né le 2 avril 1939 à Washington, le petit Marvin Pentz Gay Jr est confronté, très jeune, à des violences que son père, pourtant pasteur, lui administre régulièrement. Il va en souffrir pendant toute sa vie pour en être finalement la victime... Sa mère va, par contre, compenser par son affection et s'attachera à lui enseigner les principes fondamentaux de bonne conduite. Très rapidement, il trouve dans le chant et la musique une sortie de secours à ses déboires familiaux. Il s'initie au piano et à la batterie tout en travaillant une voix dont il découvrira peu à peu l'incroyable tessiture. Adolescent, il fait partie de plusieurs groupes et c'est avec « The Marquees » qu'il commence à percer. En 1957, Marvin collabore à l'enregistrement du fameux « I'm Sorry » de Bo Diddley et signe un contrat chez le label « Okeh ». Il rencontre Harvey Fuqua, producteur de disques et à la base du groupe « The Moonglows ». Harvey croit en Marvin qui intègre la formation en 1959 afin de lui donner un nouveau souffle. Mais Fuqua a d'autres ambitions motivées, il est vrai, par sa relation amoureuse avec Gnew Gordy, la sœur de Berry Gordy, père fondateur de la célèbre maison de disques « Tamla Motown ». Harvey plante Marvin pour rejoindre logiquement la mythique major. Ce dernier s'empresse de suivre le même chemin. Il se sépare des « Marquees » et se rend à Detroit où il devient le batteur de Smokey Robinson et « The Miracles » qui viennent de triompher avec « Stop Arround ». Marvin débute véritablement sa carrière solo en 1961 avec "Let Your Conscience Be Your Guide"  et enchaîne avec un premier album "The Soulful Moods of Marvin" qui sort le 8 juin.

 

 

Mais c'est surtout en 1962 qu'il connaît son premier grand succès avec "Stubborn King of Fellow", issu de l'album portant le même titre,  qui lui permet de se classer dans le Top des meilleures ventes.

"Stubborn King of Fellow"

Côté cœur, Marvin fréquente une autre sœur du boss Gordy, Anna qu'il épouse en 1963. Côté musique, les succès se suivent et se ressemblent avec "Pride and Joy" qui atteint la 10ème place au Billboard en juillet 1963 et "Can't I Get A Witness", n° 22 en décembre de la même année. Marvin reste cependant les pieds sur terre et garde au fond de son cœur les valeurs que sa mère lui a inculquées. Il les renforce en décidant d'adopter un petit garçon. En avril 1964, il reprend des « covers » de jazz et de soul dans un album intitulé « When I'm Alone, I Cry » avec notamment « I'll Be Around » et « Because Of You ».

 

 

Fin 1964, il renouvelle l'expérience avec « Hello Broadway » où l'on détecte chez Marvin l'irrésistible envie de se frotter à des monstres sacrés tels Nat King Cole et Frank Sinatra.

 

« How Sweet It Is to Be Loved by You », produit par le trio magique Holland-Dozier-Holland, sort en janvier 1965 et confirme le chanteur dans son succès croissant.


Le 1er novembre 1965, il rend hommage à son idole Nat King Cole décédé le 15 février dernier en publiant un album de reprises « A Tribute To The Great Nat King Cole » avec, principalement, « Nature Boy », « Too Young », « Pretend », « Mona Lisa » et bien évidemment « Unforgettable ».

 

Marvin ne se repose pas sur ses lauriers et édite, le 23 mai 1966, son septième album « Moods Of Marvin Gaye » avec deux titres particulièrement forts : « I'll Be Doggone » et « Ain't That Peculiar » qui seront deux numéros 1 Rhythm'n'blues.

 

« Ain't That Peculiar »


Sa carrière prend un nouvel essor par son choix d'interpréter de nouvelles chansons en duo notamment avec Mary Wells (qui avait déjà enregistré un album de duos avec Marvin, « Together », sorti le 15 avril 1964), Oma Heard, Kim Weston avec qui il enregistre un 33 tours « Take Two » paru le 25 août 1966 et  surtout Tammi Terrell avec qui il obtient un formidable « hit » en 1967 avec le fantastique "Ain't No Mountain High Enough" (n°19 en juillet 1967) extrait de l'album « United » sorti le 29 août.

 

   

 

"Ain't No Mountain High Enough" (avec Tammi Terrell)


Leur amitié et leur complicité se poursuivent avec la sortie d'un second album de chansons en duo intitulé « You're All I Need » en août 1968.

Au cours de la même année, Marvin s'associe avec le producteur des « Temptations », Norman Whitfield (décédé le 16 septembre 2008 à l'âge de 68 ans) pour enregistrer l'un de ses plus gros tubes : "I Heard It Through The Grapevine" (de l'album « In The Groove ») qui devient n° 1 en décembre 1968.  

 

"I Heard It Through The Grapevine"

Marvin continue son irrésistible ascension avec « M.P.G. » (les initiales de son véritable nom Marvin Pentz Gay Jr) qui deviendra l'album le mieux vendu de sa discographie des années 60. Paru le 30 avril 1969, il se classe à la 33ème position du Billboard et propulse un titre n° 1 dans les Charts Rhythm'n'blues avec "Too Busy Thinking About My Baby".

 

 

Ensuite, Marvin et Tammi Terrell se retrouvent pour l'enregistrement d'un troisième album de duos : « Easy » qui paraît le 16 septembre 1969.  

 

Début janvier 1970, il enchaîne avec « That's the Way Love Is » dont se démarquent sa cover de « Yesterday » des Beatles et "Abraham, Martin & John", une chanson composée par Dick Holler en hommage à Abraham Lincoln, Martin Luther King et John F. Kennedy, qui atteint la 9ème place en juin dans le hit parade anglais.

 

Malheureusement, tout bascule en 1970 avec la disparition de Tammi Terrell qui l'affecte énormément tout comme ses problèmes sentimentaux avec Anna. Terriblement marqué par ces épreuves, Marvin sera tenté de mettre fin à ses jours. C'est encore une fois la musique qui vient le sauver avec l'enregistrement d'un nouvel « album concept » en 1971 dont trois chansons, qui le composent, obtiennent, successivement, un égal succès : "What's Going On" (du nom de l'album), "Inner City Blues" et "Mercy Mercy Me" . De par les textes des chansons qui illustrent cet album mémorable, Marvin se penche sur les combats qui font rage au Vietnam et interpelle les mentalités sur les revendications pour les droits civiques.

 

"What's Going On"

Très ancré dans sa quête d'une nouvelle philosophie, Marvin sort "Let's Get It On" en 1973 et confirme sa place dans le cercle privé des « parrains » de la soul. Ce nouvel album s'inscrit dans un contexte plus « sirupeux » que le précédent, axé sur sa relation extraconjugale avec une jeune fille de 17 ans (alors qu'il en a le double). Evidemment, cette infidélité se traduit par un divorce pour lequel Anna touche la modique somme de 600.000 $. Une ère de troubles et de déchéance commence alors avec l'alcool et la drogue qui feront partie du quotidien du chanteur.

 

"Let's Get It On" en "live" en 1976

Le 19 juin 1974, un album « live » (« Marvin Gaye, Live ! ») sort et propose un concert enregistré au Coliseum d'Oakland le 4 janvier 1974. 

 

 

"Inner City Blues"

Au bord du désastre financier, Marvin continue sa carrière et fait paraître, en 1976, "I Want You" qui ne recueille pas le succès escompté.

 

 

En mars 1977, Marvin renoue avec le succès et fait un tabac avec son disque "Marvin GAYE Live At The London Palladium" qui contient le fabuleux titre disco "Got To Give It Up Part.1" avec lequel il décroche un dernier n° 1.  

 

"Got To Give It Up Part.1"


En décembre 1978, c'est "Here, My Dear" qu'il choisit comme titre de son nouvel album, en référence à son ex-épouse, dont les droits lui seront intégralement reversés. Toujours habité de ses démons, l'alcool et la drogue, Marvin décide de ne plus se produire sur scène.


Après un ultime album "In Our Lifetime" (1981) réalisé pour la Motown, Marvin Gaye s'enfuit des Etats-Unis pour s'installer en Belgique, à Ostende où il se ressource, où il réapprend avec soulagement à redevenir un homme comme les autres en se fondant, avec complaisance, dans la mentalité et la gouaillerie  de la population locale. Loin de ses terres, Marvin a pourtant toujours envie de créer et il a besoin à nouveau de faire de la musique. Il fait donc appel à Harvey Fuqua et à Gordon Banks pour l'aider à concevoir et à superviser un nouvel album... qui sera son testament.

 

En octobre 1982 sort "Midnight Love", enregistré dans les Studios Katy de Marc Aryan à Ohain, d'où s'extraient « Turn On Some Music », « Third World Girl », mais surtout le fantastique « Sexual Healing » pour lequel il reçoit deux Grammy Awards en 1983.

 

« Sexual Healing »

Motivé par ce regain de popularité, il accepte de repartir en tournée mais sa dépendance à la cocaïne lui vaut de nouveaux désagréments et ses prestations sur scène s'en ressentent. Deux ans après avoir séjourné dans la Reine des Plages, Marvin repart à Los Angeles pour vivre chez ses parents. Le 1er avril 1984, au cours d'une violente altercation avec son père, Marvin est abattu par celui-ci de deux balles de revolver. Il devait fêter ses 45 ans le lendemain... 

Le lien avec Claude François !

« Tu es tout pour moi » est l'adaptation de « You Are Everything » interprétée par Marvin Gaye en duo avec Diana Ross et classée n° 5 dans le Top anglais. L'original est tiré de l'album « Diana & Marvin » paru le 26 octobre 1973.

 

 

« You Are Everything »

Composée au départ par Thom Bell et Linda Creed, la chanson plaît immédiatement à Cloclo qui charge le fidèle Eddy Marnay d'écrire la version française qui, bien que nantie d'une orchestration de qualité et d'une interprétation parfaite de l'idole, passera quasi inaperçue pour ne figurer qu'en dernière plage de l'album « Le mal aimé » enregistré pour l'été 1974...

 

 

« Tu es tout pour moi » 
Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : Toutes les musiques
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