Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /2007 18:45
C-est-la-m--me-chanson-copie-2.jpg Février-mars 1971 : Claude François effectue une tournée triomphale au Canada où il fait un carton avec sa chanson « Un homme libre »… Assez bizarrement, ce titre passera plutôt inaperçu en France. Mais il ne veut pas revenir dans sa chère patrie sans un nouveau « hit » dans sa valise… L’artiste doit confirmer le succès de l’album précédant qui contenait « Si douce à mon souvenir », « C’est de l’eau, c’est du vent », « Fleur sauvage » et « Parce que je t’aime mon enfant ». Pas facile de faire mieux, sinon autant ! Cependant, Cloclo a plus d’un tour dans son sac… Il a réussi à réserver un studio à la mythique « TAMLA MOTOWN » ! Afin d’avoir tous les atouts dans son jeu, il s’est adjoint les services de son fidèle compère Jean-Pierre Bourtayre. Nos deux amis arrivent à Détroit, dans le Michigan, et, à peine franchi le seuil de ce domaine légendaire d’où jaillirent une quantité incroyable de tubes enregistrés par de « grosses pointures », de Stevie Wonder à Diana Ross, en passant par Marvin Gaye, les Jackson 5, Smokey Robinson, etc…, ils furent accueillis et épaulés par le producteur Henry Cosby (ci-dessous) qui supervisera les prises de « C’est la même chanson », « Bernadette » et « Réveille-moi », les 3 chansons qui, finalement, sortiront de ces séances. 
Henry-Cosby.jpg
Encore aujourd’hui, Jean-Pierre Bourtayre se souvient de ce séjour exceptionnel. Dans un témoignage de l’époque, il signale que Claude était ravi, qu’il réalisait là ce qu’aucun autre artiste français n’avait jamais fait avant lui. L’immeuble où étaient disposés ces studios était avant un hôpital dont toutes les pièces avaient été réaménagées en petits bureaux : d’un côté, on pouvait trouver les directeurs artistiques et les managers; de l’autre, les compositeurs. Dès qu’une chanson était prête, cette proximité permettait à tout le monde de se focaliser sur la sortie et la commercialisation du titre; le gain de temps était très appréciable et le disque pouvait atterrir très rapidement dans les bacs des disquaires ! Claude François raffolait de cette façon de procéder et aurait bien voulu, ainsi, disposer de nombreux compositeurs à son service ! Les musiciens travaillaient constamment dans les studios afin de définir et peaufiner les bases rythmiques de toutes les chansons « TAMLA ». Claude se permit d’aller à leur rencontre et ils en furent touchés : c’était la première fois qu’un artiste venait les saluer; les séances étant faites « à la chaîne », comme dans une véritable usine. Ils n’avaient jamais l’occasion de fréquenter les artistes… Claude François fut très satisfait des arrangements reproduisant très fidèlement le son « TAMLA » tel qu’il l’avait toujours souhaité.
 
Num--riser0003.jpg
A partir de 1971, la carrière de l’idole sera marquée par cette chanson puisque désormais elle signalera la fin de chacun de ses concerts. Tout d’abord chantée dans son intégralité (avec un rythme accéléré !), elle se verra réduite malheureusement à sa plus simple expressivité, s’enchaînant après le premier refrain de « J’attendrai »… La meilleure version sur scène demeure incontestablement celle livrée lors de son soi-disant dernier spectacle le 12 janvier 1974 à Forest National. 


Commentaires techniques 
Dès les premières mesures, la couleur « soul » est hautement mise en valeur par une dominante « basse-batterie », nous avons affaire à un accompagnement musical d’excellente qualité. L’introduction est unique par l’ajout instantané d’instruments : la basse imprime déjà un tempo annonçant que la suite ne sera pas de tout repos. En quelques secondes, un trombone « bien gras » vient s’imbriquer sur la basse, suivi de près par trois notes répétitives au piano, le tout enveloppé par une salve de cuivres avant que Claude ne vienne, superbement, déposer sa voix. Dans la deuxième moitié du premier couplet, quelques violons font leur apparition pour amener le refrain et se dissolvent dans un ensemble de cordes beaucoup plus volumineux. La voix claire et hautement perchée de Claude (il se cantonne continuellement entre le « fa » et le « la » avec même une ou deux folles et déconcertantes incursions dans le « si » !) reste admirablement bien en avant et domine l’emballage musical. Le reste est du même acabit : rondement mené sur un rythme d’enfer dont l’intensité atteint son summum quelques mesures avant la fin, un tambourin venant s’incruster subtilement dans le « contretemps » de la « basse-batterie ». Ce n’est pas étonnant que cette chanson conserve encore de nos jours toute sa fraîcheur musicale, près de 40 ans après son enregistrement, elle parviendrait, sans aucun chauvinisme « claudien » exagéré, à faire pâlir certaines productions actuelles !
  album200-10926.jpg "It’s The Same Old Song" est initialement enregistrée par « The Four Tops » le 8 juillet 1965 et figure sur leur second album. En l’espace d’une journée, cette chanson est passée du producteur au consommateur ! Eh oui, 22 heures sur 24, les auteurs bûchaient à trouver de nouvelles idées de chansons, les plus prolifiques étant certainement le trio composé par les frères Holland et Lamont Dozier. Le lendemain de la création, 1500 exemplaires furent distribués dans les radios locales et le titre se vit catapulté tout de suite à la cinquième place du Bilboard ! Il faut dire aussi que Berry Gordy (ci-dessous), le fondateur de la « MOTOWN » en 1959 était très exigeant et avait le contrôle absolu sur son empire, ne laissant jamais rien au hasard. En 1967, un litige opposera d’ailleurs ce dernier au célèbre trio souhaitant devenir indépendant et produire leurs propres compositions… (à suivre)
images.jpg
Voici la version originale par « The Four Tops » qui vous permettra de la comparer à l’adaptation française. Je pense sincèrement que cette dernière tient solidement la route par rapport à l’original et n’a rien à lui envier sur le plan de la qualité orchestrale, que du contraire…  
 
Par BERNIE - Publié dans : Les chansons de Claude - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /2007 21:11
9157054-9157057-large.jpg Il est très difficile d’effectuer une sélection impartiale et restrictive dans la riche discographie de James Brown.
Aussi, le choix que je vous propose ci-dessous peut paraître judicieux dans l’optique de posséder l’essentiel. Evidemment, je pourrais l’étoffer en choisissant tel album studio par rapport à un autre mais j’ai surtout cherché à privilégier les enregistrements « live » et une compilation de qualité regroupant les 40 plus grandes chansons du « Godfather Of Soul ».
Vous pourrez ainsi apprécier le magnétisme que James Brown pouvait exercer sur son public; ce pouvoir qui n’appartient qu’à très peu d’artistes s’est amplifié avec le temps et le « Live at the Olympia - Paris » de 1971 le prouve : James Brown se déchaîne, crie, hurle, dirige sa formation comme un général de guerre, tombe, se relève comme un boxeur qu’il aurait aimé être pour un final grandiose… Désormais, pour toute analyse que j’aurai le plaisir de vous livrer, j’indiquerai une (ou plusieurs) étoile(s) d’appréciation suivant la légende ci-après :
 
*               Pas mal, sans plus
**             Pas mal du tout
***           Bon
****         Vachement bon
*****       Super
******     Indispensable, à se rouler par terre….
 
Oui, ce sont des cotations farfelues, je vous le concède, mais qui sortent de l’ordinaire (ça, on l’aurait deviné sans le dire) afin d’apporter à ce site la petite touche d’humour qui manquait…
 
Voici donc par ordre chronologique de leur sortie les disques que je vous recommande avec un bref commentaire personnel :
Live-20At-20The-20Apollo-20vol--202.jpg
  JAMES BROWN « LIVE » AT THE APPOLO *****
Enregistré le 25 juin 1967
Introduction
Think
I Want To Be Around
Thanks
That’s Life
Kansas City
Let Yourself Go
There Was A Time
I Feel All Right
Cold Sweat
It May Be The Last Time
I Feel Good (I Got You)
Prisoner Of Love
Out Of Sight
Try Me
Bring It Up
It’s A Man’s, Man’s Man’s World
Lost Someone (Medley)
Please, Please, Please

peewee2.jpg

Alfred “Pee Wee” Ellis  

The Band :
Alfred “Pee Wee” Ellis (orgue, saxophone alto, chef d’orchestre)
Maceo Parker & L.D. « Eldee » Williams (saxophones ténors)
St. Clair Pinckney (saxophone baryton)
Waymon Reed & Joe Dupars (trompettes)
Levi Rasbury (trombone à coulisse)
Jimmy « Chank » Nolen & Alphonso « Country » Kellum (guitares)
Bernard Odum (basse)
John “Jabo” Starks & Clyde Stubblefield (percussions)
Ronald Selico (bongos, batterie)
Accompagnements vocaux : Marva Whitney (sur “Think”)
Violons : Sylvia Medford, Marilyn Jones & Richard Jones (sur “I Want To Be Around” et “That’s Life”)

 
Commentaire : après une intro où les cuivres ne sont pas encore bien chauffés, “Mr Dynamite” débute avec “Think” en prenant sagement quelques précautions (auditivement, on sent bien qu’il en garde sous la pédale); il faut en effet attendre “Kansas City” pour se trémousser un peu et… progressivement, les cuivres bien rôdés s’expriment enfin pleinement, apportant une dimension rythmique bien soutenue par une basse omniprésente. La communion entre l’artiste et son public sera parfaite dans « I Feel All Right ». Environ 25 minutes plus tard, on alternera plus souvent les changements de rythmes avec « I Feel Good » et « Out Of Sight » beaucoup trop brefs entrecoupés par un « Prisoner Of Love » musicalement plus lent mais vocalement aussi éreintant, James Brown versant dans le « pathétique ». Cependant, il a le bon goût de ne pas lâcher son emprise et sa plainte n’en est que plus majestueuse… « Bring It Up » sera le dernier morceau vraiment bien chaloupé avant l’increvable « It’s A Man’s, Man’s, Man’s World » que tout le monde attend, génial de bout en bout. La fin est un peu en dessous du reste mais « Please, Please, Please » remet les pendules à l’heure et clôt dignement ce récital comme il se doit !
Love-power-peace.jpg
JAMES BROWN
« LOVE POWER PEACE LIVE AT THE OLYMPIA. PARIS.1971” ******
Brother Rapp
Ain’t It Funky Now
Georgia On My Mind
It’s A New Day
Bewildered
Sex Machine
Try Me
Medley : Papa’s Got A Brand New Bag/I Got You (I Feel Good)/I Got The Feelin’
Give It Up Or Turn It A Loose
It’s A Man’s, Man’s, Man’s World
Please, Please, Please
Super Bad
Get Up, Get Into It, Get Involved
Soul Power
Bobby-Byrd-300.jpg

Bobby Byrd (décédé le 12 septembre 2007 à l’âge de 73 ans)  

The “JB’s” :
Bobby Byrd (claviers, direction d’orchestre, accompagnements vocaux)
Bootsy Collins (basse)
Phelps Collins (guitare)
Cheese Martin (guitare)
Hasaan Jamison (trompette)
Chicken Gunnells (trompette)
Fred Wesley (trombone)
St. Clair Pinckney (saxophone)
Jabo Starks (batterie)
Tiger Martin (guitare)
David Matthews (piano électrique)
 
Commentaires : bien évidemment, je décerne à cet enregistrement une étoile supplémentaire dans la mesure où ce “live” est gigantesque. Tout d’abord, « Mr Dynamite » nous livre une prestation irréprochable malgré des problèmes de voix. Malgré ce handicap primordial, il parvient à nous enflammer. Le rythme est beaucoup plus soutenu que dans le « Live at the Apollo », les « JB’s » créent une ambiance de tonnerre ! C’est un pur régal, un bonheur intégral dont l’intensité ne faiblit pas le temps d’une seconde… Les meilleurs moments sont assurément les interprétations de « Ain’t It Funky Now » qui a le don de mettre le feu aux poudres dès le début et « Sex Machine » qui est tout bonnement fantastique par la durée (plus de 8 minutes d’extase auditive !). Par contre, j’étais prêt à retirer une étoile du fait que le « Medley » me semblait beaucoup trop court mais sa performance (plus de 5 minutes d’anthologie musicale !) dans « Give It Up Or Turnit A Loose » atténue sensiblement cette petite déception et j’accorde à ce disque la plus haute appréciation ! Si vous avez l’occasion de vous le procurer, n’hésitez pas, vous ne le regretterez pas : vous passerez plus de 60 minutes extraordinaires et vous serez envoûtés… éternellement !
GetMediaServlet.jpg
 
JAMES BROWN : JB40 - ANNIVERSARY COLLECTION ****
2 CD
 
CD 1 : Please, Please, Please/Try Me/Good Good Lovin’/I’ll Go Crazy/Think/Lost Someone/Night Train/Prisoner Of Love/Out Of Sight/Papa’s Got A Brand New Bag/
I Got You (I Feel Good)/It’s A Man’s, Man’s, Man’s World/Money Won’t Change You/Cold Sweat/There Was A Time/I Got The Feelin’/Licking Stick, Licking Stick/
Say It Loud (Say It Live)/Give It Up Or Turnit A Loose/
I Don’t Nobody To Give Me Nothing/Mother Popcorn/Hey America
 
CD 2 : Sex Machine/Super Bad/Soul Power/Hot Pants/Make It Funky/Talking Loud And Saying Nothing/King Heroin/Get On The Good Foot/The Boss/Doing It To Death/The Payback/Papa Don’t Take No Mess/My Thang/Funky President/Get Up Offa That Thing/Bodyheat/It’s Too Funky In Here/Living In America.
 
Commentaires : 4 étoiles (je préfère de loin les enregistrements “live”) car c’est une compilation qui regroupe à la fois des énormes hits et des titres de second plan. Cependant, c’est l’idéal pour survoler la carrière fantastique d’un artiste de légende. Dommage que les concepteurs de cet ouvrage se soient arrêtés à l’année 1986 où il décrocha son dernier « numéro 1 » avec « Living In America ». Dan Hartman (à l’origine de quelques créations « disco » de qualité, j’y reviendrai dans un article que je consacrerai entièrement à cette mode) doit absolument recueillir une part de lauriers dans la reconquête de cette première place car il est vrai que ses compositions pour l’album « Gravity » (dont est issu « Living In America ») ont donné un nouveau souffle à la carrière de James Brown. A propos justement de cet album, on regrettera l’absence de 2 titres qui y figuraient : « Gravity » où James martèle le rythme de ses incomparables cris comme il a pu le faire en ses plus beaux jours et « How Do You Stop » qui a la particularité de commencer sur un mode mineur pour se prolonger et se terminer sur un mode admirablement « funky » !   
 
Bon, il est difficile de résister à l’envie de vous inviter à regarder une dernière vidéo de James Brown avant que vous ne cliquiez sur la petite croix…


Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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