Vendredi 30 novembre 2007
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« And now, this is showtime, Ladies and Gentlemen… JAAAAAAAAAAMES BROWN ! ». Après une intro de tonnerre menée sur un
train d’enfer par son chauffeur de salle, Danny Ray, le « Godfather of Soul » ou, si vous préférez, « Mr Dynamite »
(les deux surnoms lui étaient exclusivement attribués) fait une entrée triomphale sur scène et commence son récital, fin des années 70 ou début des années 80, sur les chapeaux de roues avec
« Give it up or turn it loose » (écrit par Charles Bobbit, enregistré le 29 octobre 1968 au « Criteria Studios » de Miami et présent sur
l’album « Ain’t It Funky » en 1970) suivi de « It’s too funky in here » (composé par George Jackson, Walter N.
Shaw, Brad Shapiro et Robert Miller, enregistré en 1978 et qui constitue son seul et véritable succès de la fin des années
70).
James Brown - Give it up or turn it loose
...
Afin de vous plonger directement dans l’ambiance, voyez cette fantastique vidéo dans laquelle James Brown interprète le premier
titre cité ci-dessus suivi par son légendaire « Sex Machine » (de James Brown, Bobby Bird et Ron
Lenhoff, sorti en 1970) qui marque le début du groupe « JB’s » qu’il crée avec Bobby Byrd (disparu le 12 septembre 2007), ce dernier faisant
déjà partie de sa première formation « The Famous Flames » (photos ci-dessous), qui comprend essentiellement le bassiste Bootsy Collins, son frère, le
guitariste Phelpa Collins et le tromboniste Fred Wesley.
Un mystère a toujours plané sur l’année de la naissance de James Brown. Elle se situe entre 1928 et 1933 et
c’est cette dernière qui a été finalement mentionnée dans les registres de l’Etat de Caroline du Sud. C’est précisément à Barnwell le 3 mai qu’il voit le jour. Issu d’un milieu pauvre, il est
contraint, très jeune, à travailler pour contribuer aux besoins de la famille émigrée à Augusta, en Géorgie. Ses premiers cachets proviennent du coton qu’il récolte dans les champs voisins et
des cirages de chaussures qu’il pratique en centre-ville. Très rapidement, il se sent attiré par le monde artistique et il fréquente assidûment les salles de danses. Malheureusement, à 16 ans,
il commet une attaque à main armée et est condamné à être incarcéré dans un centre pour jeunes délinquants. Toutefois, il est libéré trois ans plus tard pour bonne conduite mais ce jugement est
assorti de deux impératifs : il lui est formellement interdit de retourner à Augusta et il doit trouver un emploi. Toujours attiré par le chant et la danse, le jeune James s’intègre à un
groupe vocal, Avon, dirigé par un chanteur de gospel et de rhythm and blues : Bobby Bird. Ce dernier remarque tout de suite en sa nouvelle recrue un
enthousiasme et une motivation exceptionnels. Rapidement, James s’impose comme meneur et en 1956, le groupe rebaptisé The Famous Flames pour former « James Brown and The
Famous Flames » sort « Please, please, please » (de James Brown et Johnny Terry) qui est le point de départ d’une carrière
phénoménale. En effet, ce titre atteint le million d’exemplaires vendus ! Dans la foulée, neuf autres chansons sont enregistrées mais ne récoltent aucun
succès !
James Brown doit attendre
1958 pour décrocher, enfin, un second tube avec « Try me » de sa composition. Cette chanson précédera d’autres hits tels « I’ll Go Crazy »
qu’il écrit également en 1959 et « Bewildered » (de Whitcup et Powell) en 1960. James Brown accumule les numéros 1 : « Night Train » (de Jimmy
Forrest) en 1961, « Out of Sight » (de Ted Wight) en 1964, « Papa’s Got A Brand New Bag » (de
Brown), le formidable « I Got you (I Feel Good) » (encore de Ted Wight) en 1965, « Cold
Sweat » (de Brown et Ellis) en 1967 et le superbe « I Got The Feeling » (de Brown) en 1968 définissent un rythme
et un son tout à fait particuliers, propres à l’artiste qui enrichissent spectaculairement ses performances scéniques (si ce n’est déjà fait, je vous conseille d’ailleurs de vous approprier les
deux volumes du « Live At The Apollo » de 1968 pour que vous puissiez vous rendre compte de l’impact considérable que provoqueront ces chansons sur
la suite de la carrière de l’idole, à un point tel qu’elles deviendront indissociables de leur interprète pour figurer perpétuellement dans chacun de ses récitals). Toutefois, n’omettons pas la
fabuleuse ballade soul très mélodramatique qu’il coécrit avec Betty Newsome et qu’il enregistre entre-temps en 1966 : « It’s A Man’s, Man’s
World » qui lui octroie un moment de répit dans le tempo effréné qu’il imprime à ses apparitions en public. Avec « Out Of Sight » et
« Night Train », James Brown a jeté les bases du Funk dont la recette comprend des arrangements bruts, sans fioritures, assortis
d’une importante section de cuivres et de percussions bien présentes, sa voix inimitable et ses cris saccadés apportant un plus indéniable à la pulsation rythmique de l’ensemble. De plus en
plus, il apporte à la confection de ses titres « live » des intermèdes parlés qu’il adresse directement aux spectateurs. Vous l’aurez compris, il est le digne précurseur du
Rap. Il introduit également des répétitions et des ruptures de rythmes dans ses interprétations, le tout mixé à des tempos différents. C’est époustouflant. La fin des années 60
est le moment qu’il choisit pour politiser ses chansons : « Say It Loud (I’m Black and I’m Proud) » (à nouveau de Brown et
Ellis) en 1968 et « I Don’t Want Nobody To Give Me Nothing » (de Brown) en 1969. Ses thèmes préférés sont son
appartenance à sa race et son amertume sur la société. Son fabuleux pouvoir de magnétisation sur les foules font des émules en la personne de Michael Jackson qui devient l’un
des ses plus fervents admirateurs. Plus tard, Prince puisera également son inspiration dans le répertoire de James Brown pour définir ses racines
musicales.
A l’aube des années 70, James Brown fourmille de nouvelles idées et il innove,
avec la complicité de Bobby Bird, par le renouvellement de son orchestre. Désormais, il les appellera les « JB’s » (photo ci-contre). Le titre qui
marquera cette transition est bien entendu « Sex Machine ». D’autres titres emblématiques lui succèdent tels « (Call Me)
Superbad » (de Brown) toujours en 1970, le fantastique « Soul Power »
(de Brown), « Hot Pants » (de Brown et Wesley) en 1971, l’excellent
« Get On The Good Foot » (de Brown, Wesley et Mims) en 1974 et “Get Up Offa That
Thing” (de Brown) en 1976 avant l’avènement du Disco avec « It’s Too Funky In Here » en 1978 où,
malgré ce nouveau mouvement musical, il a le bon goût de conserver sa marque de fabrique : un tempo rapide, entrecoupé de changements de rythmes où les cuivres et la basse se marient
harmonieusement. En outre, il nous gratifie continuellement et généreusement de ses cris et râles légendaires !
Les années 80 sont malheureusement moins prolifiques. Malgré un « revival » avec l’arrivée salvatrice
de Dan Hartman qui produit et lui concocte, avec Charlie Midnight, l’album « Gravity » en 1986 (qui comprend
« Living In America », chanson fétiche du film « Rocky IV » et son dernier numéro 1 à ce jour) et l’album « I’m
Real » en 1988 où il fait la pige aux hordes de gangs rappers, la popularité de James Brown en prend un sacré coup avec son arrestation la même année pour
détention d’armes et de stupéfiants, ainsi que pour violence conjugale. Il est condamné à 6 ans de prison ! Toutefois, sa peine est réduite à 3 ans et il recouvre la liberté en 1991. Sa
production musicale est moins dense mais retenons quand même deux albums qui valent le détour : « Universal James » en 1992, aux accents
« Rap », qui marque donc son retour après des mois de longue disette et « I’m Back » en 1998 avant un ultime et décevant
« The Next Step » en 2002. Cependant, le « Godfather » n’a pas encore abdiqué et ses prestations sur scène (réduites à 45 minutes effectives, le reste du
récital étant assuré par ses musiciens) sont toujours saluées avec beaucoup de respect; pour preuve, sa dernière participation à « Couleur Café » à Bruxelles le 30 juin 2006 où il est
toutefois apparu fort amaigri.
Le 23 décembre 2006, l’artiste se rend, souffrant, chez son dentiste pour une implantation dentaire. Ce
dernier, constatant le piètre état général du chanteur, lui recommande de consulter un médecin afin qu’il évalue son état de santé. Celui-ci est sans appel : James Brown
est admis le lendemain dans un hôpital d’Atlanta pour pneumonie dont il aurait contracté les symptômes lors d’une tournée en Europe le mois précédent. La star ne veut rien entendre, il compte
bien honorer ses contrats pour lesquels il doit se produire au Count Basie Theatre dans le New-Jersey pour le passage à l’année 2007 ainsi qu’au club de blues de
B.B. King à New-York et, enfin, sa participation est prévue à un show télévisé à la CNN où il doit interpréter une chanson en direct. Le 25 décembre 2006, à 1
heure 45, « Mr Dynamite » murmure à l’oreille de son fidèle ami, Charles Bobitt, qui sera resté à ses côtés jusqu’à son dernier souffle : « Ce soir, je m’en
vais ». Il aurait pris trois longues respirations avant de s’éteindre à tout jamais. Une insuffisance cardiaque et de graves problèmes pulmonaires sont à l’origine du décès de James Brown.
Le monde de la musique noire est en deuil.
Le lien avec Claude
François !
Claude François voue
une admiration sans bornes à James Brown. Il effectue ainsi sa première sortie officielle avec la future mère de ses enfants, Isabelle Forêt, le 21 septembre 1967 afin d’aller
applaudir « The Godfather Of Soul » dans son tout nouveau spectacle à l’Olympia. L’influence de ce dernier sur le show de l’époque de l’idole française est flagrante.
Pour la scène, Cloclo lui pique quelques samplés d’ « Out Of Sight » pour agrémenter une partie orchestrale et
dansante de sa chanson d’ouverture « Je tiens un tigre par la queue ». Pour le final, il reprend même « I Got The Feelin’ » pour présenter
les Clodettes ! Je vous propose une autre vidéo de James Brown justement à l’Olympia en 1967 avec sa chanson d’introduction « Out Of Sight »
dont la manière de bouger rappelle incontestablement la façon avec laquelle Cloclo se trémousse dans « Mais quand le
matin » !
Par BERNIE
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Publié dans : The Kings Of Soul
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Samedi 24 novembre 2007
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MARIA MALIBRAN 1808-1836
Londres 1825-1836
VINCENZO BELLINI LA SONNAMBULA
JOHANN NEPOMUK HUMMELAIR À
LA TIROLIENNE AVEC VARIATIONS
FELIX
MENDELSSOHN INFELICE (London version)
New-York 1825-1827
MANUEL GARCIA LA FIGLIA DELL’ARIA *EL POETA
CALCULISTA
Paris 1827-1832
VINCENZO BELLINI
I PURITANI Malibran version
JACQUES FROMENTAL HALÉVY
CLARI
Bruxelles 1829-1836
MARIA
MALIBRAN RATAPLAN
Naples 1832-1835
GIOVANNI
PACINI IRENE -TANCREDI
GIUSEPPE
PERSIANI INES DE CASTRO
LAURO
ROSSI AMELIA
Milan 1834-1836
VINCENZO
BELLINI NORMA
MARIA
MALIBRAN L’ELISIR D’AMORE
Cecilia Bartoli
Orchestra La Scintilla
Adam Fischer
Maxim Vengerov (violon) – Celso
Albelo (Ténor) – Luca Pisaroni (Baryton Basse)
International Chamber Soloists – Chorus
master : Jürg Hämmerli
C’est avec une grande joie que je vous présente ce récent et très beau CD de la très talentueuse mezzo-soprano italienne Cecilia
Bartoli.
A l’écoute de cet enregistrement, il n’est pas exclus de penser que l’artiste
n’a pas encore exploré toutes les facettes de sa splendide voix. La concrétisation de ce projet qui lui tenait tant à cœur lui vaut d’accomplir un fameux pas en ce sens. On ne peut que
l’applaudir dans ce choix qui aura certainement une incidence dans l’évolution de sa déjà longue carrière. En effet, à 41 ans, la chanteuse présente une élogieuse carte de visite ! Ses
parents eux-mêmes chanteurs professionnels lui transmettent de généreux gènes qui lui valent de passer, à l’âge de 19 ans, une audition à la Scala sous la direction de Ricardo
Muti qui l’avait remarquée lors d’une émission musicale italienne à laquelle elle participait.
Elle ne fait que confirmer les excellentes capacités vocales qu’elle avait démontrées un an plus tôt lors d’un concert à l’Opéra de Paris, en hommage à
La Callas. Cet événement est capté et diffusé sur Antenne 2 dans une émission d’Eve Ruggieri en 1987. La carrière de Cecilia
Bartoli est définitivement lancée. Elle se spécialise dans les œuvres de Mozart et Rossini. En 1988, elle est une parfaite Rosina dans « Le Barbier
de Séville ». Toujours à l’affût de jeunes talents, Herbert Von Karajan la « courtise » et lui demande de chanter la Messe en Si de Bach
au Festival de Pâques de Salzbourg en 1990. Malheureusement, la disparition du grand chef d’orchestre empêche l’aboutissement de ce projet. Daniel Barenboïm prend le relais et la
cantonne dans le répertoire de Mozart. Elle campe magnifiquement Despina dans « Cosi Fan Tutte » en 1996 au Metropolitan Opera.
Cecilia Bartoli déchaîne les passions par sa fougue, sa vivacité et son enthousiasme. Elle déploie une telle énergie que les mauvaises langues la critiquent d’ « en
faire un peu trop »…
Faisant fi de ces considérations, la mezzo-soprano s’aventure dans un
autre domaine : elle sort un CD « Vivaldi album » en 1999 constitué d’airs oubliés. C’est un succès immédiat : 500.000 exemplaires vendus en quelques jours
feront taire ses détracteurs… Sa soif de découvertes ne s’arrête pas en si bon chemin. En 2001, elle édite un nouveau recueil de compositions de Gluck et en 2003, elle se
consacre aux œuvres de Salieri. En 2005, sa curiosité va la conduire à l’enregistrement d’un nouveau CD en hommage à une époque méconnue : la Rome des
Castrats dans les années 1700. 2007 salue la venue de « l’ère Malibran » en souvenir de cette mezzo-soprano qui décéda en pleine gloire en 1836 à l’âge de 28
ans.
De son véritable nom
Maria-Felicità Garcia, elle subit les foudres de son père, Manuel Garcia, un grand ténor, qui la contraint à suivre la voie du succès et à
se produire sur scène à l’âge de 6 ans à peine ! Ce dernier tient absolument à conduire sa carrière et l’emmène à 17 ans en Amérique où elle fait la connaissance de son futur époux,
Eugène Malibran.
Le mariage sera éphémère; Maria le quitte pour s’unir à
Charles-Auguste de Bériot, compositeur et violoncelliste avec qui elle aura un garçon en 1833 : Charles Wilfrid de Bériot qui sera un illustre pianiste. La
famille se base à Bruxelles, dans l’actuelle maison communale d’Ixelles. Entre-temps, la cantatrice est de plus en plus sollicitée; les héroïnes de Mozart,
Rossini, Beethoven, Bellini et Donizetti recueillent ses faveurs et elle reçoit également les vifs encouragements de
Chopin et de Liszt.
Malheureusement, la fatalité s’abat sur elle
en 1836 suite à une chute de cheval. Alors qu’elle est enceinte, Maria Malibran poursuit dangereusement le rythme effréné de sa carrière et meurt d’épuisement à Manchester en
septembre de la même année. Son corps est rapatrié en Belgique pour être inhumé au cimetière de Laeken où un mausolée est érigé en son honneur. Alfred de Musset et
Lamartine s’exprimeront à son sujet et entretiendront sa légende qui s’étendra à une reconnaissance unanime de la part des divas qui vont lui
succéder.
2008 verra la célébration du bicentenaire de la naissance de Maria
Malibran. Une date que Cecilia Bartoli marquera de son empreinte ou plutôt de sa voix qui, à peu de différences près, ressemble à celle de la chanteuse qu’elle vénère
tant…
Une adoration qui suscite en Cecilia le désir de s’approprier des objets
personnels de la diva.
Je vous propose d’ailleurs de les découvrir ci-dessous :
A l’origine de l’album, soulignons la perspicacité de Christopher
Reaburn (photo ci-contre), directeur artistique de Decca, la maison de disques de la cantatrice, qui avait découvert en sa protégée des qualités de tessiture identiques
à celles de Maria Malibran.
En plus, le portrait qu’il lui avait offert voici une
vingtaine d’années, a décuplé chez Cecilia le désir de collectionner vases, partitions, manuscrits, bijoux et de multiples bibelots ayant appartenu à la
diva.
Cecilia Bartoli a décidé de
faire partager ces acquisitions avec son public et un camion à l’effigie des deux stars accompagnera sa tournée et s’arrêtera à Munich le 2 décembre, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, les
14 et 16 et à Londres les 19 et 21 où la chanteuse reprendra certainement de nombreux airs qui composent son nouvel album.
Le 24 mars 2008, Cecilia sera de retour dans la capitale française où « La Malibran » a vu le jour pour
une journée exceptionnelle en son honneur à la salle Pleyel et qui coïncidera avec le bicentenaire de sa naissance.
Cecilia a puisé au plus profond de ses riches et variées ressources vocales pour nous concocter un
album plaisant à écouter où elle allie la subtilité à la force. Etonnantes sont ses interprétations de « L’Air à la Tyrolienne » où elle excelle dans les nombreux
changements de rythmes et de « Rataplan » où son agilité est stupéfiante. Parfaitement à l’aise du premier au dernier titre de cet album
(« Irène » de Pacini, « La Figlia dell’aria » et « La Norma » de Bellini sont
d’autres moments forts), insistons pour le remarquable talent des musiciens qui l’accompagnent et particulièrement le violoniste Maxim Vengerov (photo ci-dessous) qui nous
éblouit dans « Infelice » de Mendelssohn ainsi que dans « Clari » d’Halévy, autres perles de cet
enregistrement.
Pour conclure, évoquons la
carrière d’Adam Fischer qui signe ici une excellente direction d’orchestre en totale symbiose avec la cantatrice. Né à Budapest en 1949, le chef d’orchestre
hongrois est issu d’une famille musicale. Son frère et lui ont fréquenté très jeunes le chœur des enfants de l’Opéra de Budapest. Il a donc été très vite plongé au cœur du monde de l’opéra et
chante dans « Carmen », « Boris Godounov » et « La Flûte Enchantée ». Il étudie ensuite le piano
au Conservatoire Bartok et s’installe à Vienne pour continuer son apprentissage de la musique. Nanti des plus grandes distinctions, il ne tarde pas a être engagé à Graz et
Karlsruhe pour se voir décerner la direction musicale de Fribourg. Puis, il a l’infime honneur de diriger une production de « Fidelio » de Karl Böhm à
l’Opéra de Bavière. Ses véritables débuts comme chef d’orchestre se déroulent en 1984 à l’Opéra de Paris dans « Le Chevalier de la Rose » et en 1986 à la Scala dans
« La Flûte Enchantée ». Il se voit confier également la direction des plus grandes formations européennes comme les Orchestres Symphonique et
Philarmonique de Vienne, l’Orchestre de Paris, le London Philarmonic ainsi que le Royal Philarmonic. En 1981, il franchit l’Atlantique pour diriger « Don Giovanni » à
l’Opéra de San Francisco ainsi qu’une production de « Macbeth » de Verdi au Chicago Lyric Opera et, en 1984, il conduira au Japon le Tokyo Metropolitan
Orchestra ainsi que l’Orchestre Symphonique de son pays natal. Durant les années 80, et, en étroite collaboration avec l’Opéra de Vienne, il travaille à la production de « Die
Verkaufte Braut » de Smetana, « Manon », « Cavalleria Rusticana », « I
Pagliacci », « Marie Stuart », « Fidelio », « La Chauve-souris » de Johann Strauss
Jr, « Otello », « Lucia di Lammermoor » et « Cosi Fan Tutte ». En 1989, il dirige « La
Chauve-souris » pour la première fois de sa carrière au Royal Opera House à Covent Garden. En 1994, il assure la direction d’ « Otello » au
Metropolitan Opera de New-York avant d’enchaîner sur « Le Barbier de Séville » en 1995-1996 et « Aïda » en 1996-1997. En 2001, à
Bayreuth, il s’occupe du très périlleux cycle de « L’Anneau du Nibelung » de Richard Wagner et est désigné « Chef de l’Année » en 2002 par le
magazine musical allemand « Opernwelt ». Il prolonge « Le Ring » de Wagner jusqu’en 2004 avant de conduire
« Parsifal » du même compositeur en 2007 pour son retour à Bayreuth. La même année, Placido Domingo fait appel à lui pour l’accompagner au cours du
gala qui honore le 40ème anniversaire de sa fabuleuse carrière. Depuis, Adam Fisher a effectué un retour aux sources puisqu’il est actuellement aux commandes de
l’Orchestre National Hongrois.
Par BERNIE
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Publié dans : Le coin du Classique
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