Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 19:38

Voici une nouvelle rubrique qui, je pense, fera plaisir aux nostalgiques... Elle s'intitule...

et a trait aux anciennes chansons d'avant et après la guerre pour lesquelles j'ai vraiment eu un coup de cœur. Mais cette rubrique ne s'arrête pas là, elle s'étendra également aux années 50, 60, 70, 80, 90 et 2000 avec une chanson se rapportant à chaque décennie. Chaque vidéo que je vous présenterai sera, comme à l'accoutumée, accompagnée d'un petit commentaire sur l'artiste (ou le groupe) concerné. Et maintenant, place à... LA MUSIQUE POUR TOUJOURS !



Johnny HESS : « Je Suis Swing » (1938). 

Né en Suisse en 1915, il forma un duo en 1934 avec Charles Trenet. Il fut à la base du « zazou » qui désignait les jeunes excentriques, passionnés de jazz, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ses autres grands succès furent : "J'ai Sauté La Barrière" (que j'aurais bien voulu vous proposer mais la vidéo ayant été retirée, j'ai dû me "rabattre" au dernier moment sur le présent titre !), « Rythme », « Ils sont zazous », « Mettez-vous dans l'ambiance » et « Sweet, sweet, sweet ». Trop imprégné dans son style, le public le délaissera progressivement au profit de Pierre Dudan, Georges Ulmer, Luis Mariano, Georges Guétary et Yves Montand. Il ouvrira une boîte « Le Jimmy's » où débutera un certain Henri Salvador. Il décède à Paris en 1983.



Léo MARJANE : « Je Suis Seule Ce Soir » (1941).



Léo Marjane est née le 27 août 1912. C'est Jean Bérard, le directeur de Pathé-Marconi qui la remarque dans un cabaret « Le Shéhérazade » où elle envoûte les spectateurs par sa voix chaude de contralto.

C'est en 1941 qu'elle remporte un vif succès avec une très jolie chanson dans laquelle s'identifient de nombreuses femmes dont le mari est emprisonné en Allemagne. Au début des années 50, elle abandonne le monde de la chanson pour se consacrer à l'élevage des chevaux dans le Gâtinais. Pratique qu'elle exerce toujours actuellement malgré son noble âge.
  




Dario MORENO : « Si Tu Vas à Rio » (1958).

d'origine turque, il enregistre son premier disque chez Odéon à l'âge de 27 ans. Détenant une forte voix de ténor, il connaît la célébrité grâce à des reprises de chansons de Charles Aznavour et Gilbert Bécaud. Il se spécialise également dans le répertoire latino-américain. Ses autres grandes chansons furent : « Quand elle danse » (1956), « L'air du brésilien » (1956), tiré de l'opérette « La Vie Parisienne » d'Offenbach, « Coucouroucoucou » (1958), « Tout l'amour » (1959). Il décède peu après la création de « L'Homme de la Mancha » qu'il jouait aux côtés de Jacques Brel. Il n'avait que 47 ans.

Cette chanson est également un souvenir d'enfance... Mes parents sortaient à l'époque dans un « café concert » appelé « La Bagatelle » à Charleroi tenu par un ami, Franz Gilson. Sachant que ce succès de Dario Moreno était l'une des chansons préférées de mon père, le gérant faisait en sorte que dès qu'il voyait mes parents pénétrer dans l'établissement, il interrompait le morceau joué et indiquait au chef d'orchestre d'entonner le fameux air... 

 

 


PROCOL HARUM : « A Whiter Shade Of Pale » (1967).

Dès sa sortie, ce disque se classe à la première place du hit parade britannique et est n° 5 aux Etats-Unis.

Groupe à tendance « rock progressif », Procol Harum est fondé par le pianiste/chanteur Gary Brooker et le parolier Keith Reid.

Fréquemment animé de changements de musiciens, le groupe se disloque en 1977 pour faire un « comeback » en 1991.

Leur dernier album remonte à 2003 mais ils n'auront jamais réussi à rééditer cet inoubliable succès.

 
DAN THE BANJO MAN : « Dan The Banjo Man » (1974).

Ce titre réalisé par le multi-instrumentiste Phil Cordell fut composé initialement pour une publicité de jus d'orange. Il devint un hit phénoménal en Allemagne et sa popularité dépassa les frontières puisqu'il fut également très bien accueilli en Belgique. Ce disque a une connotation un peu particulière pour moi...

 


Dès l'âge de 10-11 ans, je voulais faire une carrière d'animateur radio. Je créais des émissions fictives, je prenais un gros stylo à bille autour duquel je nouais une vulgaire ficelle et je présentais le programme... en direct, s'il-vous-plaît ! Et lorsque je découvris cette sympathique mélodie, je m'empressai d'acheter le 45 tours avec mes petites économies pour le faire tourner sur le vieux « pick-up » de mes parents en guise d'indicatif d'ouverture à mon émission qui s'appelait... je vous le donne en mille... « La Musique Pour Toujours »...

Voilà l'origine de l'appellation de mon blog... En somme, grâce au net et surtout à Over-blog, j'ai quelque part réalisé mon rêve...

Jona LEWIE : « Stop The Cavalry » (1980).

il commença sa carrière au début des années 70 au sein du groupe « Brett Marvin & The Thunderbolts ». Cette formation connut un succès notoire avec le titre « Seaside Shuffle » sous un autre nom : « Terry Dactyl & The Dinosaurs ».

 


Par la suite, il signa un contrat chez le label « Stiff Records » pour démarrer une carrière solo en 1978. Cette marque de disque regroupait des noms aussi prestigieux que Lena Lovitch, Madness ou encore Ian Dury. Son plus gros succès fut incontestablement « Stop The Cavalry » aux sonorités « noëlesques » imbibées de reconnaissables grelots... Il ne fera en tout et pour tout que 3 albums dont le dernier date de 1982... A quand le « comeback » ?



TEN SHARP : « You (Were Always On My Mind) » (1992).

assurément le plus gros, si pas l'unique succès de ce groupe néerlandais composé de Niels Hermes aux claviers et de Marcel Kapteijn à la guitare et au chant.

Extrait de leur album « Under The Water-Line », cette chanson grimpa très vite dans les hits parades européens pour se retrouver, pendant deux semaines, n° 1 au Top français et n° 3 en Suisse.

Leur dernier opus en date « Stay » remonte à 2003.
 



Daniel LÉVI  : « L'Envie d'Aimer » (2000).

l'une des plus belles voix de la nouvelle génération de la Chanson Française. Né à Constantine le 26 août 1961, Daniel s'est mis très tôt à la musique, étudiant même le piano durant 10 ans ! Bercé par les arias et les sonates qui lui donneront ce timbre de voix aussi subtil que puissant, il se concentrera surtout sur le jazz, la soul ou le rhythm'n'blues. Fan de Nat King Cole et de Stevie Wonder,  il sort son premier disque en 1983 mais l'accueil est plus que mitigé et il est obligé de courir le cachet dans des bars parisiens ou sur les plages de la Côte d'Azur et d'Outre Mer. C'est pourtant une rencontre improbable qui va vraiment faire démarrer sa carrière : Gloria Gaynor, l'une des Reines du Disco, l'engage pour assurer la première partie de sa tournée européenne. Et c'est le déclic : en 1991, Catherine Lara le recrute pour « Sand et les Romantiques » et, dans la foulée, les Studios Disney le sollicitent pour la chanson générique du dessin animé « Aladdin ». Mais il devra encore patienter avant de connaître la consécration. C'est à l'aube des années 2000 qu'il décroche le rôle de Moïse dans la comédie musicale « Les Dix Commandements » qui le propulse au rang de vedette confirmée. Après un album de transition sorti en 2002, il s'entoure de la bande à Obispo pour effectuer un retour à la mesure de son talent : « Le Cœur Ouvert » paraît le 31 janvier 2005, empli de beaucoup de simplicité et de sensibilité propres aux qualités humaines de son interprète...

En ce 26 septembre 2008, un grand monsieur nous a quittés... Marc MOULIN est parti sans rien dire, sur la pointe des pieds. Je voulais lui rendre hommage tout simplement par cette vidéo « Into The Dark ».  Je reviendrai plus tard sur le parcours de ce musicien hors normes. Salut, Marc...

 

Par BERNIE - Publié dans : COMEBACK ! - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 17:42

« Eloïse » est une chanson « pittoresque » qui m'a toujours fasciné dans le répertoire de Claude François. Dans cet article, je vais m'amuser à comparer l'orchestration musicale ainsi que l'interprétation vocale en essayant de garder une certaine objectivité malgré mon attachement à l'idole éternelle. La deuxième partie est consacrée à une brève biographie de Barry et Paul Ryan 

L'introduction est similaire pour les deux versions sur le plan de la durée (11 secondes); au niveau de l'orchestration, l'utilisation des cuivres est légèrement différente. Sur la version française, la résonance est plus limpide, plus claire alors que sur l'originale, elle paraît moins transparente. Les deux chanteurs commencent sur une tessiture identique. Mais là encore, la voix de Cloclo est plus cristalline que celle de Barry, légèrement plus grave. La conduite instrumentale est différente dans la deuxième partie du premier couplet. A nouveau, la basse est bien perceptible derrière la voix de Claude tandis qu'elle est plus discrète dans l'autre version.  Le refrain est vocalement très intéressant : sur « Eloïse », la voix de Cloclo est parfaitement bien placée, accompagnée de « vibratos » bien réguliers. Barry, quant à lui, surprend en chantant la troisième syllabe du prénom sur une note très aigue, très « haut perchée », digne d'un castrat ! Cependant, il « assure » beaucoup moins bien dans la suite du refrain et c'est encore plus flagrant à la fin de la chanson... Au point de vue instrumental, les percussions sont mieux mises en valeur dans la version française avec des « reprises » de batterie beaucoup plus spectaculaires. Le deuxième couplet est abordé de la même façon que le premier avec toujours une perception différente des sons instrumentaux : des cuivres plus présents pour marquer les « coupures » dans la version française alors que dans l'originale, ce sont les cymbales, plus que les cuivres, qui les martèlent. Avant le pont musical du milieu qui brise le rythme, et, pendant que Claude François garde une bonne maîtrise vocale, Barry Ryan, de son côté, prône la puissance au détriment du lyrisme, à la limite de la cassure nette. Au cours de ce fameux « pont », les deux chanteurs sont sur un même pied d'égalité pour la « pose » de leur voix. Leur conduite est parfaite et je dirais même que la couleur de la voix de Barry sied un peu mieux dans cette portion de chanson que celle de Claude qui, lui, est beaucoup plus à l'aise dans les refrains. Mais c'est encore une fois au niveau instrumental que l'adaptation se montre supérieure à l'original, surtout dans le crescendo qui amène la reprise de batterie avant le début du troisième et dernier couplet. La note qui s'échappe de la basse et les deux coups « secs » de caisse claire qui clôturent le pont sont plus marquants, plus cinglants dans la version française. La tension vocale monte d'un cran dans le troisième couplet, les deux artistes veulent tout donner; Cloclo se démène physiquement tel un beau diable et la voix suit avec, plus « énervée »; Barry, de son côté, fait montre d'un stoïcisme de bon aloi, avant le « rush » final.  Et voilà qu'arrive la différence flagrante : Claude François s'engage à fond dans ce dernier refrain en décuplant ses capacités vocales pour se situer un octave plus haut que son « concurrent » qui choisit sagement de rester dans la première tierce de la gamme. Ce dernier frôle même l'implosion alors que Cloclo s'évertue à gravir les échelons de la gamme supérieure avec une étonnante sûreté, même s'il lui aussi atteint ses limites. 30 secondes avant la fin de la chanson, Barry ne sait plus que crier pour garder, un temps soit peu, un contrôle désuet qu'il perd finalement pour ne plus émettre aucun son du tout !

Au terme de cette analyse, vous allez peut-être penser : « Ça ne m'étonne pas qu'il préfère l'adaptation française puisqu'il est un inconditionnel de Claude François ! ». C'est parfaitement votre droit. Notez que je n'ai absolument émis aucune critique négative sur la version originale. C'est une question de goût, tout simplement et je connais des personnes autour de moi qui opte plutôt pour celle de Barry Ryan... C'est normal ! A mes yeux, l'adaptation surclasse l'originale par deux critères essentiels : la prestation vocale et l'arrangement musical.
Je m'explique :

1°) Même quand elle se place sur des notes aigues, la voix de Claude reste mélodieuse avec des vibratos, elle devient éraillée lorsqu'elle atteint le point culminant mais elle conserve toute sa maîtrise. Ce n'est pas le cas de celle de Barry Ryan : lorsqu'il prend conscience que sa voix ne peut atteindre les notes que la ligne mélodique lui impose, il n'a plus qu'une seule et unique solution : il crie... Je peux choquer les personnes qui aiment Barry Ryan mais dans pareille circonstance, pour l'audition, il vaut mieux qu'il garde le silence et qu'il laisse aller la musique !

2°) Parlons maintenant des arrangements musicaux : sans dénigrer l'orchestration de la version originale, celle de son homologue français est de meilleure qualité. Les instruments sont mieux mis en valeur : les cuivres ont plus de « clarté », les cordes ont une harmonie plus fine et les percussions sont plus expressives. Quand on découvre le nom du directeur musical, Lou Warburton, sur le verso du 45 tours de Cloclo, tous les nostalgiques de la pop anglaise de la fin des années 60 savent qu'il est entre autre, au même titre qu'Arthur Greenslade (qui a également travaillé avec Claude François sur « Toute la vie » et « N'est-ce pas étrange ») à la base du succès et de la fulgurante ascension du groupe Genesis !

ELOÏSE : L'ALBUM

Tracklist :
1.    AVEC LA TÊTE, AVEC LE CŒUR
2.    ELOÏSE
3.    LES PETITES SOURIS
4.    TE FATIGUE PAS
5.    CHUT ! PLUS UN MOT
6.    RESTE
7.    DANS LES ORPHELINATS
8.    LES MAJORETTES
9.    LE MAGICIEN
10. TU N'AS PAS TOUJOURS DIT ÇA
11. MONSIEUR LE BUSINESSMAN

Outre « Eloïse », quatre autres chansons dominent cet album : « Avec La Tête, Avec Le Cœur » qui est la première collaboration fructueuse du chanteur avec le fidèle Jean-Pierre Bourtayre, « Reste » pour sa formidable puissance rythmique, « Dans Les Orphelinats » qui aurait mérité un meilleur retentissement pour son texte, sa brillante interprétation et sa couleur très « soul », et, enfin, « Monsieur Le Businessman » qui, également, aurait pu revendiquer plus d'attention dans le répertoire de Claude François pour sa richesse instrumentale et ses sonorités pop/rock.
 

PAUL et BARRY RYAN

 

Barry et Paul Ryan sont nés frères jumeaux le 24 octobre 1948, à Leeds dans le Yorkshire. Leur mère, Marion Ryan, était une chanteuse populaire qui fut célèbre durant les années 50. Ils ont commencé très tôt leur carrière à l'âge de 15 ans et à peine deux ans plus tard, ils signent chez la prestigieuse maison de disques « Decca ». 3 singles les propulsent sur le devant de la scène avec « Don't Bring Me Your Heartaches » (1965), « Have Pity On The Boy » (1966) et « Missy Missy » (1967).

"Don't Bring Me Your Heartaches"

"Have Pity On The Boy"

Dépassé par le tourbillon du succès, Paul frise la dépression nerveuse et n'étant plus capable de gérer son stress, il propose à son frère de se retrancher dans la composition et de lui laisser ainsi poursuivre une carrière en solo. En 1968, ils émigrent chez « MGM Records » et créent une chanson qui deviendra un hit international : « Eloïse ». Cette nouvelle forme de collaboration fera naître d'autres tubes tels « Love Is Love » (1968) dont la conception musicale rappelle fortement « Eloïse », « The Hunt » (1969) et « Kitsch » (1970).

"Love Is Love"

"The Hunt"

"Kitsch"

Barry
sera également très populaire en Allemagne dans le début des seventies où il enregistrera plusieurs chansons dont la plus célèbre est « Die Zeit macht nur vor dem Teufel halt ».

« Die Zeit macht nur vor dem Teufel halt »

Peu de temps après, il décide cependant de ne plus faire aucune apparition en public sous prétexte qu'il aurait subi de graves brûlures au visage dans un studio d'enregistrement. Son retour médiatique ne se fera qu'à l'occasion de la sortie d'une compilation avec Paul, décédé entretemps en 1992, à la fin des années 90. Dernièrement, Barry est revenu à la demande de Patrick Sébastien pour son émission « Les Années Bonheur » interpréter « Eloïse » en signalant qu'il avait embrassé une carrière de photographe professionnel. Voilà le parcours d'un chanteur éminemment sympathique qui aurait pu rêver d'un autre destin d'artiste beaucoup plus valorisant mais qui a su, et c'est en fin de compte le plus important, rester humble sans oublier l'importance de la contribution de son frère Paul dans la conquête de la gloire même si celle-ci fut éphémère...
Par BERNIE - Publié dans : Les chansons de Claude - Communauté : musique à Coeur..ouvert
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