Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 18:41

ELTON JOHN

Cet album au titre éponyme est le deuxième dans la riche discographie d'Elton John. C'est aussi l'un des meilleurs, si pas le meilleur. Enregistré aux studios « Trident » à Londres en janvier 1970 sous la houlette de son producteur de l'époque, Gus Dudgeon, cet album est d'une qualité irréprochable tant au point de vue des musiques que des textes. Tout d'abord, il faut souligner le travail remarquable de l'arrangeur Paul Buckmaster (qui s'était occupé du légendaire album de David Bowie « Space Oddity ») : l'orchestration et la coordination des instruments sont d'une extraordinaire précision. Ensuite, on peut extraire de ce formidable album pas moins de sept chansons que l'on peut sans hésiter qualifier de « fortes » ou de majeures » : « Your Song », « I Need You To Turn To », « Take Me To The Pilot », « Sixty Years On », « Border Song », « The Greatest Discovery » et « The King Must Die ». Les trois autres « No Shoestrings on Louise », « First Episode At Hienton » et « The Cage » sont beaucoup moins connues mais méritent, toutefois, notre attention par leur originalité, et, si l'on peut dire, par leur « dérision » musicale, notamment pour deux d'entre elles. Nous allons voir pourquoi et comment mais pour garder une bonne habitude, faisons connaissance avec les titres des chansons qui apparaissent sur l'album dans l'ordre suivant :

1. Your Song
2. I Need You To Turn To
3. Take Me To The Pilot
4. No Shoestrings on Louise
5. First Episode At Hienton
6. Sixty Years On
7. Border Song
8. The Greatest Discovery
9. The Cage
10. The King Must Die

Vous remarquerez que les vidéos accompagnant les commentaires ont été choisies d'époque afin de recréer le plus possible le contexte musical et l'orchestration originale de chacune des chansons.

 

Your Song
C'est le premier véritable succès d'Elton John. Une petite introduction de 8 secondes à peine avec quelques notes jouées par Elton au piano... Il ne faut pas plus pour comprendre et deviner (si vous n'avez pas la chance de la connaître encore !) que ce sera une grande et magnifique chanson. 8 secondes magiques, d'une pure beauté, d'un classicisme évident, 8 secondes, c'est peu mais ça suffit pour vous emmener sur un nuage vers un univers musical incomparable qui vous extasiera pendant un peu plus de quatre minutes...  Et puis vient la voix d'Elton, douce, légère, caressante même. Une guitare subtile se fait alors entendre en fond musical, toujours derrière le piano, pendant une trentaine de secondes, avant qu'une section de cordes bien présente ne prenne le relais dans la seconde moitié du couplet. Une merveilleuse envolée lyrique amène un fantastique refrain qui monte en intensité malgré l'absence totale de percussions. En effet, près de deux minutes s'écoulent pour entendre un discret charleston, une caisse claire et une grosse caisse toutes aussi timides afin de ne pas brusquer l'ambiance générale de la chanson. Une superbe transition musicale de pur classique survient alors pour annoncer le second couplet. Au cours de celui-ci, le piano s'éteint progressivement; les cordes prennent le pas, enrichies par une harpe renforçant ainsi le côté romantique du morceau. Les percussions ne seront pas en reste non plus, se faisant plus « insistantes » avec des pointés et même des roulements empreints, toutefois, d'une certaine modération. Le refrain final, répété, avec des cordes (violons et harpe) beaucoup plus « sonores » sera embelli par l'interposition géniale d'une flûte qui a le bon goût de « prolonger » sommairement la voix d'Elton... Du grand art, une œuvre, un chef-d'œuvre à figurer au pinacle des plus belles chansons jamais écrites !

I Need You To Turn To
Si "Your Song" possède déjà une résonance classique, que dire de cette chanson qui présente vraiment toutes les particularités d'une véritable petite symphonie ? Ici, ce dernier terme est à prendre dans son sens le plus large car nous en avons, auditivement, une preuve authentique et irréfutable.  Ecoutez l'introduction au clavecin qui dure une quinzaine de secondes avant qu'Elton ne commence à chanter... Nous ne sommes qu'à la deuxième chanson de l'album et c'est encore une mélodie qui vous donne le frisson tellement c'est beau... Après 27 secondes, le clavecin n'est plus seul, une douce guitare vient l'accompagner avant d'être rejoints par une section de cordes dont la délicatesse permettra à l'instrument d'ouverture de rester très présent durant la presque totalité de la chanson, avant que les violons et les violoncelles ne s'emparent de la fin de la mélodie. Tout est parfait dans ce morceau, aussi bien la voix d'Elton que le subtil dosage des instruments. On soulignera également une grande précision dans la forme des couplets et refrains : ils sont aux nombres de deux, chacun, d'une durée identique, séparés par un très joli intermède musical. On regrettera seulement que la chanson ne dure pas un peu plus de temps car après deux minutes et dix secondes, la voix d'Elton s'éteint déjà pour laisser la place aux cordes qui, néanmoins, apporteront une fin grandiose et splendide à la mélodie...

Take Me To The Pilot
Dès les premières notes, on sent tout de suite une toute autre coloration musicale par rapport aux deux chansons précédentes. Après cinq petites secondes à peine, le ton est donné : le piano débute encore mais beaucoup plus nerveusement et la voix d'Elton se démarque également, le timbre est plus fort voire véhément, pourrait-on dire. Et sa voix a la particularité, déjà, de se situer assez haut dans une partition, ma foi, exigeante, alors que le morceau vient juste de commencer. C'est après 25 secondes que la chanson entre dans une nouvelle dimension et là, le doute n'est plus permis : c'est de la bonne musique pop avec un zeste de folie et beaucoup de fraîcheur ! Le refrain vient ensuite sur un tempo plus rapide, plus enjoué grâce à la batterie mais aussi aux cordes qui sont encore bien présentes dans ce morceau, principalement les violons, mais aussi les contrebasses, auxquelles Elton attache une grande importance tout au long de cet album. Le deuxième couplet et refrain sont enrichis de guitares électriques dont le son s'amplifie dans la fin de la chanson avec toujours, en toile de fond musicale, une panoplie de cordes apportant ainsi une consistance, une densité et une ampleur harmonique au morceau. A souligner également l'apport indéniable des chœurs ponctuant chaque refrain d'énergiques « Na na na » qui terminent la chanson mais qui seront, toutefois, sabrées en concert au profit d'une apothéose musicale à connotation plus symphonique que pop...

No Shoestrings on Louise
On est à nouveau "scié" à l'écoute de cette chanson... Décidément, Elton John n'a pas fini de nous étonner ! C'est du pur « country » avec une rythmique précise qui ne faiblit pas. Piano, « steel » guitare, cithare et percussions sont au menu de cette mélodie, judicieuse par son tracé musical malgré le fait qu'elle ne recèle aucune variation particulière. En d'autres termes, on peut qualifier cette composition de « linéaire », c'est- à-dire qu'à aucun autre moment, elle ne prend pas une couleur musicale différente ni un tempo, plus lent ou plus rapide, celui-ci restant, au contraire, bien régulier tel un métronome parfaitement réglé. Malgré que cette chanson passe au second plan et n'ait pas été autant exploitée que les sept morceaux cités au début de cet article, il faut saluer l'initiative créatrice d'Elton dont le génie musical était à son apogée à la sortie de ce disque. Tout ce que je souhaite, c'est qu'Elton sorte cette pure merveille de l'oubli en la reprenant prochainement sur scène...

First Episode At Hienton
Ce titre  a subi le même sort que le précédent, il a été rangé dans la catégorie des chansons dites de « seconde zone ». C'est profondément injuste car je crois sincèrement que c'est l'une des chansons les plus difficiles qu'Elton n'ait jamais chantée. Nous replongeons ici dans une influence classique très prononcée dont la couleur musicale est annoncée prématurément par une introduction au piano. C'est par après que l'on découvre la complexité de la partition... On remarque le contraste par rapport à « No Shoestrings On Louise » : la mélodie est un véritable « labyrinthe » musical où on se demanderait comment « poser » sa voix... Cependant, la conduite de chant d'Elton est délicate, impeccable comme si elle en épousait véritablement toutes les courbes, aussi sinueuses soient-elles. A signaler, pour la deuxième fois dans cet album, l'absence totale de percussions; l'ensemble de l'orchestration musicale est régi par les cordes avec beaucoup d'intensité mais également beaucoup de douceur voire d'émotion. On a presque l'impression qu'Elton ait dévoilé dans cette chanson, une partie de son âme ou une parcelle de son cœur...   

Sixty Years On
Dans la discographie d'Elton John, c'est la chanson dont l'introduction musicale est la plus longue : 1 minute 47... Elle est fantastique de par sa contenance instrumentale : essentiellement des cordes, pour ne pas faillir à la couleur générale de l'album, mais surtout par l'originalité des enchaînements : ça commence par un « mi » étiré par un violon et qui s'amplifie très rapidement du fait qu'il est rejoint, dans la même tonalité par d'autres violons créant ainsi un son impressionnant comparable à celui que dégage un essaim d'abeilles en colère ! Cet effet magique dure pendant plus de 30 secondes avant qu'un trio de violoncelles, en crescendo, ne vienne l'atténuer et finalement l'arrêter au profit d'une harpe beaucoup plus calme pour finir enfin, à nouveau, par une section de violons mais dans une apothéose plus lyrique, plus harmonieuse... Si l'on veut maintenant disséquer techniquement cette chanson, voici comment elle se compose : un premier couplet d'une durée de 31 secondes; un raccord musical de 12 secondes assuré par des violons bien toniques; un deuxième couplet d'une durée identique si ce n'est qu'Elton insiste sur la dernière note pour finalement éteindre sa voix sur un « do », de l'octave supérieure, splendide (!); un second raccord musical beaucoup plus long (pas loin d'une minute !) avec, au fil des secondes, une progression instrumentale que l'on qualifierait presque de dramatique; un troisième et dernier couplet d'environ 50 secondes qui se termine par le titre de la chanson dont la dernière note sur la portée est un « si » admirablement négocié par la voix d'Elton. Encore deux remarques pour finir l'analyse de cette chanson très riche : aucune percussion pour souligner, encore une fois, le caractère ultra classique de cet album et comme dans « First Episode At Hienton », il n'y a pas non plus de véritable refrain, ce qui n'enlève en rien au contenu exceptionnel de cette magnifique composition, qui, pour la petite histoire, était la chanson choisie pour ouvrir son concert du 25 mars 2007 au Madison Square Garden de New-York à l'occasion de son 60ème anniversaire... 

Border Song
A nouveau, Elton débute seul au piano pendant les 45 premières secondes de cette bonne petite chanson qui est, cependant, difficile à cerner : est-ce une gentille ballade, est-ce de la pop ? Les violons qui viennent ensuite ne nous permettent pas de « qualifier » cette composition qui, au demeurant, n'est pas si évidente que cela à interpréter. Encore une fois, au niveau vocal, la barre est placée assez haute et Elton s'en tire très bien. Il faut attendre 1 minute et 20 secondes pour qu'un tempo, pas très rapide mais bien marqué (notamment par la basse et l'orgue), nous fasse comprendre que l'on est bel et bien dans de la bonne musique pop style « Saint-Preux » avec des chœurs à profusion qui accompagnent Elton jusque pratiquement la fin de la chanson. C'est une mélodie auditivement savoureuse, orchestralement et vocalement bien aérée et qui dégage une extraordinaire simplicité... Comme quoi, ce sont souvent celles-là les meilleures.

The Great Discovery
Déjà, à partir des premières notes, on comprend que c'est véritablement une très grande chanson; l'introduction longue d'une minute est fabuleuse : des cordes et rien que des cordes : violons, violoncelles, contrebasses, harpe qui se mélangent avec volupté pour former une osmose musicale qui mérite que l'on s'y attarde... tellement c'est beau. Elton commence alors à chanter et encore une fois, ce n'est pas donné : l'écriture demande à la voix beaucoup de justesse, de précision. Allons-y pour l'expertise de cette mélodie : un premier couplet de 54 secondes précède un soi-disant refrain; je dis bien « soi-disant » car je pencherais plutôt pour un autre couplet, écrit différemment, d'une durée de 27 secondes, qui, sans temps mort, laisse place au troisième « segment » de la chanson, un peu plus court que l'initial (36 secondes) et la mélodie se termine sur un 4ème et dernier acte de 44 secondes avant que la voix d'Elton ne s'éteigne doucement sur quelques notes de piano très discrètes, comme si on ne voulait pas réveiller l'enfant qui dort...  On notera sur cette composition, la présence de cuivres (cors, trompettes) pour la première fois dans cet album... qui n'a pas fini de nous surprendre !

The Cage
Voilà enfin le style de chanson que l'on pouvait attendre d'un artiste aussi excentrique qu'Elton John ! Dès l'ouverture, le piano et la basse donnent le ton, la voix d'Elton grince également : c'est un rock, un vrai de vrai.  Un premier petit couplet d'une quinzaine de secondes pour amener un  court refrain complètement loufoque, dénué de paroles, uniquement composé d'interjections ! L'orchestration s'enrichit alors de cuivres et de percussions, Dieu qu'ça fait du bien ! Dans cette chanson, on ne dénombre pas moins de 6 couplets et 6 refrains dont deux sont doublés avant de terminer sur... une autre série d'interjections fredonnées différemment ! Mais pour ne pas se démarquer de l'ambiance classique dans laquelle se baigne l'album, Elton nous joue, pendant 30 secondes, un mini concerto de musiques électroniques avant les deux derniers couplets et refrains ! On jurerait que le groupe allemand Kratfwerk soit passé par là !

The King Must Die
Cette chanson de clôture est la plus longue de l'album (5'04") et c'est une apothéose classique magistrale de par sa partition vocale (de soudains et brusques soubresauts aigus) ainsi qu'orchestrale (le déchaînement progressif des instruments : batterie, cuivres et cordes sans oublier, bien sûr, le piano, omniprésent). C'est une fresque musicale avec des moments forts, plus calmes (l'introduction et la fin), dramatiques même... Accompagnez-moi pour une ultime « autopsie » : une introduction de 31 secondes d'Elton au piano; faites le silence autour de vous et écoutez : la composition est de toute beauté, tendez l'oreille : ça vous prend jusqu'au tréfonds de votre cœur. Après cette merveilleuse ouverture musicale, Elton commence à chanter et s'accompagne seul au piano. La batterie vient s'ajouter et soudainement, la voix d'Elton change, devient plus nerveuse et monte  brutalement de cinq  voire six tons (du mi au do de la gamme supérieure !). Par cette démonstration, Elton nous prouve qu'au-delà de son énorme talent de compositeur, il est un chanteur avec une « voix » dont les capacités s'altéreront, malheureusement, suite à une opération chirurgicale dite « nécessaire » en mars 1987 au terme de sa tournée en Australie où par ailleurs, il fit montre d'un grand courage afin de respecter tous ses engagements. Bref, terminons l'analyse : les cuivres et les cordes font accroître la tension musicale pour atteindre un « paroxysme » symphonique vers les 3 minutes précédant un final grandiose se passant de tout commentaire...  Cette chanson clôt prodigieusement cet excellent album d'Elton John et si vous ne devez en posséder qu'un, c'est celui-là, en priorité, que vous devez absolument vous procurer.

Par BERNIE - Publié dans : Elton John - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 17:17

En guise de conclusion à cet article, voici la 3ème et dernière partie consacrée à l'équipe d'auteurs-compositeurs qui a entouré Johnny dans la conception de son dernier album... qui ne sera bientôt plus qu'un souvenir puisqu'il planche déjà sur de nouvelles chansons qui agrémenteront sa dernière tournée qui commencera fin mai 2009 par le Stade de France à Paris. Dans une récente interview accordée sur RTL, il a déclaré beaucoup songer à la façon dont il va gérer son entrée et sa sortie, deux moments qu'il considère comme étant les plus difficiles de son futur spectacle...


1. Monument Valley (Christian Lejalé / Yvan Cassar - Laurent Vernerey)
2. Être un homme (Marie-Laure Douce / Yvan Cassar - Laurent Vernerey)
3. Always (Didier Golemanas - Alain Goldstein / Didier Golemanas)
4. Chavirer les foules (Michel Mallory)
5. Vous madame (Jacques Veneruso)
6. Je reviendrai dans tes bras (Jean Fauque / Fred Blondin)
7. Que restera-t-il ? (Didier Golemanas)
8. T'aimer si mal (featuring Taj Mahal) (Marc Lévy / Yvan Cassar)
9. Ma vie (Bruno Putzulu / Yvan Cassar- Laurent Vernerey)
10. Laquelle de toi (Bernard Droguet / Fred Blondin)
11. Sarbacane (Francis Cabrel)
12. Ce que j'ai fait de ma vie (Bernie Taupin / Jim Cregan). Adaptation française : Lionel Florence
13. I am the blues (Bono - Simon Carmody)

L'équipe à Jojo 

 

Christian Lejalé : d'origine bretonne, il a assuré la réalisation et la production d'une vingtaine de films et documentaires. Il possède d'autres cordes à son arc : en plus d'être scénariste, il a publié à ce jour trois romans : « Docker », « Les abîmes » et « L'éclipse rouge » qui ont recueilli des commentaires élogieux dans la critique.

 

Yvan Cassar : comme arrangeur et directeur musicaux, il n'y a pas mieux. On ne compte plus les artistes qui ont loué ses services : Claude Nougaro, Charles Aznavour, Céline Dion, Florent Pagny, Mylène Farmer, Pascal Obispo, Jean-Jacques Goldman ou encore le regretté Gregory Lemarchal. C'est également un musicien hors pair et il joue divinement bien du piano. Il a aussi travaillé avec Vangelis sur différents projets et participé à l'élaboration de CD pour des stars lyriques telles José Carreras et Montserrat Caballé. Il s'occupe des grands spectacles de Johnny depuis 1998 puisqu'il a organisé les concerts du Stade de France, à la Tour Eiffel ainsi que la tournée des Stades de 2003.

 

Laurent Vernerey : Yvan Cassar a eu le nez fin en l'amenant à rencontrer Johnny. Tout d'abord, il signe deux compositions de toute beauté : « Monument Valley » et « Être un homme » sont deux titres « forts » de l'album. Ensuite, c'est un très bon musicien, un bassiste d'exception qui a débuté aux côtés de Bill Deraime à la fin des années 80. Ensuite, il a travaillé notamment pour Roger Hogdson (du groupe Supertramp), Liza Minelli, Pascal Obispo, Barbara, Claude Nougaro et le jazzman Didier Lockwood).

 

Marie-Laure Douce : auteur, scénariste et réalisatrice de courts métrages, elle signe un très bon texte pour « Être un homme ». Ses influences musicales sont multiples puisqu'elle écoute aussi bien Barry White que Gainsbourg en passant par Sade, Prince, Jamiroquai et Michel Berger. C'est un peu étrange qu'elle s'immisce dans l'univers musical de Johnny avec toutes ces références. En fin de compte, cette considération n'est qu'un préjugé car la musique a de si fort qu'elle peut rassembler tous les styles différents. En tout cas, pour sa première participation à un album de Johnny, c'est un coup de maître.

 

Didier Golemanas : il débuta en écrivant « SOS Amor » pour Alain Bashung. Ensuite, il travailla pour Alain Chamfort (« Traces de toi ») ainsi que pour Eddy Mitchell. Mais c'est avec Pascal Obispo qu'il acquiert ses lettres de noblesse puisqu'il lui offrit « Un jour comme aujourd'hui », « Est-ce que c'est l'amour ? » et « Avec qui tu m'aimes ». Il est devenu un incontournable parmi les auteurs de chansons à succès.

 

Alain Goldstein : auteur-compositeur, il a travaillé entre autres pour Michel Jonasz avec qui il a grandi, Françoise Hardy, Maxime Leforestier, Michel Delpech et Daniel Lévi. Il a enregistré également ses propres créations et vient de sortir un nouveau CD appelé « Ainsi va la vie ».

 

Michel Mallory : c'est le copain de Johnny, le plus fidèle sans aucun doute. Il pouvait ne pas figurer sur cet album de la renaissance. « Chavirez les foules » est un joli clin d'œil à un autre très gros succès de Johnny : « Toute la musique que j'aime » qu'il composa d'ailleurs avec lui. N'oublions pas que Michel Mallory a aussi chanté et qu'il a eu son heure (ou plutôt son année) de gloire en 1974 avec « Le Cow-boy d'Aubervilliers ». Nanti d'un très joli et très charmeur timbre vocal, il a débuté sa carrière en assurant les premières parties des spectacles de Claude François (lire à ce sujet « Le lien avec Claude François ! »). Pour Johnny, il composa entre autres « Nöel interdit », « J'ai un problème » (le fameux et légendaire duo avec Sylvie), « Le feu », « La terre promise » et « Le bon vieux temps du rock'n'roll ».

 

Jacques Veneruso : auteur-compositeur-musicien, il a fait partie du groupe « Canada » et sa première collaboration avec Johnny remonte à l'excellent album « Lorada » (pour lequel j'ai d'ailleurs signé un article dans la rubrique « Johnny Hallyday »). Sur ce dernier, il a signé la chanson qui donne le titre à l'album ainsi que « Cherchez les anges », « Tout feu, toute femme » et le fantastique « Ne m'oublie pas ». Il a également composé pour, entre autres, Céline Dion, Garou, Yannick Noah, Florent Pagny et Michel Sardou.

 

Jean Fauque : à la fois parolier, écrivain et chanteur, Jean Fauque a commencé à être connu dans le monde de la chanson de par sa rencontre en 1970  avec l'arrangeur musical André Popp (l'auteur de « Tom Pilibi », chanson gagnante de l'Eurovision en 1960) et surtout par sa collaboration avec Alain Bashung. Il est loin d'être un inconnu dans l'entourage de Johnny puisqu'il s'occupa de sept adaptations de chansons anglo-saxonnes sur son album « Destination Vegas » dont la plus marquante est, à mon avis, « La ville des âmes en peine ».

 

Fred Blondin : chanteur-guitariste, il sort en 1989 un 45 tours « Paris au bord des larmes » très bien accueilli par la critique suivi d'un album appelé « Blondin » qui lui vaudra une nomination aux Victoires de la Musique dans la catégorie « Révélations masculines de l'année ». Entre 1996 et 1999, il assurera la 1ère partie de 3 tournées de Johnny. Il lui compose « Dis-le moi » pour l'album « A la vie, à la mort » en 2003 ainsi que « Mon plus beau Noël » et « Ce qui ne tue pas nous rend plus fort » sur « Ma Vérité » en 2005. Son dernier album personnel « Mordre la poussière » remonte à 2003.

 

Marc Lévy : c'est actuellement l'écrivain français le plus lu, ses ouvrages se vendent à des millions d'exemplaires à travers le monde. Son 8ème roman « Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites » est sorti récemment en avril et a récolté un large succès. Homme simple à qui la renommée ne monte pas à la tête, il a la particularité d'être très abordable et de répondre avec le sourire à toutes les sollicitations que lui oblige son statut : la dernière séance de dédicaces qu'il a offerte sur les Champs-Elysées en est la preuve éclatante, se laissant photographier aux côtés de ses nombreux admirateurs. Johnny n'est pas le premier artiste pour qui il a écrit. Auparavant, il avait déjà offert des textes à Jennifer (« Pour toi » sur son album « Le passage » en 2004) ainsi qu'à Gregory Lemarchal (« Je t'écris » sur « Je deviens moi » en 2005).  

 

Bruno Putzulu : acteur, il se révèle dans « L'Appât » de Bertrand Tavernier en 1995. En 1999, c'est la consécration puisqu'il reçoit le César du Meilleur Espoir Masculin pour sa prestation dans « Petits désordres amoureux » d'Olivier Péray. Ensuite, il tourne aux côtés de son ami Philippe Torreton, avec qui il a fréquenté l'université de Rouen, dans le film « Monsieur N » d'Antoine de Caunes en 2003. Il ne se limite toutefois pas au cinéma puisqu'il a fait de nombreuses incursions dans des réalisations pour la télévision et a figuré à l'affiche de plusieurs pièces de théâtre. Sa participation dans l'écriture de « Ma vie » montre une nouvelle facette de ses talents dont on attend qu'elle se prolifère.

 

Bernard Droguet : auteur, il a composé aussi notamment pour Mireille (« J'ai changé mon piano d'épaule » en 1975), il lui devait bien ça puisqu'il est issu de son Petit Conservatoire; Colette Renard (« Nostalgies » avec Pascal Sevran en 1983), Dick Rivers (« Ainsi soit-elle » et « Sale mambo » en 1989), Sacha Distel (« Exquises Ex » en 1988), Philippe Lavil (« Pagayer » et « Y a plus d'hiver » en 1992), Gilles Dreu (« Pour une femme » en 1988) et un certain Fred Blondin pour qui il a écrit plusieurs chansons. Il mène une seconde carrière dans la publicité.

 

Francis Cabrel : on ne présente plus l'auteur-compositeur-interprète d'Astaffort qui collectionne les succès depuis « Petite Marie » en 1974. Son 12ème album studio fraîchement paru, « Des roses et des orties », occupe le haut du classement dans les charts. Comme ses prédécesseurs, il fera l'objet d'une tournée qui commence le 26 septembre et qui passera par Forest National les 31 octobre et 1er novembre 2008. On ne compte plus les tubes, de « Je l'aime à mourir » à son dernier en date « La robe et l'échelle » en passant par « L'encre de tes yeux », « La dame de Haute-Savoie », « Encore et encore », « C'est écrit », « Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai », « Hors saison », etc... Grand admirateur de Bob Dylan, il possède une collection d'une cinquantaine de guitares. Marié et père de trois enfants, il essaie de mener une vie familiale paisible dès qu'il le peut et revient le plus rapidement possible après une tournée dans son petit fief d'Astaffort où il a officié en tant que conseiller municipal de 1989 à 2004.

 

Bernie Taupin : c'est le célèbre parolier d'Elton John. Il a rencontré ce dernier par l'intermédiaire d'une petite annonce qu'il avait passée dans l'espoir de trouver un compositeur qui accepterait de travailler avec lui...  Comme quoi le destin tient à peu de choses ! Depuis la première collaboration pour le premier album d'Elton « Empty Sky »,  40 ans sont passés, entrecoupés de quelques brèves incartades. La chanson que Johnny reprend ici provient d'une composition de Bernie et Jim Cregan avec qui il forme, depuis 1995, le groupe « Farm Dogs » au sein duquel milite également un musicien proche de la star : Robin Le Mesurier. Après ces diversifications, on en droit d'attendre une participation d'Elton John sur un prochain album de Johnny... Et pourquoi pas ?

 

Lionel Florence : c'est par sa composition « Lucie » pour Pascal Obispo qu'il a commencé à se faire connaître et à collaborer avec l'interprète de « Tomber pour elle ». Depuis, il a écrit pour bon nombre d'artistes : Florent Pagny (dont la très belle chanson « Savoir aimer »), Michel Delpech, Patricia Kaas, Natasha St-Pier, Daniel Lévi et Nolwenn Leroy. Il a également participé à l'écriture des comédies musicales « Les Dix Commandements » en 2000 et « Le Roi Soleil » en 2005.

 

Bono : lui aussi, il est futile de le présenter. Chanteur, guitariste et leader du fameux groupe rock « U2 », Paul Hewson (c'est sa véritable identité) est engagé dans plusieurs combats politiques et humanitaires. Ses actions en faveur de l'Afrique lui ont valu de s'attirer l'attention des dirigeants au sein du G8 qui se sont penchés sur les besoins d'aide au développement des peuples africains les plus défavorisés. Ses collaborations artistiques ne se comptent plus non plus; grand ami de Luciano Pavarotti (il était présent à ses obsèques), il a également côtoyé Frank Sinatra, Johnny Cash, Kylie Minogue, Mary J. Blige, Paul Mc Cartney et Bruce Springsteen. Le dernier album à ce jour du combo est « How to dismantle an atomic bomb » sorti en novembre 2004.

 

Simon Carmody : intime de Bono, il fait partie de son cercle privé d'amis. Avant d'écrire « I'm The Blues » pour Johnny, il a travaillé avec son célèbre compère pour l'ancêtre du folk irlandais, Ronnie Drew qui se bat actuellement contre un cancer de la gorge. Ils ont composé ensemble « The ballad of Ronnie Drew » en l'honneur de cet artiste exceptionnel qui incarne à lui seul l'âme de la musique irlandaise.

Le lien avec Claude François !

Revenons donc un bref instant sur Michel Mallory dont on se souvient de duos mémorables avec Cloclo sur « Moi je voudrais bien me marier » et sur « Si tu veux être heureux » au cours d'un « Palmarès de la Chanson » le 3 mars 1966. Il s'écarta de l'univers de Johnny pour donner deux très belles chansons à celui qui était son unique concurrent et qui figurent parmi les meilleures : « Un peu d'amour, beaucoup de haine » (qu'il créa avec Alice Dona), sur l'album « Il fait beau, il fait bon » de 1971, figurant en face B du 45 tours « Stop au nom de l'amour » et la terrible « Merci, merci beaucoup » (toujours avec Alice Dona) sur l'album « Viens à la maison y'a le printemps qui chante » de 1972. Deux superbes compositions qui auraient très bien pu appartenir au répertoire de Johnny.

 

« Un peu d'amour, beaucoup de haine »

"Merci, merci beaucoup"
Par BERNIE - Publié dans : Johnny Hallyday - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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