
Après Dick Rivers et Johnny Hallyday, voici le 3ème Rocker
« Made In France » à être à l’honneur dans cette rubrique « ON STAGE » qui, comme sa consœur « COMEBACK », prendra un petit repos
sabbatique. Chers amis lecteurs qui appréciez ces articles, ne vous inquiétez pas, les « live » ne seront pas oubliés pour autant et vous en retrouverez notamment dans la toute
nouvelle catégorie « MUSIQUES À GOGO » qui sera bientôt inaugurée. Le « Schmoll », je ne l’ai vu qu’une seule fois sur scène : c’était le 26
novembre 1977 au Palais des Expositions de Charleroi, accompagné par l’harmoniciste Charlie Mc Coy et ses musiciens. Un splendide concert et de la très bonne musique qui m’ont un
peu réconforté d’avoir raté le « Numéro 1 Claude François » qui était diffusé ce même soir sur TF1 ! Claude et Eddy, c’est une belle histoire
d’amitié et j’y reviendrai dans le « Lien avec Claude François ! » en fin d’article. Pour en revenir à ce concert, dommage que le grand hall du Palais des
Expositions n’était pas un peu plus garni… En effet, moins d’un millier de spectateurs seulement avaient rallié l’Avenue de l’Europe afin d’assister au spectacle de Monsieur
Eddy, les absents eurent tort ! Mais découvrons ensemble, si vous le voulez bien, ce « Country-Rock » enregistré le 7 janvier 1994 à
l’Olympia :
Ça commence en force avec « Lèche-bottes
blues » (45 tours de 1989 avec « Tâche d’huile » en face B, extrait de l’album « Ici Londres » qui n’a pas laissé un souvenir
impérissable dans sa carrière discographique, hormis le présent titre) suivi par « Et la voix d’Elvis » (face B du 45 tours de 1977 « La dernière
séance », extrait de l’album du même titre qui comporte également le fameux « Laisse tomber le ciel »), une très bonne adaptation de « Good
Rockin’ Tonight » de Roy Brown (1947).
Eddy continue sa chevauchée fantastique avec « J’vous dérange » (face B du 45 tours de 1980 « Y’a rien qui
remplace un amour », extrait de l’album « Happy Birthday »).
Il marque une pause et on peut l’imaginer devant un bon feu de bois
chanter « Tu peux préparer le café noir » (45 tours de 1979 avec « C’est bien fait » en face B qui donne le titre à l’album), une adaptation d’
« Everyday I have to cry » d’Arthur Alexander que Claude François avait également repris (« Chaque jour c’est la même
chose ») sur un tempo plus rapide.
Puis, il nous sert « À crédit et en stéréo »
(extrait de l’album « Rocking In Nashville » de 1974) avec un texte qu’il a signé, reflétant la triste réalité de notre époque, dont l’original « No
particular place to go » est du vétéran Chuck Berry (82 ans), un titre qu’il avait sorti en 1964.
« Sur la route de Memphis » (dont l’album,
paru en 1976, porte le même titre) est un incontournable dans le répertoire du « Schmoll » avec des paroles de Claude Moine lui-même (si vous ne le savez pas, c’est sa
véritable identité), tiré aussi d’un original intitulé « That’s how I got to Memphis » de Tom T. Hall dont Roch Voisine, sur son dernier album de reprises
« Americana II », s’est emparé pour nous en servir une très honorable version.
Ensuite, Monsieur Eddy a le bon goût de nous replonger dans la
nostalgie de sa période « Chaussettes Noires » avec un medley composé de quatre extraits : « Tu parles trop » (« You talk too
much » de Joe Jones écrit avec Reginald Hall en 1960) paru en janvier 1961 en 45 tours EP avec « Si seulement », « Be Bop A
Lula » et « Tant pis pour toi »; « Danièla » 45 tours de mars 1961, un très gros succès (800.000 exemplaires vendus) avec « Je
t’aime trop », « Eddie sois bon » (le 4ème extrait du medley, une adaptation du « Johnny B. Goode » de Chuck Berry)
et « Betty »; enfin, « Il revient », adapté de « Say Mama » de Johnny Meeks et John Earl pour Gene
Vincent, avec des paroles en français de Georges Aber et Eddie Vartan, également interprétée par sa sœur Sylvie, 45 tours de mai 1963 avec « Ne délaisse
pas », « Jezebel » et « Ceci est mon histoire ».
Les deux dernières chansons de ce premier CD sont « Petite
annonce » (extrait de l’album « C’est bien fait » de 1979) et « Je ne sais faire que l’amour » du génial Charlie Mc Coy
(face B du 45 tours « Je vais craquer bientôt » de 1975).

C’est « Happy birthday rock’n’roll » qui ouvre
ce second CD, face B du 45 tours « Couleur menthe à l’eau » de 1980. Lui succède « Les traîne-tard et les rôdeurs » de l’album
« Made In U.S.A. » de 1974, une adaptation de « Around and around », encore un titre de Chuck Berry pour « The Grateful
Dead » en novembre 1970.
Ensuite, Eddy revêt son habit de… moine (c’est trop facile) pour
« Pas de boogie woogie » (45 tours de 1976 qui fut interdit à la radio à cause de son humour papal quelque peu acide avec, en face B, « C’est
O.K. » qui passa beaucoup plus inaperçu), adapté du « Don’t boogie woogie » de Layng Martine Jr. Rappelons au passage l’inoubliable duo avec
Florent Pagny sur ce tube dans l’album « 2 » de ce dernier paru en 2001.
Eddy enchaîne avec « Bye bye Johnny B. Goode », face
B du 45 tours « C’est un rocker » de 1974 (de l’original « I’m a rocker » de Chuck Berry) qu’il interprète
après « Rio Grande » (du même album de 1993 qui comprend les très bons « Te perdre » et « 18 ans
demain ») et « C’est la vie mon chéri » (encore un titre extrait de « Rocking In Nashville » de 1974 et
encore un original signé Chuck Berry sous le titre « Almost Grown » paru en 1959).
Mais les meilleures choses doivent se terminer et nous approchons tout
doucement de la fin du récital. Eddy profite de l’instrumental de « Lèche-bottes blues » pour présenter ses musiciens emmenés par un Basile Leroux des
grands soirs avec des mentions spéciales également à Jean-Jacques Milteau à l’harmonica (splendide sur « Je ne sais faire que l’amour ») et à
l’inévitable Michel Gaucher au saxophone (impérial dans « Lèche-bottes blues » et « Happy birthday rock’n’roll »). Toutefois,
avant de tirer sa révérence, le Sheriff de Nashville nous sort de son chapeau trois petites perles de son répertoire des années 60 et 70.
Tout d’abord, « J’avais deux amis » (extrait
de l’album « Du rock’n’roll au rhythm’n’blues » enregistré à Londres en 1965 et 45 tours EP avec les titres « J’ai perdu mon amour », « Tu ne
peux pas » et « Si tu n’étais pas mon frère ») dont l’original s’intitule « St. James Infirmary » de Joe Primrose, un titre de 1928
rendu célèbre par Louis Armstrong. Les paroles de l’adaptation ont été écrites par Jacques Chaumelle (qui a composé « Même si tu revenais » pour Claude
François) et rendent un vibrant hommage à Buddy Holly et Eddie Cochran, deux idoles du Schmoll. Ensuite, « C’est un piège » du très sollicité
« Rocking In Nashville » de 1974, adapté de « Git It » de Bob Kelly & The Pikes (1957) et, pour terminer, « Be Bop A
Lula » de Gene Vincent qu’Eddy enregistra en 1963 (45 tours avec « Oui je t’aime », « Je ne pense qu’à l’amour » et « Ce
diable noir ») ainsi qu’en 1968 pour l’album « 7 colts pour Schmoll ».
PIERRE PAPADIAMANDIS
En
lisant son nom, vous vous doutez un peu de l’origine du compositeur attitré des musiques des plus célèbres chansons du Schmoll… Pierre est né à Paris (en 1937 ou 1941
selon les sources) de parents grecques et apprend le piano très tôt, à l’âge de 5 ans. Plus tard, il affiche une très nette préférence pour le jazz et fréquente les cabarets à Paris tout
en travaillant pour Gaumont en tant que caméraman. Il fait la connaissance d’Eddy Mitchell par l’un de ses amis musicien, Jeff Seter, qui joue du saxophone
dans l’orchestre d’Eddy. Nous sommes en 1966 et Pierre lui présente sa première composition qui deviendra « J’ai oublié de l’oublier », l’un des plus
grands succès d’Eddy. De cette première réussite naîtront d’autres formidables tubes : « Alice », « Je vais craquer bientôt »,
« La dernière séance », « La fille du motel », « Couleur menthe à l’eau », « Happy birthday
rock’n’roll », « Le cimetière des éléphants », « Comme quand j’étais môme », « Nashville ou
Belleville », « Rio Grande », « 18 ans demain », « Un portrait de Norman Rockwell »… Mais d’autres
artistes ont fait appel à son énorme talent : Dick Rivers, Michel Delpech (pour qui il compose « Que Marianne était jolie » en 1972), Johnny
Hallyday (« Comme un lion en hiver », 1972) et Françoise Hardy. Il conquiert aussi l’intérêt de vedettes internationales telles que la sculpturale Grace
Jones, Céline Dion et même le regretté Ray Charles. Papadiamandis a exploré d’autres domaines comme la télévision et le cinéma (il a composé la musique du film
« Une semaine de vacances » de Bertrand Tavernier, sélectionné pour le Festival de Cannes en 1980, avec Nathalie Baye, Gérard Lanvin, Michel
Galabru et Philippe Noiret). Il est évident que Pierre est indissociable de son complice Eddy et que leur complémentarité a été déterminante à l’un et à l’autre dans leur
carrière respective.
Le lien avec Claude François !
Trois rencontres déterminantes vont sceller l’amitié entre Cloclo et le Schmoll. Tout d’abord, en
1962, sur le tournage du film « Comment réussir en amour » de Michel Boisrond dans lequel Claude règle les chorégraphies d’Eddy avec les Chaussettes
Noires. Le courant passe tout de suite entre Claude, encore inconnu du grand public, et Eddy, impressionné par son sens inné du
rythme.
En 1969,
les deux amis se retrouvent dans l’émission « Topaloff en liberté » du futur poulain de Cloclo sur Europe 1. Les deux artistes s’apprécient mutuellement :
Eddy admire Claude pour son talent créatif et Claude apprécie Eddy pour son humour et sa joie de vivre.
Les discussions vont bon train et ils se séparent en se promettant
chacun de se retrouver… sur un plateau d’une émission de télévision. Cette occasion se produit en 1976 lors d’un « Numéro 1 » des Carpentier consacré au nouvel album de
Claude François « De 8 à 88 ans ».
Claude invite son copain Eddy qui
interprète son succès d’alors « Je vais craquer bientôt ». Ensuite, Eddy fait gentiment le pitre avec un costume de chien sur
« Fred », une des chansons du 33 tours de son hôte (un trucage habile montre même Cloclo qui incarne une vilaine puce en train de piquer la
tête de « Fred ») avant qu’ils reprennent ensemble, dans une complicité parfaite, « Un Jardin Extraordinaire » de Charles Trenet.


11 mars 1978, Claude François s’en va dans un éclair foudroyant…
TF1, abasourdie par la nouvelle et n’ayant pas eu le temps nécessaire à préparer une émission en hommage, diffuse « Numéro 1 Michel Berger » où Eddy chante
« C’est pas pareil » avec Alain Souchon et Michel Berger… C’est vrai que ce ne sera plus jamais pareil sans Cloclo…
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