Voilà bientôt 30 ans que Claude François nous quittait pour rejoindre un monde que nous espérons tous meilleur… Quelle triste journée, quel mauvais souvenir ! Un cauchemar
auquel je n’aurais jamais voulu croire… Pensez-vous, à peine un mois avant de fêter mon seizième anniversaire, il était tout à fait inimaginable de concevoir qu’un jour, mon idole soit appelée à
disparaître ! Et pourtant, il était écrit que je ne devais pas l’apprendre ce maudit 11 mars 1978. En effet, ce jour-là, nous étions invités à la campagne chez des amis. Ces derniers nous
recevaient toujours avec beaucoup d’allégresse et les retrouvailles se faisaient à chaque fois dans la joie et la bonne humeur. Au moment où Claude disait adieu à la vie, je
jouais tranquillement avec mon frère dans les bottes de foin… Le lendemain se profilait doucement et comme d’habitude, nous le passerions en famille devant la télévision à regarder les
excellentes émissions de Jacques Martin sur Antenne 2 qui composaient chaque après-midi dominical. Ce fameux matin, donc, je me réveillai vers 7 heures 45 et, après
avoir émis un ultime bâillement, j’entendis la voix de l’animateur annoncer un hommage dédié à Cloclo vers 8 heures 15… A mille lieues de me douter du drame qui avait bien pu se
dérouler quelques heures auparavant, je me disais que finalement, le dimanche ne pouvait mieux commencer… Entendre plusieurs succès de Claude pour débuter la journée, il n’y
avait pas meilleure recette pour être en forme ! Hélas, après les tops de 8 heures, l’horrible nouvelle me parvint comme un coup de poignard et j’entends encore aujourd’hui les paroles du
présentateur prononcer cette phrase terrible : « Mort stupide de Claude François électrocuté hier après-midi dans sa salle de bains… ». Je me levai d’un
bond en criant : « Non, ce n’est pas vrai !? ». Mon frère fut également très surpris en marmonnant un « Oh là là… » de dépit, lui, qui se remettait
difficilement de la perte quelques mois plus tôt d’une autre icône qu’il admirait tant : Elvis Presley. Péniblement, je me dirigeai et m’affalai dans le premier fauteuil du
salon qui se présenta à moi et commençai à pleurer comme pouvait pleurer un ado de mon âge qui se refusait à accepter l’inéluctable… Ayant perçu l’effusion bruyante de mes sanglots, ma mère fit
irruption dans la pièce se demandant ce qui pouvait bien se passer croyant que mon état résultait d’une ixième dispute avec mon frangin ! Mais elle comprit tout de suite à mon regard qu’il y
avait une autre explication et elle fut choquée également des circonstances de la mort de Claude. Malgré de louables efforts, elle ne parvint pas à me consoler; elle savait mieux
que quiconque le culte que je lui vouais déjà et à quel point j’étais attentif au déroulement de sa carrière… Je me souvenais encore très précisément du concert auquel elle et moi avions assisté
il y avait juste un mois au Palais des Expositions de Charleroi. A croire que le destin voulait que je le voie une toute dernière fois… Le reste du dimanche fut insipide malgré l’hommage
rendu par Michel Drucker, comme le furent les 15 jours suivant sa disparition. Je ne parvenais pas à me faire une idée qu’il ne chanterait plus de nouvelles chansons, que je ne
le verrais pas bien vieillir, et nous étonner comme il savait si bien faire… En plus, les sarcasmes de mes condisciples de classe me faisaient râler et je ne savais pas quoi rétorquer… 14 avril
1978, mes parents organisèrent une fête pour mon anniversaire afin de me « booster » et comble de l’ironie, Guy Lux présenta son clip
d’ « Alexandrie, Alexandra » dans son émission « Top Club »… Quel beau cadeau envoyé du ciel, me disais-je mais ô combien futile, tant
j’aurais voulu qu’il soit toujours vivant pour venir le chanter… 30 ans après et Claude est toujours bien présent. Il a déjoué la dure loi de l’oubli et sa légende lui a survécu
à tel point qu’il enthousiasme les jeunes d’aujourd’hui sur les pistes de danses !
Une
photo inédite de Claude François à Leysin préparant un "copion" géant pour l'interprétation d'une chanson...
Pour commémorer à ma façon ce 30ème anniversaire, j’ai décidé
de vous parler d’une chanson que j’aime beaucoup et qui devait marquer un virage important dans la carrière de Claude. Elle s’appelle « Bordeaux
Rosé », un délicieux breuvage que j’affectionne tant… en tant qu’œnologue amateur ! Avant de commenter musicalement cette très jolie mélodie, présentons les auteurs :
le guitariste Ed Pumer et le chanteur Peter Daltrey qui ne sont pas très connus dans nos contrées mais qui jouissent d’une belle popularité en Angleterre. Ces
deux talentueux musiciens qui ne se sont jamais séparés étaient issus d’une formation « The Sidekicks » qui devint par la suite « The Key »,
puis « Kaleidoscope » pour terminer sous une dernière appellation « Fairfield Parlour ». Ils furent à la base du psychédélisme, mouvement
musical très prisé Outre Manche à la fin des années 60. Leur premier album « Tangerine Dream » fut présenté comme un très sérieux concurrent au redoutable et
estimé « Sergeant Pepper » des Beatles… Quant à Ed Pumer, il collabora avec Paul Mc Cartney avant de
retravailler avec son pote de toujours sur les albums solos de ce dernier. Ce sont donc deux « pointures » qui s’occupèrent de la composition de ce très bon morceau où prédominent les
cordes, principalement composées de violons, violoncelles et guitare électrique assurant un rythme pas si évident que cela à suivre mais que la voix de Claude calque toutefois
admirablement. Sa rigoureuse interprétation et la justesse de l’accompagnement musical font que l’ensemble atteint un très haut niveau de perfection ! Pour la petite histoire, il existe deux
versions de cette chanson, la 1ère habite l’album 33 tours « Claude François chante en anglais » et la 2ème fait l’objet du 45 tours qui
sortirent tous les deux en avril 1978. N’oublions pas, pour conclure, de mettre en évidence la formidable et ingénieuse chorégraphie qui ponctua la prestation de Claude dans le
« Snowtimes Special » de la BBC enregistré à Leysin les 8, 9 et 10 mars 1978… Quel régal pour les yeux, cette synchronisation de mouvements juste avant le dernier
refrain de la chanson ! Encore aujourd’hui, je ne m’en lasse pas !
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