Mardi 13 novembre 2007
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« Mais quand le matin » est, sans doute avec « Comme
d’habitude », un succès incontournable qui a eu un tel impact qu’il a marqué l’année 1967 dans le répertoire de Claude François. Non seulement, il paraît en juin
1967 en 45 tours aux côtés de 3 autres titres (« Hip hip hip hurrah », « Dans une larme » et « Il faut être
deux »), mais il figure aussi dans l’album qui sort en décembre de la même année avec d’autres chansons d’anthologie telles « Comme d’habitude »,
« Pardon » et « L’homme au traîneau ».
Claude François a le vent en poupe. Il sait, mieux que quiconque, qu’il faut faire la part belle aux musiques qui
« accrochent », aux rythmes endiablés qui permettent de mettre en valeur ses jolies danseuses, désormais baptisées « Les
Clodettes ».
A l’écriture du texte de cette chanson, un parolier de grand talent : Gilles Thibaut, décédé en 2000 à l’âge de 73 ans. Il composa également pour Johnny
Hallyday « Cheveux longs et idées courtes » (qui figure sur l’un des albums mythiques du rocker « La Génération Perdue » en 1966),
l’inoubliable « Que je t’aime » en 1969, l’intégralité des textes de l’album « Hamlet », précurseur du rock progressif et injustement snobé
dès sa sortie en 1976, et « Ma gueule » en 1979.
Il fit partie du trio de choc avec Claude
François et Jacques Revaux qui fut à l’origine du futur hit mondial « Comme d’habitude » qui eut la particularité d’ouvrir le premier album de
Cloclo sous son propre label Flèche; il signa également, pour ce même album, « Je veux chaque dimanche une fleur » (avec Eric
Charden à la conduite musicale), « Pourquoi », l’adaptation d’un standard de la pop de Macauley et Mac Leod
(« Baby now that I’ve found you » interprétée à l’origine par le groupe « The Foundations », numéro 1 en Angleterre, en novembre 1967 pendant
2 semaines), « Le Martien », tiré de l’original « Flowers in the rain » (créé par Roy Wood, un pur rock psychédélique qui
sera repris par Nancy Sinatra et plus récemment en 2007 par le quatuor anglais The Kaiser Chiefs), « La plus belle chose au
monde » du célébrissime « Massachussetts » des Bee Gees, « Pardon » avec une musique
immensément émouvante de Jean Renard (qui composa aussi pour Johnny), « L’homme au traîneau » (l’adaptation de « Carrie
Ann » de Nash, Hicks et Clarke pour le fameux groupe « The Hollies »), « Rien, rien,
rien » (adapté de « I was made to love her » du génial Stevie Wonder) et enfin « Ma fille » (dont l’original
fut composé en 1964 par Smokey Robinson, un pur « soul » Tamla Motown, sous le titre « My
Guy »).
L’impact lyrique de Gilles Thibaut sur cet album est indéniable : il se charge
de l’écriture de dix des onze chansons qui le composent; le texte de « Ce soir je vais boire » ayant été sorti de l’imagination fatiguée de Jacques Revaux, dénué de
tout charme et occulté par la qualité de « Comme d’habitude »…
En ce qui concerne la musique, c’est un jeune compositeur promis à un bel avenir qui s’en occupe : Eric Charden. Ce dernier a percé grâce au
titre « Amour, limite zéro » paru en 1965 et le style « dylanesque » plaît beaucoup à Claude. Celui-ci n’a pas son pareil pour débusquer de jeunes loups aux
dents longues. Son intuition se révèlera payante puisque cette chanson figurera désormais dans les « classiques » et tutoiera d’ autres succès, à consonance « soul » tels que
« C’est la même chanson » et « Cherche ». Par ailleurs, Eric Charden triomphera fin de l’année 1967 avec
« Le monde est gris, le monde est bleu ». A partir de 1971, il enchaînera les tubes avec son épouse Stone sous le fameux duo
« Stone et Charden », citons entre autres, « L’avventura », « Il fait du soleil sur la France », « Le
prix des allumettes » et « Made in Normadie ». En 1975, le couple se sépare alors qu’Eric triomphe en solo avec « 14 ans, les
gauloises ». La même année, il crée la comédie musicale « Mayflower » qui retrace le périple des premiers colons européens vers l’Amérique. En 1977, il
continue seul sa carrière et collabore avec Didier Barbelivien; de cette association naissent deux tubes : « Joue contre joue, 16 ans, 16
ans » et « Pense à moi ». Cependant, Stone et Eric resteront les meilleurs amis du monde et reformeront leur duo légendaire le temps de 3 chansons :
« Tous les avions sont des oiseaux » en 1978, « Carmen » et « Mon père qui chantait » en 1983. Entre-temps, Eric
composera en 1979 son plus gros succès en solo : « L’été s’ra chaud ». Pour la petite histoire, sachez enfin qu’il est également, la même année, à l’origine des
génériques des dessins animés « Albator » et « San Ku Kaï ».
« Mais quand le matin » a la particularité de nous susciter des sentiments
nourris de peur, d’angoisse, de mystère et de fantastique, non seulement par le texte en lui-même (qui fut retravaillé pour la sortie en disque, une première ébauche ayant été présentée en
exclusivité pour l’émission « Tilt Magazine » de Michel Drucker le 29 juin 1967) mais également et surtout par la partition musicale riche en cordes
(importante section de violons dès le début et omniprésente durant toute la durée du morceau), en cuivres (trompettes dans le refrain et saxophones dans la seconde partie de deux des trois
couplets) et en « batterie-basse » qui avait de fortes corrélations avec la « british beat » employée en Angleterre par des groupes aussi réputés que
The Beatles, The Rolling Stones, The Who, The Yardbirds ainsi que d’autres célèbres artistes tels que
Rod Stewart, Paul et Barry Ryan. Soulignons pour terminer l’excellente orchestration dirigée par Reg Guest qui eut le privilège
de travailler pour des sommités comme Sinatra, Sammy Davis Jr, Tom Jones et Dusty
Springfield.
Voici la première version de la chanson que Claude présenta chez son ami Drucker dans « Tilt
Magazine » ainsi que celle en italien, « Se Torni Tu », que Claude enregistra en 1969 et pour laquelle il fit une apparition très remarquée dans un show retransmis
à la RAI :
Se Torni Tu
Par BERNIE
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Publié dans : Les chansons de Claude
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