Samedi 24 novembre 2007
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MARIA MALIBRAN 1808-1836
Londres 1825-1836
VINCENZO BELLINI LA SONNAMBULA
JOHANN NEPOMUK HUMMELAIR À
LA TIROLIENNE AVEC VARIATIONS
FELIX
MENDELSSOHN INFELICE (London version)
New-York 1825-1827
MANUEL GARCIA LA FIGLIA DELL’ARIA *EL POETA
CALCULISTA
Paris 1827-1832
VINCENZO BELLINI
I PURITANI Malibran version
JACQUES FROMENTAL HALÉVY
CLARI
Bruxelles 1829-1836
MARIA
MALIBRAN RATAPLAN
Naples 1832-1835
GIOVANNI
PACINI IRENE -TANCREDI
GIUSEPPE
PERSIANI INES DE CASTRO
LAURO
ROSSI AMELIA
Milan 1834-1836
VINCENZO
BELLINI NORMA
MARIA
MALIBRAN L’ELISIR D’AMORE
Cecilia Bartoli
Orchestra La Scintilla
Adam Fischer
Maxim Vengerov (violon) – Celso
Albelo (Ténor) – Luca Pisaroni (Baryton Basse)
International Chamber Soloists – Chorus
master : Jürg Hämmerli
C’est avec une grande joie que je vous présente ce récent et très beau CD de la très talentueuse mezzo-soprano italienne Cecilia
Bartoli.
A l’écoute de cet enregistrement, il n’est pas exclus de penser que l’artiste
n’a pas encore exploré toutes les facettes de sa splendide voix. La concrétisation de ce projet qui lui tenait tant à cœur lui vaut d’accomplir un fameux pas en ce sens. On ne peut que
l’applaudir dans ce choix qui aura certainement une incidence dans l’évolution de sa déjà longue carrière. En effet, à 41 ans, la chanteuse présente une élogieuse carte de visite ! Ses
parents eux-mêmes chanteurs professionnels lui transmettent de généreux gènes qui lui valent de passer, à l’âge de 19 ans, une audition à la Scala sous la direction de Ricardo
Muti qui l’avait remarquée lors d’une émission musicale italienne à laquelle elle participait.
Elle ne fait que confirmer les excellentes capacités vocales qu’elle avait démontrées un an plus tôt lors d’un concert à l’Opéra de Paris, en hommage à
La Callas. Cet événement est capté et diffusé sur Antenne 2 dans une émission d’Eve Ruggieri en 1987. La carrière de Cecilia
Bartoli est définitivement lancée. Elle se spécialise dans les œuvres de Mozart et Rossini. En 1988, elle est une parfaite Rosina dans « Le Barbier
de Séville ». Toujours à l’affût de jeunes talents, Herbert Von Karajan la « courtise » et lui demande de chanter la Messe en Si de Bach
au Festival de Pâques de Salzbourg en 1990. Malheureusement, la disparition du grand chef d’orchestre empêche l’aboutissement de ce projet. Daniel Barenboïm prend le relais et la
cantonne dans le répertoire de Mozart. Elle campe magnifiquement Despina dans « Cosi Fan Tutte » en 1996 au Metropolitan Opera.
Cecilia Bartoli déchaîne les passions par sa fougue, sa vivacité et son enthousiasme. Elle déploie une telle énergie que les mauvaises langues la critiquent d’ « en
faire un peu trop »…
Faisant fi de ces considérations, la mezzo-soprano s’aventure dans un
autre domaine : elle sort un CD « Vivaldi album » en 1999 constitué d’airs oubliés. C’est un succès immédiat : 500.000 exemplaires vendus en quelques jours
feront taire ses détracteurs… Sa soif de découvertes ne s’arrête pas en si bon chemin. En 2001, elle édite un nouveau recueil de compositions de Gluck et en 2003, elle se
consacre aux œuvres de Salieri. En 2005, sa curiosité va la conduire à l’enregistrement d’un nouveau CD en hommage à une époque méconnue : la Rome des
Castrats dans les années 1700. 2007 salue la venue de « l’ère Malibran » en souvenir de cette mezzo-soprano qui décéda en pleine gloire en 1836 à l’âge de 28
ans.
De son véritable nom
Maria-Felicità Garcia, elle subit les foudres de son père, Manuel Garcia, un grand ténor, qui la contraint à suivre la voie du succès et à
se produire sur scène à l’âge de 6 ans à peine ! Ce dernier tient absolument à conduire sa carrière et l’emmène à 17 ans en Amérique où elle fait la connaissance de son futur époux,
Eugène Malibran.
Le mariage sera éphémère; Maria le quitte pour s’unir à
Charles-Auguste de Bériot, compositeur et violoncelliste avec qui elle aura un garçon en 1833 : Charles Wilfrid de Bériot qui sera un illustre pianiste. La
famille se base à Bruxelles, dans l’actuelle maison communale d’Ixelles. Entre-temps, la cantatrice est de plus en plus sollicitée; les héroïnes de Mozart,
Rossini, Beethoven, Bellini et Donizetti recueillent ses faveurs et elle reçoit également les vifs encouragements de
Chopin et de Liszt.
Malheureusement, la fatalité s’abat sur elle
en 1836 suite à une chute de cheval. Alors qu’elle est enceinte, Maria Malibran poursuit dangereusement le rythme effréné de sa carrière et meurt d’épuisement à Manchester en
septembre de la même année. Son corps est rapatrié en Belgique pour être inhumé au cimetière de Laeken où un mausolée est érigé en son honneur. Alfred de Musset et
Lamartine s’exprimeront à son sujet et entretiendront sa légende qui s’étendra à une reconnaissance unanime de la part des divas qui vont lui
succéder.
2008 verra la célébration du bicentenaire de la naissance de Maria
Malibran. Une date que Cecilia Bartoli marquera de son empreinte ou plutôt de sa voix qui, à peu de différences près, ressemble à celle de la chanteuse qu’elle vénère
tant…
Une adoration qui suscite en Cecilia le désir de s’approprier des objets
personnels de la diva.
Je vous propose d’ailleurs de les découvrir ci-dessous :
A l’origine de l’album, soulignons la perspicacité de Christopher
Reaburn (photo ci-contre), directeur artistique de Decca, la maison de disques de la cantatrice, qui avait découvert en sa protégée des qualités de tessiture identiques
à celles de Maria Malibran.
En plus, le portrait qu’il lui avait offert voici une
vingtaine d’années, a décuplé chez Cecilia le désir de collectionner vases, partitions, manuscrits, bijoux et de multiples bibelots ayant appartenu à la
diva.
Cecilia Bartoli a décidé de
faire partager ces acquisitions avec son public et un camion à l’effigie des deux stars accompagnera sa tournée et s’arrêtera à Munich le 2 décembre, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, les
14 et 16 et à Londres les 19 et 21 où la chanteuse reprendra certainement de nombreux airs qui composent son nouvel album.
Le 24 mars 2008, Cecilia sera de retour dans la capitale française où « La Malibran » a vu le jour pour
une journée exceptionnelle en son honneur à la salle Pleyel et qui coïncidera avec le bicentenaire de sa naissance.
Cecilia a puisé au plus profond de ses riches et variées ressources vocales pour nous concocter un
album plaisant à écouter où elle allie la subtilité à la force. Etonnantes sont ses interprétations de « L’Air à la Tyrolienne » où elle excelle dans les nombreux
changements de rythmes et de « Rataplan » où son agilité est stupéfiante. Parfaitement à l’aise du premier au dernier titre de cet album
(« Irène » de Pacini, « La Figlia dell’aria » et « La Norma » de Bellini sont
d’autres moments forts), insistons pour le remarquable talent des musiciens qui l’accompagnent et particulièrement le violoniste Maxim Vengerov (photo ci-dessous) qui nous
éblouit dans « Infelice » de Mendelssohn ainsi que dans « Clari » d’Halévy, autres perles de cet
enregistrement.
Pour conclure, évoquons la
carrière d’Adam Fischer qui signe ici une excellente direction d’orchestre en totale symbiose avec la cantatrice. Né à Budapest en 1949, le chef d’orchestre
hongrois est issu d’une famille musicale. Son frère et lui ont fréquenté très jeunes le chœur des enfants de l’Opéra de Budapest. Il a donc été très vite plongé au cœur du monde de l’opéra et
chante dans « Carmen », « Boris Godounov » et « La Flûte Enchantée ». Il étudie ensuite le piano
au Conservatoire Bartok et s’installe à Vienne pour continuer son apprentissage de la musique. Nanti des plus grandes distinctions, il ne tarde pas a être engagé à Graz et
Karlsruhe pour se voir décerner la direction musicale de Fribourg. Puis, il a l’infime honneur de diriger une production de « Fidelio » de Karl Böhm à
l’Opéra de Bavière. Ses véritables débuts comme chef d’orchestre se déroulent en 1984 à l’Opéra de Paris dans « Le Chevalier de la Rose » et en 1986 à la Scala dans
« La Flûte Enchantée ». Il se voit confier également la direction des plus grandes formations européennes comme les Orchestres Symphonique et
Philarmonique de Vienne, l’Orchestre de Paris, le London Philarmonic ainsi que le Royal Philarmonic. En 1981, il franchit l’Atlantique pour diriger « Don Giovanni » à
l’Opéra de San Francisco ainsi qu’une production de « Macbeth » de Verdi au Chicago Lyric Opera et, en 1984, il conduira au Japon le Tokyo Metropolitan
Orchestra ainsi que l’Orchestre Symphonique de son pays natal. Durant les années 80, et, en étroite collaboration avec l’Opéra de Vienne, il travaille à la production de « Die
Verkaufte Braut » de Smetana, « Manon », « Cavalleria Rusticana », « I
Pagliacci », « Marie Stuart », « Fidelio », « La Chauve-souris » de Johann Strauss
Jr, « Otello », « Lucia di Lammermoor » et « Cosi Fan Tutte ». En 1989, il dirige « La
Chauve-souris » pour la première fois de sa carrière au Royal Opera House à Covent Garden. En 1994, il assure la direction d’ « Otello » au
Metropolitan Opera de New-York avant d’enchaîner sur « Le Barbier de Séville » en 1995-1996 et « Aïda » en 1996-1997. En 2001, à
Bayreuth, il s’occupe du très périlleux cycle de « L’Anneau du Nibelung » de Richard Wagner et est désigné « Chef de l’Année » en 2002 par le
magazine musical allemand « Opernwelt ». Il prolonge « Le Ring » de Wagner jusqu’en 2004 avant de conduire
« Parsifal » du même compositeur en 2007 pour son retour à Bayreuth. La même année, Placido Domingo fait appel à lui pour l’accompagner au cours du
gala qui honore le 40ème anniversaire de sa fabuleuse carrière. Depuis, Adam Fisher a effectué un retour aux sources puisqu’il est actuellement aux commandes de
l’Orchestre National Hongrois.
Par BERNIE
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Publié dans : Le coin du Classique
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