Partager l'article ! JAMES BROWN: « And now, this is showtime, Ladies and Gentlemen… JAAAAAAAAAAMES BROWN ! ». Après une intro de tonn ...
James Brown doit attendre
1958 pour décrocher, enfin, un second tube avec « Try me » de sa composition. Cette chanson précédera d’autres hits tels « I’ll Go Crazy »
qu’il écrit également en 1959 et « Bewildered » (de Whitcup et Powell) en 1960. James Brown accumule les numéros 1 : « Night Train » (de Jimmy
Forrest) en 1961, « Out of Sight » (de Ted Wight) en 1964, « Papa’s Got A Brand New Bag » (de
Brown), le formidable « I Got you (I Feel Good) » (encore de Ted Wight) en 1965, « Cold
Sweat » (de Brown et Ellis) en 1967 et le superbe « I Got The Feeling » (de Brown) en 1968 définissent un rythme
et un son tout à fait particuliers, propres à l’artiste qui enrichissent spectaculairement ses performances scéniques (si ce n’est déjà fait, je vous conseille d’ailleurs de vous approprier les
deux volumes du « Live At The Apollo » de 1968 pour que vous puissiez vous rendre compte de l’impact considérable que provoqueront ces chansons sur
la suite de la carrière de l’idole, à un point tel qu’elles deviendront indissociables de leur interprète pour figurer perpétuellement dans chacun de ses récitals). Toutefois, n’omettons pas la
fabuleuse ballade soul très mélodramatique qu’il coécrit avec Betty Newsome et qu’il enregistre entre-temps en 1966 : « It’s A Man’s, Man’s
World » qui lui octroie un moment de répit dans le tempo effréné qu’il imprime à ses apparitions en public. Avec « Out Of Sight » et
« Night Train », James Brown a jeté les bases du Funk dont la recette comprend des arrangements bruts, sans fioritures, assortis
d’une importante section de cuivres et de percussions bien présentes, sa voix inimitable et ses cris saccadés apportant un plus indéniable à la pulsation rythmique de l’ensemble. De plus en
plus, il apporte à la confection de ses titres « live » des intermèdes parlés qu’il adresse directement aux spectateurs. Vous l’aurez compris, il est le digne précurseur du
Rap. Il introduit également des répétitions et des ruptures de rythmes dans ses interprétations, le tout mixé à des tempos différents. C’est époustouflant. La fin des années 60
est le moment qu’il choisit pour politiser ses chansons : « Say It Loud (I’m Black and I’m Proud) » (à nouveau de Brown et
Ellis) en 1968 et « I Don’t Want Nobody To Give Me Nothing » (de Brown) en 1969. Ses thèmes préférés sont son
appartenance à sa race et son amertume sur la société. Son fabuleux pouvoir de magnétisation sur les foules font des émules en la personne de Michael Jackson qui devient l’un
des ses plus fervents admirateurs. Plus tard, Prince puisera également son inspiration dans le répertoire de James Brown pour définir ses racines
musicales.
A l’aube des années 70, James Brown fourmille de nouvelles idées et il innove,
avec la complicité de Bobby Bird, par le renouvellement de son orchestre. Désormais, il les appellera les « JB’s » (photo ci-contre). Le titre qui
marquera cette transition est bien entendu « Sex Machine ». D’autres titres emblématiques lui succèdent tels « (Call Me)
Superbad » (de Brown) toujours en 1970, le fantastique « Soul Power »
Les années 80 sont malheureusement moins prolifiques. Malgré un « revival » avec l’arrivée salvatrice
de Dan Hartman qui produit et lui concocte, avec Charlie Midnight, l’album « Gravity » en 1986 (qui comprend
« Living In America », chanson fétiche du film « Rocky IV » et son dernier numéro 1 à ce jour) et l’album « I’m
Real » en 1988 où il fait la pige aux hordes de gangs rappers, la popularité de James Brown en prend un sacré coup avec son arrestation la même année pour
détention d’armes et de stupéfiants, ainsi que pour violence conjugale. Il est condamné à 6 ans de prison ! Toutefois, sa peine est réduite à 3 ans et il recouvre la liberté en 1991. Sa
production musicale est moins dense mais retenons quand même deux albums qui valent le détour : « Universal James » en 1992, aux accents
« Rap », qui marque donc son retour après des mois de longue disette et « I’m Back » en 1998 avant un ultime et décevant
« The Next Step » en 2002. Cependant, le « Godfather » n’a pas encore abdiqué et ses prestations sur scène (réduites à 45 minutes effectives, le reste du
récital étant assuré par ses musiciens) sont toujours saluées avec beaucoup de respect; pour preuve, sa dernière participation à « Couleur Café » à Bruxelles le 30 juin 2006 où il est
toutefois apparu fort amaigri.
Claude François voue
une admiration sans bornes à James Brown. Il effectue ainsi sa première sortie officielle avec la future mère de ses enfants, Isabelle Forêt, le 21 septembre 1967 afin d’aller
applaudir « The Godfather Of Soul » dans son tout nouveau spectacle à l’Olympia. L’influence de ce dernier sur le show de l’époque de l’idole française est flagrante.
Pour la scène, Cloclo lui pique quelques samplés d’ « Out Of Sight » pour agrémenter une partie orchestrale et
dansante de sa chanson d’ouverture « Je tiens un tigre par la queue ». Pour le final, il reprend même « I Got The Feelin’ » pour présenter
les Clodettes ! Je vous propose une autre vidéo de James Brown justement à l’Olympia en 1967 avec sa chanson d’introduction « Out Of Sight »
dont la manière de bouger rappelle incontestablement la façon avec laquelle Cloclo se trémousse dans « Mais quand le
matin » !
MADE IN BELGIUM
PIERRE RAPSAT
2ème partie
De "Je suis moi" à
"Un coup de rouge, un coup de blues"

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