Février-mars 1971 : Claude François effectue une tournée triomphale au Canada où il fait un carton avec sa chanson
« Un homme libre »… Assez bizarrement, ce titre passera plutôt inaperçu en France. Mais il ne veut pas revenir dans sa chère patrie sans un nouveau « hit »
dans sa valise… L’artiste doit confirmer le succès de l’album précédant qui contenait « Si douce à mon souvenir », « C’est de l’eau, c’est du
vent », « Fleur sauvage » et « Parce que je t’aime mon enfant ». Pas facile de faire mieux, sinon autant ! Cependant,
Cloclo a plus d’un tour dans son sac… Il a réussi à réserver un studio à la mythique « TAMLA MOTOWN » ! Afin d’avoir tous les atouts dans son jeu, il s’est adjoint
les services de son fidèle compère Jean-Pierre Bourtayre. Nos deux amis arrivent à Détroit, dans le Michigan, et, à peine franchi le seuil de ce
domaine légendaire d’où jaillirent une quantité incroyable de tubes enregistrés par de « grosses pointures », de Stevie Wonder à Diana Ross, en passant
par Marvin Gaye, les Jackson 5, Smokey Robinson, etc…, ils furent accueillis et épaulés par le producteur Henry Cosby
(ci-dessous) qui supervisera les prises de « C’est la même chanson », « Bernadette » et « Réveille-moi », les 3
chansons qui, finalement, sortiront de ces séances.
Encore aujourd’hui, Jean-Pierre Bourtayre se souvient de ce séjour
exceptionnel. Dans un témoignage de l’époque, il signale que Claude était ravi, qu’il réalisait là ce qu’aucun autre artiste français n’avait jamais fait avant lui. L’immeuble où étaient disposés
ces studios était avant un hôpital dont toutes les pièces avaient été réaménagées en petits bureaux : d’un côté, on pouvait trouver les directeurs artistiques et les managers; de l’autre,
les compositeurs. Dès qu’une chanson était prête, cette proximité permettait à tout le monde de se focaliser sur la sortie et la commercialisation du titre; le gain de temps était très
appréciable et le disque pouvait atterrir très rapidement dans les bacs des disquaires ! Claude François raffolait de cette façon de procéder et aurait bien voulu, ainsi,
disposer de nombreux compositeurs à son service ! Les musiciens travaillaient constamment dans les studios afin de définir et peaufiner les bases rythmiques de toutes les chansons
« TAMLA ». Claude se permit d’aller à leur rencontre et ils en furent touchés : c’était la première fois qu’un artiste venait les saluer; les séances étant faites
« à la chaîne », comme dans une véritable usine. Ils n’avaient jamais l’occasion de fréquenter les artistes… Claude François fut très satisfait des arrangements
reproduisant très fidèlement le son « TAMLA » tel qu’il l’avait toujours souhaité.
"It’s The Same Old Song" est initialement enregistrée par « The Four
Tops » le 8 juillet 1965 et figure sur leur second album. En l’espace d’une journée, cette chanson est passée du producteur au consommateur ! Eh oui, 22 heures sur 24, les
auteurs bûchaient à trouver de nouvelles idées de chansons, les plus prolifiques étant certainement le trio composé par les frères Holland et Lamont Dozier. Le
lendemain de la création, 1500 exemplaires furent distribués dans les radios locales et le titre se vit catapulté tout de suite à la cinquième place du Bilboard ! Il faut
dire aussi que Berry Gordy (ci-dessous), le fondateur de la « MOTOWN » en 1959 était très exigeant et avait le contrôle absolu sur son empire, ne
laissant jamais rien au hasard. En 1967, un litige opposera d’ailleurs ce dernier au célèbre trio souhaitant devenir indépendant et produire leurs propres compositions… (à
suivre)
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