Dimanche 16 décembre 2007
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Brian Holland (au milieu, né le 15 février 1941), Eddie Holland (à droite, 30 octobre 1939) et Lamont Dozier (assis au piano, 16 juin
1941) commencèrent leur collaboration au sein de la « TAMLA MOTOWN » en 1962. Pendant les cinq années durant lesquelles ils collectionnèrent les succès, Brian et Lamont
se chargeaient de composer et de produire chaque chanson de leur catalogue, Eddie se voyant confier les travaux d’écriture et d’arrangement. Quand ils quittèrent Berry Gordy, ils
poursuivirent leur carrière ensemble et montèrent leur propre label de production « HDH Productions ».
Les futurs associés s’intéressèrent très tôt à la musique et plus particulièrement au Rhythm’n’blues. Dans les années 50, ils intégrèrent
des ensembles vocaux à Detroit, dans le Michigan, comme chanteurs solistes.
Le destin fit qu’ils devaient inévitablement se rencontrer. C’est Eddie qui fut surtout le « catalyseur » de la réunion puisqu’il commença à
travailler pour Berry Gordy en 1958 et Brian vint rejoindre son frangin dès la création de la « Motown » en 1959; Lamont, de son côté, œuvrait comme
producteur sur d’autres labels avant d’arriver à la « Motown » en 1961. Au cours de cette même année, Eddie avait déjà pu goûter aux joies du succès puisqu’il était
entré dans le Top 30 américain avec une chanson personnelle intitulée « Jamie ». Brian, quant à lui, décrocha une première place au Bilboard
avec la chanson « Please Mr Postman » interprétée par The Marvelettes (ci-dessous).
Ils consacrèrent leurs premiers travaux communs au groupe The
Miracles, à Martha and The Vandellas et au plus grand de tous (c’est un avis qui n’engage que moi) : Marvin Gaye.
Décelant en eux un
don inné pour le succès, Berry Gordy s’empressa de les solliciter pour qu’ils s'occupent de la carrière
du trio The Supremes (ci-contre). En effet, malgré les louables
efforts de Smokey Robinson (l’un des membres du groupe The Miracles), la carrière des trois chanteuses n’arrivait pas à prendre son envol. Le premier essai fut
un coup de maître puisque la première chanson « When The Lovelights Starts Shining Through His Eyes » se
classa à la 23ème place du Bilboard. Il s’ensuivit une succession de tubes qui furent tous numéro 1 : « Where Did Our Love
Go ? », « Baby Love », “Stop ! In The Name Of Love”,
“I Hear A Symphony”, “You Keep Me Hangin’ On”, “You Can't Hurry Love”,
etc. Ils en firent autant pour les Isley Brothers et les Four Tops avec “I Can't Help Myself ”, “It's The Same Old Song” ou “Reach Out,
I’ll Be There”. Eddie écrivit aussi « Ain't Too Proud To Beg » avec Norman Whitfield (qui connaîtra plus tard un incroyable succès avec la musique du film « Car
Wash ») pour les Temptations
(ci-dessous).
Afin d’accompagner ces chanteurs, Holland-Dozier-Holland prirent l'habitude de leur adjoindre le groupe de musiciens-arrangeurs The Funk Brothers, voire
l'orchestre symphonique de Detroit.
En unissant leur indéniable talent, les trois compositeurs firent exploser le tiroir caisse de leur maison de disques. Ils récoltèrent encore des
succès retentissants avec « How
Sweet It Is (To Be Loved By You) », « Can I Get A Witness » et « Baby Don’t You Do
It » qu’ils donnèrent à Marvin Gaye (ci-contre) ainsi qu’avec “Heatwave” qu’ils destinèrent à
Martha and the Vandellas (ci-dessous).
Malheureusement, même les plus belles histoires ont une fin et en 1967, les trois amis quittèrent le navire suite à un différend financier (des royalties ne leur auraient été pas reversées). Dans
la foulée, ils créèrent deux labels : Invictus Records et Hot Wax Records mais manifestement, ils n’avaient plus le
« feu sacré » et ils ne purent plus jamais retrouver le même génie créatif dont ils avaient fait preuve chez « Motown ». De son côté, Berry
Gordy ne décolérait pas et assimilait cette fuite à une rupture de contrat unilatérale. Une sévère et longue bataille en justice s’ensuivit jusqu’en 1977 où un jugement fut rendu en
défaveur de HDH qui fut contraint de payer plusieurs milliers de Dollars en dommages et intérêts. Ils perdirent également les crédits de leurs premières compositions au sein de
leurs propres labels. Au début des années 70, Lamont Dozier décida de se séparer des frères Holland pour mener une carrière en solo et fut remplacé au sein de
« HDH Productions » par Harold Beatty. Assez curieusement, dans le milieu de ces années 70, durant la suspension de leur procès avec leur ancien
employeur, HDH continua de composer pour des artistes appartenant toujours à la « Motown » comme Michael Jackson et Diana Ross
and The Supremes. Durant son cavalier seul, Lamont sortit trois albums comme interprète et fut producteur d'Aretha Franklin, Eric
Clapton, Ben E. King,
Phil Collins et Simply
Red. Toutefois, par après, il reprit sa place aux côtés de ses
illustres partenaires. L’envie de retravailler avec eux était tellement forte qu’il ne fut plus tenté de leur faire fausse route… Le trio entra définitivement dans la légende en 1990 quand il
reçut l’infime honneur d’être intronisé au prestigieux « Rock’n’roll Hall Of Fame » (Temple de la renommée et Musée du Rock’n’roll
basé à Cleveland, dans l’Ohio où sont répertoriés tous les artistes les plus célèbres et les plus influents de l’histoire du Rock’n’roll, qu’ils soient chanteurs, producteurs ou
compositeurs). Dans le monde de la musique soul, c’est certainement le trio de compositeurs le plus populaire : on ne compte plus les interprètes de
leurs chansons. En plus de ceux déjà repris ci-avant, citons les célèbres Rod Stewart, James Taylor, The Dixie Chicks, Freda Payne, The
Carpenters, Barbara Streisand, Reba McEntire, Dionne Warwick, The Jackson Five sans oublier The
Beatles (eh oui !) qui enregistrèrent une version de “Please, Mr Postman” en décembre 1963 !. Ils détiennent également le record de diffusion de leurs
créations dans les stations de radio et dans les chaînes de télévision : à l’heure actuelle, on recense la bagatelle de 100 millions d’ « airplays » ! C’est
gigantesque et c’est plus qu’Elvis Presley, The Beatles et The Rolling Stones réunis !
Le siège de « Motown Records » !
"Hitsville USA" était l’appellation donnée au premier
siège de la « MotownRecords » situé au 2648 West
Grand Boulevard à Detroit. Berry Gordy racheta ce bâtiment en 1959 qui servait, jusqu’alors, à des
travaux de photographie pour y fonder sa maison de disques. En 1972, « Motown » quitta
Detroit pour Los Angeles et resta une entreprise indépendante jusqu’à sa vente par Gordy à
MCA en 1988. Actuellement, le siège se trouve à New-York
et « Motown Records » est devenue une
filiale de Universal Motown/Universal Republic Group elle-même dépendante de Universal Music Group. Depuis 1985, le bâtiment de Hitsville est le site du « Motown Historical Museum » géré par la sœur de Gordy, Esther, qui expose l'héritage du label (les artistes et les origines du son « Tamla ») ainsi que des costumes, photos et enregistrements.
Le lien avec Claude François !
Que serait-il advenu de la carrière de Claude François s’il n’avait pas enrichi son
répertoire des adaptations « Tamla Motown » ? On se le demande surtout avec « J’attendrai » (« Reach Out I’ll
Be There »), « C’est la même chanson » (« It’s The Same Old Song ») et « Stop, au nom de
l’amour » (« Stop ! In The Name Of Love ») qui feront toujours partie de son tour de chant à partir de leur enregistrement !
Il est certain que, sans ces chansons, ses performances scéniques n’auraient pas du tout eu le même impact ! Mais attachons-nous à rechercher dans le catalogue de l’idole les titres qu’il a
empruntés au fantastique trio que nous évoquons : outre les trois emblématiques cités ci-dessus, signalons aussi « Car… Tout le monde a besoin d’amour »
(« Baby I Need Your Loving »), « Bernadette », du même titre que l’original,
« Réveille-moi » ( « Shake Me, Wake Me »), « Mais c’est différent
déjà » (« You Keep Me Hanging On »), « Une
fille et des fleurs » (« You Can’t Hurry Love ») et « L’Amour c’est comme ça »
(« I Can’t Help Myself »). La liste ne s’arrête pas là en ce qui concerne les adaptations « Tamla Motown ». J’y reviendrai plus
tard. Ces nombreuses reprises confirmaient l’attachement que Claude François vouait à ce style musical qui lui collait si bien à la peau ! Dommage que, sur scène, il n’ait
pas exploité les autres chansons qu’il aurait bien pu inclure dans un « medley » par exemple. Cette admiration conduisit Cloclo à une rencontre mémorable avec
Lamont Dozier au cours de l’émission « Musique and Music » de Jacques Martin en octobre
1977…
Par BERNIE
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Publié dans : The Kings Of Soul
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