Commentaires : William Sheller ne
change pas de chanson d’ouverture… Pour lui, il est tout à fait indiqué de débuter par cette fabuleuse « mini symphonie » qu’est « Symphoman »,
beaucoup plus enveloppé musicalement par l’ajout de plusieurs instruments à cordes… C’est chaud, convivial et comme il le signale, il nous emmène voyager à travers son « nouveau
monde ».
Excalibur
Durant ce récital, il fait la part belle à son plus récent et
excellent album « Les machines absurdes » dont il extrait pas moins de cinq chansons : « Moondown » commence à
nouveau par une belle section de cordes enrobée de percussions altruistes et d’une basse électrique presqu’inconvenante mais savamment dosées afin de ne pas troubler l’ambiance
« classique » qui se dégage indéniablement de ce morceau; « Indies (Les millions de singes) » est incontestablement
l’une des meilleures créations de William, au tempo résolument plus rock avec des connotations orientales… Fabuleux, dantesque ! « To
You » est, par contre, plus dépouillé, plus intimiste et William dédicace cette mélodie à sa promise, une mélodie qui est venue comme ça, sortie tout
droit de son fidèle piano… Il ne se l’explique pas et on est séduit par cette étrange étourderie… « Parade (Le bel adieu) » nous conforte dans le
classicisme et William nous sert cette belle chanson avec des cordes et… une trompette habile qui virevolte entre les notes comme si elle était nantie d’ailes… Belle et
savoureuse combinaison de sonorités ! « Chamberwood (La vilaine maison) » est burlesque, au rythme plus enjoué, clownesque ! On imaginerait
bien William en arlequin… Mais l’imprégnation classique est tellement perceptible qu’elle force le respect… Chapeau, William !
« Chanson lente » est tendre, émouvant… et drôle car William se plante merveilleusement à deux reprises et en
grand professionnel, l’enregistrement n’a pas été « falsifié ». C’est vrai que, succédant à l’endiablé « Rock’n’dollars », il est très malaisé
de redescendre vertigineusement dans le tempo. Ce qui justifie ce délicieux dérapage pour lequel William s’excuse en évoquant Edith Piaf qui avait connu la
même mésaventure avant lui, s’y reprenant… onze fois ! Les autres chansons qui s’intercalent méritent que l’on s’y attarde : « Les
orgeuilleuses » (de l’album « J’suis pas bien » de 1981) est moins connue mais pas du tout dénuée de qualités et de richesses
musicales. Une adroite clarinette nous entraîne sur une mer de cordes tranquille, c’est joliment joué, c’est gentil… comme l’est tout simplement William !
« Centre ville » est très mélodieuse (un inédit qui figure sur la double compilation « Tu devrais chanter » de 1998),
mélancolique à souhait et inexorablement, on se sent doucement porté par la délicatesse dont William fait preuve pour interpréter ce bien beau morceau au piano… C’est aussi
trop court, on aurait aimé que la chanson dure une minute de plus… « Un endroit pour vivre » (qui est certainement l’une de ses chansons préférées) vient
à la suite et assure en tout cas une parfaite continuité dans la ligne mélodique… « Les enfants sauvages » (de l’album
« Albion » de 1994 tant décrié de par son changement de style résolument porté sur le hard rock) nous confirme que, décidément, William
Sheller est un formidable musicien, capable de passer d’un genre musical à un autre avec le même brio ! L’agressivité des guitares électriques et des cordes, la pertinence des
percussions et les prouesses vocales de William se marient harmonieusement et nous offrent un cocktail sonore détonant ! Et nous ne sommes pas encore remis de nos
émotions que le froid nous transperce avec « C’est l’hiver demain » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de
1976). Pendant la chanson, on croirait vraiment entendre trembler les instruments ! Et c’est à nouveau très réussi… « Relâche » (de l’album
« Albion » de 1994) nous déconcerte par son tourbillon musical : ça commence par une parade de cirque, ça vire au « populaire », une
guitare électrique flirte avec une trompette classique et tout ça finit dans une étrange mais élégante cacophonie ! « Le témoin magnifique » et
« Un archet sur mes veines » (tirés de l’excellent album « Ailleurs » de 1989) sont deux
très grands moments de ce concert : en un peu plus de 12 minutes, William marie le classique à la pop dans le premier, mélange le blues toujours au classique dans le
deuxième ! Incroyable, il n’y a que William Sheller pour oser ces étonnants alliages… « La maison de Mara » (de son premier album à
succès « Rock’n’dollars » de 1975) est un choix agréable dans ce récital où on se plaît à redécouvrir cette courte mais ô combien jolie mélodie.
William enchaîne, seul au piano, avec « Une chanson qui te ressemblerait » (extrait de « Dans un vieux
rock’n’roll » de 1976), il exprime ses regrets et ses frustrations à travers un texte qui nous décrit une douleur intérieure profonde…
"Excalibur" (de l'album "Albion" de 1994) est une véritable fresque musicale, une immense chanson à grand spectacle, tragique avec une
floraison de sons fantastiques... Enfin, « Le capitaine » (de « Simplement » en 1983) est une complète déraison, un
moment de folie avec des clarinettes qui imitent le cri des mouettes, le bateau tangue avec, à son bord, des marins inquiets de la raison de leur capitaine… Mais le public, lui, arrive à
bon port et traduit généreusement sa satisfaction… et c’est bien là le principal. Six étoiles, le maximum pour ce double compact en public avec, je le répète, une mention spéciale pour le
tendre plantage sur « Chanson lente »…
POUR LES INCONDITIONNELS… ET LES CURIEUX EN PROIE À DE FASCINANTES DÉCOUVERTES SUR L’UNIVERS MUSICAL DE WILLIAM
SHELLER :
L’INTÉGRALE DES ENREGISTREMENTS DE 1968 À 2004 :
« CHEMIN DE TRAVERSE » (PARUE LE 31 OCTOBRE 2005) ***
Fier et fou de
vous
16 CD avec des bonus issus de divers 45 tours
9 CD de
chansons en studio et 7 CD « live »
1 CD instrumental : « Les Quatuors William Sheller »
2 CD de musiques
de films
(« Erotissimo », « L’écrivain public » et
« Arlette »)
1 DVD avec
7 clips vidéo et un entretien d’une heure avec Patrice Gaulupeau
1 brochure biographique de 42 pages avec commentaires sur sa discographie, l’index des titres de l’intégrale et le détail des photos figurant sur le
poster
1 poster de collection comprenant 122 photos ou documents sur la carrière de William Sheller
Commentaires : seulement 3 étoiles pour cette intégrale qui, en fait, n’en
est pas une puisqu’il manque 6 chansons (dont l’enregistrement studio de « Fier et fou de vous » qui est l’une de ses plus
célèbres chansons. Inexplicable et impensable !), plusieurs instrumentaux et la bande originale du film « Retour en force »… C’est
regrettable. Pourquoi cette ignorance ou cette négligence ?
DVD « WILLIAM SHELLER – PARADE AU CIRQUE ROYAL » ****
Enregistré en public à Bruxelles le 14 mars
2005
30 CHANSONS :
SYMPHOMAN/BASKET BALL/LE NOUVEAU
MONDE/NICOLAS/
MAMAN EST FOLLE/LA TÊTE BRÛLÉE/PHOTOS
SOUVENIRS/
LE CARNET À SPIRALE/LES MIROIRS DANS LA
BOUE/
C’EST L’HIVER DEMAIN/LE
CAPITAINE/RELÂCHE/DARJEELING/
MON HÔTEL/TOUTES LES CHOSES QU’ON LUI
DONNE/
FIER ET FOU DE VOUS/CHAMBERWOOD/TO
YOU/
LES MACHINES ABSURDES/J’EN AVAIS ENVIE
AUSSI/
LES PETITES FILLES MODÈLES/OH ! J’COURS TOUT
SEUL/
UN HOMME HEUREUX/LES FILLES DE
L’AURORE/
INDIES (LES MILLIONS DE SINGES)/EXCALIBUR/LOULOU/
ROCK’N’DOLLARS/QUAND J’ÉTAIS À VOS GENOUX/
DANS UN VIEUX
ROCK’N’ROLL
MUSICIENS :
William SHELLER (Piano)
Nicolas STEVENS (Violon – chef d’orchestre)/Laurence
RONVEAUX (Violon)
Valérie BRUSSELLE (Violon)/Yan BERCU
(Violon)
Eric GERSTMANS (Alto)/Marc PIJPOPS
(Alto)
Christelle HEINEN (Violoncelle)/Jean-François ASSY
(Violoncelle)
André KLENES (Contrebasse)/Pierre BERNARD
(Flûte)
Gilles DEMAZIÈRES (Basson)/Geoffrey GUÉRIN
(Cor)
Michel PARÉ (Trompette)/Rhonny VENTAT
(Saxophone)
Grégory DEMAILLY (Clarinette)/Alain LÉONARD
(Basse)
Giovanni RIZZUTO (Guitare)/Yves BAIBAY
(Batterie)
BONUS :
Les coulisses du concert
En Aparté
Entretiens de William Sheller avec Patrice
Gaulupeau
Commentaires : 2 heures 33 de pur bonheur pendant lesquelles
William Sheller revisite sa carrière en 30 chansons … Quoi de plus normal pour célébrer le 30ème anniversaire de l’année de son premier grand succès ? 18
excellents musiciens l’accompagnent sur scène et se partagent les instruments classiques et contemporains : c’est un ravissement pour les oreilles ! De plus,
William prend son temps et prend beaucoup de plaisir à raconter une petite anecdote pour amener chaque chanson. C’est parfois très loquace mais tendre, drôle et émouvant
à la fois.
Que dire du choix des titres ? Pour la plupart, il est amplement justifié vu les nombreux tubes qui ont jalonné un parcours exemplaire, presque sans aucun temps
mort… Trois lacunes, pourtant, sont à relever et elles sont de taille : l’artiste a fait l’impasse sur « J’me gênerais pas pour dire que
j’t’aime encore » (1978), « Une chanson noble et sentimentale » (1981) et « Mon Dieu
que j’l’aime » (1983) qui sont de formidables chansons et furent des succès chacune à leur époque. Au décompte final, le résultat est un peu moins bon qu’on l’aurait
espéré. Donc, devant cet état de fait, je n’attribuerai que quatre étoiles à ce DVD. Toutefois, on ne fera pas la fine bouche devant ce concert de grande qualité brillamment
filmé par Pascal Duchêne
qui s’y prend de très belle manière pour nous faire une petite place parmi les spectateurs… En ce qui concerne les bonus, une pâle mention pour les coulisses du concert beaucoup trop
brefs (9 minutes); par contre, l’entretien « en aparté » nous fait découvrir, sans surprise, un être attachant qui raconte sa vie de musicien avec énormément de passion, de
sensibilité. A suivre aussi avec attention : une véritable leçon d’écriture musicale par ordinateur ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez en savoir plus sur
William Sheller… si je n’ai pas été assez précis !
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