Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /2008 17:58
*                 Pas mal, sans plus
**               Pas mal du tout
***             Bon
****           Vachement bon
*****         Super
******       Indispensable, à se rouler par terre….
 
SHELLER EN SOLITAIRE (1991) *****
 
SYMPHOMAN/MAMAN EST FOLLE/BASKET-BALL/GENÈVE/
LES MOTS QUI VIENNENT TOUT BAS/
LES MIROIRS DANS LA BOUE/
UN ENDROIT POUR VIVRE/FIER ET FOU DE VOUS/NICOLAS/
OH ! J’COURS TOUT SEUL/CHANSON LENTE/
UNE CHANSON QUI TE RESSEMBLERAIT/
LES FILLES DE L’AURORE/PETIT COMME UN CAILLOU/
UN HOMME HEUREUX
 
Commentaires : cet album a été enregistré le 19 mars 1991 non pas dans une salle de spectacle mais bien à Paris au Studio Davout devant un parterre de 200 personnes. Cette formule de piano seul est née de problèmes rencontrés à la douane belge lorsque William est venu en Belgique en 1982. En effet, c’est une malheureuse et bête contrainte administrative qui a empêché les musiciens de suivre William… D’abord furieux de devoir se produire dans de telles conditions, William fut séduit par cette proximité avec son public, atténuant ainsi sa colère, et retira d’énormes satisfactions de cette expérience qu’il décida de renouveler avec le succès que l’on sait. A l’écoute de ce disque, on est également sous le charme de cette intimité et on s’intègre avec beaucoup de plaisir parmi ce cercle restreint. C’est une grande chanson de 1977, « Symphoman », un titre qui veut tout dire, qui ouvre le spectacle. Magnifique morceau nanti d’une gigantesque introduction, il donne le ton au spectacle qui est d’une haute qualité musicale. « Maman est folle » (1983) est court mais c’est une pépite, le texte est génial et d’une grande sensibilité. « Basket-ball » (tiré de l’album « Univers » de 1987) est également, comme « Symphoman », très riche sur le plan musical, très intense; c’est une composition qui relève du pur classique, très difficile à chanter, la barre est placée haute ! Et elle reste au même niveau avec « Genève » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976) : William nous fait voyager dans son « univers » et on se sent merveilleusement bien avec lui… L’introduction de la chanson suivante nous rappelle une grande frayeur, on croit entendre la fameuse musique du générique du film « JAWS » de John Williams et sentir le gros nez du méchant requin nous frôler; mais non, c’est « Les mots qui viennent tout bas » (de l’album « J’suis pas bien » de 1981). Le refrain, totalement décalé par rapport au couplet, nous raconte une relation amoureuse tumultueuse… Le calme et la sérénité reviennent avec « Les miroirs dans la boue » (une autre chanson de 1987 extraite d’ « Univers »), fabuleuse ode à la quête d’un amour. La douceur est toujours de mise avec « Un endroit pour vivre » (de « J’suis pas bien » de 1991) qui définit un petit coin tranquille « made in Sheller » à l’abri des soucis de ce monde. « Fier et fou de vous » (de l’album « Nicolas » de 1980) est une immense et « forte » chanson, l’une de ses meilleures, rythmiquement. La mélodie est parfaite, d’un bout à l’autre avec un texte qui ne l’est pas moins. « Nicolas » nous donne le frisson et nous émeut : c’est une chanson triste et elle nous prend à la gorge. Mais c’est quand même un peu plus de trois minutes de pur bonheur. J’ai toujours adoré « Oh ! J’cours tout seul » (encore tiré de « Nicolas »). Je me rappelle encore du 45 tours avec cette pochette originale de William, moustachu, avec les jambes bizarrement proches du reste du corps !
« Chanson lente » (présente dans l’album de 1984, « William Sheller et le Quatuor Halvenalf ») est très mélancolique, c’est presqu’une berceuse et « Une chanson qui te ressemblerait » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976) en constitue une suite judicieuse, logique et inévitable, tellement les deux chansons se… ressemblent ! On n’aurait pas imaginé le spectacle sans « Les filles de l’aurore » (du « mini album » « Simplement » de 1983 qui ne contient que 6 titres), fabuleuse et extraordinaire chanson qui précède « Petit comme un caillou » (face B du 45 tours « Oh ! J’cours tout seul » et inclus dans l’album « Nicolas » de 1980) au texte si délicat et à la mélodie si fragile… Le récital se termine par un monument : « Un homme heureux » est LA chanson, comme on n’en fait plus, comme on en ferait qu’une fois seulement dans sa vie… Mais William est l’exception qui infirme la règle, c’est un « extra-terrestre », lui, car il en a fait plusieurs…

Symphoman

 
LIVE AU THÉÂTRE DES CHAMPS ÉLYSÉES (2001) ******

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CD 1 :
 
SYMPHOMAN/MOONDOWN/INDIES (LES MILLIONS DE SINGES)/
LES ORGUEILLEUSES/TO YOU/CENTRE-VILLE/
UN ENDROIT POUR VIVRE/
LES ENFANTS SAUVAGES/
C’EST L’HIVER DEMAIN/RELÂCHE
 
CD 2 :

LE TÉMOIN MAGNIFIQUE/GENÈVE/UN ARCHET SUR MES VEINES/
PARADE (LE BEL ADIEU)/LA MAISON DE MARA/
UNE CHANSON QUI TE RESSEMBLERAIT/
CHAMBERWOOD (LA VILAINE MAISON)/
LE CAPITAINE/EXCALIBUR/ROCK’N’DOLLARS/CHANSON LENTE

Commentaires : William Sheller ne change pas de chanson d’ouverture… Pour lui, il est tout à fait indiqué de débuter par cette fabuleuse « mini symphonie » qu’est « Symphoman », beaucoup plus enveloppé musicalement par l’ajout de plusieurs instruments à cordes… C’est chaud, convivial et comme il le signale, il nous emmène voyager à travers son « nouveau monde ».

Excalibur

Durant ce récital, il fait la part belle à son plus récent et excellent album « Les machines absurdes » dont il extrait pas moins de cinq chansons : « Moondown » commence à nouveau par une belle section de cordes enrobée de percussions altruistes et d’une basse électrique presqu’inconvenante mais savamment dosées afin de ne pas troubler l’ambiance « classique » qui se dégage indéniablement de ce morceau; « Indies (Les millions de singes) » est incontestablement l’une des meilleures créations de William, au tempo résolument plus rock avec des connotations orientales… Fabuleux, dantesque ! « To You » est, par contre, plus dépouillé, plus intimiste et William dédicace cette mélodie à sa promise, une mélodie qui est venue comme ça, sortie tout droit de son fidèle piano… Il ne se l’explique pas et on est séduit par cette étrange étourderie… « Parade (Le bel adieu) » nous conforte dans le classicisme et William nous sert cette belle chanson avec des cordes et… une trompette habile qui virevolte entre les notes comme si elle était nantie d’ailes… Belle et savoureuse combinaison de sonorités ! « Chamberwood (La vilaine maison) » est burlesque, au rythme plus enjoué, clownesque ! On imaginerait bien William en arlequin… Mais l’imprégnation classique est tellement perceptible qu’elle force le respect… Chapeau, William ! « Chanson lente » est tendre, émouvant… et drôle car William se plante merveilleusement à deux reprises et en grand professionnel, l’enregistrement n’a pas été « falsifié ». C’est vrai que, succédant à l’endiablé « Rock’n’dollars », il est très malaisé de redescendre vertigineusement dans le tempo. Ce qui justifie ce délicieux dérapage pour lequel William s’excuse en évoquant Edith Piaf qui avait connu la même mésaventure avant lui, s’y reprenant… onze fois ! Les autres chansons qui s’intercalent méritent que l’on s’y attarde : « Les orgeuilleuses » (de l’album « J’suis pas bien » de 1981) est moins connue mais pas du tout dénuée de qualités et de richesses musicales. Une adroite clarinette nous entraîne sur une mer de cordes tranquille, c’est joliment joué, c’est gentil… comme l’est tout simplement William ! « Centre ville » est très mélodieuse (un inédit qui figure sur la double compilation « Tu devrais chanter » de 1998), mélancolique à souhait et inexorablement, on se sent doucement porté par la délicatesse dont William fait preuve pour interpréter ce bien beau morceau au piano… C’est aussi trop court, on aurait aimé que la chanson dure une minute de plus… « Un endroit pour vivre » (qui est certainement l’une de ses chansons préférées) vient à la suite et assure en tout cas une parfaite continuité dans la ligne mélodique…  « Les enfants sauvages » (de l’album « Albion » de 1994 tant décrié de par son changement de style résolument porté sur le hard rock) nous confirme que, décidément, William Sheller est un formidable musicien, capable de passer d’un genre musical à un autre avec le même brio ! L’agressivité des guitares électriques et des cordes, la pertinence des percussions et les prouesses vocales de William se marient harmonieusement et nous offrent un cocktail sonore détonant ! Et nous ne sommes pas encore remis de nos émotions que le froid nous transperce avec « C’est l’hiver demain » (de l’album « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976). Pendant la chanson, on croirait vraiment entendre trembler les instruments ! Et c’est à nouveau très réussi… « Relâche » (de l’album « Albion » de 1994) nous déconcerte par son tourbillon musical : ça commence par une parade de cirque, ça vire au « populaire », une guitare électrique flirte avec une trompette classique et tout ça finit dans une étrange mais élégante cacophonie ! « Le témoin magnifique » et « Un archet sur mes veines » (tirés de l’excellent album « Ailleurs » de 1989) sont deux très grands moments de ce concert : en un peu plus de 12 minutes, William marie le classique à la pop dans le premier, mélange le blues toujours au classique dans le deuxième ! Incroyable, il n’y a que William Sheller pour oser ces étonnants alliages… « La maison de Mara » (de son premier album à succès « Rock’n’dollars » de 1975) est un choix agréable dans ce récital où on se plaît à redécouvrir cette courte mais ô combien jolie mélodie. William enchaîne, seul au piano, avec « Une chanson qui te ressemblerait » (extrait de « Dans un vieux rock’n’roll » de 1976), il exprime ses regrets et ses frustrations à travers un texte qui nous décrit une douleur intérieure profonde… "Excalibur" (de l'album "Albion" de 1994) est une véritable fresque musicale, une immense chanson à grand spectacle, tragique avec une floraison de sons fantastiques... Enfin, « Le capitaine » (de « Simplement » en 1983) est une complète déraison, un moment de folie avec des clarinettes qui imitent le cri des mouettes, le bateau tangue avec, à son bord, des marins inquiets de la raison de leur capitaine… Mais le public, lui, arrive à bon port et traduit généreusement sa satisfaction… et c’est bien là le principal. Six étoiles, le maximum pour ce double compact en public avec, je le répète, une mention spéciale pour le tendre plantage sur « Chanson lente »…  
POUR LES INCONDITIONNELS… ET LES CURIEUX EN PROIE À DE FASCINANTES DÉCOUVERTES SUR L’UNIVERS MUSICAL DE WILLIAM SHELLER :
L’INTÉGRALE DES ENREGISTREMENTS DE 1968 À 2004 :
« CHEMIN DE TRAVERSE » (PARUE LE 31 OCTOBRE 2005) ***
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Fier et fou de vous

16 CD
avec des bonus issus de divers 45 tours
9 CD de chansons en studio et 7 CD « live »
1 CD instrumental : « Les Quatuors William Sheller »
2 CD de musiques de films 
(« Erotissimo », « L’écrivain public » et « Arlette »)
1 DVD avec 7 clips vidéo et un entretien d’une heure avec Patrice Gaulupeau
1 brochure biographique de 42 pages avec commentaires sur sa discographie, l’index des titres de l’intégrale et le détail des photos figurant sur le poster
1 poster de collection comprenant 122 photos ou documents sur la carrière de William Sheller
 
Commentaires : seulement 3 étoiles pour cette intégrale qui, en fait, n’en est pas une puisqu’il manque 6 chansons (dont l’enregistrement studio de « Fier et fou de vous » qui est l’une de ses plus célèbres chansons. Inexplicable et impensable !), plusieurs instrumentaux et la bande originale du film « Retour en force »… C’est regrettable. Pourquoi cette ignorance ou cette négligence ?
 
DVD « WILLIAM SHELLER – PARADE AU CIRQUE ROYAL » ****
Enregistré en public à Bruxelles le 14 mars 2005
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30 CHANSONS :
SYMPHOMAN/BASKET BALL/LE NOUVEAU MONDE/NICOLAS/
MAMAN EST FOLLE/LA TÊTE BRÛLÉE/PHOTOS SOUVENIRS/
LE CARNET À SPIRALE/LES MIROIRS DANS LA BOUE/
C’EST L’HIVER DEMAIN/LE CAPITAINE/RELÂCHE/DARJEELING/
MON HÔTEL/TOUTES LES CHOSES QU’ON LUI DONNE/
FIER ET FOU DE VOUS/CHAMBERWOOD/TO YOU/
LES MACHINES ABSURDES/J’EN AVAIS ENVIE AUSSI/
LES PETITES FILLES MODÈLES/OH ! J’COURS TOUT SEUL/
UN HOMME HEUREUX/LES FILLES DE L’AURORE/
INDIES (LES MILLIONS DE SINGES)/EXCALIBUR/LOULOU/ ROCK’N’DOLLARS/QUAND J’ÉTAIS À VOS GENOUX/
DANS UN VIEUX ROCK’N’ROLL
 
MUSICIENS :
 
William SHELLER (Piano)
 
Nicolas STEVENS (Violon – chef d’orchestre)/Laurence RONVEAUX (Violon)
Valérie BRUSSELLE (Violon)/Yan BERCU (Violon)
Eric GERSTMANS (Alto)/Marc PIJPOPS (Alto)
Christelle HEINEN (Violoncelle)/Jean-François ASSY (Violoncelle)
André KLENES (Contrebasse)/Pierre BERNARD (Flûte)
Gilles DEMAZIÈRES (Basson)/Geoffrey GUÉRIN (Cor)
Michel PARÉ (Trompette)/Rhonny VENTAT (Saxophone)
Grégory DEMAILLY (Clarinette)/Alain LÉONARD (Basse)
Giovanni RIZZUTO (Guitare)/Yves BAIBAY (Batterie)
 
BONUS :
 
Les coulisses du concert
En Aparté
Entretiens de William Sheller avec Patrice Gaulupeau
 
Commentaires : 2 heures 33 de pur bonheur pendant lesquelles William Sheller revisite sa carrière en 30 chansons … Quoi de plus normal pour célébrer le 30ème anniversaire de l’année de son premier grand succès ? 18 excellents musiciens l’accompagnent sur scène et se partagent les instruments classiques et contemporains : c’est un ravissement pour les oreilles ! De plus, William prend son temps et prend beaucoup de plaisir à raconter une petite anecdote pour amener chaque chanson. C’est parfois très loquace mais tendre, drôle et émouvant à la fois.
Que dire du choix des titres ? Pour la plupart, il est amplement justifié vu les nombreux tubes qui ont jalonné un parcours exemplaire, presque sans aucun temps mort… Trois lacunes, pourtant, sont à relever et elles sont de taille : l’artiste a fait l’impasse sur « J’me gênerais pas pour dire que j’t’aime encore » (1978), « Une chanson noble et sentimentale » (1981) et « Mon Dieu que j’l’aime » (1983) qui sont de formidables chansons et furent des succès chacune à leur époque. Au décompte final, le résultat est un peu moins bon qu’on l’aurait espéré. Donc, devant cet état de fait, je n’attribuerai que quatre étoiles à ce DVD. Toutefois, on ne fera pas la fine bouche devant ce concert de grande qualité brillamment filmé par Pascal Duchêne qui s’y prend de très belle manière pour nous faire une petite place parmi les spectateurs… En ce qui concerne les bonus, une pâle mention pour les coulisses du concert beaucoup trop brefs (9 minutes); par contre, l’entretien « en aparté » nous fait découvrir, sans surprise, un être attachant qui raconte sa vie de musicien avec énormément de passion, de sensibilité. A suivre aussi avec attention : une véritable leçon d’écriture musicale par ordinateur ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez en savoir plus sur William Sheller… si je n’ai pas été assez précis !
Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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