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DON CARLOS
Giuseppe VERDI (1813-1901)
Extraits (chanté sur le texte français original)
Philippe II : Ruggero Raimondi
Don Carlos : Plácido Domingo
Rodrigue, Marquis de Posa : Leo Nucci
Le Grand Inquisiteur : Nicolai Ghiaurov
Un Moine : Nikita Storojev
Elisabeth de Valois : Katia Ricciarelli
La Princesse Eboli : Lucia Valentini
Terrani
Thibault : Ann Murray
Coro e Orchestra del Teatro alla Scala : Claudio Abbado
Enregistré au C.T.C. Studio, Milan, Janvier 1983, Juin 1984.
Tracklist
Acte I
Acte II
Acte III
Acte IV
Acte V
L'histoire de « Don Carlos » se passe en 1559 et c'est
la forêt de Fontainebleau qui sert de décor au premier acte. Elisabeth de Valois, fille d'Henri II, Roi de France, fait son apparition aussitôt rejointe par Don Carlos, son fiancé,
l'infant d'Espagne, qui s'est déplacé incognito pour la voir. Il lui déclare sa flamme mais très rapidement, il doit déchanter car, pour des raisons d'état, elle est promise au propre père de
Don Carlos, Philippe II, qui a perdu son épouse. Les amoureux sont désespérés.
Le deuxième acte nous ramène en Espagne au couvent de Saint-Just. Un moine âgé, qui incarnerait bien l'empereur Charles-Quint lui-même, récite une prière sur le tombeau de l'Empereur.
Pendant ce temps, Carlos se confie à son fidèle ami Rodrigue sur son chagrin d'amour. Rodrigue, marquis de Posa le convainc à partir pour les Flandres libérer les flamands de
l'oppression. Carlos ne peut oublier Elisabeth et il a encore l'occasion de croiser son regard tandis que Philippe les soupçonne d'avoir toujours une liaison. A l'extérieur
du couvent, la princesse Eboli distrait gaiement les dames d'honneur de la Reine en leur chantant une chanson. Rodrigue, de son côté, parvient à remettre un pli de
Carlos à la souveraine en la priant d'accorder à ce dernier une entrevue qui de formelle, au départ, se transforme, par la suite, en une déchirante déclaration d'amour. Mais tous deux se
résignent devant cet amour impossible et Carlos, désemparé, s'efface. Le Roi surpris d'apercevoir la Reine seule congédie sa dame de compagnie, la Comtesse d'Aremberg, pour avoir
failli à sa tâche d'être auprès d'elle. Rodrigue vient trouver le Roi et lui parle du sort des Flamands. Touché par sa franchise, le Roi fait de lui son conseiller intime et lui fait part
de ses soupçons à propos de son fils et de son épouse. Il lui demande de les surveiller et de se méfier du Grand Inquisiteur.
L'acte III se déroule de nuit, dans les jardins de la Reine. Carlos est venu à minuit à un étrange rendez-vous qu'une femme lui a donné par lettre. Il voit une femme masquée qu'il
prend pour la Reine et lui proclame à nouveau son ardent amour. Mais il découvre qu'en fait, c'est la princesse Eboli qui, étonnée de la terrible déception qu'éprouve Carlos,
jure de se venger. Rodrigue intervient en tentant de l'apaiser mais c'est peine perdue et elle se retire menaçante. Rodrigue somme alors à Carlos qu'il lui remette les
documents compromettants concernant les Flandres. Au cours de la seconde scène de ce troisième acte, la cour et le peuple se pressent devant la cathédrale pour assister à la condamnation par
l'Inquisition des hérétiques qui vont être immolés. Mais l'exécution est interrompue par l'apparition de Carlos à la tête d'une délégation de députés flamands que le Roi répudie
avec véhémence. S'ensuit une altercation entre le père et le fils aussitôt désarmé par Rodrigue. Par cette arrestation, le Roi confère au Marquis le titre de Duc. Finalement,
la sentence des hérétiques est accomplie dès le départ du cortège royal.
L'acte IV s'ouvre sur la plainte de Philippe II de ne pas être aimé de son épouse. Le Grand Inquisiteur arrive sur ordre du Roi qui projette de condamner son fils à mort. Le
Grand Inquisiteur acquiesce et réclame la vie de Rodrigue, ce que Philippe refuse. L'Inquisiteur s'efface au moment où la Reine fait son apparition.
Philippe l'accuse d'infidélité en lui tendant un écrin qui lui a été dérobé et la soustrait à reconnaître le portrait de Carlos sur un médaillon. A cette vue, la souveraine perd
connaissance. Eboli se porte à son secours et avoue que c'est elle qui a volé l'écrin afin de la faire accuser d'adultère. Elle confesse également avoir été la maîtresse du Roi.
Elisabeth lui laisse alors le choix entre le couvent et l'exil. Dans sa prison, Carlos reçoit la visite de Rodrigue qui se sent menacé après que l'on ait découvert les
documents compromettants que Carlos lui avait remis. Soudain, des agents de l'Inquisition font irruption dans la cellule et Rodrigue est abattu. Avant de rendre son dernier souffle,
il apprend à Carlos qu'Elisabeth l'attend au cloître de Saint-Just pour lui faire ses adieux.
Délivré par son père, Carlos le repousse et se rend au couvent où il aperçoit Elisabeth en train de prier devant le tombeau de Charles-Quint. C'est le dernier acte.
Carlos lui annonce son départ pour les Flandres. Au moment de l'adieu, le Roi accompagné du Grand Inquisiteur vient pour arrêter son fils et Elisabeth. Soudain,
à la stupéfaction générale, un Moine surgit du tombeau, revêtu de l'apparat de Charles-Quint et entraîne Carlos dans les profondeurs du cloître...
Après la genèse, analysons maintenant le jeu des acteurs... C'est Placido Domingo qui entre en scène après un chœur d'ouverture. Il intervient dans 5 des 13 titres que comporte ce CD
« extraits ». « Fontainebleau ! Forêt immense et solitaire »/ « Je l'ai vue » évoque l'amour qu'éprouve Carlos pour sa dulcinée.
Malgré un français approximatif (quoi de plus normal, d'ailleurs), on sent le ténor très proche de son texte et il se tire admirablement d'affaire dans cette déclaration d'amour où l'on sent, à
la conduite de son chant, qu'il y met tout son cœur et toute sa sensibilité. Démontrant une parfaite maîtrise dans les aigus, Placido alterne adroitement, ainsi qu'avec volupté, la douceur
et la passion. Je ne retracerai pas ici la formidable carrière de cet immense artiste auquel je consacrerai prochainement un article dans « Les plus grands chanteurs
d'opéra ».
Je m'attarderai plutôt sur les seconds rôles mais qui ne sont pas les
moindres comme celui qu'incarne l'excellente basse russe Nikita Storojev (le Moine dans « Charles-Quint, l'auguste Empereur »). Après de brillantes
études en philosophie, il entre en 1975 au Conservatoire de Musique Tchaikovsky de Moscou où il décroche 3 diplômes : Chanteur d'Opéra, Chanteur de Musique de Chambre et Professeur
de Chant. En 1977, il devient le protégé de Tonini, le « coach » de Luciano Pavarotti et Nicolai Ghiaurov, décelant en lui un énorme potentiel, le prend sous son
ombrelle. C'est ainsi que, pendant 5 ans, il devient principal soliste de l'Opéra Bolshoi et du Philarmonic Society de Moscou. Il remporte, l'année suivante,
le Concours International Tchaikovsky à Moscou. De 1983 à 1985, il s'attaque aux répertoires italien et allemand afin de mener une respectable carrière internationale qui le mènera sur
les plus grandes scènes du monde entier et qui continue de nos jours puisqu'il fut récemment l'invité de l'Opéra Royal de Wallonie à Liège dans « La Dame de
Pique » de Tchaikovsky. Nanti d'un palmarès éloquent où figurent plus de cinquante rôles d'opéras ainsi que l'interprétation d'environ 300 airs classiques, Nikita
Storojev campe ici un Moine bien mystérieux à qui sa plantureuse voix, chaude et solide, donne toute sa dimension. La troublante Princesse Eboli a les traits de la
regrettée mezzo soprano Lucia Valentini Terrani que l'on retrouve dans 3 airs sur ce disque dont « Au palais des fées » qui signale son arrivée dans cet
opéra.
Née à Padoue le 28 août 1946, Lucia Valentini Terrani se cantonnera surtout dans le répertoire rossinien grâce auquel sa renommée deviendra internationale. C'est en 1969 qu'elle
fait ses grands débuts dans « La Cenerentola », le dernier opéra comique de Rossini. Elle le reprend en 1973 à La Scala de Milan sous la
direction de Claudio Abbado (qui l'accompagnera quasiment durant toute sa carrière), en remplacement de Teresa Berganza, où le public lui réserve un accueil élogieux. Toutefois, ses
performances ne se limiteront pas au catalogue de Rossini. Elle joue différents personnages dans, notamment, le « Turandot » de Busoni (car il y a
bien sûr celui de Puccini), « Alcina » de Haëndel, « Cosi Fan Tutte » de Mozart et campe une séduisante
« Carmen » de Bizet à Turin en 1988. Elle côtoiera fréquemment des artistes prestigieux comme Katia Ricciarelli et Ruggero Raimondi également à
l'affiche du présent opéra. En 1996, elle part à Seattle pour soigner une leucémie qui, malheureusement, l'emportera le 11 juillet 1998. Cette chanson du voile qu'elle interprète
brillamment avec un timbre de voix assuré, très fluide et très clair aussi, elle la partage avec Ann Murray qui joue le personnage de Thibault, jeune serviteur au service
d'Elisabeth de Valois.
De nationalité irlandaise, Ann Murray s'est fait un nom pour avoir joué principalement dans les œuvres de Handel, Mozart et Richard Strauss. Elle a fait également de
nombreux récitals avec, entre autres, l'Orchestre de Paris sous la direction de Raphaël Kubelik, le Philarmonic de Berlin avec Riccardo Muti et le
Chicago Symphony Orchestra avec Georg Solti. Parmi les personnages qu'elle a joués, c'est surtout celui de Donna Elvira dans « Don Giovanni » de
Mozart qui lui vaut le plus de succès et pour lequel elle sera régulièrement invitée à La Scala de Milan. Dans cette « mouture » de Don Carlos, il ne
nous est pas possible de nous faire une opinion de son immense talent puisqu'elle se fait entendre uniquement dans ce morceau et encore, elle ne fait que poser sa voix en écho de celle de
Lucia Valentini Terrani. L'acte II se termine sur le formidable duo Carlos-Domingo et Elisabeth-Ricciarrelli sur « Je viens solliciter de
la Reine une grâce ».
La soprano Katia Ricciarrelli naît à Rovigo le 16 janvier 1946.
Issu d'un milieu très pauvre, elle a galéré pour mener à bien ses études musicales. Auréolée de plusieurs grands prix, elle fait des débuts remarqués dans le rôle de Mimi dans
« La Bohème » de Puccini en 1969. C'est entre 1972 et 1975 que sa carrière prend son envol puisqu'elle obtient des engagements au Lyric Opera de
Chicago, à La Scala de Milan, au Royal Opera House de Londres et au Metropolitan Opera de New-York. Elle joue le rôle de
Desdémone, également aux côtés de Placido Domingo, dans l'adaptation cinématographique d'Othello de Verdi réalisée par Franco Zeffirelli en 1986.
Depuis 2003, elle est la responsable artistique en titre du « Macerata Opera Festival » qui, semblable aux Chorégies d'Orange, présente chaque année plusieurs œuvres
classiques. L'acte III est ici représenté par l'unique mais ô combien célébrissime « Ce jour heureux est plein d'allégresse » judicieusement choisi afin d'aborder l'acte
IV qui s'octroie, sur ce CD, le plus d'extraits (5 sur les 13). Soulignons au passage la parfaite symbiose entre l'interprétation du chœur et la direction orchestrale assurée par l'un des chefs
les plus doués de sa génération et qui demeure une référence dans le milieu de l'Opéra : Maître Claudio Abbado dont on ne dira jamais assez l'importance qu'il a pu tenir dans
l'accompagnement musical d'œuvres classiques.
Né le 26 juin 1933 à Milan, c'est à l'âge de 27 ans qu'il fait ses débuts à La Scala de Milan. Il remporte le prix « Dimitri Mitropoulos » (le plus grand chef
d'orchestre grec et le plus célèbre artiste classique de son pays avec Maria Callas) de l'Orchestre Philarmonique de New-York en 1963 et sa collaboration avec le grand Leonard
Bernstein lui permet d'acquérir la notoriété. C'est en 1967 que paraissent ses premiers enregistrements chez Decca et Deutsche Grammophon. A partir de 1968 et jusqu'en 1986, il
assure la direction du prestigieux orchestre de La Scala de Milan. En 1986, il est nommé au poste de directeur général de l'Opéra de Vienne et devient, après
Karajan, chef principal de l'Orchestre Philarmonique de Berlin en 1989. Depuis 1994, il est le directeur artistique du Festival de Pâques de Salzbourg.
Le premier morceau de l'acte IV située sur la septième plage de cet
album est, pour ma part, l'air le plus connu de cet opéra : « Elle ne m'aime pas ! » interprétée par l'immense Ruggero Raimondi. Je ne m'étendrai pas
non plus sur son parcours puisqu'un article ultérieur lui sera également dédié. Le très talentueux baryton-basse exécute ici une prestation de premier choix au cours de laquelle il fait
preuve d'une maîtrise vocale irréprochable. Il est vrai que c'est une partition qui convient admirablement à sa tessiture. La tragédie se poursuit avec le duo
Elisabeth-Ricciarelli et Eboli-Valentini Terrani dans « Pitié ! Pardon pour la femme coupable »; cette dernière continuant,
seule, dans « Ah, je ne verrai plus la Reine »/ « O don fatal et détesté » où elle nous démontre de superbes capacités vocales embellies
d'envolées puissantes qui nous font partager pleinement son grand désespoir. Les 10ème et 11ème extraits de ce CD nous font découvrir le grand Leo Nucci dans
« C'est moi, Carlos »/ « C'est mon jour suprême », en duo avec Domingo, et surtout dans « Carlos,
écoute »/ « Ah ! Je meurs l'âme joyeuse » terrible de vérité au moment où il rend son dernier souffle, exhortant Carlos à rejoindre une
dernière fois son amoureuse.
Le baryton Leo Nucci a fait ses débuts en 1967 dans « Le Barbier de Séville » de Rossini, où il excelle dans le rôle de Figaro, qui devient son
opéra fétiche. Toutefois, il change de registre à partir de 1978 pour jouer dans « Luisa Miller », le 14ème opéra de Verdi. La critique l'encense à un
point tel qu'il sera désormais reconnu comme étant le plus grand baryton verdien de la fin du XXème siècle et du début du XXIème. Il est également un habitué de La Scala de
Milan où il se produit dans plus de 150 représentations. A 65 ans et toujours actif, Leo Nucci a toujours fait preuve d'une grande humilité et d'une grande générosité dans chacun de
ses rôles, que ce soit dans celui du Conte de Luna dans « Il Trovatore » ou dans celui de « Rigoletto ». Il est également apprécié
pour son legato (sa façon de « lier » les notes successives) et son ambitus (l'intervalle entre la note la plus basse et la note la plus haute) extraordinaires.
Les deux derniers airs sont consacrés au chant d'adieu qu'entonnent Elisabeth et Carlos et à l'ultime tableau de cet opéra qui voit Carlos se faire entraîner dans les abîmes
du cloître. Dans « C'est elle ! », Katia Ricciarelli est sublime avec une voix éclatante et Domingo affligeant de tristesse. « Au revoir
dans un monde où la vie est meilleure »/ « Oui, pour toujours ! » clôture l'œuvre avec la trop brève incursion vocale du Grand
Inquisiteur-Nicolai Ghiaurov dont une bio vous avait déjà été présentée dans le premier article de cette catégorie (« Il Trovatore »).
Cet opéra évoque un beau souvenir pour moi : c'est le premier en CD qui m'ait été offert il y a un peu plus de 20 ans... A l'époque, je « perdais » mon temps dans les allées d'un magasin de disques à la rue Neuve à Charleroi qui n'existe plus. Etant un habitué des lieux, les gérantes (eh oui !) avaient remarqué mon attirance... pour ce CD et me l'avaient offert pour mon anniversaire !
MADE IN BELGIUM
PIERRE RAPSAT
2ème partie
De "Je suis moi" à
"Un coup de rouge, un coup de blues"

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LAURENT VOULZY
"LYS & LOVE"
(COLUMBIA)
ANDREA BOCELLI
"CONCERTO
ONE NIGHT IN CENTRAL PARK"
(DECCA)
FLORENT PAGNY
(AZ)
QUEEN
25ème ANNIVERSAIRE
(ISLAND)


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