Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /2008 20:25

Je vous emmène dans un nouveau voyage musical à travers le temps avec...

Alibert et Jenny Hélia : « J'ai rêvé d'une fleur » (1932) : chanson extraite de l'opérette marseillaise « Au pays du Soleil » avec des paroles de René Sarvil sur une musique de Vincent Scotto.  Né en 1889, Henri Allibert monte à Paris à l'âge de 19 ans. C'est après la Première Guerre Mondiale qu'il s'affirme comme fantaisiste et fait disparaître son prénom pour se faire appeler tout simplement Alibert. Il connaît le succès à partir de 1928 au moment où il enregistre une chanson de son beau-père Vincent Scotto : « Mon Paris ». Il va jouer dans plusieurs opérettes : « Elle est à vous » (1929), « Au pays du Soleil » (1932), « Les arènes joyeuses », « Trois de la marine » (1934), « Un de la Canebière » (1935) et « Les gangsters du Château d'If » (1936). Il est encore à l'affiche d'autres œuvres durant le second conflit mondial : « Ma belle Marseillaise » (1940), « Le Port du Soleil » (1941), « Les Gauchos de Marseille » (1943)...  A partir de 1945, quelque peu délaissé par le public, il réoriente sa carrière vers la composition et devient directeur du « Théâtre des Deux-Ânes ». Il décède en 1951 à l'âge de 62 ans. Jenny Hélia, quant à elle, nous a quittés en 1992, à l'âge de 86 ans. Elle commence à chanter à l'âge de 8 ans et à 16 ans, elle interprète des petits rôles dans les revues marseillaises de l'Alcazar. C'est Alibert qui la repère afin qu'elle joue à ses côtés dans « Au pays du Soleil ». Actrice de premier plan durant les années 30, sa filmographie comprend notamment « L'aiglon » de Victor Tourjansky (1931), « Tartarin de Tarascon » de Raymond Bernard (1934), « La bête humaine » de Jean Renoir, « Un de la Canebière » de René Pujol (1938). Elle reprend sa carrière après la Seconde Guerre Mondiale dans « Le Gardian » de Jean de Marguenat (1945), « L'école buissonnière » (1948) et « La belle que voilà » (1949) de Jean-Paul Le Chanois. Durant les années 50, elle est notamment à l'affiche de « Manon des sources » de Marcel Pagnol (1952) et d' « Honoré de Marseille » de Maurice Régamey (1956). Elle tourne son dernier film en 1967 dans « Ce sacré grand-père » sous la direction de Jacques Poitrenaud.  

 

Lucienne Boyer : « Mon cœur est un violon » (1945) : née à Paris en 1901, elle est tout d'abord modiste comme le fut sa mère. Elle fait ses débuts dans la chanson en 1916-1917 et aboutit au Concert Mayol où elle se fait remarquer par le producteur américain Lee Schubert qui l'engage pour une tournée de 9 mois. Elle deviendra très populaire aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Elle revient à Paris en 1928 et enregistre son premier disque « Tu me demandes si je t'aime ». Son premier grand succès sera « Parlez-moi d'amour » en 1930 suivi par d'autres comme « Un amour comme le nôtre », « Sans toi », « Si petite », « Les prénoms effacés »... et « Mon cœur est un violon ». Mais avant ce nouveau « tube », elle repart en 1934 pour chanter au Rainbow Room et au Little Theater de la 44ème Rue à New-York. Son cœur se partagera entre la France et les Etats-Unis et elle effectuera de nombreux aller et retour en compagnie de Jacques Pills, son second mari. Elle continuera sa carrière jusqu'au tout début des années 60 pour ne plus réapparaître qu'en 1976 à l'Olympia avec sa fille Jacqueline où elle interprétera ses plus belles chansons dont « Parlez-moi d'amour » et « Mon cœur est un violon » qu'elle chantera également en duo avec Claude François, à sa demande exceptionnelle, au cours de son émission « La bande à Cloclo » du 11 juillet 1976. Elle décède à Paris le 6 décembre 1983.  

 

   

Francis Lemarque : « Marjolaine » (1957) : auteur de près de 400 chansons, Francis naît le 25 novembre 1917 à Paris dans un petit deux pièces au-dessus du bal des Trois Colonnes. Son frère Maurice et sa sœur Rachel complètent une famille modeste dont la mère est lituanienne et le père, d'origine polonaise, exerce le métier de tailleur pour dames. Il quitte très tôt l'école pour travailler en usine à l'âge de 11 ans. Marqué par l'ambiance des bals musette, Maurice et Francis forme un duo « Les frères Marc » et font la connaissance de Jacques Prévert. Joseph Kosma les accompagnera même comme pianiste à leurs débuts. En 1940, il rencontre Jacques Canetti qui devient son imprésario et entreprend quelques tournées en Afrique du Nord avec Django Reinhardt. Ayant déjà perdu son père en 1933, il a la douleur d'apprendre la mort de sa mère déportée à Auschwitz en 1943. Au lendemain de la guerre, Francis Lemarque commence sa carrière de chansonnier dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. Il se marie en 1946 et assiste pour la première fois à un spectacle d'Yves Montand dont il fait la connaissance par l'entremise de Jacques Prévert. Montand est conquis par le talent d'écriture de Francis et décide rapidement d'interpréter ses compositions : « Je vais à pied », « Ma douce vallée », « Bal petit bal »... parmi la trentaine de chansons que Francis lui dédie. Dans les années 50, sa popularité s'affirme et il sera même censuré pour sa chanson « Quand un soldat ». Pas atteint du tout par la vague « Yé Yé », Francis Lemarque passe allègrement les années 60 et parvient à rester dans la mémoire collective par ses fréquents passages à la télévision et à ses nombreuses tournées qui, dès le début de la décennie suivante, seront axées sur un concept appelé « Paris Populi » composé de chansons et de séquences vidéo. L'Académie Charles Cros lui décerne d'ailleurs un Grand Prix pour ce spectacle en 1973 auquel j'ai assisté au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 19 février 1979. Ensuite, il collabore avec Romain Didier sur plusieurs albums et fête ses 75 ans dans un des plus célèbres bals de Paris, le Balajo, dans la rue de son enfance. Il se produit une dernière fois pour deux récitals en octobre 1998 au Théâtre de l'Est Parisien. Il s'éteint le 20 avril 2002 à la Varenne Saint-Hilaire, dans sa demeure des bords de Marne, où il résidait depuis les années 50.

   

 

Gilles Dreu : « Alouette-Alouette » (1968) : né à Dreux dont il tirera son nom d'artiste (sans le « x » qu'il trouvait disgracieux), le petit Gilles accompagne ses parents en Afrique avant de s'établir à Marseille au début des années 50. Attiré par le sport, il délaisse les études au profit du rugby, de l'athlétisme, de la lutte gréco-romaine et de la natation. Il veut devenir professeur en éducation physique. Déporté en Algérie durant son service militaire, il monte pour la première fois sur les planches à Oran pour y gagner un concours de chant en interprétant « Quand on n'a que l'amour » de Jacques Brel. Dans les années 60, il débute au « Tire-Bouchon » et pour se présenter, il se nomme « Dreux »... dont il abandonnera la dernière lettre. Son charisme et sa voix chaude sont ses alliés dans ses périples de cabaret en cabaret. Il rencontre Bernard Dimay, François Deguelt et fréquente un jeune débutant promis à une très belle carrière : Serge Lama. Il signe un contrat chez « Riviera » en 1962 et enregistre 3 45 tours « 4 pistes » qui ne rencontreront pas le succès escompté. En 1966, Hugues Aufray lui propose d'adopter un autre style musical. « Viva Zapata » se fait plus entendre mais c'est surtout « Alouette-Alouette » qui décroche la timbale en 1968. Les portes de l'Olympia s'ouvrent devant lui et il assure la première partie d'Yvan Rebroff. Il étoffe son répertoire avec d'autres belles chansons telles « Pourquoi Bon Dieu », « La Mégère apprivoisée », « Ma mère me disait », « Moïse » (qu'il chante avec Nicole Croisille), « Descendez l'escalier »... En 1970, il fait « Bobino » avec Marie Laforêt et investit dans un camp de loisirs dans les Yvelines avec Gérard Klein en 1973. Il y laissera beaucoup d'argent ! Il parvient à se « renflouer » en devenant animateur d'une émission à Télé Monte-Carlo où il présente « Jamais Dreu sans toi » dans laquelle il reçoit aussi bien Johnny Hallyday que... Raymond Poulidor ! Il entreprend de nombreuses tournées en Belgique, en Suisse, au Québec et également dans quelques pays africains. Les années 80 sont plus discrètes, il prend la direction du département « Communication » à la station thermale de Vichy mais n'abandonne pas la chanson pour autant. Il écrit un livre et sort une compilation de ses succès chez « Carrère » qui lui permet de se faire inviter par le « gotha » des animateurs télé de l'époque : Drucker, Sabatier, Sébastien et Martin.  La dernière décennie du XXème siècle est agrémentée de concerts mais aussi de 2 albums : « Terre de lumière » et « Les chansons de mes 20 ans » qu'il écume chez Pascal Sevran. Son dernier enregistrement « Chanter pour elle » remonte à 2002-2003 qu'il a écrit entièrement à l'exception de la chanson générique que lui a offert Didier Barbelivien et dont il a confié la production à Pierre Billon. Gilles Dreu a fait partie dernièrement de la troupe « Age tendre et Tête de Bois » dont la tournée en France et en Belgique a rencontré un formidable succès. Des milliers de spectateurs ont pu ainsi revoir cet agréable artiste, à la silhouette toujours aussi svelte et dont le sourire éclatant n'a pas été altéré par le temps qui passe...  

 

 

Buggles : « Video Kill The Radio Star » (1979) : Geoff Downes et Trevor Horn étaient les deux membres de ce groupe formé en 1977 et dissous en 1981 après seulement deux albums. Cette chanson fut classée n° 1 dès sa sortie, notamment en France et en Angleterre et fut la première à être retransmise sur MTV lors du lancement de la chaîne le 1er août 1981. Issue de l'album « The Age Of Plastic », elle fut très largement diffusée en radio et occulta les autres titres, excepté « Living In The Plastic Age » qui connut également un certain retentissement. Le deuxième album, « Adventures In Modern Recording » parut en 1981 alors que les deux musiciens avaient incorporé le groupe « Yes » pour l'enregistrement de « Drama », en remplacement de Jon Anderson et Rick Wakeman. Le morceau « I Am A Camera » sortit en « single » et fut carrément le seul à être plébiscité par les programmateurs radios. A la séparation du groupe, Geoff Downes intégra la formation « Asia » et conçut quelques albums en solo tandis que Trevor Horn se recycla, avec succès, en producteur (il fut notamment le producteur de « Yes », Grace Jones, « Frankie Goes To Hollywood », « ABC », Lisa Stansfield, Seal,...). Les « Buggles » se retrouvèrent en novembre 2005 pour un gala en l'honneur des 25 ans de carrière de Trevor Horn comme producteur. A cette occasion, ils interprétèrent les deux chansons qui firent leur renommée, « Video Kill The Radio Star » et  « Living In The Plastic Age ».

   

  

Kim Carnes :« Bette Davis Eyes » (1981) : née le 20 juillet 1945 à Pasadena, aux Etats-Unis, Kim commence à se faire connaître en 1972 avec la parution d'un premier album, « Rest On Me ». Elle poursuit sa carrière en sortant régulièrement des albums mais ne parvient pas à se faire une place au soleil, c'est vrai qu'on la confond souvent avec Bonnie Tyler pour son timbre de voix rocailleux, si particulier. Elle doit attendre 1981 pour enfin goûter aux saveurs de la gloire avec cette chanson extraite de « Mistaken Identity » pour laquelle elle est remerciée par Bette Davis en personne qui lui témoigne sa reconnaissance pour cette composition. Pour la petite histoire, celle-ci fut écrite en 1974 mais Kim Carnes ne l'enregistrera que sept ans plus tard lorsque l'arrangeur Bill Cuomo la lui représente avec une instrumentation plus moderne. Son 13ème et dernier album à ce jour « Chasin' Wild Trains » remonte à 2004.

   

 

Enigma : « Sadeness » (1990) : Michael et Sandra Cretu sont à l'origine de ce projet musical dont le septième et dernier opus « Seven Lives Many Faces » est sorti cette année. Le premier album « MCMXC a.D. » paru en 1990 fut un très gros succès de par sa conception originale mêlant adroitement chants grégoriens et musique composée essentiellement de sons électroniques. Par la suite, il ajoutera des sonorités orientales (pour « The Cross Of Changes » et « Le roi est mort, vive le roi ») et électroniquement plus expérimentées (pour « Screen Behind The Mirror », « Voyageur » et « A Posteriori »). Les thèmes les plus souvent abordés sont l'amour, la foi en Dieu et l'innocence alors que la première réalisation était carrément axée sur la sexualité. La « griffe » Michael Cretu est reconnaissable sur chaque album qu'il réalise : une introduction musicale est suivie d'une voix féminine qui vous invite à un nouveau voyage... On ne change pas une bonne vieille recette...

   

 

Gerald de Palmas : « Regarde-moi bien en face » (2000) : extrait de l'excellent album « Marcher dans le sable » qui comporte, outre cette formidable chanson, « Une seule vie », « J'en rêve encore » et « Tomber », Gerald de Palmas est un artiste attachant dont la seule passion est de faire partager sa musique. Né le 14 octobre 1967 à Saint-Denis de la Réunion, il a grandi en voulant absolument devenir musicien. C'est avec « La Dernière Année » qu'il acquiert la notoriété en 1995, surtout avec le titre « Sur la route ». L'album suivant, en 1997, « Les lois de la nature », déçoit mais il ne se décourage pas et trois ans plus tard, c'est le carton plein avec « Marcher dans le sable » auquel participent Jean-Jacques Goldman et Maxime Le Forestier. Johnny Hallyday le recrute pour son double album « A la vie, à la mort » pour lequel il lui concocte pas moins de 7 chansons dont 5 seront finalement retenues : « Marie », « Personne d'autre », « L'instinct », « Un homme libre » et « Elle veut ma vie ». Après un « Live 2002 » très apprécié, paraît « Un homme sans racines » en 2004, plus intimiste, plus dépouillé dont « Elle danse seule » se démarquera. 630.000 exemplaires seront vendus (double disque de platine)... Voilà qui donne encore un fameux stress à Gerald de Palmas obligé de se surpasser pour son prochain album... dont le mystère plane toujours sur sa parution puisqu'à l'heure actuelle, il est toujours à la recherche d'une nouvelle maison de disques suite à sa rupture d'avec « Universal » !

   

Par BERNIE - Publié dans : COMEBACK ! - Communauté : L'AMITIE PAR LA MUSIQUE
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Commentaires

Waow ! C'est ce qui s'appelle un "méchant" voyage dans le temps... Mais j'aime cette façon de mélanger les genres et les époques. Encore merci, Bernie et bravo ! Psss : Ne le dites pas, mais il a de l'avenir c'garçon-là !
Commentaire n°1 posté par FRED le 23/11/2008 à 17h20
Waow ! C'est ce qui s'appelle un "méchant" voyage dans le temps... Mais j'aime cette façon de mélanger les genres et les époques. Encore merci, Bernie et bravo ! Psss : Ne le dites pas, mais il a de l'avenir c'garçon-là !
Commentaire n°2 posté par FRED le 23/11/2008 à 17h20

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