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est, comme vous vous en doutez, une rubrique essentiellement axée sur les nouveautés. Un choix de CD's dans des genres musicaux différents vous sera régulièrement proposé avec, bien sûr, mon petit système de cotation personnalisé !
* Pas mal, sans plus
** Pas mal du tout
*** Bon
**** Très bon
***** Super
****** Indispensable, à ne manquer sous aucun prétexte....
Ecoutez d'où ma peine vient - Alain Souchon (EMI)***
Depuis déjà quelques
mois, le successeur de « La vie Théodore », sorti en septembre 2005, était annoncé; le voici donc sentant bon la nature avec cette pochette très « écolo » où
l'on découvre l'éternel ado assis le popotin dans l'herbe avec un gentil âne qui, semble-t-il, a le même regard sur la vie que son célèbre compagnon... Un regard indéfinissable, à la fois triste
et mélancolique... Pas gai tout ça ! Mais c'est vrai aussi qu'il est rare de voir Souchon sourire sur une photo... Pour l'inspiration, il aborde des thèmes qui le préoccupent :
« Parachute doré », où il tourne en dérision la crise financière en y apportant une couleur musicale aux forts accents « calypso », « Ecoutez d'où
ma peine vient » qui résume un sentiment général que chacun d'entre nous peut éprouver à un moment bien précis de son existence, « Elle danse » où il
évoque le triste sort des clandestins africains, « 8 m² » où il dépeint les pénibles conditions d'emprisonnement des femmes. Le dernier titre,
« Popopo », pas franchement le meilleur, le seul coécrit avec son pote de toujours, Laurent Voulzy, dresse un portrait nuancé du « Che » au-delà
de la légende. Outre la chanson qui donne le titre à l'album, les deux premières plages « Rêveur » (aux relents « country ») et « Les
saisons » (un beau slow) constituent d'autres excellentes surprises. On regrettera cependant la reprise de « Bonjour tristesse » déjà présent sur
« La vie Théodore » et l'emploi un peu trop prononcé des synthétiseurs sur l'ensemble de l'album qui est loin d'égaler le génie de « Foule
sentimentale »... Enfin, une dernière particularité nostalgique : près de la moitié des textes ont des verbes composés à l'imparfait...
"Parachute doré"
Duos - Charles Aznavour
(EMI)**
Le 8 décembre est sorti un double CD de
Charles Aznavour avec ses plus célèbres chansons et quelques standards interprétés en duo avec divers artistes internationaux comme Frank Sinatra l'avait fait avant de tirer sa
révérence... Evidemment, on souhaite que ce ne soit pas prémonitoire et que cette légende de la Chanson Française saura encore nous épater durant de nombreuses années... Allez, Charles,
vous pouvez battre le record d'Henri Salvador ! Ce double album est donc constitué de 2 CD, l'un qualifié de « version française » et l'autre de
« version internationale ». Trois duos « virtuels » ont été aussi réalisés : avec Edith Piaf sur « C'est un gars », Frank
Sinatra sur « Young at heart » (une chanson que Frankie popularisa en 1953 et qu'il chanta avec Doris Day) et Dean Martin sur l'inoubliable
« Everybody love somebody sometime ». Les autres invités sont Céline Dion (« Toi et moi », plutôt anecdotique), Placido
Domingo (« Les bateaux sont partis », d'une complicité qui ne s'est pas altérée depuis « Une première danse » lors d'un « Grand
Echiquier » de Jacques Chancel), Julio Iglésias (« Que c'est triste, Venise »), Johnny Hallyday (« Il faut
savoir »), Laura Pausini (« Paris au mois d'août »), Carole King (« Ton nom »), Sting
(« L'amour, c'est comme un jour »), Paul Anka (« Je n'ai pas vu le temps passer »), Josh Groban (« La
bohème »), Nana Mouskouri (« Mourir d'aimer »), Liza Minelli (« Quiet Love »), Herbert Grönemeyer (qui c'est
celui-là ?, « Mes emmerdes ») ainsi que les inattendus Bryan Ferry (« She ») and last but not least Sir Elton John
(« Hier encore ») en personne ! Un bémol : le recto de la pochette grimé d'un portrait pas très actuel du grand Charles... Les concepteurs ne se sont
pas foulés ! Soit, ne boudons pas notre plaisir : un bien beau p'tit cadeau à déposer au pied du sapin pour Pépé et Mémé !
Perfect Symmetry - Keane (UNIVERSAL Division Az)**
Troisième album du trio composé de Tom
Chaplin (chant, guitare), Richard Hughes (batterie, chœurs) et de Tim Rice-Oxley (piano, guitare basse, chœurs) après « Hopes And Fears » (2004) et
« Under The Iron Sea » (2006). Après deux albums qui se sont vendus à des millions d'exemplaires et qui ont accumulé les récompenses (2 « Brit
Awards » pour Meilleur Album et Meilleure Progression en 2005), le troisième était-il celui de la confirmation ? Franchement, on peut être surpris de la nouvelle orientation
musicale que les membres de la formation ont choisie comparativement à la couleur affichée dans les deux opus précédents certes plus mélancoliques. Les membres du groupe avaient-ils déjà placé
la barre trop haute ? Néanmoins, que peut-on en dégager ? Assurément, les quatre titres, sur les onze que compte l'album, qui se démarquent sont, dans l'ordre du
tracklisting, « The Lovers Are Losing », « Perfect Symmetry », « Again And Again » et surtout le superbe
« Black Burning Heart ». Quelques influences musicales sont également reconnaissables dans « Spiralling » (qui a des consonances très
« Duran Duran »), « Better Than This » (qui sonne très « Bowie ») et « You Don't See Me » (qui a quelques
relents « Queen-esque »). Il est évident que Keane a voulu innover en apportant de nouveaux sons plus optimistes et plus entraînants qui font « claquer » les
doigts comme sur « Pretend That You're Alone ». De toute façon, les irréductibles admirateurs du combo y trouveront leur satisfaction et seront encore charmés par la
très belle voix de Tom Chaplin très à l'aise d'un bout à l'autre de l'album...
24 hours - Tom Jones (EMI)******
A 68 ans, Tom Jones est toujours en grande forme (physique et
vocale) et n'est pas prêt à renoncer... Au contraire, en témoigne ce nouvel album très séduisant à plus d'un titre, c'est le cas de le dire ! Ayant pris part à l'écriture de cet
album (il s'est personnellement investi dans le choix des textes afin d'y apporter quelques références autobiographiques), la légende galloise est en passe de réaliser un joli score de ventes
après son fabuleux « Reload », son dernier succès en date, paru en 1999 et qui contenait le sulfureux « Sex Bomb ». A propos de son
nouvel album, il a notamment déclaré : « Pour une fois, je voulais un disque qui parle de moi, de mes histoires et de mon existence. Au bout du compte, ce disque ressemble à ce
que je suis vraiment ». Et dès l'entame du CD, on est enthousiasmé par sa reprise de « I'm Alive », un original interprété par Tommy James And The
Shondells (adapté en français par... Claude François sous le titre « Un homme libre » figurant sur son 10ème album « Tout éclate,
tout explose » sorti en novembre 1969 et qui fit un tabac lors de sa tournée au Canada !). La deuxième plage « If He Should Ever Leave You » est très
plaisante et a d'ailleurs fait l'objet d'un single que l'on entend actuellement très souvent à la radio. On ne s'arrête pas en si bon chemin et « We Got Love » est
une belle petite chanson subtilement dosée de percussions et de jolies notes sur un piano qui se veut discret. De plus, la mélodie convient parfaitement au timbre de voix de Tom Jones
qui n'a rien perdu de son éclat. « Feels Like Music » fait très « années 60 » avec un son de batterie très présent et pourrait être le digne
successeur de « Sex Bomb » ainsi que « Give A Little Love » dont le refrain est très accrocheur avec des cuivres à profusion !
« The Road » est une magnifique ballade commençant par un son très « vinyle » et sur laquelle la voix de Tom fait merveille prouvant une
fois de plus qu'il reste un interprète hors pair. « In Style And Rhythm » est une agréable surprise également avec une mélodie aux accents exclusivement latinos sur
laquelle la voix de Tom est à nouveau en parfaite harmonie avec la partition et, en plus, à la fin, il nous balance son petit rire salace, le bougre... « Sugar And
Daddy » est le cadeau de Bono & The Edge de U2 pour Sir Tom... Une petite perle sur laquelle Tom nous fait un cri à la « James
Brown » ! « Seasons » est une grande chanson, savamment orchestrée (de jolies sections de cordes) et interprétée avec beaucoup d'émotion. Tom
Jones jette un regard sur son passé : « Le temps ne passe pas sans raison », chante-t-il. « Il s'agit là des saisons de ma vie ». Alors que
« Never », au refrain assez facile mais ô combien efficace, est une chanson qui lui convient à 100 %, Tom Jones nous offre une superbe cover de
« The Hitter », un original de Bruce Springsteen. « Seen That Face » (avec une basse d'enfer, des chœurs pertinents et un refrain à
nouveau « mémorable ») et le très solennel « 24 Hours » (à vous donner la chair de poule) clôturent un album que je qualifierais de
« révélation de fin d'année » et pour lequel j'attribue une cote maximum de 6
étoiles sans aucune discussion !
Sicilien - Roberto Alagna (Deutsche
Grammophon)****
Pour ce nouvel album rassemblant des chansons siciliennes, le
Ténor va jusqu'à affirmer que « c'est le disque qui lui ressemble le plus »... Et c'est vrai qu'il y a mis toute son âme de sicilien, jusque dans sa voix dans laquelle on
ressent tout l'enthousiasme, toute la tendresse qu'il réussit à nous faire partager. Ce projet lui tenait à cœur, il y pensait depuis belle lurette car il se souvenait de ce temps béni où
ses parents et leurs amis chantaient ensemble ces ritournelles populaires pour comme se rapprocher de leurs racines. Au sujet de la couleur musicale de ce disque, Roberto Alagna
déclare : « J'ai voulu de la chanson classique, à l'égal du tango, du jazz ou de la bossa nova ». A la direction orchestrale, on n'est pas étonné de retrouver le
très éclectique Yvan Cassar qui, étonné de cette nouvelle sollicitation après avoir réalisé l'album de reprises de Luis Mariano, a pu, en fin de compte et sans surprise,
tellement son talent est immense, apporter sa touche créatrice à l'enrobage instrumental des mélodies. Sur « A Lu Mircatu », des cuivres festifs se font entendre,
pour « Sicilia Bedda », c'est un accordéon « parisien » qui domine alors que les percussions orientales et la flûte de bambou sont très
expressives dans « Carritteri ». On remarque également des influences grecques dans la mélodie à trois temps de « Li Pira » tandis qu'une
séduisante mandoline nous caresse les tympans dans « Si Maritau Rosa »... Yvan Cassar avoue s'être basé de la façon dont deux grands chefs qu'il admire
énormément, Nino Rota et Ennio Morricone, travaillaient les musiques de films italiennes pour inclure des instruments à bois et à cordes dans « Mi
Votu ». Le cinéma est encore à l'honneur avec cette splendide reprise de la chanson du « Parrain », « Parla Piu Piano », la seule de
tout l'album à être interprétée en italien. Toutes les autres sont donc chantées en pur sicilien avec l'accent de Syracuse et avec l'appui de son frère Frédérico qui, selon
Roberto, connaît mieux ce répertoire que lui. En tout cas, Roberto Alagna a provoqué un élan de ferveur et de fierté avec la diffusion de ce disque car il est le premier
chanteur classique à s'être intéressé à ces chansons dont « Abballati », très dansante, est l'ambassadrice toute désignée. Enfin, une berceuse « Ninna
Nanna » clôt doucement l'album et n'est pas sans rappeler la chanson de Claude François, du même titre (figurant sur l'album « Le Lundi Au
Soleil » sorti en décembre 1972) que « sa mère chantait quand elle le prenait dans ses bras »...
Jean-Sébastien Bach - Hélène Grimaud (Deutsche Grammophon)******
Hélène Grimaud voue une admiration sans bornes à
l'œuvre de Jean-Sébastien Bach. Elle le confesse religieusement : « Bach est la Bible, et cela depuis que j'ai commencé à le jouer dans mon
enfance; travailler Bach chaque jour était la base, le fondement. Et c'est une Bible qui offre une infinité d'interprétations, à travers lesquelles on peut renouveler son rapport
à la musique, à soi-même et au monde ». Pour ce premier CD consacré au compositeur allemand, la virtuose l'a conçu avec des œuvres pour clavier originales ainsi qu'avec des
transcriptions réalisées par Busoni, Liszt et Rachmaninov. Pour ces dernières, nous découvrons donc la Chaconne en ré mineur, version
Bach/Busoni, la Partita pour violon en mi majeur arrangée par Rachmaninov et le Prélude et Fugue en la mineur, version Liszt. Pour la
partie Bach/Bach, Hélène Grimaud n'a pas lésiné sur la difficulté puisqu'elle nous offre une interprétation splendide du Clavier bien Tempéré et du
Concerto n° 1 en ré mineur en compagnie du Kammerphilarmonie de Brême. Je le proclame haut et fort : ce disque d'Hélène Grimaud est une réussite
totale, de bout en bout. D'un point de vue technique, la pianiste est intransigeante de précision et de maîtrise. Son touché est subtilement bien dosé, tantôt élégant et souple, tantôt
nerveux et solide comme l'imposent les partitions. Son jeu est naturel, spontané, sans fioriture et... sans faille. C'est de la toute grande classe. On sent que la musicienne joue avec
beaucoup de cœur et de concentration afin que le résultat soit impeccable. Laissons-lui le mot de la fin à propos de son compositeur fétiche : « C'est un compositeur qui
fait peur parce qu'on craint de ne pas être à sa hauteur, mais la seule manière de lui rendre hommage est de jouer sa musique dans un esprit d'aventure et de découverte ».
Nommée pour les Victoires de la Musique Classique 2009, ce serait un comble si elle n'était pas reconnue par ses pairs ! En attendant, je lui décerne toutes
mes étoiles !
MADE IN BELGIUM
PIERRE RAPSAT
2ème partie
De "Je suis moi" à
"Un coup de rouge, un coup de blues"

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LAURENT VOULZY
"LYS & LOVE"
(COLUMBIA)
ANDREA BOCELLI
"CONCERTO
ONE NIGHT IN CENTRAL PARK"
(DECCA)
FLORENT PAGNY
(AZ)
QUEEN
25ème ANNIVERSAIRE
(ISLAND)


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