Voici une superbe adaptation par Claude François du fantastique « River Deep-Mountain High », une chanson parue
en septembre 1966 et tirée de l'album du même titre d'Ike et Tina Turner. Ce nouvel article des « Chansons de Claude » vous propose un historique de l'original
qui a suscité de nombreuses reprises ainsi que l'analyse technique de l'interprétation par Claude François. A la création de ce morceau mythique, nous trouvons l'inventeur du
« son Spectorien », le légendaire Phil Spector (qui, malheureusement, a alimenté la chronique, récemment, de bien sinistre façon mais je n'aborderai pas ce sujet, ce
blog n'étant destiné qu'à la musique et non aux faits divers), Jeff Barry (qui a écrit, notamment, pour Sam Cooke, The Ronettes, The Beach Boys, Glen Campbell
et Olivia Newton-John) et l'épouse de Barry à cette époque, Ellie Greenwich. Ces deux derniers furent à l'origine de nombreux hits dans les années 60 dont « Hanky
Panky » pour Tommy James & The Shondells et « Do Wah Diddy » pour Manfred Mann. Dès sa parution aux Etats-Unis, la chanson ne fait pas
grand bruit; par contre, c'est un énorme succès au Royaume-Uni puisqu'elle se classe d'emblée n° 3. Elle est rééditée en 1969 et devient, désormais, une chanson à part entière dans le répertoire
de Tina Turner. Au moment de l'enregistrement de la chanson, Spector se rend compte du comportement abject et incontrôlable d'Ike Turner. La chanson et l'album qui
suit sont crédités aux deux noms mais seule la voix de Tina se fera entendre, Ike n'ayant pas été permis de participer aux sessions selon les termes du contrat ! Phil
Spector va déployer un arsenal de moyens techniques et instrumentaux appelé « Wall of Sound » (Le mur du son) afin d'accompagner la voix puissante de Tina. La
facture va s'élever à 22.000 $, un budget incroyable pour cet album qui requiert la présence de deux douzaines de chanteurs et musiciens ! Malgré tous ces efforts, « River
Deep-Mountain High » est un échec aux Etats-Unis, n'atteignant qu'une pénible 88ème place au Billboard. Cependant, au Royaume-Uni, le single n'est devancé que
par les Beatles et les Kinks, George Harrison déclarant même que la chanson est parfaite, du début à la fin. Le fameux magazine « Rolling Stone » reconnaît
toutefois la qualité intrinsèque de la chanson puisqu'il la place en 33ème position parmi les 500 meilleures.
Vidéo avec Ike Turner
Vidéo de Tina au Pays-Bas en 1971
Amsterdam Arena 1996
Au rayon des covers, c'est Harry Nilsson (plus connu
sous son unique nom, Nilsson) qui, en 1967, est le premier à reprendre la chanson dans son album « Pandemonium Shadow Show ». Cet auteur-compositeur-interprète
décédé le 15 janvier 1994 à l'âge de 52 ans avait collaboré avec Spector avant de triompher avec des titres comme « Without You » et « Everybody's
Talkin' », le thème du film « Midnight Cowboy ». L'année suivante, c'est « Deep Purple » qui ajoute ce morceau à son répertoire au sein de son
album « The Book Of Taliesyn » qui paraît en février 1969 et dont la durée dépasse les 10 minutes !
La Cover de Deep Purple
Ensuite, Eric Burdon & The Animals (ci-dessus) l'incluent à leur album « Love
Is » en 1968 et sur leur compilation de 1969 « The Greatest Hits Of Eric Burdon & The Animals ». En 1985, un enregistrement de cette chanson est captée
lors d'un concert d'Eric Burdon et est sorti finalement en 1992 sur « That's Live ». Encore aujourd'hui, « River Deep-Mountain High »
figure dans sa tracklist pour la scène. En 1970, « The Shadows » en réalise une version instrumentale sur « Shades of Rock » suivie de celle de
Bob Seger (sous l'appellation « The Bob Seger System ») dans l'album « Mongrel ». Mais la version qui remporta le plus de succès (une
14ème place au Billboard en 1971) est à mettre au crédit des « Supremes & Four Tops » (l'association des « Supremes » après le départ de
Diana Ross avec « The Four Tops ») sur leur album « The Magnificent Seven », produit par la paire Ashford et Simpson (dont je reparlerai
plus tard pour une autre « Chanson de Claude ») et qui sort en septembre 1970.
La Cover des Supremes avec Tom Jones (Tom Jones Show)
Dans les années 80, la chanson fut à nouveau reprise par le groupe
« Erasure » sur leur album « The Innocents » en 1988. En 1992, Annie Lennox l'interprète également au cours de l'émission « MTV
Unplugged » ainsi que Neil Diamond sur « Up On The Roof : Songs From The Brill Building » en 1993. Dernièrement, depuis fin 2006, Céline Dion
n'a pu faire autrement que se l'approprier pour ses shows à Las Vegas mais sincèrement, elle doit encore prendre des leçons auprès de Great Mama
Tina !
La Cover de Neil Diamond
Deuxième titre de la face B de
son 15ème album paru en novembre 1971 et emmenant le titre phare « Il fait beau, il fait bon », « Combien de rivières » est une de
mes covers préférées de Claude François. Inclus dans un 33 tours de bonne qualité générale avec d'autres titres forts comme « Plus rien qu'une adresse en
commun », « En souvenir », « Un jardin dans mon cœur » et « Un peu d'amour, beaucoup de haine », ce
disque a une connotation toute particulière pour moi : il fut le premier qui m'ait été offert et donc le premier d'une longue et belle collection ! Je le vois encore
« trôner » au milieu d'autres jouets pour la Saint-Nicolas de 1971... en avant-goût du concert, le premier, aussi, auquel je pus assister, le 8 avril 1972 au Palais des Beaux-arts
de Charleroi. « En souvenir » de celui-ci, voici un montage en préambule de l'analyse technique de la chanson.
Tout comme l'original, l'introduction musicale est courte (cinq
secondes). Elle est dominée essentiellement par les cordes (violons) avec une rythmique assurée par de timides percussions (j'opterais pour des maracas) et
ponctuée par un coup de grosse caisse. La voix de Claude, bien en place, vient tout de suite après, seule, avant que la musique ne se dépose sur la deuxième syllabe de
« rivières ». Avant d'aller plus loin dans cette analyse, il faut signaler que cette chanson n'a pas de véritable refrain. Elle se compose de plusieurs segments bien distincts
séparés par une répétition de l'intro après 1 minute 12. De 2 minutes 24 à 3 minutes 06, la mélodie atteint son paroxysme; les accords identiques se renouvellent, chaque fois toutes les douze
notes jusqu'à ce que la voix de Claude atteigne la note la plus élevée dans la partition (le do de l'octave supérieure !). Enfin, la chanson se termine par une seconde
répétition de l'intro musicale. Cette chanson possède vraiment une conception inhabituelle dans le répertoire de Claude. Maintenant, en ce qui concerne l'instrumentation, le premier
segment (de la 8ème seconde à la 27ème) est agrémenté principalement d'une basse rejointe par des chœurs et une section importante de
violons dans le second segment (de la 28ème seconde à la 46ème). Les cuivres (trombones et trompettes) font leur apparition dans le
dernier tiers de la première partie du morceau (de la 47ème seconde à 1 minute 11). La basse couvre toujours le 1er segment de la deuxième partie mais elle se fait
« chahuter » par des violons insistants donnant ainsi beaucoup plus de largeur au champ musical. Mais le plus intéressant est encore à venir... L'instant fatidique se
situe à 2 minutes 24, au moment où la mélodie « monte » d'un degré avec cette répétition incessante d'accords, d'abord à la guitare, uniquement pendant 6 secondes, puis avec
des percussions outrageusement dominées par une cinglante... cymbale ! L'orchestration atteint son sommet avec l'appui des cuivres sur la guitare
pour amplifier la répétition des accords avec, d'abord en fond, la voix de Claude qui s'élève en crescendo pour finir, majestueuse, au dessus de cet enchevêtrement
instrumental ! Sans pour autant égaler la version originale et sa dimension « Spectorienne », l'adaptation française d'Eddy Marnay est subtile : les
« rivières » et « montagnes » sont évoquées pour décrire un homme soucieux de retrouver la femme qu'il désire par-dessus tout, qu'importent les obstacles
qu'il doit surmonter... Les arrangements musicaux de Raymond Donnez sont précis, très travaillés, peut-être un peu trop symphoniques pour la couleur soul de la chanson; toutefois,
l'instrumentation est de qualité mais elle ne devance pas, loin de là, le « mur du son » cher à son créateur...
MADE IN BELGIUM
MACHIAVEL
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KYLIE MINOGUE
"APHRODITE"
(EMI)

STING
"SYMPHONICITIES"
(DG)
BRUCE SPRINGSTEEN &
THE
E-STREET BAND
LONDON CALLING LIVE
IN HYDE PARK
(COLUMBIA)


LOHENGRIN
(DECCA)
Petit coucou en ce week end de Pâques.
Ici, pas de fêtes ! !
Ce sera pour le 19 avril prochain et en plus je bosse.....
1001 bisous de la terre des pharaons
@nne-mar♪e
J'espère que vous allez bien. Je voulais vous demander conseil,voila je voudrai savoir s'il existe maintenant en soul musique des chanteurs dans le genre de FOUR TOPS, j'aime beaucoup cette musique (vous devez vous douter pourquoi)!! Mais je ne suis plus dans le coup existe t'il des chanteurs actuels dans ce style. Merci par avance. Bonne soirée. Amicalement.JOELLE LYON
MERCI de votre réponse. Bien sur nous ne retrouverons jamais cette époque autant pour la musique que pour la litterature. Je vais aller voir "Seal".Bonne soirée. Amicalement.JOELLE
j'espère que tu vas bien tu es peut etre en congés? Voilà je t'ai mis dans mes liens sur mon blog, aurait tu la gentillesse de me mettre dans les tiens. Si tu penses bien sur que je suis AU NIVEAU!!!!!! Bonne journée. Amicalement.JOELLE LYON