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De gauche à droite : Marc Ysaye, Thierry Plas, Mario Guccio, Hervé Borbé (au-dessus) et Roland De Greef
Vendredi 2 avril 1999… La 4ème édition du « Carolo Music Rallye » débute avec le retour de Machiavel à Charleroi et la présentation de son nouvel album « Virtual Sun ». Les fans de la première heure se pressent devant l’entrée de la salle de spectacle de l’Hôtel de Ville… et je suis là aussi avec Chantal, mon épouse. Depuis longtemps, je voulais absolument voir ce groupe sur scène, réentendre ces fameux succès que sont, notamment, « Rope Dancer » et « Fly » et… pourquoi pas approcher celui dont on dit, et c’est vrai, qu’il a la plus belle voix de la radio : Marc Ysaye ! Ce concert fut exceptionnel (cet album, enregistré après 12 ans d’absence de studio, est vraiment d’un très bon « cru ») et fut salué par trois rappels dont le dernier fut exécuté « A cappella » par les membres du groupe, Marc Ysaye marquant le tempo par de subtils claquements de doigts… Malheureusement, même les meilleurs moments ont une fin et il n’y eut point de 4ème rappel. Le responsable à l’éclairage enclencha l’interrupteur et les portes s’ouvrirent : il fallait donc bien quitter cette salle ! Je proposai à mon épouse d’aller nous désaltérer au « Café du Beffroi » dans l’espoir, peut-être, que Marc et ses acolytes nous imitent ! Je guettai donc leur sortie et, après plus d’une demi-heure, je vis le groupe apparaître sur le perron de l’Hôtel de Ville en quête d’un établissement. Ils ne choisirent pas celui où nous étions et sans tarder, je m’empressai d’aller à leur rencontre. Je pus ainsi approcher Mario Guccio, qui fut le premier à dédicacer mon programme, ainsi que Thierry Plas, Roland De Greef, Hervé Borbé et bien sûr Marc Ysaye avec qui j’eus le privilège d’échanger quelques mots ponctués d’une franche et inoubliable poignée de mains ! Mercredi 20 juillet 2005… Concert gratuit de Machiavel sur la Place Emile Delalieux à Nivelles. Quelle aubaine ! Je suis à nouveau au rendez-vous avec Chantal mais aussi en famille : sa sœur Annik ainsi que ses enfants se sont joints à nous pour découvrir les chansons de leur dernier CD « 2005 ». Malgré qu’il ne fût pas en toute grande forme, Mario Guccio fit tout de même mieux que son possible pour « assurer » vocalement et ainsi satisfaire le public venu en masse. Les solos instrumentaux furent mémorables avec de superbes prestations de Thierry et Marc. Il était près de 23 h 30 quand Machiavel salua une dernière fois la foule et nous regagnâmes nos véhicules la tête encore pleine de (bonne) musique ! Samedi 16 juin 2007… Machiavel se produit au Coliseum à Charleroi avec une captation en direct pour la sortie d’un DVD « live »… Et je ne suis pas là ! Pour des raisons de santé, je n’eus pas la possibilité d’assister à ce concert… que je me contenterai, plus tard, de regarder assis dans un canapé ! Dimanche 28 octobre 2007… Je crée ce blog avec la ferme intention de dédier plus tard un article à cette formation mythique pour sa carrière exemplaire, à ce groupe « bien » belge qui fut le premier à remplir Forest National, mais aussi et surtout, pour Marc Ysaye envers qui j’ai toujours éprouvé une très grande admiration. Voilà, ce jour est arrivé. Marc, Mario, Thierry, Roland et Hervé; si vous avez l’opportunité de lire cet article (je vais tout tenter pour qu’il en soit ainsi !), j’espère qu’il vous plaira et qu’il sera à la hauteur de votre talent. Ci-dessous, je retracerai les principaux événements qui ont marqué le groupe, en regard de leur discographie et des morceaux que j’ai personnellement retenus.
Roland De Greef à la basse, Marc Ysaye au chant et à la batterie, Jack Roskam à la guitare et Albert Letecheur aux claviers : voici la composition de Machiavel à ses débuts. Les quatre compères enregistrent un premier album éponyme qui paraît en avril 1976. Il faut dire qu’à cette époque, le « Rock progressif » n’était nulle part en Belgique et c’était la première fois qu’un groupe belge se frottait à ce style pourtant déjà bien répandu en Europe (d’où l’appellation « Eurock ») avec notamment Ange en France et bien évidemment Pink Floyd au Royaume-Uni. Ce dernier, ainsi que Yes, Genesis, Supertramp et Led Zeppelin seront les orientations et les influences musicales auxquelles se référeront les compositions de Machiavel, principalement dans leurs quatre premiers albums.
Incontestablement, avec cet album, Machiavel franchit un palier supplémentaire : Mario, par son large registre vocal, apporte plus de puissance et de « clarté », le son de la batterie est aussi différent, un peu plus « lourd » et ce n’est pas plus mal, Marc pouvant mieux se concentrer sur son instrument de prédilection (toutefois, il accompagnera encore en « back vocals » sur de nombreux morceaux et mieux encore, Mario lui laissant l’occasion, de temps en temps, de retrouver ses origines de chanteur de groupe; on le constatera par la suite). De plus, Albert Letecheur fournit une éblouissante prestation aux claviers et s’affirme comme un pion incontournable sur l’échiquier de Machiavel. Roland De Greef prend de plus en plus d’assurance et le petit dernier, Jean-Paul Devaux, apportera sa pierre à l’édifice. Tout s’imbrique convenablement afin que ce deuxième album soit une confirmation. Effectivement, on n’est pas déçu. Je décerne les lauriers à « Wisdom », la plage d’ouverture, et à « The Jester ». D’autres morceaux comprennent de très bons moments : « In The Reign Of Queen Pollution », « Mr Street Fair » et « Rock, Sea And Tree » valent toute notre attention. Avec ces titres, Machiavel personnalise et impose son style même si l’on devine quelques inspirations « Floydiennes », voire quelques références aux premiers morceaux de Genesis. La réédition de cet album en 1993 propose également deux titres bonus : « The Birds Are Gone » et « I’m Nowhere », deux chansons créées et interprétées par Marc Ysaye qui ne sont pas dénuées d’intérêt : le son des guitares est prédominant et leur jeu déployé est très plaisant.
Machiavel attirant de plus en plus de monde lors de ses prestations scéniques (je me rappelle de leur passage mémorable, le 18 décembre 1976, au « Coup de Fusil » au Boulevard de l’Yser à Charleroi, qui n’était pas passé inaperçu, de par son tapage publicitaire, car je fréquentais l’Institut Saint-Joseph situé, à cette époque, juste à côté de ce « café-concert »), la formation enchaîne sur un 3ème album « Mechanical Moonbeams » qui sort au printemps 1978 et qui va accroître sensiblement leur popularité par un seul titre : « Rope Dancer ». Mais ce titre, qui va propulser Machiavel en tête des ventes de 45 tours, ne doit pas occulter le reste de l’album.
Dans l’ordre de mes préférences : « After The Crop » l’emporte et même si « Rope Dancer » a été un énorme succès, c’est le titre le plus fort de cet album avec une montée instrumentale en puissance vertigineuse dont le sommet se situe à 4 minutes 40 avec, il faut le dire, une voix incroyable de Mario Guccio; « Summon Up Your Strengh » durant lequel le chanteur-leader fait, à nouveau, montre d’un potentiel vocal étonnant sur une partition musicale dont la progression, fulgurante cette fois, atteint déjà son point culminant après seulement 1 minute 15 (avant un superbe « instrumental » très « rock’n’roll » qui débute après 3 minutes jusqu’à la fin du morceau !) et l’inquiétant « Mary » chanté par Marc qui narre le premier jour à l’école d’une petite fille implorant sa maman de la ramener à la maison… Les deux bonus du CD « Wind Of Life » et une version « home studio » de « I’m Not A Loser » (un titre figurant sur l’album « Urban Games ») s’ajoutent aux 7 morceaux de l’album original. Pour la petite histoire, sachez que cet album ainsi que le suivant « Urban Games » paru en 1979 ont été enregistrés et arrangés dans les célèbres « Studios Katy » de Marc Aryan qui étaient non seulement renommés pour leur propriétaire mais aussi et surtout pour leurs qualités techniques.
Justement, à propos d’ « Urban Games », la formation emprunte d’autres voies musicales et si le public suit (nouveau Disque d’Or et un concert à Forest National à guichets fermés), le claviériste Albert Letecheur préfère quitter le groupe, imité par le guitariste Jean-Paul Devaux qui est aussitôt remplacé par Thierry Plas. Des huit titres qui garnissent les deux faces du 33 tours, c’est « Over The Hill », seconde plage de la face A, aux sonorités franchement « reggae », qui recueille très nettement les suffrages. Pourtant, « Still Alive » et « City Flowers », respectivement les 3ème et 4ème plages de la même face, sont intéressantes à plus d’un titre : non seulement, elles confirment le changement radical de style musical mais aussi, oserait-on le dire, leur construction rappelle étrangement un groupe comme Supertramp. Sur la face B, la première chanson qui m’a marqué est « Let me live my life » qui aurait pu faire un carton comme « Rope Dancer » ! Pour ma part, c’est la chanson « la plus forte » de l’album aussi bien au niveau de sa composition que de son interprétation. « I’m Not A Loser » (qui était déjà présente en bonus sur le CD « Mechanical Moonbeans ») a, me semble-t-il, le même procédé de « montée en puissance » qu’ « After The Crop » d’autant plus que Mario Guccio se déchaîne terriblement à la fin du morceau ! Quant à « Dancing Heroes » que certains critiques internautes qualifient de « plus mauvais morceau de l’album », est-ce une farce sur les gens qui fréquentent les discothèques et qui se défoulent sur le disco, le reggae ou le rock’n’roll ? Il est certain que ce morceau, aux relents résolument « disco », ne ressemble pas beaucoup à Machiavel… Enfin, « The Dictators » fait, une nouvelle fois, songer à Supertramp avec, toutefois, une fin que je trouve trop répétitive. Précisons que le CD comprend une version remixée d’ « Over The Hill » ainsi que la face B de son 45 tours « King Of Slogans ».
1980 arrive ainsi que « New Lines », le 5ème album de Machiavel qui tourne définitivement la page du « rock symphonique ». Adieu les longs morceaux anthologiques, les compositions du groupe ne dépassant plus les 5 minutes (le plus long de l’album original étant « Fade Away », la dernière plage avec une durée de 4 minutes 38). « Fly », qui ouvre l’album, est le deuxième plus gros succès du groupe après « Rope Dancer ». Encore aujourd’hui, il n’est nullement question que Machiavel fasse un concert sans interpréter ce morceau légendaire ! On n’ose le concevoir à moins que, dans un proche futur, il feigne l’ignorer pour l’exécuter en guise de rappel ? Ce serait peut-être là une idée « à creuser » afin que le doute s’installe parmi les fans jusqu’au rappel où, dès la fameuse intro, leur enthousiasme serait décuplée… Pour cet album, outre « Fly », je plébiscite les morceaux suivants : « Lying World », qui pourrait, au même titre que « Memories », la 5ème plage, très bien appartenir au catalogue de Police et « Champagne In Amsterdam », qui allie habilement rock et reggae. Le très rock « Turn Off » ouvre la face B suivi d’ « A Life » que n’auraient pas renié non plus Sting et sa bande. Enfin, je sauterais directement à l’ultime plage « Fade Away » (c’est toi, Marc, qui chante là, si bas, dans le noir ?) dont j’aime assez bien le contraste entre le tempo doux des trois premières minutes et le reste du morceau, carrément « floydien ». Le CD de 1993 inclut quelques pépites : une version « live » de « Turn Off » captée lors de leur concert à Forest National le 14 février 1981; « Sai », la version italienne de « Fly »; l’excellent « Let It Roll » issu d’une session avec Dany Lademacher, guitariste et producteur de l’album; les inédits « Song For Poland » et « Swindler » jamais édités jusqu’alors. En 1981, le quatuor fait la connaissance de deux managers qui, malheureusement, vont entraîner leur chute et provoquer leur séparation. Le contrat est très juteux, assorti d’un enregistrement à Los Angeles sous la houlette de Derek Lawrence, producteur, entre autres, de Deep Purple.
Pour ce 6ème album « Break Out », nos quatre amis bénéficient de toutes les commodités et vont se mettre à rêver de se produire aux Etats-Unis. Malgré une qualité de son parfaite (j’ai écouté le vinyle original et je peux vous assurer que le son est vraiment d’une netteté incroyable) et quelques morceaux avec de très bons passages instrumentaux, l’ensemble de l’album se révèle décevant. Les compositions ne sont pas de la meilleure veine (est-ce dû à la participation pour tous les titres de l’énigmatique Luc O qui s’était occupé également du management du groupe ?) desquelles s’extirpent nettement « Nobody Knows » et le fantastique « Lay Down » (où Mario excelle encore en prouesses vocales), les deux meilleures chansons de l’album. Et le reste ? Dans une moindre mesure, retenons les deux premiers titres de la face A « Somebody Loves You Tonight » (avec une bonne intro, des couplets prometteurs mais pas de véritables refrains, excepté la sempiternelle répétition du titre) et « Tonight » qui tient valablement la route (excellents jeux de guitares de Roland De Greef et Thierry Plas). L’album s’avère être un échec commercial et afin d’essayer de « renflouer le tiroir-caisse », les managers impose à Machiavel de participer à une tournée en première partie d’Alice Cooper qui s’apparentera plutôt à une déroute financière, suite à une perte de matériel, à laquelle nos amis ne se remettront pas. De retour au bercail, la formation planche déjà sur un prochain album qui, finalement, ne paraîtra pas et les quatre membres se séparent, la mort dans l’âme.
Pourtant, Machiavel n’est pas encore tout à fait mort. Leur firme de disques EMI décide de sortir en 1983 un album « live » intitulé « Valentine’s Day » de leur concert du 14 février 1981 à Forest National.
En 1987, Roland,
Mario, Marc et Thierry se retrouvent pour un nouvel album « The Cry Of Pleasure » en compagnie du
claviériste Paolo Ragatzu. Cet album est rehaussé de la présence, notamment, de Beverly Jo Scott, Dani Klein et Arno (à
l’harmonica sur le morceau « Your Soul »). Malgré ce beau monde, les ventes ne décollent pas. Pourtant, à son écoute, le 33 tours (qui n’a jamais été réédité
en CD comme le « live » du 14 février 1981) sonne très « années 80 » : « Bad Girl »,
« Wait », « Fight For Love », « Flesh & Blood » et « Your
Soul » présentent, à peu de différences près, le même canevas rythmique et des gimmicks propres à cette décennie. Comparativement, je revendique plutôt, dans l’ordre de mes
préférences : « Silences Lead », « Generation », « No Way To Heaven » et
« No Regrets ». Dommage que ceux-ci, exceptés « No Way To Heaven » considéré comme le « hit » de
l’album, n’aient pas été exploités sur scène… Au terme de ces retrouvailles, les quatre membres décident d’en rester là et n’enregistreront plus d’album studio avant 1999.
Entre-temps, EMI sort « The Best Of Machiavel » en 1991 et c’est Jean-Luc Fonck qui, en 1995, à l’occasion des Francofolies de Spa, fait sortir le groupe de son sommeil. En effet, le célèbre festival propose une « Fête à Sttellla » et notre chanteur humoristique invite donc les quatre compères à venir le rejoindre sur scène. Lorsqu’ils entament « Fly », l’enthousiasme des 10.000 personnes est tel qu’une nouvelle compilation « 20th Anniversary : The Very Best Of Machiavel » paraît dans la foulée, chez EMI, en 1996.
Le succès de cette compilation entraîne la reformation du groupe qui, d’emblée, va enchaîner les concerts et accueillir l’arrivée, en 1997, du claviériste Hervé Borbé qui intégrera le groupe sans aucune difficulté et restituera, avec une fidélité déconcertante, les partitions des quatre premiers albums alors dévolues à Albert Letecheur.
Après une longue parenthèse de 12 ans, Machiavel renouvelle sa discographie avec la sortie, en 1999, de « Virtual Sun », le 8ème album studio. Comme je vous le disais en début d’article, c’est un album que j’apprécie beaucoup pour la qualité de ses compositions, l’ambiance musicale qu’il dégage, le parfait dosage des instruments et la performance vocale de Mario Guccio qui, et j’espère que c’est un avis unanimement partagé, est au sommet de son art. De plus, Machiavel renoue avec des morceaux de longue durée : quatre des onze morceaux dépassent cinq minutes ! La plage titulaire « Until The End » est très bien choisie pour ouvrir l’album et met parfaitement en place le paysage musical dans lequel l’auditeur va voyager. Je me rappelle également que la même chanson débutait leur fameux concert, auquel j’assistais, le 2 avril 1999 à l’Hôtel de Ville de Charleroi. « Something » et « It’s a Dream Again » sont deux très bonnes chansons qui peuvent figurer dans les meilleures que la formation ait composées. « Down On My Knees » est superbe avec des changements de rythmes dantesques.
Mario, j'aime quand tu fais tes grands yeux...
Marc Ysaye s’offre une récréation vocale avec le très joli « Dirty Hands » ainsi qu’avec le très acoustique « Mary’s Dream », une suite de « Mary » sur « Mechanical Moonbeams » de 1978. J’accorde également une mention spéciale à « The Rumour », très rock, taillé pour le « live » avec un super Mario et une brillante prestation de Marc à la batterie. « Running In The Desert Again » clôt admirablement bien un album pour lequel on s’empresse d’appuyer sur la touche “repeat” tellement il y a de très bons morceaux à découvrir et cela vaut aussi pour les autres titres non abordés. Il n’y a donc rien à négliger sur cet album qui, pour moi, vaut les premières créations. On dirait vraiment que la formation est revenue « aux racines ». En tout cas, quelle pêche après 12 ans de disette !
Lors de ma rencontre avec Marc, je lui avais posé la question à quand un CD « live » de Machiavel et ça ne se fit pas attendre puisqu’un double album sortit encore en 1999, quelques mois plus tard, des suites d’un enregistrement public effectué à l’Ancienne Belgique, le 22 décembre 1996, à l’occasion de leur « 20th Anniversary Tour ». C’est « Mechanical Moonbeams » qui s’octroie assez logiquement la plus grosse part de la « tracklist » avec 5 morceaux : « After The Crop », « Summon Up Your Strengh », « Mary », « Rope Dancer » et « Fifth Seasons »; 3 sont tirés de « New Lines », à savoir l’inévitable « Fly », « Turn Off » et « Fade Away »; 2 de « Jester » : « Wisdom » et « Jester »; 2 également de « Break Out » : le terrible « Lay Down » et « Nobody Knows » alors que « Machiavel 1976 » (« Cheerlesness ») et « The Cry Of Pleasure » (« No Way To Heaven ») ne sont représentés, chacun, que par un seul titre. Deux inédits « Solstice » (un morceau du talentueux Hervé Borbé) et « I’m In Love » complètent ce concert agrémenté de la présence de Monsieur Toots Thielemans sur « Rope Dancer » et de l’intarissable Jean-Luc de Sttellla sur une reprise désopilante de « Fly (Fly-o) ».
Paraissent ensuite deux compilations « Original Hits » (2000) et « Anthology » (2001), rendue beaucoup plus intéressante par la présence d’une nouvelle chanson « Heaven’s Rules » sortie en single et de morceaux inédits enregistrés durant « l’après Machiavel » par les membres dans leur formation respective : Mario Guccio et Roland De Greef pour Beige Neige (« Stranger » 1983); Marc Ysaye et Albert Letecheur pour Twilight (« Only Five » 1984), Thierry Plas pour The Responsibles (« Dear America » 1994) ainsi qu’un morceau du groupe Purple Rose (« Who Wants To Be Lonely ») auquel participèrent, en 1999, Marc Ysaye et Thierry Plas en compagnie de la célèbre chanteuse de Vaya Con Dios, Dani Klein. La formation multiplie les concerts pour le plus grand bonheur des fans qui n’ont « rien oublié ». Cela ne fait aucun doute, Machiavel est reparti pour de nouvelles et belles aventures sur la route du succès.
Le groupe se remet au travail pour la sortie d’un nouvel album « Welcome To Paradise » en 2003. Ce dernier débute par un très bon « Time Is Like A River » avec de belles sonorités instrumentales. C’est « carré », bien joué, sans forcer, peut-être, mais c’est juste et précis, du bel ouvrage comme le morceau qui suit, « Wild As The Wind », un slow sulfureux, où les voix de Mario et de Marc se marient parfaitement… J’aime bien aussi « You’re The Woman », plus intense, avec des guitares « dominantes » avec, encore une fois, un très bon son… Le meilleur de l’album, pour ma part, se situe dans ces 3 premiers morceaux. Des neuf autres morceaux composant cet opus, retenons « Take All The Moments », une composition bien emmenée vocalement avec une prestation remarquable de Marc Ysaye à la batterie; « Killing Life » (l’un des deux morceaux les plus longs avec l’émouvant « So Long », en hommage au regretté Pierre Rapsat), certainement l’un des plus complexes à jouer (la partition à la batterie, il faut « se la taper », elle n’est pas si évidente que ça, et bravo à Hervé Borbé aux claviers) et, enfin, « Save My Soul » interprétée par Marc (qui se charge également de « The Real Show ») avec beaucoup de sobriété. Cependant, l’album se révèle, me semble-t-il, un peu moins inspiré que le précédent. Au terme de celui-ci, la formation part en tournée de mars à décembre 2003 avec, notamment, une double prestation aux Francofolies de Spa. En juin 2003, EMI paraît une nouvelle compilation « The Essential Of Machiavel ». Le 5 mai 2004, le groupe apprend avec une profonde tristesse la disparition d’Albert Letecheur à l’âge de 52 ans. Quel dommage qu’il n’ait pu avoir la possibilité de remonter sur scène, ne fut-ce qu’une seule fois, aux côtés de ses ex-compères…
Début 2005, c’est la sortie de « 2005 », le dernier album studio en date, précédé du single « Chronic Love ». Une poignée de sceptiques diront qu’ils y trouveront des mélodies formatées; il n’empêche qu’elles seront d’une efficacité redoutable, surtout sur scène : en octobre 2007 paraît « Machiavel live in Brussels » et pas moins de 8 chansons sur les 13 qui constituent l’album seront reprises ! Mais revenons brièvement sur cet ultime enregistrement : outre « Chronic Love », « Watching The Time » et « The Might Is Right » sont vraiment plaisants, la nouvelle « cuisine » de Machiavel est appétissante ! Toutefois, recherchant encore plus d’originalité, j’accorderais prioritairement mes préférences à des morceaux « plus rocks » : « Ronny Runs » et « She’s a Snake », ce dernier titre où l’on entend que notre cher Mario n’a décidément rien perdu de sa verve vocale ! Enfin, trois morceaux dégagent des thèmes et des atmosphères musicales intéressantes : le réalisme et la sensibilisation sur la “politique de l’autruche” et l’impuissance face à la guerre dans un monde de désolation où l’on ose croire encore à la race humaine dans « Washing Their Hands », les besoins d’existence et d’appartenance dans « Your Shoulder », le paranormal dans « Roaming With Ghosts ».
La fin de l’année 2007 sera donc machiavélique avec le « Live in
Brussels » (à coloration « 2005 » avec 8 titres, dans l’ordre de leur interprétation :
« Washing Their Hands », « The Might Is Right », « Chronic Love »,
« Watching The Time », « Ronny Runs », « She’s a Snake », « Hearing The
Rain » et « River Of Shame », 4 titres de « Welcome To
Paradise » : « Time Is Like A River », « Wild As The Wind », « You’re The
Woman » et l’excellent “Killing Life”, le fulgurant « Down On My Knees », extrait de « Virtual Sun », les incontournables “Fly” et “Rope Dancer” ainsi qu’un medley, sur le
deuxième CD, composé de “No Way To Heaven”, “Over The Hill”, “Lay Down” et “Turn Off”) et,
en décembre, le DVD “Live At Coliseum” filmé à Charleroi le 16 juin 2007 à l’aide des moyens techniques de la RTBF orchestrés, de main de maître, par
Jean-Philippe Luxen.
À noter le très bon documentaire « The third life », d’une durée de 53 minutes, réalisé par Christophe Dumoulin et David Haremza, riche en interviews, confidences, photos et documents vidéos d’archives, qui nous permet de découvrir les passions des membres du groupe, de nous immiscer durant les répétitions et de nous infiltrer dans les coulisses avant et après le concert. Des impressions sont également recueillies auprès des spectateurs, jeunes et moins jeunes. Pour la plupart, ce sont des inconditionnels mais il y en aussi pour qui c’est la « toute première fois ». Mais leur avis est unanime : c’était super et leur analyse, aussi courte soit-elle, n’est pas usurpée. Si vous n’êtes pas spécialement fan mais que vous avez envie de découvrir Machiavel, je vous invite à vous procurer ce DVD, et, ce qui n’est pas dédaignable de nos jours, vous passerez vraiment un très agréable moment.
La dernière sortie discographique de Machiavel remonte à mai 2009 avec un album « live » enregistré durant leur tournée « unplugged » en 2008. Celui-ci comprend des versions joliment dépouillées et savamment réarrangées de 6 titres de « 2005 » : « Wondering », « Chronic Love », « Ronny Runs », « She’s a Snake », « Washing Their Hands » et « Hearing The Rain »; 2 de « Urban Games » : « Over The Hill » et « Still Alive »; 2 de « Break Out » : « I Need It » et « Lay Down »; et, enfin, de 2 de « Mechanical Moonbeams » : « Rope Dancer » et « Mary ». Quelques versions sont carrément surprenantes et offrent d’autres couleurs musicales que les originaux.
Voilà. À vous, fans de Machiavel, j’espère que cet article ne vous aura pas déçus. Quant aux autres, maintenant, vous connaissez mieux cette formation; il ne vous reste plus qu’à l’apprécier.
En bref :
Marc Ysaye est le créateur et directeur de Classic 21. Il est aussi l’animateur légendaire des Classiques du dimanche matin, une émission qui figure dans la grille des programmes depuis le 3 janvier 1988. Entré à la RTBF en 1982, il travaille dans l’ombre de Claude Delacroix pour ensuite gravir, petit à petit, les échelons de la hiérarchie et devenir directeur d’antenne sur Radio 21 en 2001. Le 31 mars 2004, Radio 21 éclate en 2 nouvelles chaînes : Pure FM et Classic 21 qui démarrent le 1er avril. Depuis que Marc a pris les rênes de la chaîne, les chiffres d’audience de Classic 21 sont en constante progression… Mais c’est aussi bien évidemment le fruit du travail de toute une équipe soudée derrière son directeur…
Pour tout savoir sur son extraordinaire parcours, je vous invite à découvrir « Les Classiques de Marc Ysaye, 21 ans de passion » paru aux Editions Racine en 2009, un chouette livre avec des anecdotes cocasses et savoureuses. Marc est également l’auteur de l’ouvrage « Making Of : la réalisation de 21 albums légendaires » paru aux Editions Le Cri en décembre 2009.
Marc retrace en détail l’histoire et la conception de 21 albums rock incontournables. Mais, « Making Of », c’est aussi une émission qu’il a créée en collaboration avec Laurent Rieppi et qui est devenue, après 300 numéros, l’une des plus « podcastées » de la RTBF. Marc est l’arrière petit-fils du célèbre violoncelliste Eugène Ysaye (1858-1931).
Mario Guccio et Roland De Greef sont les courageux initiateurs du label « Moonzoo Music » dont sont issus les deux derniers albums « Live in Brussels » et « Acoustic » de Machiavel. Ce nouveau label se veut être aussi un découvreur de talents en Belgique et compte pas moins d’une quinzaine de groupes et d’artistes à son actif. Une primeur et une exclusivité en Belgique alors que la crise du CD bat son plein.
Vous en saurez plus en allant sur le site www.moonzoomusic.be où vous serez informé des dernières nouveautés et, en plus, vous aurez également la faculté d’écouter des extraits de chaque album produit par Moonzoo.
Thierry Plas : quand l’actualité de Machiavel est en veilleuse, Thierry compose pour le cinéma et la publicité via son studio d’enregistrement Zoo-Music. C’est lui aussi qui a signé les jingles sur Classic 21. Ayant accompagné pas mal d’artistes, entre autres, Pierre Rapsat et Beverly Jo Scott, Thierry a joué de la guitare et s’est occupé de plusieurs arrangements sur l’album « The Promise » de Vaya Con Dios.
Hervé Borbé : en dehors de Machiavel, il se révèle être un peintre bourré de talents ! Spécialiste de l’abstrait, il a conçu notamment la pochette de l’album « 2005 ». Claviériste exceptionnel, il est le frère du poète et chanteur pour enfants, André Borbé.
le 3ème numéro du seul article sur le net à être présenté
comme une véritable émission de télé !
Et puis...
MADE IN BELGIUM
PIERRE RAPSAT
DISCOGRAPHIE
(3ème partie)
De "Lâchez les fauves" à
"J'ouvre les yeux"

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ALAIN CHAMFORT
"ELLES & LUI"
(MERCURY RECORDS)
SANTANA
"SHAPE SHIFTER"
(EPIC)
CENDRILLON
(MASSENET)
JOYCE DIDONATO

DALIDA
3 CONCERTS INÉDITS
OLYMPIA 71 - QUÉBEC 75 -
PRAGUE 77


PLATINE
LE MAGAZINE
DE LA VARIÉTÉ


JUKE BOX MAGAZINE

OPÉRA MAGAZINE

DIAPASON

Salut Fred... Heureux que cet article ait pu enrichir un peu plus ta culture musicale sur ce groupe mythique. À bientôt !
Je suis heureux de t'avoir fait connaître ce grand groupe bien belge... Machiavel, chez nous et pour le rock belge, c'est une véritable institution. D'autre part, tu te doutes que je fais de temps en temps quelques petites incursions sur ton blog et ce, toujours avec un réel plaisir ! À bientôt.