Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 21:35

LETS DAVID 13099

 

LA DISCO DES ALBUMS STUDIO DE DAVID BOWIE

 (2ème partie, les années 80)

Première partie : cliquez sur ce lien LET'S DAVID ! (1ère partie : 1967-1979)

DAVID 3

DAVID BOWIE SCARY MONTERS

Les années 80 s’ouvrent avec « Scary Monsters » qui paraît le 12 septembre. Enregistré à New-York et à Londres sous la houlette de Tony Visconti, c’est assurément un album « charnière » après la trilogie berlinoise (« Low », « Heroes » et « Lodger ») et avant la période funk avec « Let’s Dance » de 1983. David veut faire un trait sur les années 70 sans pour autant ne pas oublier son personnage légendaire de Major Tom qu’il reprend dans le premier single de l’album, le génial « Ashes To Ashes », évoqué dans son chef-d’œuvre « Space Oddity » de 1969. D’abord classée n° 4 au Royaume-Uni, la chanson s’empare de la pole position la semaine suivante. Remarquablement structuré sur le plan musical avec un travail époustouflant d’Andy Clark au synthétiseur, de Roy Bittan au piano et de Chuck Hammer à la guitare, ce morceau est également magistralement interprété par son compositeur. En outre, personne n’est resté indifférent devant le célèbre clip de la chanson durant lequel Bowie apparaît déguisé en Pierrot déambulant devant un bulldozer accompagné de quatre étonnants sbires et où on le voit ensuite vêtu d’une chemise blanche, emprisonné dans une cellule capitonnée pour fou… De plus, Bowie privilégie les situations floues où on l’aperçoit tantôt assis dans un drôle de fauteuil au milieu de ce qui ressemble à une cuisine, affublé d’une combinaison où il ne lui manque plus qu’un casque de cosmonaute, tantôt raccordé à des tuyaux qui semblent le maintenir artificiellement en vie dans un décor alienesque. La fin est toute aussi rocambolesque quand il réapparaît en Pierrot au bord d’une plage surnaturelle avec à ses côtés une brave dame âgée qui lui tient une conversation dont il n’a cure…

Mais revenons à cet album emblématique d’où s’extrait « Fashion », cinquième plage et second hit en puissance dont certaines mesures rappellent « Golden Years » de 1975. Soulignons au passage, dans ce titre, la formidable prestation du guitariste Robert Fripp qui, d’autre part, laisse une empreinte indélébile dans les arrangements musicaux de cet album puisqu’il participe à cinq autres grands morceaux : « It’s No Game, Part 1 » durant lequel Bowie vocifère littéralement son texte, « Up The Hill Backwards » à l’ambiance musicale complexe, le très rock « Scary Monsters (and Super Creeps) » durant lequel la voix formatée et monocorde de David fait presque peur, le mélodique et hymnique « Teenage Wildlife » et, enfin, le rythmique « Kingdom Come », excellente reprise de la chanson écrite et initialement interprétée par Tom Verlaine qui fit jadis partie du groupe Television. Je ne passerai pas sous silence le magnifique « Because You’re Young » avec la présence de Pete Townshend du groupe Who à la guitare, où l’on entend notamment un subtil orgue qui confère au morceau une sonorité très pop, ainsi que « It’s No Game Part 2 » beaucoup moins torturé que la plage titulaire, clôturant cet album incontournable sur une note plus sobre, plus calme.

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  DAVID BOWIE LET'S DANCE

1983 marque un grand tournant dans la discographie de notre ami David : non seulement, il change de label puisqu’il quitte RCA pour EMI mais c’est aussi et surtout l’année d’un succès planétaire avec « Let’s Dance » qu’il produit avec Nile Rodgers du groupe funky Chic. Les trois premières plages sont des hits monumentaux : « Modern Love » (3ème single de l’album, n° 2 au Royaume-Uni, n° 14 aux États-Unis) avec une superbe intro et une ligne mélodique qui s’enrichit en crescendo (un beat ravageur, un piano très présent, la voix assurée de David, des saxos en soutien et en solo, des chœurs précis qui doublent admirablement la voix de David), « China Girl » (n° 2 au Royaume-Uni et n° 10 aux États-Unis), une excellente reprise du titre qu’il a composé en compagnie d’Iggy Pop, que ce dernier avait incorporé à son album « The Idiot » en 1977 (un original toutefois beaucoup plus « musclé » que la version de Bowie) et le phénoménal, l’incomparable « Let’s Dance » qui place Bowie n° 1 au Royaume-Uni et aux États-Unis avec une superbe prestation du regretté Stevie Ray Vaughan à la guitare (à souligner le détachement des instruments avec une résonance en forme d’écho, les montées en puissance rythmique avec, en guise de paroxysme, la voix de Bowie haut perchée).

Malgré le succès retentissant de ces trois morceaux qui aurait tendance à occulter le reste de l’album, nous allons passer les autres titres en revue : laissons toutefois de côté l’anecdotique « Without you » qui précède un intéressant « Ricochet » où l’on retrouve le Bowie ambigu des années 70; « Criminal World », seconde reprise de l’album d’un titre composé par Peter Godwin, Duncan Browne (membre vedette de l’éphémère groupe Metro et très bon guitariste de studio) et Sean Lyons, suivi d’un excellent « Cat People (Putting Out Fire) » dont la partition musicale est signée par Giorgio Moroder et dont il existe deux versions (de préférence celle avec la participation de l’impérial Stevie Ray Vaughan). L’album se termine avec l’honorable « Shake It » dont on retrouve certaines sonorités similaires à « Let’s Dance », comme si Bowie était encore imprégné de son inaltérable tube… Cet album qui, quoiqu’on en dise, prévaut surtout pour l’incroyable succès de « Let’s Dance » différenciera les avis parmi les fans de Bowie : la plupart apprécieront cette nouvelle orientation à l’impact plus commercial tandis que les puristes se plaindront de son manque d’originalité voire de créativité…

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DAVID BOWIE TONIGHT Pour le prochain album « Tonight » qui paraît le 1er septembre 1984, David Bowie le coproduit avec Derek Bramble et Hugh Padgham. L’invité « vedette » est Iggy Pop qui participe à la composition de 5 des 9 titres de l’album initial (la réédition de 1995 en comptera 3 supplémentaires et non des moindres, j’y reviendrai ci-après) : « Don’t Look Down », une reprise reggae, honorable sans plus, des Stooges (le groupe dont est issu Iggy Pop, pour ceux qui ne le savent pas); « Tonight » que Bowie interprète avec Tina Turner, encore une reprise d’un titre que l’Iguane avait enregistré en 1977 sur son album « Lust For Life » (la chanson, second single de l’album, bien qu’étant qualifiée de « titre phare », n’atteindra qu’une maigre 53ème position à l’US Billboard Hot 100 et se classera à la même place au Royaume-Uni !); « Neighborhood Threat » (présent également sur « Lust For Life »); « Tumble And Twirl » avec, à la basse, le génial Mark King de Level 42 et « Dancing With The Big Boys » dans lequel il prête son concours vocal, écrit avec Bowie et son fidèle guitariste Carlos Alomar que l’on retrouve dans la « distribution » musicale de la majorité de ses albums de 1975 à 2003. Toutefois, le titre qui enlève le plus de suffrages est « Blue Jean », premier single, qui se classe n° 8 au Billboard et n° 6 au Top anglais. La ligne mélodique est très entraînante avec une batterie et des cuivres très accrocheurs, le tout enrubanné par la voix très aigue et même criarde de Bowie.

The Thin White Duke se permet également de reprendre « God Only Knows » que les Beach Boys avaient enregistré en 1966 et « I Keep Forgettin’ » de la paire Leiber/Stoller (qui avait créé, entre autres, « Hound Dog » et « Jailhouse Rock » pour Elvis Presley).   Si l’album original déçoit une fois de plus les fans de la première heure qui ne reconnaissent plus leur Bowie des années 70, soulignons toutefois la qualité de la plage titulaire « Loving The Alien » que Bowie interprète divinement bien sur une partition musicale d’excellente facture. Incontestablement, c’est la cerise sur ce gâteau que beaucoup considèrent comme indigeste. Et c’est vrai que cet album n’a rien de comparable avec l’ingéniosité déployée dans les 70’s. La réédition de 1995 offre donc 3 morceaux en bonus : le formidable « This Is Not America » (n° 1 aux Pays-Bas, n° 14 au Royaume-Uni et n° 32 au Billboard) que Bowie a composé avec Pat Metheny et Lyle Mays du Pat Metheny Group et qui paraît en single en février 1985 (la mélodie est superbe, comme la voix de Bowie d’ailleurs, et confère au morceau une ambiance inquiétante renforcée par quelques subtils effets instrumentaux); « As The World Falls Down » tiré de la bande originale du film « The Labyrinth », un conte fantastique réalisé par Jim Henson et produit par George Lucas dans lequel David Bowie joue aux côtés de Jennifer Connely, et, enfin, « Absolute Beginners » (thème du film portant le même titre), un immense succès au Royaume-Uni (n° 2) alors qu’outre Atlantique, il ne se classe qu’en 53ème position.

DAVID 2 DAVID BOWIE NEVER LET ME DOWN En avril 1987, David Bowie sort son 17ème album studio « Never Let Me Down » qu’il produit avec David Richards (qui s’est occupé de plusieurs albums de Queen). Signalons la présence du chanteur et guitariste Peter Frampton dans les musiciens ainsi que de l’acteur Mickey Rourke sur « Shining Star (Makin’ My Love) ». L’album commence avec le rythmé mais cependant très moyen « Day-In Day-Out » qui est le premier single. Il faudra des versions « Extended Mix Dance » et « Extended Mix Dub » pour que le morceau décolle et atteigne finalement des positions honorables dans les Charts américains et anglais (respectivement n° 21 et n° 17).
La seconde plage et second single « Time Will Crawl » est, ma foi, mieux conçu et bien qu’ayant ensuite renié cet album, c’est le titre préféré de David car il traite d’un sujet qui lui tient à cœur : l’avenir du monde menacé par la pollution industrielle. Plus élaboré donc, le titre ne se classera pourtant qu’à la 33ème place dans le Top britannique. Et on passe un cran au-dessus avec le surprenant et agréable « Beat Of Your Drum » plus rock, avec une très bonne conception instrumentale, beaucoup moins « commercial » que la plage titulaire.
C’est incontestablement le meilleur titre de l’album qui précède le décevant « Never Let Me Down » (n° 27 au Billboard et n° 34 au Royaume-Uni). Malheureusement, la suite ne s’avère pas plus attrayante. Malgré une certaine volonté innovatrice dans la composition, « Zeroes » est loin, très loin même, d’atteindre les sommets. Avec « Glass Spider », Bowie essaie de retrouver l’inspiration qui lui avait valu la gloire dans les années 70. Il faut dire que les percussions et la guitare électrique jouent un rôle essentiel et permettent de maintenir la structure musicale à un bon niveau d’ensemble après un début calamiteux avec Bowie qui parle sur d’insipides synthés. Après l’insupportable et énervant « Shining Star (Makin’ My Love) » (comment Bowie a-t-il pu enregistrer un tel morceau ?), on est quelque peu ragaillardi avec « New-York’s In Love » qui nous sert, à nouveau, une batterie bien prononcée et une guitare électrique chatoyante. Assurément, c’est encore la musique qui sauve le titre.
On est tenté de dire la même chose avec « 87 And Cry » dont la ligne mélodique est cependant plus variée malgré une fin répétitive à souhait. L’album se termine avec « Too Dizzy » à la rythmique trop facile (aucune reprise de batterie digne de ce nom) marquant, toutefois, le retour d’un saxophone qu’on avait presqu’oublié tant il était auparavant plébiscité et « Bang Bang », un nouveau cover d’un titre d’Iggy Pop, extrait de son album « Party » de 1981. Cet album marquera la fin de la période « Dance » de David Bowie. « Enfin », diront certains, et il est vrai que Bowie se rendra compte lui-même aussi de l’urgentissime importance de s’orienter vers de nouveaux choix musicaux de crainte de ne devenir qu’un has been aux yeux de ses fans. Nous le verrons prochainement dans la 3ème et dernière partie de sa discographie de ses albums studio (1993-2003).
Par BERNIE - Publié dans : Les Grands du Rock - Communauté : Toutes les musiques
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Commentaires

Bonjour Bernie. Que de souvenirs en réentendant le "Let's dance" de David Bowie !! Bonne continuation ! Je te souhaite de passer une bonne journée et à bientôt
Commentaire n°1 posté par Thierry-alias-Jean-Philippe le 25/10/2010 à 21h35

Oui, Thierry, c'est un énorme tube qui est resté dans toutes les mémoires ! Et assez paradoxalement, c'est le plus gros succès de David Bowie alors qu'il a créé, surtout dans les années 70, des compositions beaucoup plus imaginatives sur le plan musical (de véritables chefs-d'oeuvre qui sont en fait des concepts musicaux avant-gardistes !). Merci de ta fidélité et de ton amitié. À bientôt !

Réponse de BERNIE le 26/10/2010 à 21h20
C'est très exactement avec cet album "Let's Dance" que je commençai à regarder, et surtout à entendre David Bowie autrement que comme un "extra-terrestre", ce qu'il me semblait être jusque là. Par la suite, j'essayai... mais en vain... de m'intéresser à sa discographie passée. Et je revint donc vers lui, avec des titres tels que "Modern Love", "China Girl", mais encore "Blue Jeans", et encore "This is not America", peut être plus à la portée de mes modestes connaissances musicales ?

Je te souhaite d'excellenets fêtes de fin d'années, pour toi et ta famille et... essayons de garder le contact, si tu veux bien ? Car, avec qui vais-je parler de Claude à présent que les médias l'ont oubliés ? A moins qu'avec le mois de mars... A bientôt ! Amicalement.
Commentaire n°2 posté par FRED le 19/12/2010 à 06h36

Salut Fred et très heureux de te lire à nouveau ! Merci pour tes bons voeux que je réciproque de tout coeur ! Ne t'inquiètes, pas, c'est évident que nous garderons le contact et nous aurons bientôt l'occasion de reparler de notre cher Cloclo ! Amitiés !

Réponse de BERNIE le 20/12/2010 à 20h20

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