Partager l'article ! MICHAEL JACKSON : LA DISCO SOLO (2ème partie : les albums "Off The Wall", "Thriller" et "Bad"): Plus de 4 ans passeront avant la sort ...
Plus de 4 ans passeront avant la sortie d’ « Off The Wall » le 14 août 1979, le premier album de Michael chez Epic Records qui marque le début de sa collaboration avec le producteur Quincy Jones dont il deviendra très proche. Cet album sensationnel va également produire une série de tubes en puissance puisque pas moins de cinq singles en seront issus : le dantesque « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » (préalable à l’album, paru fin juillet 1979) écrit par Michael lui-même, pour lequel il va présenter une chorégraphie déjà très affûtée, et qui couvre la plage titulaire de la face A; le génial « Rock With You » (début novembre 1979) de Rod Temperton qui signe son arrivée dans l’équipe de Jackson en lui offrant un morceau d’une efficacité implacable; « Off The Wall » (début février 1980), une seconde composition de Temperton que Michael va interpréter en utilisant, à répétition, de petites subtilités vocales qui, d’une façon régulière, viendront ponctuer chacune de ses phrases (souffle, petits cris saccadés), surtout bien évidemment dans les morceaux les plus rythmés, et qui deviendront, avec ses pas de danse de plus en plus sophistiqués, sa « marque de fabrique »; « She’s Out of My Life » (avril 1980, de Tom Bahler qui va collaborer avec Quincy Jones et produire plus tard en 1985 « We Are The World » dont il s’occupera des arrangements), un morceau avec une excellente structure musicale qui démontre incontestablement les impressionnantes capacités vocales de Jackson (vibratos réguliers, justesse, clarté et aisance dans les aigus) et, enfin, « Girlfriend » (juillet 1980) où l’on reconnaît la « patte » d’écriture de Paul Mc Cartney, une chanson issue de l’album « London Town » de 1978 avec son fameux groupe de l’époque, les Wings. Les ventes de l’album à travers le monde vont atteindre des chiffres affolants : rien qu’aux États-Unis, 8.000.000 de copies trouveront acquéreurs, c’est vrai qu’elles seront notamment boostées par « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » et « Rock With You » qui s’empareront de la première place dès leur parution dans le Billboard. En France, l’album cartonne également avec 1.200.000 exemplaires vendus, 350.000 en Australie et 300.000 au Royaume-Uni pour atteindre un total de 20.000.000 dans le monde ! Pour l’accompagner musicalement sur cet album, Jackson, en concertation avec Jones, ne va pas lésiner sur les moyens et va s’entourer de la crème des musiciens : les guitaristes Larry Carlton (qui a participé à de nombreux albums de Steely Dan, Billy Joel, Christopher Cross et Joni Mitchell, entre autres), Melvin « Wah-Wah Watson » Ragin (surnommé ainsi car il est un adepte chevronné de la pédale « wah-wah », guitariste essentiellement funk pour avoir travaillé avec The Temptations, Gladys Knight, The Four Tops), Phil Upchurch (très bon musicien qui exploita son immense talent aux côtés de Stan Getz, BB King, Dizzy Gillespie et John Lee Hooker) et David Williams (décédé en 2009, il collabora avec Madonna, Herbie Hancock et The Temptations), les claviéristes George Duke (célèbre pour avoir travaillé avec Frank Zappa), Steve Porcaro (compositeur et membre officiel du groupe Toto), Greg Phillinganes (fit partie de Toto de 2005 à 2008, et collabora avec Stevie Wonder, Clapton, Mc Cartney, les Bee Gees et Aretha Franklin pour ne citer que les principaux) et David Foster (de nombreuses collaborations d’Andrea Bocelli à Bryan Adams, en passant par Céline Dion, Neil Diamond, Earth Wind and Fire, Madonna et les Bee Gees), le fabuleux trompettiste Jerry Hey (qui participera aux arrangements du formidable « Ai No Corrida » de Quincy Jones en 1980), les bassistes Louis Johnson (il forme depuis 1976 « The Brothers Johnson » avec, évidemment, son frère George et ils triompheront avec le hit « Stomp ! » en 1980, Louis continuera par ailleurs à travailler avec Michael pour ses prochains albums « Thriller » et « Dangerous ») et, enfin, l’excellent tromboniste et compositeur de jazz Bill Reichenbach Jr. Parmi les autres bonnes surprises de l’album (mais en fin de compte, y-a-t-il un titre à négliger ?), épinglons le très réussi et très cuivré « Workin’ Day and Night » de Michael lui-même, un avant goût, pour être composé des mêmes ingrédients rythmiques et instrumentaux, du « Lovely One » des Jacksons sur « Triumph », l’album qu’il sortira avec ses frères en 1980, l’intéressant « Get On The Floor » concocté par Michael et Louis Johnson et le feutré « I Can’t Help It », le « cadeau » de Stevie Wonder (avec la complicité de Susaye Greene) à Michael. Malgré que l’on sait ce qu’il advint de la prochaine réalisation de Jackson, cet album est reconnu comme le meilleur de sa discographie, bien évidemment sur le plan musical, pour ce mélange incroyables d’influences funk, pop, disco et rhythm’n’blues.
En prélude à son nouvel album « Thriller » qui doit officiellement sortir le 1er décembre 1982 (d’autres sources mentionnent le 30 novembre), Michael édite un nouveau single « The Girl Is Mine », le 18 octobre 1982, qu’il interprète en compagnie de Paul Mc Cartney. Ensemble, ils avaient déjà enregistré « Say Say Say » l’année dernière (alors que le single ne sortira que début octobre 1983) et Jackson avait très envie de retravailler avec l’ex-Beatle. Sur leur collaboration, Michael déclare d’ailleurs : « Travailler avec Paul Mc Cartney est vraiment très excitant et nous avons ressenti beaucoup de plaisir à enregistrer « The Girl Is Mine ». Nous avons beaucoup parlé et joué, nous nous sommes même laissés aller à faire des plaisanteries chacun à notre tour. Des images ont été filmées de l’enregistrement de la chanson et des voix pour en refléter le côté « live » et j’espère qu’elles seront montrées un jour ». Le single est boudé par les critiques qui prédisent un succès mitigé pour l’album dont la sortie approche. Pourtant, « The Girl Is Mine » décroche la 2ème position dans le Billboard et est n° 8 dans les Charts anglais. Quant au 33 tours, il envahit les vitrines des disquaires à la date prévue. Dans la foulée, début janvier 1983, un second single sort avec « Billie Jean » qui est propulsé n° 1 dans 6 pays : aux États-Unis, bien sûr, au Royaume-Uni, au Canada, en Irlande, Espagne et Suisse ! C’est en interprétant « Billie Jean » que Jackson intronisera son fameux moonwalk. Assurément, c’est ce morceau qui fera décoller les ventes de l’album qui s’amplifieront par la parution prochaine en singles de 5 autres morceaux : « Beat It » est une 3ème torpille qui est déclenchée le 14 février 1983 (numéro 1 au Billboard et dans les Charts néerlandais, néo-zélandais et espagnol), « Wanna Be Startin’ Something » est dans les bacs le 8 mai 1983 (n° 5 au Billboard) suivi d’ « Human Nature » le 3 juillet 1983 (n° 7 au Billboard), de « P.Y.T. (Pretty Young Thing) » le 19 septembre 1983 (le titre le « moins » bien classé, n° 10 au Billboard) et, enfin, de « Thriller » le 23 janvier 1984 (n° 4 au Billboard, n° 1 en France et en Belgique). Au décompte final, ce seront donc 7 plages, sur les 9 qui composent l’album, qui seront consacrées à des singles dont 2 seront n° 1 et les 5 autres classées dans le « Top 10 ». L’album atteindra le chiffre phénoménal de 114 millions d’exemplaires vendus à travers le monde (28.000.000 rien que pour les États-Unis !). C’est le raccord absolu en la matière. Au niveau de la conception des chansons, c’est Jackson qui se taille la part du lion avec quatre titres (« Wanna Be Startin’ Somethin’ », « The Girl Is Mine », « Beat It » et « Billie Jean »), Rod Temperton lui procure trois titres (l’excellent « Baby Be Mine », très funky, le légendaire « Thriller » avec la voix impressionnante et le rire sarcastique de l’acteur Vincent Price dont la carrière cinématographique s’est surtout enrichie d’interprétations dans le genre fantastique et le bluesy « The Lady In My Life », la dernière plage de l’album), John Bettis et Steve Porcaro ont écrit « Human Nature » alors que James Ingram et Quincy Jones se sont occupés du magnifique « P.Y.T. (Pretty Young Thing) ». Côté musiciens, Jackson a pu compter notamment sur le précieux concours de 4 des 6 membres du groupe Toto : Steve Lukather (guitares), David Paich et Steve Porcaro (claviers) ainsi que le regretté Jeff Porcaro (percussions, décédé en 1992), d’Eddie Van Halen (du célèbre groupe du même nom, sa participation dans « Beat It » contribue largement au succès du morceau), du très plébiscité Paulinho da Costa (percussions), de David Foster, Greg Phillinganes (claviers) et Louis Johnson (guitare basse) déjà présents sur « Off The Wall ». L’album recueille la bagatelle de 8 Grammy Awards : Album de l’année, Chanson de l’année (pour « Beat It »), Meilleures performances vocales masculines dans les catégories Pop (« Thriller »), Rock (« Beat It ») et R&B (pour « Billie Jean »), Meilleure Chanson R&B (« Billie Jean »), Producteurs de l’année (Quincy Jones et Michael Jackson) et Meilleur Son pour récompenser le fabuleux travail de Bruce Swedien. En 2008, afin de commémorer le 25ème anniversaire de sa sortie, Michael Jackson édite un coffret CD/DVD avec l’album original augmenté de quelques bonus (de nouvelles versions de « The Girl Is Mine » et « P.Y.T. » avec Will.I.Am, « Wanna Be Startin’ Somethin’ » avec Akon, « Beat It » avec Fergie, « Billie Jean » avec un mixage de Kanye West et l’inédit « For All Time » enregistré durant les sessions de « Thriller ») et les clips officiels de « Billie Jean », « Beat It » et « Thriller » plus la performance de Jackson sur « Billie Jean » dans l’émission « Motown 25 : Yesterday, Today and Forever » au cours de laquelle il provoque le délire de ses fans avec son époustouflant Moonwalk. Intemporel, « Thriller » est l’album majeur de la carrière de Jackson et restera son plus gros succès commercial.
Pour l’album suivant, « Bad », qui paraît le 31 août 1987 après six mois d’enregistrement, Michael désire renouveler son registre musical avec une approche beaucoup plus rock, non seulement dans sa musique mais également dans son look vestimentaire. Quincy Jones, qui ne sait pas encore qu’il ne collaborera plus avec Michael sur aucun autre de ses albums, sent également que quelque chose change dans la conception artistique et surtout dans le son, plus lourd et plus incisif, que Jackson veut apporter à l’album. Ce dernier est annoncé par le single « I Just Can’t Stop Loving You » qui sort le 20 juillet 1987 et s’empare de la première place au Billboard. Cette jolie ballade interprétée en duo avec Siedah Garrett est judicieusement choisie par Jackson pour amorcer l’arrivage de son nouvel opus et indéniablement, c’est une réussite. L’album commence à se vendre, certes, mais l’engouement sera toutefois moins frénétique qu’il n’a été pour « Thriller ». Pourtant, un second single sort dans la foulée, début septembre 1987, et cette fois-ci, c’est « Bad », le morceau qui donne le titre à l’album, avec un formidable solo de Quincy Jones à l’orgue. À nouveau, c’est le carton avec un second n° 1 au Billboard. Les ventes décollent et dans l’entourage de la star, on espère un succès comparable à celui de « Thriller ». Et le single suivant, « The Way You Make Me Feel » accentue cet espoir : c’est le 3ème n° 1 pour Michael en l’espace d’un peu moins de 4 mois ! En janvier 1988, c’est « Man In The Mirror » qui fait l’objet d’un 4ème single, ne remportant, cependant, qu’un succès mitigé. La chanson, composée par Siedah Garrett et Glen Ballard, ne manque pourtant pas d’arguments : quelques effets « acoustiques » pour surtout mettre la voix de Michael encore mieux en valeur et une rythmique percutante sur une ligne mélodique plutôt rock sont autant d’atouts pour en faire un nouveau succès. Eh bien non, ce ne sera finalement pas le cas. Ce ne sera que partie remise car le meilleur est à venir avec la sortie, le 18 avril 1988, de « Dirty Diana », certainement, la chanson la plus rock que Michael ait jamais enregistrée. En réalité, ce morceau, par son implacable refrain et un Jackson au sommet de ses capacités vocales, nous immerge même dans le plus pur style hard rock avec la participation du génial Steve Stevens, le guitariste de Billy Idol qui réalise là une prestation instrumentale de premier choix ! Sans surprise, « Dirty Diana » est le 4ème n° 1 issu de cet album… « Another Part Of Me » est le prochain single, le 6ème, et c’est en juillet 1988 que ses fans peuvent se l’approprier. Michael revient à un style résolument funk et le morceau aura, comme « Man In The Mirror » un accueil plus que moyen, ne se classant que n° 11 au Billboard. « Smooth Criminal » est le 7ème single de l’album et certainement, l’un des meilleurs morceaux de la carrière de Jackson. Popularisé par la prestation de Michael dans son film « Moonwalker » de 1988 et agrémenté d’une chorégraphie incroyable de précision et de coordination, la chanson se classe honorablement à la 7ème place du Billboard alors que l’on aurait pu croire à un nouveau n° 1. L’aventure de « Bad » continue avec un 8ème single, « Leave Me Alone », issu de la version du disque en CD, qui sort le 13 février 1989. Le morceau recueille un bon succès sur le plan international : n° 1 en Espagne, n° 2 au Royaume-Uni et un classement dans le Top 10 en Italie ainsi qu’en Nouvelle-Zélande. Ce dernier, un mélange de funk et de rock traduit en fait un véritable ras-le-bol de l’artiste vis-à-vis des rumeurs que font nourrir les médias à son propos (son traitement pour faire ralentir le vieillissement, l’acquisition d’un chimpanzé considérée comme une fuite de la réalité,…). Enfin, « Liberian Girl » est le dernier single à être exploité. Sa parution, le 3 juillet 1989, vaudra surtout pour le clip réalisé avec le concours de nombreux amis tels, entre autres, Paula Abdul, Dan Aykroyd, David Copperfield, Steven Spielberg, John Travolta, Olivia Newton-John, Whoopi Goldberg, Don King, Brigitte Nielsen, Steve Guttenberg, Ricky Schroder, Danny Glover, Carl Weathers et Billy Dee Williams. Malgré qu’il ait récolté plus de n° 1 que « Thriller », « Bad » ne se vendra « qu’à » 36 millions d’exemplaires mais beaucoup de fans diront que c’est son meilleur disque, le plus éclectique musicalement car conçu presqu’exclusivement par Michael lui-même qui signe 9 des 11 titres. Terminons par la petite anecdote sucrée sur l’album et plus particulièrement sur le titre « Bad » qui aurait dû, selon des confidences de Quincy Jones, être interprétée en duo avec Prince. Ce dernier refusera poliment l’invitation en signalant assez laconiquement que même sans lui, le morceau serait de toute façon devenu n° 1 !
Rendez-vous prochainement pour la 3ème et dernière partie de la discographie de Michael Jackson.
le 3ème numéro du seul article sur le net à être présenté
comme une véritable émission de télé !
Et puis...
MADE IN BELGIUM
PIERRE RAPSAT
DISCOGRAPHIE
(3ème partie)
De "Lâchez les fauves" à
"J'ouvre les yeux"

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Salut Fred et merci... La parution du 3ème et dernier article sur la discographie de Michael Jackson est prévue pour fin de la semaine prochaine... À bientôt et encore merci de ta fidélité pour "La Musique Pour Toujours" !