Les musiques de films

Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 21:45

Fervents aficionados de musiques de films, cet « INTERMEZZO Spéciale Soundtracks » est pour vous. 5 étoiles pour 5 talentueux compositeurs…

DANNY ELFMAN

Le premier à être sous les feux des projecteurs est Danny « Batman » Elfman. Il se fait connaître en 1980, pistonné par son frérot Richard pour les besoins de son film « Forbidden Zone ». Pourtant, il devra attendre cinq longues années avant que Tim Burton lui commande la musique de « Pee-Wee Big Adventure ». Tim deviendra son réalisateur fétiche car Danny va commencer à être de plus en plus sollicité. Après la composition de la bande originale de « Wisdom » d’Émilio Estévez en 1986, il écrira la bagatelle de quatre musiques de films pour l’année 1988 dont « Beetlejuice » pour Burton qui, l’année suivante, l’embrigade pour « Batman », le film le plus attendu surtout par les fans des aventures du justicier masqué de Gotham City. Pour accompagner l’affrontement entre Batman et son pire ennemi, le Joker, Danny Elfman crée une partition de toute beauté qui, je pense, aurait pu lui valoir un Oscar. C’est à une véritable œuvre symphonique qu’il nous convie et je vous propose d’écouter trois somptueux extraits : « Attack Of The Batwing », « Up The Cathedral » et « The Final Confrontation » qui traduisent parfaitement la magnificence de son travail.

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En 1990, il récidive avec 4 nouvelles musiques de films dont « Edward aux mains d’argent » du fidèle Tim Burton pour qui, à nouveau, en 1991, il signe la musique de « Batman, le défi » dont j’extrais le fabuleux « Face To Face » interprété par Siouxie & The Banshees.

face to face

Suivent ensuite, entre autres, les compositions pour « Sommersby » de Jon Amiel (1993), « Mission : Impossible » de Brian De Palma et « Mars Attacks ! » de Tim Burton (1996), « Men In Black » de Barry Sonnenfeld, « Will Hunting » de Gus Van Sant et « Scream 2 » de Wes Craven (1997), « Instinct » de Jon Turteltaub (1998), « Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête » de Tim Burton (1999) qui l’emploie pour le remake de « La Planète des Singes » (2001). En 2002, il s’occupe d’écrire une nouvelle musique pour un héros masqué en la personne de « Spider-Man » sous la direction de Sam Raimi (il se chargera des deux suites en 2004 et 2007, la troisième avec l’aide de Christopher Young). Trois autres films s’ajouteront la même année à son prestigieux palmarès : « Men In Black 2 » de Barry Sonnenfeld, « Dragon Rouge » de Brett Ratner, le 3ème volet des tribulations sanguinolentes d’Hannibal le cannibale et « Chicago » de Rob Marshall. Le carnet de commandes ne désemplit pas pour les années suivantes : « Hulk » d’Ang Lee (2003), « Big Fish » de Tim Burton (2004) qui l’enrôle l’année suivante pour « Charlie et la chocolaterie » ainsi que pour son film d’animation « Les Noces Funèbres ». 2008 sera, encore une fois, une année prolifique avec 4 longs métrages dont « Wanted : Choisis Ton Destin » de Timur Bekmambetov et « Harvey Milk » de Gus Van Sant. En 2009, il remet le couvert avec 4 nouvelles musiques de films dont « Terminator Renaissance » de McG, le 4ème volet de la célèbre saga. Ses trois dernières réalisations en 2010 ont été pour « Alice in Wonderland » de Tim Burton, « The Wolfman » de Joe Johnston et « Les Trois Prochains Jours » de Paul Haggis. À bientôt 58 ans (il les fêtera le 29 mai), Danny est l’époux de Bridget Fonda avec qui il a eu un fils Olivier.

TREVOR JONES

De Trevor Jones, originaire d’Afrique du Sud et ayant opté pour la nationalité anglaise après avoir fréquenté, durant les années 60, la Royal Academy of Music de Londres (il a fêté ses 62 ans le 23 mars), nous écouterons trois splendides musiques de films, par ordre chronologique : « Le Dernier des Mohicans » (1992) du réalisateur Michael Mann, « Cliffhanger » (1993) de Renny Harlin et « Loch Ness » (1996) de John Henderson.

mohicans

C’est à l’âge de 32 ans qu’il fait sa grande entrée dans le monde du cinéma avec « Excalibur » de John Boorman en 1981. Il enchaîne, l’année suivante avec « Dark Crystal » de Jim Henson. Parmi ses créations les plus probantes, signalons « Angel Heart «  (1987) et « Mississippi Burning » (1989) d’Alan Parker, « Mélodie Pour Un Meurtre » (1990) d’Harold Becker, « Bad Influence » (1990) de Curtis Hanson, « Arachnophobie » (1991) de Frank Marshall, « Freejack » (1992) de Geoff Murphy, « Au Nom du Père » (1994) de Jim Sheridan, « Kiss Of Death » (1995) de Barbet Schroeder, « Richard III » (1996) de Richard Loncraine, « Les Virtuoses » (1997) de Mark Herman, « À Armes Égales » (1998) de Ridley Scott, « L’enjeu » (1998) de Barbet Schroeder et « Coup de foudre à Notting Hill » (1999) de Roger Michell. Dans les années 2000, ses compositions se limitent notamment à « Molly » (2000) de John Duigan, « Treize Jours » (2001) de Roger Donaldson, « From Hell » (2002) d’Allen Hughes, « Crossroads » (2002) de Tamra Davis, « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » (2003) de Stephen Norrington, « Le Tour du Monde en 80 Jours » (2004) de Frank Coraci et sa dernière sollicitation en date a été pour « Chaos » de Tony Giglio en 2006. Cependant, c’est bien avec les trois musiques de films proposées que Trevor Jones aura le plus de succès. Le thème principal du « Dernier des Mohicans » est tout bonnement splendide. Cet alliage grandiose de cordes, sur un air typiquement indien, qui forme la base de la ligne mélodique, est vraiment très impressionnant et très grisant à entendre.

cliffhanger

La partition de « Cliffhanger » est magnifique également. Le thème principal est prodigieux, on revit les exploits de Stallone dans ses vertigineuses ascensions et la beauté ô parfois cruelle des hautes montagnes. Quel lyrisme, quel envoûtement pour l’auditeur ! Une conduite musicale irréprochable et un travail d’orfèvre !

loch ness

Enfin, prosternons-nous devant cette véritable œuvre symphonique composée pour le formidable « Loch Ness » où l’on finit par croire à l’irréel, au sensationnel, à la présence de Nessie qui a fait du lac mythique sa tanière pour l’éternité… Une musique très aérée qui vous fait littéralement planer… à la recherche du gentil monstre et de sa petite famille ?

ALAN SILVESTRI

Alan Silvestri n’est plus non plus un novice en la matière… Né le 26 mars 1950 à New York, son nom est associé à celui de Robert Zemeckis pour qui il a composé les musiques d’ « À la poursuite du diamant vert » (1984), des 3 films « Retour vers le futur » (1985, 1989 et 1990), « Qui veut la peau de Roger Rabbit » (1988), de « Forrest Gump » (1994), « Le Pôle Express » (1994), « Contact » (1997), « Seul au monde » (2000), « Apparences » (2000) et tout récemment, en 2009, du « Drôle de Noël de Scrooge ». Avant de venir au cinéma, Alan s’était illustré en participant à l’écriture de musiques d’accompagnement de scènes pour 2 séries TV : « CHiPs » (1979) et « Manimal » (1983). Il lui est arrivé d’écrire pour de purs navets comme « Par où t’es rentré ? On t’a pas vu sortir » (1984) de Philippe Clair, « Les Chester en Floride » (1985) de Carl Reiner, « Arrête ou ma mère va tirer » (1992) de Roger Spottiswoode (qui se rattrapera en réalisant un « James Bond »), « Super Mario Bros. » (1993) de Rocky Morton, « Judge Dredd » (1995) de Danny Cannon… On pourrait en citer d’autres pour se rendre compte que, malheureusement, beaucoup de travail est passé inaperçu… Mais venons-en cependant au meilleur avec trois excellentes compositions : « Abyss » (1989) de James Cameron, « Le retour de la Momie » (2001) de Stephen Sommers et « Le Pôle Express » déjà repris plus haut. 

abyss

La composition pour « Abyss » est une petite merveille en soi avec tous les ingrédients pour le pittoresque des profondeurs marins (chœurs bien présents, cuivres et cordes grandiloquents à profusion, timbales bien mises en valeur), celle pour la suite de « La Momie » pour laquelle Silvestri a effectué un remarquable travail d’une précision inouïe (au préalable, il a dû « étudier » minutieusement la partition écrite pour le premier film par le regretté Jerry Goldsmith afin non pas de la calquer mais bien la « recréer » en apportant les variantes nécessaires à son nouvel épanouissement musical) et enfin, pour ma part, son chef-d’œuvre, la plus belle musique qu’il ait jamais écrite est pour le magnifique « Pôle Express » où le plus merveilleux des contes de Noël est narré : un train magique qui déboule dans une neige scintillante, sorti de nulle part, qui transporte des enfants vers le refuge du Père Noël, l’enseignement de valeurs essentielles comme l’amitié, écouter et regarder avec son cœur d’enfant et surtout… croire ! Là aussi, on atteint les sommets dans le travail d’écriture, c’est d’un classicisme évident à l’état pur. La musique « colle » parfaitement aux différentes scènes à la foi tendres, émouvantes et… burlesques à souhait (celle avec le « chocolat chaud » !).

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polar

Pour conclure ce chapitre consacré à Silvestri, citons encore quelques bandes originales parmi les plus célèbres : les deux « Predator » de John Mc Tiernan (1987) et Stephen Hopkins (1990), « Le Père de la Mariée » (1991) et « Le Père de la Mariée 2 » (1995) de Charles Shyer, « Bodyguard » (1992) de Mick Jackson, « L’Effaceur » (1996) de Chuck Russel, « Volcano » (1997) de Mick Jackson, « Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie » (2003) de Jan de Bont, « Van Helsing » (2004) de Stephen Sommers, les deux films « La Nuit au Musée » (2006 et 2009) de Shawn Levy et « L’Agence tous risques » (2010) de Joe Carnahan.

PATRICK DOYLE

Tout comme Tim Burton et Robert Zemeckis, l’acteur-réalisateur britannique Kenneth Branagh sait qui appeler quand il a besoin d’une musique de film : il compose sur son cadran téléphonique le numéro de Patrick Doyle. Ce dernier lui a offert les musiques de : « Henry V » (1989), « Dead Again » (1991), « Frankenstein » (1994), « Hamlet » (1996), « Peines d’amour perdues » (2000), « As You Like It » (2006), « Le Limier (Sleuth) » (2007) et « Thor » (2010). Mais Patrick Doyle a un autre nom dans son carnet de contacts en la personne du fidèle réalisateur français Régis Wargnier pour qui il a créé les bandes originales d’ « Indochine » (1992), « Une Femme Française » (1995), « Est-Ouest » (1999), de « Man to Man » (2005), « Pars vite et reviens tard » (2007) et « La Ligne Droite » (2011). Né le 6 avril 1953 à Uddingston en Écosse, Patrick Doyle a orienté ses études musicales dans l’apprentissage du piano et du chant. Avant d’écrire pour le cinéma, il s’était illustré à la radio, au théâtre et à la télévision. Nominé à deux reprises pour un Golden Globe Award pour « Dead Again » (1993) et « L’Impasse «  (1995) de Brian De Palma, Patrick Doyle a « frôlé » l’Oscar pour « Raisons et Sentiments » (1995) d’Ang Lee.

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De cet excellent compositeur, je vous propose d’entendre le somptueux thème principal d’ « Indochine » (d’harmonieux chœurs auxquels se succède une très belle partition garnie principalement de cuivres, cordes et percussions judicieusement entremêlés), la terrifiante composition de « Frankenstein » dont les variations sont parfaitement dosées entre les scènes romantiques (le mariage de Victor et d’Elisabeth, le superbe morceau « The Wedding Night ») et dramatiques décrivant le rêve fou d’un Docteur obsédé à défier la mort qui vire au cauchemar.

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Nous terminerons par « My Father’s Favourite » de « Sense and Sensibility (Raisons et Sentiments) » où Patrick Doyle nous fait chavirer avec de magnifiques couleurs lyriques. Ne négligeons pas d’autres travaux de Patrick Doyle, notamment pour « Mrs. Winterbourne » (1996) de Richard Benjamin, « Le journal de Bridget Jones » (2001) de Sharon Maguire, « Harry Potter et la Coupe de Feu » (2005) de Mike Newell pour lequel il eut la difficile tâche de succéder à John Williams qui avait signé les partitions des trois premiers films, « Eragon » (2006) de Stefen Fangmeier et « L’Île de Nim » (2008) de Jennifer Flackett et Mark Levin.

MIKE BATT

L’univers de Mike Batt est beaucoup plus diversifié : ce musicien bourré de talents a touché à tout. À la fois chanteur, compositeur, producteur et chef d’orchestre, Mike Batt a réussi à s’imposer dans toutes ces disciplines. Mais c’est à la branche « cinéma » que je m’attarderai dans le cadre de cet article. Et c’est à l’unique et seule musique du film « Caravan » (1978) de James Fargo qu’est consacré ce dernier chapitre. Et quelle musique ! Quelle splendeur, quelle volupté ! Savamment interprété par The London Philharmonic Orchestra sous sa direction, Mike Batt a signé là une partition d’une beauté inqualifiable. D’une très grande précision et d’une justesse infaillible, il n’y a vraiment aucun reproche à attribuer sur les 14 plages qui garnissent cet album paru chez CBS en 1978. De cette fabuleuse musique de film, nous entendrons le « Main Title », « The Caravan Song » par Barbara Dickson et, enfin, « Theme From Caravans », un arrangement qui avait été concocté spécialement pour la dernière plage de l’album. 

caravan

C’est un travail en tous points remarquable, les instruments ont de très belles sonorités et la direction de Mike Batt est impeccable de bout en bout. Tout d’abord, il y a la très jolie voix de Barbara Dickson sur « Caravan Song » qui clôt la face A du 33 tours de l’époque. Ensuite, il faut souligner les formidables prestations des musiciens suivants qui sont exceptionnels : le génial Ray Cooper (qui a accompagné tout récemment Elton John en tournée) et le non moins talentueux Chris Karan sur un ensemble de percussions ethniques telles que représentées ci-dessous, John Leach au Santur (instrument typique du Moyen-Orient appartenant à la famille des cithares sur table), Keith Thompson au Shawm (sorte de flûte-chalumeau qui est un instrument provenant du Moyen-Âge, l’ancêtre du hautbois).

ethnic percussion

Aux flûtes ethniques et à l’Ocarina, Chris Taylor et Adrian Brett sont impériaux. Les Oud (sorte de luth, instrument à 6 ou 7 rangs de cordes originaire du Moyen-Orient) et Bouzoukis (répandus en Grèce, dérivés du turc Bozuk ayant trait aux instruments de la même famille, à la fois turque et arabe) sont joués admirablement par Dick Abel et Alan Parker. Enfin, c’est Johnny Derrick que l’on entend au violon ethnique. Tout ce joli petit monde est habilement orchestré par Mike Batt avec l’aide de David Nolan et Jack Wright. « A Songwriter’s Tale » de 2008 est la dernière production discographique officielle en date de Mike Batt (62 ans), enregistrée avec le Royal Philharmonic Orchestra et les concours de Ray Cooper, Henry Spinetti et Chris Spedding. Mike Batt a aussi produit Vanessa Mae en 1995 et est à l’origine de l’éclosion de la chanteuse de blues et de folk-pop d’origine géorgienne Katie Melua.

Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : Musiques
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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 20:37

JB4

Question facile : quel est le point commun entre John Barry et James Bond, le héros d’Ian Fleming ? Ils ont les mêmes initiales, pardi ! Rien que par cette banale coïncidence, le destin du compositeur était irrémédiablement lié aux aventures de l’agent 007 ! Même s’il a dû mettre le fameux thème de Monty Norman à toutes les sauces, il faut bien avouer que Barry a joué un rôle considérable dans le succès de la saga. L’orchestration des scènes d’action était rondement menée et il était aussi palpitant d’assister aux divers exploits de Bond que d’écouter la musique… John Barry est donc crédité au générique de 11 James Bond :

JB DR NO

1962 : « Dr No » (« James Bond contre Dr No ») uniquement pour l’orchestration de la scène finale, le reste de la bande originale ayant été attribuée à Monty Norman (John Barry et Monty Norman se retrouveront même, à deux reprises, devant la Cour de Justice pour la reconnaissance et le partage de leurs droits respectifs dans le thème créé par Norman et maintes fois arrangé par Barry);

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1963 : « From Russia with Love » (« Bons Baisers de Russie ») avec une nomination aux Golden Globe Awards pour la meilleure chanson de film composée par Lionel Bart et interprétée par Matt Monro);

JB GOLDFINGER

1964 : « Goldfinger » (chanson interprétée par Shirley Bassey sur une musique de Barry avec des paroles d’Anthony Newley et Leslie Bricusse, des auteurs ayant travaillé, entre autres, pour Sammy Davis Jr et Tony Benett);

JB THUNDERBALL

1965 : « Thunderball » (chanson interprétée par Tom Jones sur une musique de Barry et des paroles de Don Black qui collaborera aux travaux de Barry sur « Out Of Africa » et « Dances With Wolves », j’y reviendrai);

JB YOU ONLY LIVE

1967 : « You Only Live Twice » (« On ne vit que deux fois », chanson interprétée par Nancy Sinatra sur une création du duo Barry/Bricusse);

JB AU SERVICE SECRET

1969 : « On Her Majesty’s Secret Service » (« Au Service Secret de Sa Majesté »);

JB DIAMONDS

1971 : « Diamonds Are Forever » (« Les diamants sont éternels », chanson interprétée par Shirley Bassey sur une composition de la paire Barry/Black);

JB THE MAN

1974 : « The Man With The Golden Gun » (« L’homme au pistolet d’or », chanson interprétée par Lulu, co-gagnante du Concours Eurovision en 1969, sur un travail signé à nouveau par Barry et Black);

JB MOONRAKER

1979 : « Moonraker » (3ème chanson à être finalement interprétée par Shirley Bassey alors qu’elle était préalablement destinée à Johnny Mathis, ce dernier l’ayant refusée après que les producteurs aient songé à Kate Bush voire même Frank Sinatra ! C’est un texte d’Hal David qui a été posé sur la musique de Barry);

JB OCTOPUSSY

1983 : « Octopussy » (la chanson thème intitulée « All Time High », sur une musique de Barry et des paroles de Tim Rice, est interprétée par Rita Coolidge);

JB A VIEW

1985 : « A View to a Kill » (“Dangereusement Vôtre”, nominations aux Golden Globe Awards pour la meilleure musique de film et la meilleure chanson par le groupe Duran Duran qui cosigne la composition avec Barry);

JB THE LIVING

1987 : « The Living Daylights » (« Tuer n’est pas jouer », chanson interprétée par le groupe A-ha et coécrit avec le guitariste de la formation, Paul Waaktaar-Savoy).

Impressionnant, n’est-il pas ! Et pourtant, personnellement, c’est vers l’âge de 10 ans que j’ai véritablement découvert John Barry lorsque la série « The Persuaders ! » (« Amicalement Vôtre ») a été diffusée pour la toute première fois à la RTB ! Quel subtil habillage musical pour le générique condensant le chemin parcouru par Danny Wilde et Brett Sinclair depuis leur plus tendre enfance jusqu’à leur rencontre !  Mon frère et moi nous identifiions à ces deux personnages opposés par leurs origines : j’avais une nette préférence pour le rôle de Tony Curtis et mon frère, logiquement selon moi, puisqu’il était l’aîné, se parait de celui de Roger Moore…  Et cette musique que nous connaissions sur le bout des doigts était le détonateur de nos aventures improvisées… Mais revenons à ce qui nous occupe. Avant de faire plus ample connaissance avec John Barry, voici ce fameux générique accompagné de deux pochettes de 45 tours sous le label CBS : le pressage hollandais, avec le titre original, paru en 1972, avec le sticker « Indicatif Amicalement Vôtre » apposé sur le recto, et le pressage français sorti en 1974 :

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De son vrai nom John Barry Prendergast, John naît le 3 novembre 1933 à York en Angleterre. Sa mère est une talentueuse pianiste classique et son père gère plusieurs salles de cinéma. L’équation, dès son tout jeune âge, est évidente : Musique + Cinéma = John Barry. Très intéressé par l’apprentissage de la musique, il débute tout naturellement par le piano en combinant l’étude de la trompette. John a neuf ans et il adore vraiment ça. Ce qui ne gâte rien, il est extrêmement doué. Désirant intensifier ses explorations musicales, il s’oriente vers la musique classique jusqu’à son 15ème anniversaire. Il déniche un boulot comme projectionniste de cinéma avant d’entrer sous les drapeaux pour intégrer bien évidemment la formation musicale de son camp d’affectation. Sitôt débarrassé du service militaire, il signe ses premiers arrangements pour des groupes anglais emmenés par Ted Heath (il fut à la tête du plus célèbre big band anglais, après la Seconde Guerre, enregistra plus d’une centaine d’albums et vendit plus de vingt millions de disques. Durant sa carrière, il eut la possibilité de côtoyer de nombreux grands artistes comme Nat King Cole, Count Basie, Marlène Dietrich, Johnny Mathis, Tony Benett, Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald, entre autres.  Il décéda en 1967 mais sa formation lui survécut jusqu’en 2000 !) et Johnny Dakworth, formidable jazzman, un excellent clarinettiste et saxophoniste qui fut à l’origine du générique des trois premières saisons de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir ». Au crépuscule des années 50, John n’a qu’un désir : les imiter et posséder sa propre formation. Avec l’aide de trois camarades qu’il a gardés de sa période de service militaire et de trois musiciens recrutés dans le Yorkshire, sa région natale, il fonde le groupe « The John Barry Seven » et se met directement au travail pour composer quelques instrumentaux qui rencontreront un assez bon succès.

JB JOHN BARRY SEVEN

JB THE JOHN BARRY SEVEN

Cette reconnaissance leur permet de partir en tournée dans le Royaume-Uni et ils réussissent à capter l’intérêt de la fameuse firme EMI. Leur signature au bas d’un contrat les conduit à l’enregistrement d’un premier disque intitulé « The Big Beat » qui leur ouvre les portes des studios de télévision afin de se produire dans plusieurs émissions de variétés. Mais John a d’autres objectifs. Ce groupe, il le considère plus comme un tremplin pour aboutir à ce qu’il veut vraiment : la composition de musiques de films.

C’est avec « Beat Girl » (« L’aguicheuse ») d’Edmond T. Gréville que John signe sa première musique de film en 1960 dans lequel apparaît notamment Christopher Lee. La même année, il s’occupe de la partition de « Never Let Go » de John Guillermin avec Peter Sellers. L’année suivante, c’est Chloe Gibson qui fait appel à lui pour accompagner « Girl on a roof » interprété surtout par des acteurs de séries télévisées dont Ivor Dean qui a joué dans « Regrets éternels », un épisode de la série « Amicalement Vôtre ». Mais tout à coup, le destin de John va prendre une toute autre dimension dès 1962 : il a tapé dans les oreilles d’Albert R. Broccoli et d’Harry Saltzman, deux producteurs associés avides d’adapter au grand écran le célèbre James Bond, l’agent 007 des romans d’Ian Fleming. Pourtant, sa musique ne s’exprimera que sur un court passage de « James Bond contre Dr No » mais elle aura un impact suffisant pour lancer définitivement sa carrière.

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Malgré ce succès, John n’abandonne pas sa formation « The John Barry Seven » et sort un second album « Stringbeat ». Toujours en 1962, il s’occupe de la bande originale de « La chambre indiscrète », un drame de Bryan Forbes produit par Richard Attenborough avec Leslie Caron. Mais voilà que Broccoli et Saltzman viennent à nouveau le solliciter pour « Bons Baisers de Russie » de Terence Young, le second James Bond, en 1963. Vous connaissez la suite et John se sépare logiquement de ses six compères pour se consacrer définitivement à sa vocation de compositeur de musiques pour le cinéma.

En 1963 et 1964, il est nommé responsable musical pour EMI et sera l’heureux producteur du célèbre tube « Yesterday’s Gone » de Chad & Jeremy, enregistré dans les studios d’Abbey Road, qui paraîtra en septembre 1963. Après avoir travaillé pour des documentaires (« Elisabeth Taylor in London », 1963, « Sophia Loren in Rome », 1964), il écrit pour des séries télévisées parmi lesquelles, « The Human Jungle » (1963-1964) et surtout « Vendetta » (1966 – 1968) pour son magnifique « The Danny Scipio Theme ».

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Entre-temps, il est sollicité pour « Zoulou » en 1964, un excellent film de guerre de Cyril Endfield avec Michael Caine, « Le rideau de brume » de Bryan Forbes, toujours en 1964, avec Richard Attenborough et « Ipcress, danger immédiat » de Sidney J. Furie, en 1965, avec Michael Caine. Il se jauge dans la comédie avec « Le Knack et comment l’avoir » de Richard Lester avec Rita Tushingham, Ray Brooks et Michael Crawford ainsi qu’en 1966 dans « Un mort en pleine forme » de Bryan Forbes avec Michael Caine.

Toutefois, la même année, sa carrière prend un essor gigantesque avec la récompense de 2 Oscars (meilleure musique et meilleure chanson)  pour « Born Free » (« Vivre Libre ») de James Hill avec Virginia Mc Kenna. Le thème principal est une pure merveille avec de superbes envolées de cordes qui montent somptueusement en puissance sur un imposant fond de cuivres. La mélodie se termine doucement et subtilement sur un lit de cordes comme elle a commencé. Très joli et bourré d’effets musicaux à vous donner des frissons dans le dos… Dès lors, le carnet de commandes de notre ami va se remplir à une vitesse vertigineuse. La même année, il travaille pour « Le secret du rapport Quiller » de Michael Anderson avec George Segal, Max Von Sydow et Alec Guiness. À peine une partition finie, il en commence une autre pour « La poursuite impitoyable », encore en 1966, un film remarquable d’Arthur Penn avec Marlon Brando, Robert Redford et Jane Fonda.

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1968 est prolifique avec trois films : « Le chat croque les diamants » du fidèle Bryan Forbes avec toujours son acteur préféré, Michael Caine, en tête d’affiche; « Boom » de Joseph Losey avec les amants terribles qu’étaient Elisabeth Taylor et Richard Burton; et « Petulia » de Richard Lester avec Julie Christie, Richard Chamberlain et George C. Scott. Tout en restant au « service secret de l’agent 007 », John est de plus en plus accaparé et fait face, avec succès, à toutes les demandes : après un nouvel Oscar pour la très belle musique d’« Un lion en hiver » d’Anthony Harvey avec une distribution prestigieuse réunissant Peter O’Toole, Katharine Hepburn et Anthony Hopkins, il signe, en 1969, le très célèbre thème de « Midnight Cowboy » de John Schlesinger avec Dustin Hoffman et Jon Voight ainsi que la composition du long métrage de Sidney Lumet, « Le rendez-vous », avec Omar Sharif et Anouk Aimée.

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Le début des années 70 va débuter par un très gros succès avec le générique d’« Amicalement Vôtre » qui, à lui seul, fera la propagande de la série. Pour la petite histoire, signalons que c’est Ken Thorne qui écrit la musique accompagnant différentes scènes dans les feuilletons et qu’une chanson, « Gotta Get Away », de Tony Hatch et Jackie Trent est utilisée dans l’épisode « pilote », durant la course poursuite entre la Ferrari de Danny Wilde et l’Aston Martin de Lord Brett Sinclair. Durant cette décennie, John écrit pour une autre série (« L’aventurier », 1972-1973, avec Gene Barry) et il va partager son travail entre la télévision et le cinéma. Il travaille pour une dizaine de téléfilms mais la qualité de sa composition du générique d’ « Amicalement Vôtre » ne sera pas égalée.

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En ce qui concerne les musiques de films, le rythme ne faiblit pas : en 1970, William A. Fraker lui commande d’accompagner la réalisation de son film « Monte Walsh » qui met en vedettes Lee Marvin et Jack Palance. Puis viennent successivement « La vallée perdue » de James Clavell avec Michael Caine et Omar Sharif, « La guerre de Murphy » de Peter Yates, en 1971, avec Peter O’Toole et, en 1972, la version musicale d’ « Alice au pays des Merveilles » de William Sterling avec Peter Sellers et Ralph Richardson. La même année, « Mary queen of Scots » de Charles Jarrott (avec Patrick Mc Goohan, Vanessa Redgrave et Timothy Dalton) lui vaut une nomination pour l’Oscar de la Meilleure Musique de Film. En 1974, il se charge de la musique de « Top secret », une comédie du regretté Blake Edwards, décédé récemment le 15 décembre 2010, avec Julie Andrews et Omar Sharif. En 1975, John Schlesinger fait à nouveau appel à lui pour « Le jour du fléau » avec Donald Sutherland.

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Ensuite, il est crédité de musiques pour des films qualifiés « à grand spectacle » avec, en 1976, « King Kong », le pâle remake du chef-d’œuvre de 1933 réalisé par John Guillermin avec Jessica Lange et Jeff Bridges, « La rose et la flèche » de Richard Lester avec Sean Connery et Audrey Hepburn, « Le bison blanc », en 1977, de Jack Lee Thomphon avec son « justicier » Charles Bronson et « Les grands fonds » de Peter Yates avec Robert Shaw, Nick Nolte, Jacqueline Bisset, Louis Gossett et Eli Wallach.

JB THE DEEP

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Il s’oriente dans d’autres genres de films tels « Le jeu de la mort » de Robert Clouse et Bruce Lee, en 1978, avec le King des Arts Martiaux, et se laisse attirer, en 1979, par le domaine de la science-fiction avec « Le choc des étoiles » de Luigi Cozzi avec Christopher Plummer et Caroline Munro, et « Le trou noir » de Gary Nelson avec Anthony Perkins, Ernest Borgnine, Yvette Mimieux et Maximilian Schell. Dans les années 80, ses activités ne déclinent pas et, en moins de 5 ans, il composera une vingtaine de musiques de films, parmi les plus appréciées, citons « Quelque part dans le temps » (nomination aux Golden Globes) de Jeannot Szwarc, le réalisateur de « Jaws 2 », en 1980 avec Christopher « Superman » Reeves et Jane Seymour, « La fièvre dans le corps » de Lawrence Kasdan, en 1981, avec William Hurt, Mickey Rourke et Kathleen Turner, « Les aventuriers du bout du monde » de Brian G. Hutton, en 1983, avec Tom « Magnum » Selleck et « Cotton Club » de Francis Ford Coppola, en 1984, avec Richard Gere, Nicolas Cage et Diane Lane.

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JB OUT

En 1985, il obtient une reconnaissance supplémentaire pour son génie créatif avec la formidable musique d’ « Out of Africa », le magnifique film de Sydney Pollack avec Robert Redford, Meryl Streep et Klaus Maria Brandauer, pour laquelle il reçoit un nouvel Oscar et un Golden Globe. Le lyrisme de la mélodie est très envoûtant, les cordes et les cuivres se juxtaposent harmonieusement avec une intensité musicale très émouvante dans la dernière minute du thème principal : c’est du très grand art, c’est divinement beau, sacrément bien dirigé et orchestré ! Il serait difficile de faire mieux… Et pourtant ! Après « Peggy Sue s’est mariée » de Coppola, en 1986 avec Nicolas Cage et Kathleen Turner, « Masquerade » de Bob Swaim, en 1988, avec Rob Lowe, et après avoir terminé sa collaboration avec la saga des Bond par un ultime « Tuer n’est pas jouer » en 1987, Kevin Costner le convie à travailler avec lui pour son premier film « Danse avec les loups » en 1990.

JB DANSE

Très inspiré, John concocte un petit bijou qui lui rapporte un dernier Oscar ainsi que des nominations aux Golden Globes et aux Grammy Awards. Barry a beau utiliser la même recette mais c’est admirablement bien ciselé : les cordes sont d’une précision dantesque dans un ensemble harmonique de grande éloquence. C’est vraiment irréprochable et d’une musicalité de haut vol. En 1992, il est à deux doigts de réitérer le même exploit aux Oscars avec la bande originale de « Chaplin », le film de Richard Attenborough, en 1992, avec Robert Downey Jr et Anthony Hopkins, mais il devra se contenter d’une nouvelle nomination ainsi qu’aux Golden Globes.

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Il réalisera encore une excellente performance sur « Proposition indécente » d’Adrian Lyne, en 1993, avec Robert Redford et Demi Moore ainsi qu’en 1994 sur « Les experts » de Luis Llosa avec Sylvester Stallone et Sharon Stone. Ses dernières compositions marquantes sont à relever sur « Les amants du nouveau monde » de Roland Joffé, en 1995, avec Gary Oldman, Demi Moore et Robert Duvall, « Code Mercury » d’Harold Becker, en 1998, avec Bruce Willis et Alec Baldwin, et, enfin, « Enigma » de Michael Apted, en 2001, avec Kate Winslet.

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30 janvier 2011… John Barry s’éteint, foudroyé par une crise cardiaque… Au moment où je commençai à rédiger cet article dans le dernier tiers du mois de janvier, je ne m’imaginais pas qu’il devait être finalement le prélude à un hommage… Funeste coïncidence ! Alors voilà, cet article est et restera au présent comme s’il était toujours parmi nous.

John fut le premier époux de Jane Birkin et de leur union naquit la photographe Kate Barry.

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John et Jane lors de leurs retrouvailles à Auxerre en 2007

Il devait être de passage chez nous le 21 octobre 2010 pour un concert unique à l’occasion du Festival du Film de Gand. Très malade et très diminué physiquement, il fut contraint d’y renoncer et fut remplacé par Nicholas Dodd. C’est David Arnold, son successeur dans la composition des musiques des James Bond, qui reçut le Lifetime Achievement Award en son nom.

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Par BERNIE - Publié dans : Les musiques de films - Communauté : Toutes les musiques
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