The Kings Of Soul

Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /Déc /2008 18:21

 


Voici la bio et la disco d'un géant de la soul : Marvin Gaye. Né le 2 avril 1939 à Washington, le petit Marvin Pentz Gay Jr est confronté, très jeune, à des violences que son père, pourtant pasteur, lui administre régulièrement. Il va en souffrir pendant toute sa vie pour en être finalement la victime... Sa mère va, par contre, compenser par son affection et s'attachera à lui enseigner les principes fondamentaux de bonne conduite. Très rapidement, il trouve dans le chant et la musique une sortie de secours à ses déboires familiaux. Il s'initie au piano et à la batterie tout en travaillant une voix dont il découvrira peu à peu l'incroyable tessiture. Adolescent, il fait partie de plusieurs groupes et c'est avec « The Marquees » qu'il commence à percer. En 1957, Marvin collabore à l'enregistrement du fameux « I'm Sorry » de Bo Diddley et signe un contrat chez le label « Okeh ». Il rencontre Harvey Fuqua, producteur de disques et à la base du groupe « The Moonglows ». Harvey croit en Marvin qui intègre la formation en 1959 afin de lui donner un nouveau souffle. Mais Fuqua a d'autres ambitions motivées, il est vrai, par sa relation amoureuse avec Gnew Gordy, la sœur de Berry Gordy, père fondateur de la célèbre maison de disques « Tamla Motown ». Harvey plante Marvin pour rejoindre logiquement la mythique major. Ce dernier s'empresse de suivre le même chemin. Il se sépare des « Marquees » et se rend à Detroit où il devient le batteur de Smokey Robinson et « The Miracles » qui viennent de triompher avec « Stop Arround ». Marvin débute véritablement sa carrière solo en 1961 avec "Let Your Conscience Be Your Guide"  et enchaîne avec un premier album "The Soulful Moods of Marvin" qui sort le 8 juin.

 

 

Mais c'est surtout en 1962 qu'il connaît son premier grand succès avec "Stubborn King of Fellow", issu de l'album portant le même titre,  qui lui permet de se classer dans le Top des meilleures ventes.

"Stubborn King of Fellow"

Côté cœur, Marvin fréquente une autre sœur du boss Gordy, Anna qu'il épouse en 1963. Côté musique, les succès se suivent et se ressemblent avec "Pride and Joy" qui atteint la 10ème place au Billboard en juillet 1963 et "Can't I Get A Witness", n° 22 en décembre de la même année. Marvin reste cependant les pieds sur terre et garde au fond de son cœur les valeurs que sa mère lui a inculquées. Il les renforce en décidant d'adopter un petit garçon. En avril 1964, il reprend des « covers » de jazz et de soul dans un album intitulé « When I'm Alone, I Cry » avec notamment « I'll Be Around » et « Because Of You ».

 

 

Fin 1964, il renouvelle l'expérience avec « Hello Broadway » où l'on détecte chez Marvin l'irrésistible envie de se frotter à des monstres sacrés tels Nat King Cole et Frank Sinatra.

 

« How Sweet It Is to Be Loved by You », produit par le trio magique Holland-Dozier-Holland, sort en janvier 1965 et confirme le chanteur dans son succès croissant.


Le 1er novembre 1965, il rend hommage à son idole Nat King Cole décédé le 15 février dernier en publiant un album de reprises « A Tribute To The Great Nat King Cole » avec, principalement, « Nature Boy », « Too Young », « Pretend », « Mona Lisa » et bien évidemment « Unforgettable ».

 

Marvin ne se repose pas sur ses lauriers et édite, le 23 mai 1966, son septième album « Moods Of Marvin Gaye » avec deux titres particulièrement forts : « I'll Be Doggone » et « Ain't That Peculiar » qui seront deux numéros 1 Rhythm'n'blues.

 

« Ain't That Peculiar »


Sa carrière prend un nouvel essor par son choix d'interpréter de nouvelles chansons en duo notamment avec Mary Wells (qui avait déjà enregistré un album de duos avec Marvin, « Together », sorti le 15 avril 1964), Oma Heard, Kim Weston avec qui il enregistre un 33 tours « Take Two » paru le 25 août 1966 et  surtout Tammi Terrell avec qui il obtient un formidable « hit » en 1967 avec le fantastique "Ain't No Mountain High Enough" (n°19 en juillet 1967) extrait de l'album « United » sorti le 29 août.

 

   

 

"Ain't No Mountain High Enough" (avec Tammi Terrell)


Leur amitié et leur complicité se poursuivent avec la sortie d'un second album de chansons en duo intitulé « You're All I Need » en août 1968.

Au cours de la même année, Marvin s'associe avec le producteur des « Temptations », Norman Whitfield (décédé le 16 septembre 2008 à l'âge de 68 ans) pour enregistrer l'un de ses plus gros tubes : "I Heard It Through The Grapevine" (de l'album « In The Groove ») qui devient n° 1 en décembre 1968.  

 

"I Heard It Through The Grapevine"

Marvin continue son irrésistible ascension avec « M.P.G. » (les initiales de son véritable nom Marvin Pentz Gay Jr) qui deviendra l'album le mieux vendu de sa discographie des années 60. Paru le 30 avril 1969, il se classe à la 33ème position du Billboard et propulse un titre n° 1 dans les Charts Rhythm'n'blues avec "Too Busy Thinking About My Baby".

 

 

Ensuite, Marvin et Tammi Terrell se retrouvent pour l'enregistrement d'un troisième album de duos : « Easy » qui paraît le 16 septembre 1969.  

 

Début janvier 1970, il enchaîne avec « That's the Way Love Is » dont se démarquent sa cover de « Yesterday » des Beatles et "Abraham, Martin & John", une chanson composée par Dick Holler en hommage à Abraham Lincoln, Martin Luther King et John F. Kennedy, qui atteint la 9ème place en juin dans le hit parade anglais.

 

Malheureusement, tout bascule en 1970 avec la disparition de Tammi Terrell qui l'affecte énormément tout comme ses problèmes sentimentaux avec Anna. Terriblement marqué par ces épreuves, Marvin sera tenté de mettre fin à ses jours. C'est encore une fois la musique qui vient le sauver avec l'enregistrement d'un nouvel « album concept » en 1971 dont trois chansons, qui le composent, obtiennent, successivement, un égal succès : "What's Going On" (du nom de l'album), "Inner City Blues" et "Mercy Mercy Me" . De par les textes des chansons qui illustrent cet album mémorable, Marvin se penche sur les combats qui font rage au Vietnam et interpelle les mentalités sur les revendications pour les droits civiques.

 

"What's Going On"

Très ancré dans sa quête d'une nouvelle philosophie, Marvin sort "Let's Get It On" en 1973 et confirme sa place dans le cercle privé des « parrains » de la soul. Ce nouvel album s'inscrit dans un contexte plus « sirupeux » que le précédent, axé sur sa relation extraconjugale avec une jeune fille de 17 ans (alors qu'il en a le double). Evidemment, cette infidélité se traduit par un divorce pour lequel Anna touche la modique somme de 600.000 $. Une ère de troubles et de déchéance commence alors avec l'alcool et la drogue qui feront partie du quotidien du chanteur.

 

"Let's Get It On" en "live" en 1976

Le 19 juin 1974, un album « live » (« Marvin Gaye, Live ! ») sort et propose un concert enregistré au Coliseum d'Oakland le 4 janvier 1974. 

 

 

"Inner City Blues"

Au bord du désastre financier, Marvin continue sa carrière et fait paraître, en 1976, "I Want You" qui ne recueille pas le succès escompté.

 

 

En mars 1977, Marvin renoue avec le succès et fait un tabac avec son disque "Marvin GAYE Live At The London Palladium" qui contient le fabuleux titre disco "Got To Give It Up Part.1" avec lequel il décroche un dernier n° 1.  

 

"Got To Give It Up Part.1"


En décembre 1978, c'est "Here, My Dear" qu'il choisit comme titre de son nouvel album, en référence à son ex-épouse, dont les droits lui seront intégralement reversés. Toujours habité de ses démons, l'alcool et la drogue, Marvin décide de ne plus se produire sur scène.


Après un ultime album "In Our Lifetime" (1981) réalisé pour la Motown, Marvin Gaye s'enfuit des Etats-Unis pour s'installer en Belgique, à Ostende où il se ressource, où il réapprend avec soulagement à redevenir un homme comme les autres en se fondant, avec complaisance, dans la mentalité et la gouaillerie  de la population locale. Loin de ses terres, Marvin a pourtant toujours envie de créer et il a besoin à nouveau de faire de la musique. Il fait donc appel à Harvey Fuqua et à Gordon Banks pour l'aider à concevoir et à superviser un nouvel album... qui sera son testament.

 

En octobre 1982 sort "Midnight Love", enregistré dans les Studios Katy de Marc Aryan à Ohain, d'où s'extraient « Turn On Some Music », « Third World Girl », mais surtout le fantastique « Sexual Healing » pour lequel il reçoit deux Grammy Awards en 1983.

 

« Sexual Healing »

Motivé par ce regain de popularité, il accepte de repartir en tournée mais sa dépendance à la cocaïne lui vaut de nouveaux désagréments et ses prestations sur scène s'en ressentent. Deux ans après avoir séjourné dans la Reine des Plages, Marvin repart à Los Angeles pour vivre chez ses parents. Le 1er avril 1984, au cours d'une violente altercation avec son père, Marvin est abattu par celui-ci de deux balles de revolver. Il devait fêter ses 45 ans le lendemain... 

Le lien avec Claude François !

« Tu es tout pour moi » est l'adaptation de « You Are Everything » interprétée par Marvin Gaye en duo avec Diana Ross et classée n° 5 dans le Top anglais. L'original est tiré de l'album « Diana & Marvin » paru le 26 octobre 1973.

 

 

« You Are Everything »

Composée au départ par Thom Bell et Linda Creed, la chanson plaît immédiatement à Cloclo qui charge le fidèle Eddy Marnay d'écrire la version française qui, bien que nantie d'une orchestration de qualité et d'une interprétation parfaite de l'idole, passera quasi inaperçue pour ne figurer qu'en dernière plage de l'album « Le mal aimé » enregistré pour l'été 1974...

 

 

« Tu es tout pour moi » 
Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : Toutes les musiques
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 21:04

Quel couple n'a pas déjà fantasmé sur la voix sensuelle de Barry White ? Quels amoureux éconduits ne se sont pas laissés aller à un petit câlin sur ses longues introductions langoureuses dont il avait seul le secret et sur lesquelles il déposait si délicatement sa voix inimitable ? « Ooooh... Aaaah... », bon, ne dévergondons pas ce blog si prude et relatons plutôt le parcours hors du commun de cet artiste exceptionnel que, depuis tout jeune, j'ai toujours admiré. Barry naît le 12 septembre 1944 à Galveston dans l'état du Texas. Né d'une mère célibataire, c'est dans les banlieues de Los Angeles qu'il grandit avec son frère Darryl. A l'âge de 4 ans, il prend conscience des talents de sa maman : non seulement elle est actrice mais aussi, et surtout, elle joue divinement bien du piano (elle raffole de musique classique). Devant l'émerveillement de son fils, elle l'invite à apprendre à chanter et à lui inculquer les rudiments de la musique classique. Mais Barry s'initie à un autre registre : il étudie l'orgue et intègre une formation de gospel qui chante dans les églises. Il gagne ainsi ses premiers cachets dès l'âge de 11 ans. C'est à 14 ans qu'il se découvre un don venu du ciel : sa voix s'amuse à « dégringoler » vertigineusement les octaves, du plus aigu au plus grave, avec une facilité déconcertante ! Sa voix atteint des limites insoupçonnées; elle est tellement caverneuse qu'il l'entend résonner dans sa poitrine ! Alors qu'il se dirige vers une existence respectable, voilà qu'il se laisse influencer par des mauvais petits copains : il participe à de menus larcins dont le butin ne fait que s'accentuer : tout d'abord, il dérobe des disques (et pour se défendre, il dit qu'il ne prend que les meilleurs !) pour voler ensuite des voitures ! C'est pendant son séjour en prison qu'il réfléchit mûrement à sa destinée et son amour pour la musique le délivrera de la délinquance. A 16 ans, il décide de faire ses premiers pas sur scène. Avec une aisance inouïe, il apprend à jouer plusieurs instruments et s'intéresse au travail de studio et de producteur. Musicalement précoce, il l'est également sur le plan... sexuel puisqu'il a quatre enfants de sa première épouse dont il divorce... à peine âgé de 21 ans ! Sur le plan artistique, son ascension musicale est prodigieuse puisqu'en 1966, il signe sa première chanson en tant qu'auteur, compositeur et interprète ! C'est à la fin des années 60 que sa carrière va s'envoler quand il fait la découverte d'un groupe de chanteuses appelé « Love Unlimited ». Rapidement, il décide de les produire mais aussi de les associer à ses futures créations. Au sein de ce groupe (sans jeu de mots, s'il- vous-plaît...), il est séduit par l'une des chanteuses. Elle se nomme Glodean James et deviendra Madame White en 1974. En attendant, Barry n'arrête pas de composer et il se sent prêt à confier ses partitions à un interprète de qualité. Cependant, ses collaborateurs, sachant qu'il possède un timbre de voix incroyable qui convient le mieux à ses mélodies, le persuadent de les enregistrer lui-même. Désormais, c'est à eux qu'il devra son énorme succès. 1973 est l'année des vrais grands débuts de Barry White qui signe un contrat avec la 20th Century Records et de la sortie de son premier album qui va en précéder de nombreux autres. Découvrez-les ci-dessous dans leur intégralité.


Le premier s'intitule « Stone Gon' » et malgré qu'il ne comporte que cinq titres, il contient deux hits : « Honey Please Can't Ya See » et aussi le gigantesque « Never, Never Gonna Give You Up ». Ce dernier est un immense tube et Barry le reprendra sur scène jusqu'à son dernier récital.
  

« Never, Never Gonna Give You Up »


La même année, il sort un deuxième album « I've Got So Much To Give » avec le génial « Standing In The Shadows Of Love », une reprise des « Four Tops » ainsi que « I'm Gonna Love You Just A Little More Baby ». Barry ne change pas de recette : toujours cinq morceaux au programme d'une durée qui varie entre 6 et 8 minutes !

C'est aussi en cette fin d'année 1973 qu'il compose l'un de ses plus gros hits, l'instrumental « Love's Theme » qui pulvérisera les charts internationaux début 74.

« Love's Theme »

Un an plus tard, il signe la bande originale du film « Together Brothers » qui regroupe des morceaux inédits ainsi que des instrumentaux. Sur ce disque, Barry est accompagné par les inséparables « Love Unlimited » et par l'orchestre qui le suivra partout tout au long de sa carrière : « The Love Unlimited Orchestra ».

« You're The First, The Last, My Everything »

Toujours en 1974 paraît « Can't Get Enough » avec l'incontournable « You're The First, The Last, My Everything » ainsi que "Can't Get Enough Of Your Love Baby". Le premier occultera le second par son fantastique impact auprès des programmateurs de stations de radio.

L'album suivant sera moins retentissant, ne comportant aucun gros tube à part « Under The Influence Of Love » qui le sauvera de l'anonymat.

En 1975, Barry retrouve une meilleure inspiration et sort l'album « Just Another Way To Say I Love You » avec le très honorable "I'll Do For You Anything You Want Me To". A signaler sur ce disque, l'un de ses plus longs morceaux : "Let Me Live My Life Lovin' You Baby » de plus de 10 minutes !

En cette même année 1975, Barry choisit de sortir (déjà !) un premier « Greatest Hits », 24 mois à peine après ses débuts !

« Let The Music Play »

"You See The Trouble With Me"

Les albums se suivent à une cadence folle et 1976 voit l'arrivée de « Let The Music Play » dans les bacs des disquaires. Ce sera aussi l'un de ses plus gros hits, celui aussi qu'il interprétera en fin de récital avant de quitter ses fans... Autre titre qui remportera également de nombreux suffrages : « You See The Trouble With Me ».

Barry poursuit sur sa lancée avec « Is This Watcha Won't » qui aura moins de succès que son prédécesseur. Cependant, le disque se fera remarquer par le très bon « I'm Qualified To Satisfy You ».

« Playing Your Game Baby »

En 1977, c'est « Sings For Someone You Love » qui ravira ses nombreux admirateurs avec le sirupeux « Playing Your Game Baby » et le très funky « It's Ecstasy When You Lay Down Next To Me ».

 « Just The Way You Are »

Lui succédera « The Man » en 1978 qui passera un peu plus inaperçu, seule la reprise d'une chanson de Billy Joël « Just The Way You Are » retiendra l'attention.

La fin des années 70 sera assez difficile pour Barry White de rester aux premières places des charts. Toutefois, il tente de maintenir le cap en sortant annuellement un album. 1979 salue donc « I Love To Sing The Songs I Sing » qui figure sur la première plage de son nouvel opus. Ce sera aussi la chanson la plus plébiscitée.

« The Message Is Love » lui emboîte le pas contenant de bonnes chansons sans plus, exceptée aussi la plage titulaire « It Ain't Love Babe (Until You Give It) » qui se classera respectablement dans les hit-parades.

1980 voit un changement dans l'univers musical de Barry White : une tendance résolument « funk » au détriment de la couleur « soul » qu'il apportait à ses précédents albums. « Sheet Music » en sera l'initiateur. Cette nouvelle orientation ne le découragera toutefois pas à composer de nouvelles ballades langoureuses comme la sensuelle « I Believe In Love ».

L'album suivant « Barry & Glodean » sera consacré à l'amour qu'il voue à son épouse mais aucun titre ne se dégagera de ce disque qui ne restera pas dans les mémoires.

Voyant que ses compositions ne remportent plus le même succès qu'autrefois, Barry décide de revenir à ses premières amours : la « soul ». Elle sera dominante dans son nouvel album « Beware » qu'il fait paraître en 1981. Ce dernier se démarquera par sa reprise de « Louie Louie », un pur « ryhthm'n'blues » que Richard Berry avait composé en 1957.

Afin de relancer, comme on dit, la mécanique, Barry sort un « Greatest Hits Volume 2 » (avec une pochette hideuse !) qui, pourtant, n'aura rien de comparable avec le premier, à part la présence de « Let The Music Play » qui sera découverte par une nouvelle génération.

En 1982, Barry revient au « funk » avec « Change ». Les critiques applaudiront cette nouvelle démarche et la plage titulaire qui donnera le titre à l'album sera souvent entendue à la radio.

1983 est l'avènement de « Dedicated » qui se place, musicalement, dans la continuité du précédent album mais il ne rencontrera pas le succès escompté. C'est aussi, malheureusement, le disque qui marque la chute de popularité de Barry White.

Pendant cette décennie, Barry a la profonde douleur de perdre son frère assassiné lors d'une rixe entre gangs. Complètement anéanti, il tombe dans l'oubli et se retire du monde musical.

1987 est l'année de son grand retour avec l'album de la renaissance « The Right Night » qui comprend l'immense hit « Sho You Right ». Il choisit Paris pour passer le cap de la nouvelle année 1988 avec ses fans français pour un concert mémorable dans le cadre prestigieux de la salle de Bercy.

Deux ans plus tard, Barry confirme le renouveau de sa musique avec « The Man Is Back » faisant référence à « The Man » de 1978. Deux morceaux se dégageront indéniablement de cet album : « Responsible » en plage titulaire et le très dansant « Super Lover » situé juste après.  

   

Barry White prend son temps entre chaque album et il a raison. « Put Me In Your Mix », en 1991, est d'excellente qualité et sa reprise de « Volare » lui vaudra une belle renommée.

« Come On »

« The Icon Is Love » en 1994 est l'album qui est prétexte à une grande tournée mondiale qui passera par Forest National en avril 1995. Trois titres méritent qu'on s'y attarde : l'inaugural « Practice What You Preach », le somptueux et très rythmé « Come on » et la fresque musicale, d'une durée de 10 minutes 40 (!), qui clôt l'album : « Whatever We Had, We Had ».

Cinq longues années s'effilocheront avant la parution d'un ultime « Staying Power » plus anecdotique avec des duos en compagnie de Chaka Khan et Lisa Stansfield sur l'identique « The Longer We Make Love ».

Cependant, au cours de cette année 1999, Barry se sent de plus en plus fatigué. Son entourage s'inquiète de le voir amaigri et tiré. Il annule plusieurs concerts et est obligé de rentrer à l'hôpital pour résoudre des problèmes d'ordre sanguin. Courageusement mais considérablement affaibli, Barry reprend le cours normal de ses activités. En 2001, il répond présent à l'invitation de Luciano Pavarotti pour le traditionnel gala de Modène que le ténor organise au profit des enfants de la guerre. A cette occasion, Barry interprète en duo avec lui « You're The First, The Last, My Everything » avant d'enchaîner, seul cette fois, sur "Let The Music Play". Souffrant régulièrement de diabète et d'hypertension artérielle en raison de sa surcharge pondérale (Barry White a pesé jusqu'à 160 kg !), il est contraint de se faire à nouveau hospitalisé en septembre 2002 afin de recevoir le don d'un rein. Son état général ne fera qu'empirer et il est finalement placé sous dialyse. Après un long combat contre la mort, il rend son dernier souffle le 4 juillet 2003 plongeant ses enfants (9 au total issus de quatre femmes différentes dont 2 hors mariage !) et ses innombrables fans dans la tristesse et le désarroi. Il laisse derrière lui un style musical qui lui appartenait exclusivement dont seul Cunnie Williams s'avère, de nos jours, le digne héritier.  Je vous propose de l'entendre dans la vidéo ci-dessous avec « Come Back To Me » que Barry aurait très bien pu chanter. Barry White incarnera éternellement « le chanteur de l'amour » avec cette voix somptueuse qui l'érigera au panthéon des stars incontestées de la « soul ».


Cunnie Williams : « Come Back To Me »

Le lien avec Claude François !

Claude François a parlé de beaucoup d'autres artistes durant son existence... et toujours en bien même si ceux-ci, en retour, ne l'appréciaient pas.  Durant une interview à la radio, il a évoqué la musique de Barry White et l'a transposée avec beaucoup d'habileté dans une situation de la vie de tous les jours. Voici ce qu'il disait : « Barry White, c'est un retour à la musique cubaine. Techniquement, je ne peux pas l'expliquer, il n'y a qu'à écouter. Et ce que j'aime bien, c'est que Barry White mélange le tempo simple avec un tempo double. Chez Barry White, c'est systématique et c'est superbe ». Claude joue le son et imprime le tempo avec la voix et poursuit : « Il rajoute toujours une guitare qui fait double tempo et qui fait mordre un peu derrière. Alors, je trouve que la chose la plus importante, c'est qu'on n'a pas besoin de dire quoi que ce soit, les harmonies sont très, très belles, la rythmique est faussement décontractée comme l'être humain dans la société actuellement; on s'amène, costard léger, on arrive décontracté et intérieurement, on est prêt à toute agressivité éventuelle, on est prêt à tout. Je trouve que ça résume l'homme moderne ou la femme moderne actuellement. C'est pas une omelette, ce n'est pas quelqu'un qui va essayer de récupérer la fille avec des larmes. Il est là, il lui parle gentiment : pourquoi tu me fais ça... et on sent d'ailleurs qu'après la rythmique, ça reste un homme. Je trouve que c'est actuellement la résolution la plus magnifique de la musique. Dans deux mois, on trouvera peut-être autre chose mais pour l'instant, c'est ce qu'il y a de mieux... ».  

Si vous ne connaissez pas trop bien le répertoire de Barry White et si, à la fin de la lecture de cet article, vous exprimiez le souhait de le découvrir, je vous recommande sans la moindre hésitation :  

« THE ULTIMATE COLLECTION »

Une superbe compilation enrichie de ses principaux tubes tels que :

1.   You're The First, The Last, My Everything/2. Can't Get Enough Of Your Love Babe/3. Let The Music Play/4. Don't Make Me Wait Too Long/5. I'll Do For You Anything You Want Me To/6. Sho' You Right/7. What Am I Gonna Do With You/8. Come On/9. I'M Gonna Love You Just A Little More Babe/10. Never, Never Gonna Give You Up/11. Baby We Better Try And Get It Together/12. Just The Way You Are/13. Dark And Lovely (You Over There) (Radio Edit)/14. You See The Trouble With Me/15. It's Ecstasy When You Lay Down Next To Me/16. The Right Night/17. Love's Theme/18. Let The Music Play (Funkstar's Club Deluxe Edit)

Par BERNIE - Publié dans : The Kings Of Soul - Communauté : Musiques
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