Chanson Française

Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 20:54

Gilbert Bécaud n’a pas eu la reconnaissance post-mortem à laquelle il aurait pu mille fois prétendre… C’est honteux. Et « LA MUSIQUE POUR TOUJOURS » va essayer, avec cet article, de raviver la flamme de ce génie de la Chanson Française. J’aime Bécaud pour son tempérament, sa verve, sa créativité, sa dérision aussi, son appétit de vie, sa boulimie à composer et également pour cette relation inhabituelle qu’il avait avec son public. Un public à qui il donnait beaucoup et qu’il le lui rendait aussi bien. Je me rappelle de ce concert auquel j’avais assisté au balcon (premier ou deuxième, je ne sais plus) de la grande salle du Palais des Beaux-arts de Charleroi, un soir de 1970… et surtout lorsqu’il descendit sur le parterre inviter une éphémère partenaire à danser avec lui sur « Le Bain De Minuit ». Je me souviens de ses interprétations de « Charlie, T’iras Pas Au Paradis » (la face B du 45 tours « Le Bain De Minuit ») et bien évidemment de cette magnifique « Vente Aux Enchères » agrémentée de la présence de l’énigmatique « Monsieur Pointu » ! Plus tard, j’appréciai « Un Peu d’Amour Et d’Amitié » (1972), « L’Indien » (1973), « Le Gitan Qui Rit Tout Le Temps » (1974), « L’Indifférence » (1977), « Un Instant d’Éternité » (1978), « C’est En Septembre » (1978), « Mai 68 » (1980) et « Désirée » (1982). Mais il y a bien sûr les chansons de ses débuts, des années 60 que je découvris peu à peu à l’aide de compilations…

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Voici donc la bio de l’ami Gilbert ainsi que les chansons que je préfère, choisies parmi son immense répertoire. J’espère que vous ne m’en voudrez pas, chers lecteurs, si la vôtre n’y figure pas…

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Avant qu’il ne prenne le nom de Bécaud, le petit François Silly naît le 27 octobre 1927 à Toulon. Il n’a malheureusement pas le temps de connaître son vrai père. En effet, ce dernier décide de partir alors que François n’a pas encore l’âge pour réaliser ce qui lui arrive… Le couple se sépare sans divorcer et la maman de François ne peut donc se marier avec le nouvel élu de son cœur, Louis Bécaud, que François, son frère Jean et sa sœur Odette considéreront comme leur seul et unique père. François aime la musique et choisit d’apprendre le piano où il démontre une adresse et un dynamisme saisissants. Ses progrès sont tels qu’il s’inscrit au Conservatoire de Nice mais la Seconde Guerre Mondiale est dans sa phase cruciale et sa famille est obligée de quitter Toulon pour Albertville en Savoie. Heureusement, le conflit se termine et François monte à Paris. Il a 20 ans et il parvient à se faire engager comme pianiste de bar. C’est à la fin des années 40 qu’il croise les chemins de Maurice Vidalin et Pierre Delanoë. À ce moment, il est connu sous le nom de François Bécaud et il compose pour la chanteuse Marie Bizet qui est à l’origine de ces heureuses rencontres. C’est elle aussi qui, en 1950, le présente à Jacques Pills qui l’enrôle en tant que musicien. Les deux artistes partent en tournée et c’est aux Etats-Unis qu’ils sympathisent avec Edith Piaf pour qui ils créent la chanson « Je t’ai dans la peau ». Pills tombe amoureux de Piaf et l’épouse. Bécaud n’est pas perdant dans l’aventure puisqu’il devient régisseur de la « Môme ». 1952 est une date importante dans la carrière de Bécaud. Désormais, il se prénommera Gilbert et c’est aussi à partir de cette année qu’il s’affuble d’une cravate à pois. La légende de la cravate à pois, c’est à la maman de Gilbert qu’on la doit. En effet, c’est avant de monter un soir sur la scène d’un piano-bar pour un essai que le gérant s’aperçoit que Gilbert ne porte pas de cravate. À cause de ce manquement, le patron interdit à Gilbert de jouer. Sa maman, présente dans la salle, découpe alors le bas de sa robe bleue à pois pour en faire un semblant de cravate. En un tour de main, elle le passe dans le col de sa chemise et, ni vu ni connu, la cravate à pois devient désormais le fétiche légendaire de Gilbert. La même année, il fait la connaissance de Louis Amade puis de Charles Aznavour avec qui il compose. Côté cœur, il se marie avec Monique Nicolas qui lui donne un fils, le 2 février 1953 répondant au doux prénom de Gaya. Bécaud triomphe avec « Mes Mains » avec des paroles de Delanoë et « Les Croix » avec un texte signé Amade. En février 1954, Bruno Coquatrix, propriétaire de l’Olympia, songe à Gilbert pour la réouverture de la salle qui n’a plus accueilli aucune vedette depuis 25 ans. Mais Gilbert n’assurera que la première partie « en vedette américaine » et devra prendre son mal en patience jusqu’au 17 février 1955, date à laquelle il passe en vedette principale. C’est au terme de ce concert que les spectateurs, stimulés par le dynamisme du désormais « Monsieur 100.000 Volts », endommagent de nombreux fauteuils dans la salle ! Le fait est unique pour l’époque ainsi que… la facture des réparations pour Coquatrix ! La carrière de Gilbert est lancée et son nom apparaîtra par la suite à 33 reprises (!) sur les enseignes du mythique music-hall. À partir de 1955, Bécaud va multiplier les tournées qui l’emmènent sur les grandes scènes de l’Europe, en Amérique du Nord ainsi que dans les pays regroupés dans la région du Maghreb. Trois grands « tubes » s’enchaînent de 1956 à 1958 : « La Corrida », « Les Marchés de Provence » et « C’est Merveilleux, l’Amour ».

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Le cinéma s’intéresse à lui et il tourne dans « Le Pays d’où Je Viens » de Marcel Carné en 1956 dont il compose la bande originale. Après la naissance d’un second fils, Philippe, en 1957, Gilbert aborde les années 60 avec la même excitation qu’à ses débuts. En 1960, il est honoré par le « Grand Prix du Disque » et compose « L’Enfant à l’Étoile » pour la soirée du 24 décembre, retransmise en direct à la télévision. 1961 est l’année de la consécration internationale avec « Et Maintenant » qui devient « What Now My Love » aux États-Unis dont l’une des meilleures versions sera enregistrée par le King himself, Elvis Presley.

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En 1962, Gilbert veut concrétiser un projet qu’il prépare depuis plusieurs années : la création d’un opéra appelé « L’Opéra d’Aran ». Ce rêve devient réalité le 25 octobre 1962 où son œuvre est présentée au Théâtre des Champs-Elysées. Apprécié par la critique, l’opéra comptera une centaine de représentations et sera dirigé par l’illustre Georges Prêtre. Emporté par le tourbillon de son formidable succès, Gilbert revient très vite à la chanson et triomphe en 1963 avec « Un Dimanche à Orly ».

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Gilbert s’adapte également très facilement à la déferlante « Yéyés » ainsi qu’à l’arrivée du « Rock’n’roll ». Pour s’inscrire dans ce mouvement, il compose « Âge Tendre et Tête de Bois » qui devient le générique d’une célèbre émission de télévision pour la nouvelle génération. Cependant, le mois d’octobre 1963 verra partir Edith Piaf et Jean Cocteau, disparus le même jour. Gilbert perd deux amis qui ont compté dans le début de sa carrière et qui l’ont encouragé lorsqu’il s’était produit à l’Olympia. 1964 marque un nouveau grand succès dans la discographie de Bécaud puisque sort l’emblématique « Nathalie » qui sera un des titres phares interprétés lors de son 10ème Olympia.

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Gilbert reprend ensuite « L’Opéra d’Aran » en France et dans plusieurs pays d’Europe avant de repartir l’année suivante pour une nouvelle tournée triomphale en France et en URSS. En 1965, il compose une autre grande chanson : « Quand Il Est Mort Le Poète ». L’année suivante, il intensifie les concerts à l’étranger : après une tournée « marathon » en Allemagne, la télévision américaine diffuse un concert en direct le 22 avril 1966. Il fait un crochet par l’Amérique du Sud avant de revenir en Belgique avec son opéra pour lequel il effectue un nouvel enregistrement. Et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, il s’octroie un rôle au sein de sa propre histoire ! C’est durant cette même année que la famille Bécaud s’agrandit d’un nouvel enfant, c’est une fille que les parents prénomment Anne. La popularité de Gilbert Bécaud sur le plan international prend une dimension encore plus importante en 1967 : après « Et Maintenant » (« What Now My Love »), c’est une autre chanson de son répertoire créée en 1955 qui est adaptée. « Je T’appartiens » devient « Let It Be Me » sous la plume de Mann Curtis.

 

De nombreuses vedettes vont se l’approprier : Glen Campbell (36ème à l’US Billboard Hot 100), Willie Nelson (n° 2 à l’US Billboard Hot Country Singles), Bob Dylan, Nina Simone ainsi que Mr « Sex Machine » James Brown ! Pour son 12ème Olympia qui débute le 17 novembre 1967, il présente une autre chanson emblématique : « L’important, C’est La Rose » (dont Thierry Le Luron en fera même une parodie plus tard sous le titre « L’Emmerdant, C’est La Rose » en 1984, Michel Drucker s’en souvient encore comme si c’était hier !).

 

 

Le début des années 70 est marqué par un nouveau tube : « La Solitude, Ça N’existe Pas » mais Gilbert aime aussi « La Vente Aux Enchères » qu’il interprète avec la verve qu’on lui connaît devant son fidèle public de l’Olympia lors de son passage en février 1972.

 

 
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Toujours en 1972, il joue à nouveau dans « Un Homme Libre » et l’année suivante dans « Toute Une Vie » de Claude Lelouch. Il fait ensuite un tabac pour son 16ème Olympia en octobre 73 mais… le tabac, justement lui, au sens propre du terme cette fois-ci, lui procure quelques soucis de voix car il éprouve de plus en plus difficultés dans les aigus.

 

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Le 14 janvier 1974, il est décoré de la Légion d’Honneur et il parcourt le monde en effectuant de nombreux concerts qui se prolongent l’année suivante. Côté cœur, Gilbert se lie en 1976 avec Kitty St John, une américaine avec qui il a eu une fille, Emily, en 1972 qui vient compléter la famille après Gaya, Philippe, Anne et Jennifer née de son union avec Janet Woollacott, l’ex-Madame Claude François. Côté musique, Gilbert collabore avec Pierre Grosz pour « Mais Où Sont-Ils Les Jours Heureux » et avec Franck Thomas pour « La Première Cathédrale » qu’il chante le 24 décembre 1976 en direct du parvis de la Cathédrale Notre-Dame. 1977 est une grande année pour l’ami Gilbert : il compose « L’Indifférence », l’une des plus belles chansons de son répertoire, avec le concours de son complice Maurice Vidalin et reçoit l’Oscar de la Meilleure Chanson Française.

 

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Assez curieusement, en cette fin de décennie des années 70, Bécaud se montre plus discret. Est-ce pour mieux démarrer les années 80 ? Effectivement, il les débute par un tout nouvel album « Bonjour La Vie » en 1981 qui comprend quelques très bons morceaux : « Chaque Matin Que Tu Vois », la plage titulaire; « Bonjour La Vie » qui donne le titre au 30 cm, « Je Ne Fais Que Passer », « Je Me Fous De La Fin Du Monde » que l’on entend assez bien à la radio ainsi que « Vahiné Des Vahinés ». Les tournées recommencent et Gilbert parcourt à nouveau le globe. Partout où il s’attarde, il est formidablement acclamé. Il est heureux, sa popularité est toujours intacte. La SACEM l’honore de sa prestigieuse « Médaille d’Or » en 1982 pour sa carrière exemplaire et il sort « Désirée » qui sera un énorme tube. J’adore cette chanson pour son extraordinaire orchestration.

 

1983 est marqué par un nouvel Olympia en septembre et il publie un nouvel album « On Attend, On Attend » en 1984 qui inclut le titre fort « Mustapha Dupont » ainsi que « La Retraite » et « Au Bout De La Route »… Songerait-il déjà à se retirer ? Pas du tout ! Il enchaîne avec la création d’une comédie musicale : « Madame Roza » dont le spectacle récolte un franc succès sur les scènes américaines (Baltimore, Los Angeles et Broadway) mais, par contre, quelques années passeront avant de le voir se produire en France.

 

« Le Retour » est le titre de son nouvel album en 1987, le dernier chez Pathé Marconi puisque Gilbert signe ensuite chez BMG Ariola pour la sortie, l’année suivante, de son prochain album « Fais-Moi Signe » (qui comprend « Avec Vingt Ans De Moins ») où on le voit sur la pochette avec, dans sa main, son éternelle cravate à pois, porte-bonheur. Pour cet album, Gilbert travaille notamment avec Claude Lemesle pour « Quand La Musique S’arrête » et Didier Barbelivien pour « Après Toi, C’est La Mer ». Alors qu’il croyait sa maman éternelle, Gilbert a du chagrin en cette année 1991 où il la voit partir à l’âge de… 100 ans ! Pour s’occuper l’esprit, le chanteur multiplie les concerts à travers le monde pour atteindre le chiffre phénoménal de 249 récitals !

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Gilbert et Louis Amade

 

Un autre grand du music-hall disparaît également en novembre 1991 : Yves MontandGilbert pense alors arrêter la scène après un nouvel Olympia mais l’année suivante (au cours de laquelle il perd, le 4 octobre, son ami parolier Louis Amade), il réenregistre une nouvelle version de son opéra et enchaîne sur un nouvel album : « Une Vie Comme Un Roman » qui sort le 2 février 1993. Le fameux producteur Mick Lanaro (c’est lui aussi qui s’est occupé du fracassant retour de Nougaro avec « Nougayork » et du très bon album de Johnny, « Ça Ne Change Pas Un Homme ») est aux commandes de cet opus qui comprend 16 titres inédits. Après une série de concerts triomphale au Palais des Congrès, Gilbert décide de prendre du recul et entre 1992 et 1996, on le verra dans sa résidence du Poitou, en Corse ou sur sa péniche prendre du bon temps, profiter des personnes et des choses qu’il aime. Mais il ne range pas son crayon ni ses partitions pour autant car il publie un nouvel album « Ensemble » fin 1996 et espère bientôt faire remonter sur scène sa comédie musicale « Madame Roza » pour laquelle il envisage Annie Cordy tenir le rôle principal.

 

Après ce repos sabbatique, Gilbert revient par la grande porte avec un 30ème Olympia pour… ses 70 ans ! De plus, cet Olympia a une saveur toute particulière puisqu’il en assure la réouverture dans une fraîche et nouvelle salle qui avait été auparavant démolie ! Ensuite, Gilbert repart à la conquête de son fidèle public à travers le monde et n’oublie pas ses fans japonais qu’il salue en janvier 1998. En octobre, son « Opéra d’Aran » ouvre la nouvelle saison lyrique du Grand Théâtre de Tours. C’est l’aboutissement après de nombreux mois de travail mais aussi de doute. En 1999, il édite « Faut Faire Avec… », un nouvel album très acoustique avec les participations de Pierre Delanoë, Didier Barbelivien et Luc Plamondon qui écrit « La Fille Au Tableau » que Gilbert chante avec sa fille Emily.

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Malheureusement, au cours de cette année, Gilbert apprend qu’il est atteint du cancer mais il ne veut pas renoncer et assure un 33ème Olympia qui, cependant, sera son dernier… Le 15 juillet 2000, il donne un dernier gala à Fribourg en Suisse et enregistre un ultime album avant de s’éteindre, sur sa péniche, le 18 décembre 2001 à l’âge de 74 ans. Parmi une trentaine de chansons que son père a enregistrées peu avant sa disparition, Gaya en choisit 11 dont une en duo avec Serge Lama (« Le Train d’Amour ») et deux chansons extraites de « Madame Roza » chantées par Annie Cordy. L’album, sans titre, sort le 19 mars 2002 et ponctue (momentanément… ?) l’impressionnante discographie de Gilbert Bécaud.

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Les liens avec Claude François !

Gilbert et Claude 4Je ne vais pas refaire l’histoire de « Gilbert Bécaud, l’homme qui a pris la femme de Claude François » ! En fait, Janet avait été engagée dans le ballet qui accompagnait le spectacle de Mr 100.000 Volts à l’Olympia, Bécaud la remarqua, lui fit les doux yeux, lui demanda de choisir et voilà… Il n’empêche, les 2 stars apprendront à mieux se connaître et même à s’apprécier… En septembre 1964, Gilbert, accompagné de Janet, vient féliciter Claude dans sa loge à l’Olympia. Les deux artistes sympathisent et Claude a tourné la page puisqu’il connaît une idylle avec France Gall.

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Le 3 septembre 1974, ils se retrouvent dans les studios d’Europe 1 avec Charles Aznavour et Bruno Coquatrix afin de célébrer le vingtième anniversaire de l’Olympia. Quelques jours plus tard, Gilbert est l’invité du Top à Claude François du 14 septembre au cours duquel ils exécuteront un duo mémorable.

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Initialement, il est prévu que les deux chanteurs s’échangent leur répertoire. Mais pendant l’enregistrement de l’émission, Cloclo veut en « mettre plein la vue » à son hôte. D’emblée, il s’installe à la batterie, chante en anglais (du moins, il essaie), transforme magistralement « Quand tu danses » en s’installant devant les percussions puis s’approprie « L’Important, C’est La Rose » avant de terminer, ensemble, sur « Comme d’Habitude »…

Et puis, c’est le sommet avec « Et Maintenant » où pris par l’émotion, Gilbert demande à Claude de la chanter. Grand moment. 

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Par après, Gilbert et Claude se croiseront encore au cours du « Numéro 1 Gérard Lenorman » du 8 octobre 1977 et le 26 novembre 1977, Cloclo invite à nouveau Gilbert pour un dernier duo avec « Les Cerisiers Sont Blancs »…

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En 1979, Bécaud est à l’affiche de « Claude François, le film de sa vie » de Samy Pavel et parle de son ami, de son perpétuel combat à devenir la vedette qu’il a été… Enfin, l’autre lien, c’est Maurice Vidalin qui écrit « En Souvenir » pour Cloclo sur une très belle musique de Raymond Bernard, extrait de son album « Il Fait Beau, Il Fait Bon » de 1971. Maurice Vidalin (1924-1986) a écrit de nombreuses chansons pour Gilbert dont « Quand Jules Est Au Violon » (1963), « Le Petit Oiseau De Toutes Les Couleurs » (1966), « Les Cerisiers Sont Blancs » (1968), « Le Bain De Minuit » (1970), « La Vente Aux Enchères » (1971), « L’Indifférence » (1977), « C’est En Septembre » (1978)… Au début de sa carrière, il a travaillé pour Mathé Altéry, André Dassary, Patachou, Jean-Jacques Debout, Nicole Croisille, Philippe Clay et obtient sa première récompense avec « Nous Les Amoureux » par Jean-Claude Pascal, chanson gagnante de l’Eurovision 1961. Par après, il collabore avec Richard Anthony, Lucky Blondo, Françoise Hardy et France Gall. D’autres nombreux artistes chanteront ses textes de qualité comme Michel Fugain (« La Fête », « Les Acadiens », « Le Printemps »), Charles Aznavour, Barbara, Gérard Lenorman (le très bon « Soldats, Ne Tirez Pas », face B de « Quelque Chose Et Moi »), Pétula Clark, Sacha Distel, Eddy Mitchell et Michel Sardou. Michel Vidalin a aussi adapté en français la comédie musicale « Un Violon Sur Le Toit » avec le grand Ivan Rebroff.

Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : musique à Coeur..ouvert
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 00:47

Sincèrement, je n'envisageais pas de consacrer aussi rapidement un article à Alain Bashung. J'avoue que, personnellement, il ne fait pas partie des artistes français auxquels je voue une admiration toute particulière. Néanmoins, sa carrière et ses nombreux succès méritent notre respect et il faut reconnaître qu'après Gainsbourg et avec Dutronc, il était l'un des rares chanteurs de cette génération à pouvoir attirer un public jeune. Alors, si vous le voulez bien, accompagnez-moi dans cet itinéraire d'un être tout à fait exceptionnel qui s'est battu pour acquérir la place qu'il occupera toujours au firmament de la Chanson Française. Alain naît à Paris le 1er décembre 1947. Sa mère est d'origine bretonne et travaille dans une usine de caoutchouc de Boulogne-Billancourt. Son père est de nationalité algérienne mais il ne le connaîtra jamais, sa mère se séparant de lui très vite pour épouser un boulanger de nuit. A l'âge d'un an à peine, il est confié aux parents de son beau-père qui habitent Wingersheim, en pleine campagne, une commune du canton de HOCHFELDEN située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Strasbourg. C'est à 5 ans qu'il fait connaissance avec la musique puisqu'il reçoit un harmonica comme cadeau d'anniversaire. Il pratique également le chant avec beaucoup de passion et intègre tout naturellement la chorale de Wingersheim. Très sportif aussi, il fait preuve d'excellentes dispositions dans l'exercice du basket-ball et du cyclisme. Mais c'est le domaine musical qui recueille définitivement ses faveurs. À 12 ans, Alain revient à Paris avec une seule idée dans la tête : il veut faire carrière dans la musique. Dans la Chanson Française, ce sont Brel et Brassens qui l'impressionnent le plus. Il est fasciné également par le Rock, à travers Buddy Holly, Gene Vincent et, bien évidemment, Elvis Presley.
En 1962, il fonde un groupe, les « Dunces » avec des copains mais l'aventure tourne court car il n'est pas satisfait du style musical qui ne correspond pas à ses envies. Il termine péniblement ses études en 1965 où il décroche toutefois un diplôme en comptabilité. La page scolaire tournée, il peut maintenant se consacrer à ce qu'il désire le plus au monde : se faire un « nom » dans la chanson. C'est en 1966 qu'il sort son premier « 4 pistes » emmené par le titre « Pourquoi rêvez-vous des Etats-Unis ? » chez Philips. Il le signe avec son véritable nom « Baschung » duquel il supprimera la lettre « c » à partir de 1968. Jusqu'en 1973, il aligne plusieurs 45 tours qui ne lui permettront pas de percer véritablement. Provisoirement, il change d'apparence et adopte même un profil « hippie » en 1971 où il apparaît barbu et cheveux longs sur la pochette de « Du feu dans les veines ». Toujours en 1973, il obtient un rôle dans la comédie musicale de Claude-Michel Schönberg, « La Révolution Française » dans laquelle il incarne Robespierre. Il fait la rencontre de Dick Rivers pour qui il écrit la musique de « Marilou ».  En 1975, il sort un disque « Je ne croirai plus jamais à l'amour » sous un autre nom « David Bergen » et, ensuite, les deux suivants, en 1976 et 1977, en tant que chanteur du groupe éphémère « Monkey Bizness ». C'est au cours de cette dernière année qu'il croise le chemin du parolier Boris Bergman avec qui il sort son premier album « Roman-photo ».
Celui-ci passe cependant inaperçu dans la déferlante « Punk » de l'époque malgré son aspect novateur et un registre « country-rock FM » beaucoup trop gentillet que pour pouvoir prétendre à un hypothétique succès commercial. De cet album se dégage un bon morceau qui, à lui seul, vaut le détour par ses qualités musicale et instrumentale : « C'est la faute à Dylan ». En 1979, c'est « Roulette russe » qui atterrit dans les bacs des disquaires.  


Cet album a droit à deux sorties à dix mois d'intervalle : d'abord en janvier et puis en octobre agrémenté de la locomotive « Gaby, oh Gaby » dont le single va s'écouler à plus d'un million d'exemplaires. A part ce titre qui va vraiment faire démarrer la carrière d'Alain, les autres qui composaient l'album lors de sa sortie initiale sont à oublier au plus vite, excepté « Bijou, bijou » dont la musique est un petit... « Bijou ». Après « Gaby, oh Gaby », Alain confirme en 1981 avec l'album « Pizza » et un deuxième gros succès : « Vertige de l'amour ».


Grâce à ces deux tubes et aux chansons à tendances rock et new-wave de ce troisième album, Alain commence à se produire dans des salles à capacité plus grande et voit son nom s'inscrire en néons sur la façade de l'Olympia. L'année suivante, Alain sort « Play blessures », fruit d'une collaboration avec Serge Gainsbourg de retour de la Jamaïque.

 

Résultat : un disque en parfaite inadéquation avec ses précédentes réalisations et qui sera loin de faire l'unanimité. Les mélodies sont hybrides voire cacophoniques, les textes pessimistes, pas très gai tout ça. Alain ne se sent pas bien dans sa peau et ça s'entend. Les paroles sur « J'croise aux Hébrides » sont évocatrices de son état psychique : « J'dédie cette angoisse à un chanteur disparu, mort de soif dans le désert de Gaby, respectez une minute de silence, faites comme si j'étais pas arrivé... ». Quelques mois plus tard, début 1983, « Figure imposée » paraît très rapidement comme pour rompre la glace de l'album précédent.

 

Alain a travaillé avec un nouveau parolier, Pascal Jacquemin dont le style d'écriture lui convient parfaitement. C'est presqu'un nouveau départ et Alain revit surtout de par la naissance de son premier enfant, Arthur. C'est un retour à la normalité qui aboutit à un album original, beaucoup plus accessible. Cependant, son succès sera mitigé,  la plage titulaire « What's in a bird » étant le titre qui passe le plus souvent à la radio. Après un « Live tour 85 », Alain Bashung publie  « Passé le Rio Grande » en janvier 1986 avec « S.O.S. Amor » et « Malédiction » qui remportent un joli succès et salue le retour de Boris Bergman.

 

Trois ans passent avant « Novice » en septembre 1989 avec l'arrivée du parolier Jean Fauque et... le départ de Boris Bergman.

 

Les titres « Pyromanes », « Tu m'as jeté », « Alcaline » et « Bombez ! » donnent une couleur très sombre à l'album sur lequel, notamment, Dave Ball de Soft Cell et Phil Manzanera de Roxy Music ont apporté leur concours. La compilation « Réservé aux indiens » en 1990 composée d'inédits, d'instrumentaux et de chansons extraites de bandes originales de films est l'occasion pour Alain Bashung de faire une petite pause afin de préparer son prochain album. En 1991, il continue à travailler avec Jean Fauque et sort « Osez Joséphine », certainement l'un de ses meilleurs albums de toute sa carrière discographique.


Le disque se vend à 350.000 exemplaires et contient également une autre grande chanson : « Madame rêve » qui devient un incontournable et qu'il ne manquera pas d'interpréter lors de ses concerts. Après avoir repris « Les Mots bleus » de Christophe sur une compilation de 1992 pour la recherche sur le SIDA, il réalise « Chatterton » en 1994 avec un nouveau tube : « Ma petite entreprise ».


Cet album précède une nouvelle tournée qui servira à un nouveau « live » en 1995 : « Confessions publiques ».

 

Il faut attendre 1998 pour « Fantaisie militaire » dont le single « La nuit je mens » est une petite merveille et, à mon avis, sa plus belle chanson.


Outre Jean Fauque, Rodolphe Burger (qui a également travaillé pour Jacques Higelin), Les Valentins (groupe composé d'Edith Fambuena et de Jean-Louis Piérot, séparés depuis 2003 et qui ont collaboré notamment avec Etienne Daho, Brigitte Fontaine et Miossec), le producteur et claviériste belge Jean-Marc Lederman (le groupe Front 242 figure parmi ses références) et le talentueux guitariste du groupe Portishead, Adrian Utley ont participé à la conception de cet album pour lequel Alain Bashung reçoit 3 Victoires de la Musique en 1999. Une nouvelle compilation baptisée « Climax » voit le jour en 2000 dans laquelle Alain a réenregistré plusieurs de ses chansons les plus célèbres.

 

Il signe même un duo avec Noir Désir sur « Volontaire », extrait de son album « Play blessures ». C'est en 2002 qu'il sort « L'Imprudence », son avant-dernier album acclamé par la critique, un disque qu'il faut avoir la patience d'écouter car il dégage, une fois de plus, une ambiance très sombre.


D'ailleurs, Alain Bashung avoue s'être inspiré des musiques de films d'horreur des studios de la Hammer (Dracula, etc...) et des musiques de westerns de Sergio Leone composées par Ennio Morricone. Coécrit, pour les paroles, avec le fidèle Jean Fauque, nous sommes face à un album « cérébral » où chaque mot a été cherché, pesé dans le but de prolonger sa propre réflexion sur les rapports humains et sa fascination sur le mystère qui est en chacun d'entre nous. Toutes ces recherches musicales et textuelles donnent naissance à un album mythique dans la discographie d'Alain Bashung dont toutes les chansons de « Tel » à « L'Imprudence », en passant par « Faites monter », « L'iréel » ou « Le dimanche à Tchernobyl » pour ne citer que celles-là, « accrochent » et interpellent l'auditeur sur tout ce qui peut, autour de nous, engendrer nos peurs quotidiennes. Après « L'Imprudence », Alain Bashung s'offre un cadeau personnel : l'enregistrement avec son épouse Chloé Mons du « Cantique des Cantiques » (d'une durée de plus de 25 minutes !) qui avait été composé pour leur mariage en 2001.

 

Rodolphe Burger était à l'origine de la partition musicale tandis que l'écrivain et dramaturge Olivier Cadiot avait entrepris une nouvelle traduction du Cantique des Cantiques de la Bible qui avait donc inspiré cette création. Ensuite, Alain fait des incursions sur des albums en hommage à Léo Ferré (« Avec le temps » en 2003), Nino Ferrer (« Le Sud » en 2004) et répond à l'invitation de Françoise Hardy de chanter avec elle « Que reste-t-il de nos amours » de Charles Trenet sur son album de duos « Parenthèses ». Entre-temps, un dernier album « live » contenant 2 CD paraît en 2004 : « La Tournée des grands espaces » qui fera également l'objet d'un double DVD.

 

En juin 2006, il donne plusieurs concerts à la Cité de la Musique à Paris et invite, à cette occasion, Christophe, Dominique A, Rodolphe Burger et l'artiste et guitariste américain Arto Lindsay à venir le rejoindre sur scène. Début 2007, il fait partie de la tournée « Les Aventuriers d'un autre monde » avec Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc (l'ancien chanteur du groupe Taxi Girl de 1978 à 1986), Richard Kolinka (le batteur de Téléphone) et Raphaël. Il poursuit avec deux soirées mémorables à la Salle Pleyel avant de participer au clip de « Panique Mécanique » de Dionysos dans lequel il a les traits de Jack l'éventreur. Il enchaîne en apparaissant aux côtés d'Arno dans le film « J'ai toujours rêvé d'être un gangster » de Samuel Benchetrit au cours d'une séquence dans laquelle ils se disputent la propriété d'un tube. Ouvrons une petite parenthèse sur le parcours cinématographique d'Alain Bashung : son histoire d'amour avec le cinéma débute en 1982 dans « Nestor Burma, détective de choc » avec Michel Serrault et Jane Birkin. Ayant campé une vingtaine de rôles, il figure notamment à l'affiche de « L'ombre du doute » d'Aline Isserman (1993), « La confusion des genres » de Ilan Duran Cohen (2000), « Félix et Lola » de Patrice Leconte (2001) et « La bande du drugstore » de François Armanet (2002). Il prête aussi sa voix au personnage de Maltazard dans « Arthur et les Minimoys », un film d'animation de Luc Besson. Evoquons maintenant l'année 2008 où nous retrouvons Alain sur l'album « Amours suprêmes » de Daniel Darc pour un duo en anglais sur « L.U.V. ». Son dernier album « Bleu pétrole » sort le 24 mars sur lequel on remarque les participations de Gaëtan Roussel (du groupe Louise Attaque), Arman Méliès (sur « Venus » et « Tant de nuits ») et Gérard Manset dont il fait une agréable reprise de son célèbre hit « Il voyage en solitaire ».


Mais le titre qui se démarque de cet ultime album est incontestablement « Résidents de la République » où les paroles parlent d'elles-mêmes quand il évoque le contexte politique actuel de la France (« où la rose a des reflets bleus »). C'est ce titre qui sera le plus diffusé en radio. Les autres ne manquent pas d'intérêt comme la plage d'ouverture, excellente, « Je t'ai manqué », les formidables « Sur un trapèze » et « Je tuerai la pianiste » ainsi que le clin d'œil à Leonard Cohen dont il est un fan de la première heure avec la reprise de « Suzanne ». L'album recèle un mélange subtil de couleurs country, pop et folk et est superbe du premier au dernier titre. Afin de promouvoir ses dernières compositions, le chanteur entame une nouvelle tournée dont une série de concerts à l'Olympia à partir du 10 juin. Il respectera ses engagements malgré un traitement chimiothérapique en raison de la découverte d'un cancer du poumon qui lui sera malheureusement fatal. Le 1er janvier 2009, il est décoré de la Légion d'honneur et est cité comme grand favori aux prochaines Victoires de la Musique. Celles-ci ont lieu le 28 février avec la présence de l'artiste, très affaibli, qui décroche 3 récompenses en tant qu'interprète masculin, meilleur album de chansons et meilleur spectacle de l'année; ce qui porte son total à 11 trophées faisant de lui l'artiste le plus primé de l'histoire de la cérémonie depuis 1986. En 1993 et 1999, il avait déjà été désigné comme le meilleur artiste masculin et « Fantaisie militaire » avait été élu « meilleur disque des 20 dernières années » en 2005 pour le 20ème anniversaire des Victoires. Quelques jours après ce couronnement, le 14 mars 2009, le soleil se lève avec une triste nouvelle : Alain Bashung s'est éteint à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Il repose au Cimetière du Père-Lachaise. Mais les grands artistes ne meurent jamais : Bashung sera encore présent par la voix pour un spectacle en hommage à Serge Gainsbourg brodé autour de son fameux album « L'homme à tête de chou » qui devrait être présenté à l'automne prochain. Show must go on...  

 

Le lien avec Claude François !

 


Cette rencontre qui peut paraître improbable aujourd'hui a pourtant eu lieu le 19 avril 1969 sur le plateau de l'émission « Chansons et Champions » de Guy Lux. Claude François chante les premières paroles de « Belles, Belles, Belles » et passe le relais à Alain Bashung qui se trouve assis, en charmante compagnie, à un niveau supérieur à celui où se tient le public... Les deux artistes ne se rejoindront pas, Alain terminant la chanson après que Cloclo eut fait reprendre le refrain par quelques personnalités présentes dont Mylène Demongeot et Bruno Coquatrix. A cette époque, Alain Bashung était catalogué dans une catégorie de chanteurs à « chansons romantiques » et le 45 tours qu'il fit paraître en 1969 avait pour titres « Simplement quelques jours » et « Fleur qui meurt », pas de quoi déchaîner les foules, ni atteindre le top du hit parade !

 

 On sait ce qu'il est advenu des deux artistes qui ont emprunté des voies musicales diamétralement opposées, Cloclo endossant définitivement l'étiquette de « chanteur populaire », Alain, quant à lui, se cantonnant, avec le succès que l'on sait, dans le rock progressif...

Par BERNIE - Publié dans : Chanson Française - Communauté : Musiques
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