De gauche à droite : Malcolm Young, Brian Johnson, Angus Young, Cliff Williams et Phill Rudd
« AC/DC » est né d'une histoire d'une famille : celle des frères Young. Au nombre de trois et d'origine écossaise,
ils émigrent en Australie en 1963 et habitent dans les environs de Sydney. C'est George, l'aîné (né le 6 novembre 1947) qui, le premier, est pris par le virus de la guitare et
qui le transmet à Malcolm (né le 6 janvier 1953) et ensuite à Angus (né le 31 mars 1955). En 1964, George fait déjà partie d'un groupe :
« The Easybeats » qui connaîtront un très gros succès avec « Friday On My Mind » paru en 1966. Quant à Malcolm, il
intègre une autre formation en 1971, le « Velvet Underground » qui n'a rien à voir avec le groupe du célèbre Lou Reed. Cependant,
Malcolm n'y trouve pas ce qu'il recherche et c'est sous son impulsion que naît « AC/DC » en décembre 1973. Mais la question que beaucoup d'entre vous
se posent est de savoir ce que signifie « AC/DC » ! En fait, c'est tiré du sigle qui indique, en anglais, « alternating current/direct
current » (« courant alternatif/courant continu ») sur les prises électriques ainsi qu'au dos ou en dessous de certains appareils électroménagers. Un autre
mystère est l'origine de la tenue arborée par Angus Young. Il est âgé de 18 ans quand le groupe commence à se faire connaître et il est toujours aux études. Un soir, en sortant
de l'école, il rate son bus et il n'aura pas le temps de se changer pour venir rejoindre ses petits camarades sur scène ! Pour commémorer ce petit incident, il décide que dorénavant, c'est
vêtu de ses habits d'étudiant qu'il se présentera en concert !
Au début
de sa carrière, en 1973, la formation comprend Malcolm Young (guitare rythmique), Angus Young (guitare solo), Dave Evans (chant),
Larry Van Kriedt (basse) et Colin Burgess (batterie). Très rapidement, le combo subit des remaniements : Van Kriedt et
Burgess jettent l'éponge après deux mois à peine, suivis par Evans qui claque la porte en septembre 1974 suite à des tensions avec Malcolm et
Angus. Ils sont remplacés, respectivement, par Neil Smith, Peter Clack et Bon Scott. Smith fait un court
intérim puisqu'il quitte le groupe en avril 1974. Rob Bailey prend le relais jusqu'en janvier 1975, laissant la place ensuite à Mark Evans (de mars 1975 à mai
1977). Depuis, c'est Cliff Williams qui officie donc à la basse. Le batteur Peter Clack abandonne ses baguettes également en janvier 1975 au
profit de Phil Rudd qui, à son tour, les transmet, successivement, à Simon Wright (d'août 1983 à décembre 1989) et à Chris Slade (de janvier
1990 à août 1994) avant de revenir au sein du groupe. Au décès de Bon Scott en 1980, c'est Brian Johnson qui s'emparera définitivement du micro. Seuls
Malcolm et Angus resteront indétrônables; excepté le fait que durant la tournée américaine de 1988, c'est Stevie, le neveu de
Malcolm et d'Angus qui remplace son oncle aîné à la guitare rythmique, ce dernier devant se soigner énergiquement pour une dépendance à
l'alcool.
Le premier album « High Voltage », produit par Harry Vanda et George Young, est enregistré au « Albert Studios » à Sydney en septembre 1974 et paraît le 17 février 1975 en Australie. L'album sortira le 14 mai 1976 en Europe et aux Etats-Unis avec conjointement, dans le même boîtier, le deuxième opus du groupe : « T.N.T. » qui, dès sa sortie au début du mois de février 1976, connaît un succès phénoménal puisqu'il se vend à plus de 150.000 exemplaires, rien qu'en Australie.
Leur 3ème album « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » sort déjà en
septembre de la même année pour atterrir dans les bacs des disquaires, au niveau international, le 12 décembre. 10 millions de copie trouveront acquéreurs à travers le monde. L'album gardera la
1ère place au Bilboard pendant cinq semaines. « AC/DC » devient de plus en plus célèbre en Europe et pour raccourcir les délais entre la parution
des albums en Australie par rapport à celle dans le reste du monde, leur producteur Michael Browning entame de nouvelles négociations avec leur maison de disques
« Atlantic Records ».
Le prochain album des frères Young et de leurs comparses s'intitule « Let
There Be Rock » et est distribué en mars 1977 emmené par trois titres forts : « Let There Be Rock », « Hell Ain't
Bad Place To Be » et « Whole Lotta Rosie ». Le succès est immédiat avec 10 millions d'albums vendus et une surprenante notoriété en
Angleterre où le « Punk » est en train de déferler. Des changements s'opèrent au sein du groupe : Bon Scott s'affirme plus que jamais au chant et
Cliff Williams remplace Mark Evans à la basse. Le groupe part en tournée aux Etats-Unis et effectue notamment les premières parties de « Black
Sabbath » et de « Kiss » lequel sera relégué au rang de « faire valoir » par l'éblouissante prestation d'Angus
Young. En effet, ce dernier a tellement enflammé le public que « Kiss » ne parviendra pas à surprendre les spectateurs, même avec leur terrible
maquillage !
1978 est marqué par la sortie d'un nouveau disque « Powerage », qui se
distingue avec deux morceaux comme « Sin City » et « Riff Raff » (lequel contient un formidable solo
d'Angus Young), et par le premier « live » du groupe : « If You Want Blood (You've got it) » qui
sera reconnu comme l'un des meilleurs albums dans l'histoire du Rock.
En juillet 1979, c'est « Highway To Hell » qui est proposé aux fans dont le
nombre s'accroît sans cesse. Ce nouvel album sera conçu par deux producteurs successifs : tout d'abord, Eddie Kramer (qui s'occupait de « Led
Zeppelin » et de « Kiss ») est appelé mais, dès les premières sessions, il est contrecarré par les aspirations des membres du groupe. Finalement, c'est
Robert John « Mutt » Lange qui sera sollicité pour finaliser l'enregistrement. L'album recueille des éloges de tous les spécialistes qui le consacrent comme étant le
meilleur sous l'ère Bon Scott. De plus, il caracole à la première place des Charts américains (pendant 6 semaines), anglais (pendant 3 semaines) et australiens où il
tient le haut du pavé durant 14 semaines ! Outre « Highway To Hell », qui donne le titre à l'album, deux autres chansons se détachent par leur intensité
musicale : « If You Want Blood (You've got it) » (le titre que le groupe avait donné à leur premier « live ») et
« Touch Too Much » qui a une note « blues ». Malheureusement, le 19 février 1980, un terrible drame vient frapper le groupe de plein
fouet : Bon Scott trouve la mort après une forte consommation d'alcool. Ce dernier est retrouvé inanimé dans une voiture après une virée avec un ami et les médecins ont
conclu à une asphyxie provoquée par ses propres vomissements. Alors que cet événement sordide aurait pu entraîner la fin d' « AC/DC », les membres du groupe se
lancent à la recherche d'un successeur à leur regretté chanteur et le trouvent en la personne de Brian Johnson que Bon Scott connaissait et admirait tout
particulièrement pour ses capacités vocales.
L'ombre de ce dernier planera sur « Back In Black » qui sort en juillet
1980. Cet album sera la deuxième meilleure vente de l'année derrière « Thriller » de Michael Jackson avec 65 millions d'exemplaires vendus.
« Hell's Bells », « Shoot To Thrill », « Back In Black » et surtout
« You Shook Me All Night Long » seront les chansons les plus entendues et les plus connues. Cet album qui a la particularité d'avoir été conçu dans un délai
de 3 semaines (!) rafle la première place des classements australiens, français, anglais et américains. Il se hisse à la 73ème place des 500 plus grands albums de tous les temps
recensés par le magazine « Rolling Stone ».
Forte de ce nouveau gros succès, la bande aux frères Young se remet tout de suite au travail et réalise
« For Those About To Rock (We Salute You) » dont la sortie officielle s'effectue le 23 novembre 1981. Malgré un joli score de vente (12 millions
d'exemplaires écoulés), le disque sera moins bien accueilli que le précédent. Critiqué par une majorité de fans déçus de la disparition de Bon Scott, Brian
Johnson saura enfin se faire apprécier et enfin être reconnu définitivement comme le nouveau chanteur de la formation.
Il faut attendre le 15 août 1983 pour voir sortir « Flick Of The Switch »
qu' « AC/DC » autoproduit. L'album n'attirera pas les inconditionnels du groupe qui le bouderont dès sa sortie. C'est à ce moment aussi que Phil
Rudd décide de fausser compagnie à ses camarades suite à une altercation avec Malcolm Young.
« '74 Jailbreak » sort quatorze mois plus tard, le 15 octobre 1984, avec 4
chansons contenues dans la version australienne de « High Voltage » et une issue, toujours de la version australienne, de « Dirty Deeds Done
Dirt Cheap » interprétées à l'époque par Bon Scott.
En juin 1985, « AC/DC » boucle « Fly On The
Wall » qui, d'emblée, déçoit. Le groupe mange son pain noir et n'a plus la cote. Par contre, il fait toujours recette lorsqu'il part en tournée. Mais les grands groupes ne
meurent jamais et il faut un petit coup de pouce du destin pour que la machine reparte en guerre. Stephen King sollicite « AC/DC » pour la musique de
son film « Maximum Overdrive » et c'est le jackpot !
Produit pour la première fois depuis 1978 par Harry Vanda et George Young,
« Who Made Who » paraît le 27 juin 1986 et relance le combo avec 9 millions d'albums vendus à travers le monde. Cet album est, en fait, une compilation avec
trois titres inédits : les instrumentaux « D.T. » et « Chase The Ace » et la chanson « Who Made
Who » qui est un clin d'œil au groupe « The Who » dont les frères Young avouent avoir été influencés.
« Blow Up Your Video » est le prochain album
d' « AC/DC » et paraît le 18 janvier 1988. Enregistré au Studio Miraval en France, il est plus rock'n'roll qu'heavy metal et
suscitera des critiques très positives malgré qu'il ne se vendra « qu'à » 4 millions d'exemplaires. « That's The Way I Wanna Rock'n'Roll » et
« Heatseeker » feront un malheur sur scène. Une scène qu'abandonne Malcolm Young qui, contrarié par de gros problèmes
d'alcool, cédera momentanément le témoin à son neveu Stevie pour honorer les 110 dates prévues pour la tournée aux Etats-Unis. 1989 marque à nouveau un changement dans le
groupe : Simon Wright décide d'aller voir ailleurs et c'est Chris Slade qui prend sa place à la batterie.
Malcolm Young revient donc l'année suivante qui salue la parution, le 24 septembre 1990, d'un nouvel opus : « The Razor's Edge » qui s'écoulera à 9
millions d'exemplaires, rien qu'aux Etats-Unis. Cette fois, c'est du heavy metal avec, notamment, « Thunderstruck », la plage titulaire de l'album.
Bruce Fairbairn assure la production et l'enregistrement se déroule à Vancouver au Canada. D'autres titres se font remarquer comme « Are You
Ready », « Moneytalks » et « Fire Your Guns ».
Avec ce nouvel album sous le bras, les australiens repartent en tournée et profite pour sortir un second enregistrement
« live » tout simplement intitulé « AC/DC live ». Ensuite, le groupe va prendre un peu de recul et afin de ne pas trop laisser ses fans
s'impatienter, un single « Big Gun » sort en 1992 sur la bande originale du film « Last Action Hero » avec Arnold
Schwarzenegger.
Trois longues années espaceront la sortie de « Ballbreaker » le 26 septembre
1995 qui verra le retour de Phil Rudd à la batterie. Plus blues rock, l'album est produit par Rick Rubin (qui a notamment travaillé avec les
« Red Hot Chili Peppers ») et Mike Fraser et est enregistré aux Ocean Way Studios aux Etats-Unis. Le combo enchaîne avec un
« Ballbreaker Tour » très enthousiaste où tous les membres sont au faîte de leur art.
S'ensuivra une nouvelle longue période de cinq ans, cette fois-ci, avant la sortie de « Stiff Upper Lip » le 25
février 2000, produit par George Young. La plage titulaire qui donne le titre à l'album s'emparera de la seconde place dans les Charts mondiaux et le groupe
entreprendra une nouvelle grande tournée pour laquelle un DVD live sera conçu. En mars 2003, ce sera la consécration pour « AC/DC » qui fêtera son
intronisation dans le prestigieux Rock'n'Roll Hall Of Fame et, à cette occasion, le groupe interprétera deux grands classiques de son répertoire : « Highway To
Hell » et « You Shook Me All Night Long ».
L'événement en cette fin d'année 2008 est la sortie récente d'un tout nouvel album baptisé « Black Ice » qui est en passe de devenir le plus gros succès du groupe puisqu'il s'est classé numéro 1 dans 29 pays ! Ce quinzième album studio est très riche puisqu'il ne contient pas moins de 15 titres dont « Rock'n'Roll Train », « War Machine », « Decibel », « She Likes Rock'n'Roll » et, bien sûr, « Black Ice » sont les plus emblématiques. Pour le moment, le groupe est en tournée pour la promotion de cet album et passera par la Belgique au Sportpaleis d'Anvers les 1er et 3 mars 2009. Inutile de vous signaler que tous les tickets disponibles se sont vendus comme des petits pains en quelques heures à peine ! Un succès mérité pour ce groupe que, personnellement, j'ai découvert sur le tard mais dont j'apprécie hautement le parcours artistique. Je décernerai également une mention spéciale à Angus Young, pour l'impulsion extraordinaire qu'il aura donnée sur la fantastique carrière d' « AC/DC », à son personnage, fait d'extravagances et de facéties provocatrices auréolées d'un génie instrumentiste sans précédent !
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