Les grands noms de l'Opérette

Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 22:06

José Todaro photo

1972… Nous habitons, mes parents, mon frère et moi, chez ma grand-mère qui tient un café sur la Place du Manège à Charleroi, devant le Palais des Beaux-Arts. Nous sommes venus la rejoindre début 1968, au lendemain du décès de mon grand-père. En cette année, le temple carolorégien de l’Opérette accueille, entre autres, José Todaro dans « Gipsy », la nouvelle création de Francis Lopez. Depuis qu’elle a été jouée pour la toute première fois le 18 décembre 1971 au Théâtre Sébastopol de Lille, « Gipsy » fait les beaux soirs du Châtelet à Paris depuis le 19 février 1972… La prestance et la splendide voix de José Todaro contribuent au succès sans cesse croissant d’une œuvre appelée à s’exporter dans les pays limitrophes dont la Belgique pour commencer… Charleroi est une étape inévitable car le public carolorégien est friand d’opérettes et est reconnu pour être l’un des plus connaisseurs dans cette spécialité. Mon père et ma mère assistent au spectacle et, au terme de celui-ci, décident d’aller prendre un verre dans l’établissement « La Terrasse » situé à proximité de l’entrée des artistes qui conduit aux coulisses et aux loges du Palais des Beaux-Arts. Quelle n’est pas leur surprise quand ils aperçoivent le talentueux ténor franchir le pas de la porte, suivi de plusieurs membres de l’équipe du spectacle ! Malheureusement, la salle est comble et devant la désolation du patron de « La Terrasse », José Todaro fait signe à ses camarades de rebrousser chemin. Embêté par la déception de l’artiste à pouvoir passer un bon moment avec sa troupe avant un repos bien mérité, mon père invite ma mère à se lever afin qu’ils s’effacent au profit du ténor et de ses collègues. Il s’empresse donc d’avertir José Todaro que des sièges sont désormais libres mais, très poliment, en le remerciant vivement pour son geste, ce dernier décline sa proposition en lui confiant qu’il ne reviendra pas de sitôt dans cet établissement. Mon père a alors une brillante idée et lui dit :

Si vous le voulez, je suis disposé à vous accueillir au Café « Le Manège » où je travaille, de l’autre côté de la place…

Touché par cette aimable proposition, le chanteur accepte mais devant le périple de traverser la place à pied, il choisit sagement de reporter sa venue au lendemain soir après la dernière représentation. Mes parents reviennent et annoncent à ma grand-mère l’arrivée de Todaro demain en fin de soirée. Elle n’en croit pas ses oreilles et dit à mon père que le ténor lui a lancé des promesses en l’air… Le soir venu, nous sommes tous réunis dans le café et nous regardons les minutes s’écouler à l’horloge au-dessus du comptoir. Le marchand de sable est passé depuis longtemps et devant l’heure avancée, nous ne nous faisons plus aucune illusion quand soudain, nous voyons deux grosses voitures noires s’arrêter devant le café. José Todaro et Maria-Hélèna de Oliviera, son épouse à la ville, sortent du premier combi, imité par d’autres artistes membres de la troupe qui s’extraient du second et qui les accompagnaient déjà la veille lorsqu’ils avaient voulu s’installer à « La Terrasse ».  Très ému par le respect de leurs engagements, mon père les salue très chaleureusement et les invite à prendre place. Du haut de mes 10 ans, je contemple cette venue avec des étoiles plein les yeux, des yeux émerveillés qui ne quittent pas le ténor et sa jolie épouse. Jus d’orange pour tout le monde et le jeu des dédicaces peut enfin débuter… On sort les disques que la vedette se fait une joie de signer au gros marqueur noir. Ces instants magiques passent malheureusement trop vite et la vedette doit partir. Comme pour sceller une amitié qui vient de naître, mon père lui demande s’il veut bien nous adresser un petit bonjour lorsqu’il passera à la télévision… Le ténor lui répond alors que c’est difficilement concevable mais qu’en revanche, il fera un clin d’œil uniquement à notre attention… Ce qu’il fera lors d’un passage dans « Midi Magazine », l’émission présentée par Danièle Gilbert ! Depuis ce soir inoubliable où il nous a rendu visite, les rencontres se sont succédé : à sa sortie des loges à la fin de la revue « Charleroi Tout Ring » élaborée pour la mise en service de la petite ceinture autoroutière de Charleroi en 1976 et pendant laquelle il interpréta, avec beaucoup d’émotion, « La Fanette » de Jacques Brel; au terme de « Pêcheur d’étoiles » (une opérette d’Alain Vanzo), de « La Belle de Cadix », d’ « Andalousie » et du « Chanteur de Mexico » qu’il reprit également au Palais des Beaux-Arts. Nous le vîmes également dans « Le Pays du Sourire » au Palais Opéra Royal de Wallonie à Liège et la dernière fois, ce fut à nouveau dans « Gipsy » à Charleroi pendant le week-end des 17 et 18 novembre 2007 pour ce qui constitue l’avant-dernière opérette à avoir été jouée au Palais des Beaux-Arts (la dernière étant « Victoria et son hussard » en janvier 2008). Outre ces formidables retrouvailles, ne négligeons pas non plus de signaler qu’il participa à un concert « 3 Ténors » avec Alain Vanzo et Carlo Di Angelo à la Basilique Saint-Christophe de Charleroi le samedi 22 juin 1996 et qu’il chanta à Lobbes pour l’ASBL « Julie et Mélissa » le dimanche 25 mai 1997. On épinglera également son passage au Théâtre de Namur les 6 et 7 novembre 2004 dans « Andalousie ». Fin 2009, je me suis rappelé à son bon souvenir en lui envoyant mes vœux pour la nouvelle année, un courrier que je réitérai l’année suivante avec, à chaque fois, une réponse sympathique et très rapide de sa part. Depuis, je suis toujours régulièrement son actualité et il animera prochainement les fêtes de fin d’année à Lamalou-Les-Bains (Département de l’Hérault, Languedoc-Roussillon) pour le 8ème Fêt’Opéret’Lamalou qui consacre son festival à l’Opérette et à José Todaro du 26 décembre 2011 au 2 janvier 2012. Le ténor présentera son spectacle « L’univers de José Todaro » le 31 décembre à partir de 19 heures en compagnie de son épouse Leina Oliviera, les Ballets Espagnols et l’Orchestre du Festival d’Opérette sous la direction de Charly Oleg. Il sera à nouveau sur la brèche pour un concert du Nouvel An le 1er janvier à 16 heures et une rencontre est organisée en sa présence le 2 janvier à 11 heures avant une dernière apparition pour le gala de clôture à 18 heures.

José Todaro 3  

José Todaro naît le 2 octobre 1940 à Tripoli de parents italiens. La famille émigre à Agrigento, sur la Côte Sud de la Sicile. Entouré de ses parents et de ses frères, l’enfance du petit Giuseppe est bercée d’airs de Bel Canto. Le plus beau récit de ces souvenirs dorés, c’est José Todaro qui le livre lui-même au dos de son plus beau disque « José Todaro chante l’Opéra » (Decca, 1975) dans l’émouvante lettre qu’il dédie à son père et que je reproduis ci-après dans son intégralité :

 

« Mon cher Papa,

C’est à toi que je dédie mon premier enregistrement d’Opéra ainsi que je t’en avais fait la promesse à Agrigento, tu t’en souviens ?

 

Si aujourd’hui je peux chanter les œuvres de ces compositeurs prestigieux, avec émotion et fierté, c’est à toi que je le dois, toi qui as su entourer mon enfance d’une chaleureuse ambiance familiale où le Bel Canto avait une grande place, toi qui m’as encouragé à développer cette vocation que tu avais décelée en moi.

 

À chaque instant de ma vie, il y a toujours un air qui me ramène à ces temps heureux d’Agrigento où nous nous réunissions entre amis pour chanter nos refrains préférés, ces souvenirs ne peuvent s’oublier et il m’est doux de penser à la joie que je t’apporte en te dédiant ce disque.

 

Dis à Maman, toujours inquiète pour la santé de ses enfants, que si je travaille beaucoup, ainsi que l’exige mon métier, elle ne doit pas se faire de soucis pour moi. Quand on a le bonheur d’exercer cet art, la fatigue ne compte pas.

 

Dis-lui aussi que ma vie professionnelle est étroitement liée à ma vie familiale et que j’ai pu fonder un foyer sur le modèle du vôtre.

 

Que ma petite Rose-Marie soit la messagère de notre affection; je lui confie la mission de vous faire, du haut de ses 2 ans ½, un collier de ses bras pour vous embrasser, Maman et toi.

José. »

José Todaro 1bis

 

Non seulement, Giueseppe est très vite attiré par la musique mais ses parents lui inculquent les vraies valeurs de la vie et le sens de la famille. Il travaillera aussi très jeune dans une aciérie dans la région de Metz, où ses frères sont installés, pour subvenir à ses besoins et envisager des études musicales qu’il effectue au Conservatoire de Metz dans la classe de Georges Genin, ténor de l’Opéra de Paris qui triompha notamment dans « Faust », « Tosca », « Carmen », « Roméo et Juliette », « La Bohème » et « Werther ». Reconnu pour sa puissance vocale et sa clarté, Georges Genin reconnaît les mêmes qualités chez son protégé et lui prédit un bel avenir s’il respecte scrupuleusement les enseignements qu’il lui prodigue avec soin et méticulosité. José croit en son destin et à 22 ans, il entre comme choriste au Théâtre de Mulhouse. Patiemment, il découvre peu à peu les facettes de son futur statut de grande vedette car de petits rôles de soliste lui sont attribués. En 1965, il tient son premier grand rôle dans « La Bohème » où il incarne le personnage de Rodolphe. Sa prestation ayant été très appréciée de la critique, il est invité à se produire à l’Opéra de Gand dans « Mireille », « La Traviata », « Manon » et « Rigoletto » où il campe un Duc de Mantoue infiniment convaincant. Alors que rien ne le prédestinait à l’Opérette, Georges Springers, le directeur des Éditions Royalty qui détenaient les droits, entre autres, de films, de musiques comme, par exemple, celle du compositeur Georges Delerue pour « Tirez sur le pianiste » et des chansons du « Chanteur de Mexico », lui propose justement de reprendre cette célèbre œuvre de Francis Lopez pour une série de 8 représentations au Grand Théâtre de Limoges pour la fin de l’année 1967.

C’est donc Springers qui est à l’origine de cette étonnante bifurcation dans la carrière du ténor qui, pourtant, ne délaissera pas l’Opéra pour autant puisqu’il est à nouveau très applaudi dans « La Bohème » à l’Opéra de Wallonie début 1968 et en mars de la même année, il décuple l’enthousiasme des spectateurs de l’Opéra de Liège dans « Le Prince Igor » de Borodine. Les contrats, ainsi que les éloges des spécialistes musicaux, s’amoncellent : de récitals en galas lyriques, en Alfredo dans « La Traviata » ou en Cassio dans « Othello » (Opéra de Marseille, 1970), José Todaro ne laisse que d’excellents souvenirs de ses passages. Il est également à l’affiche des opéras « Les Pêcheurs de perles » et « Lucie de Lammermoor » pour lequel il tiendra le rôle d’Edgar qui lui vaudra notamment de fervents applaudissements de la part du public lillois. Le 14 juillet 1970 un peu avant minuit, l’Opérette perd son Prince : Luis Mariano décède après avoir porté « La Caravelle d’Or » à bout de bras… Francis Lopez est inconsolable, il a perdu son ami, son frère et avec la disparition de Mariano, c’est le monde de l’Opérette qui vacille. Afin de faire continuer à vivre cet art pour lequel il voue un amour sans bornes et comme pour perpétuer le souvenir de Mariano, Lopez se met à la recherche de son successeur et il vient à songer à ce jeune ténor dont les brillants échos de sa prestation dans « Le Chanteur de Mexico » lui étaient parvenus. La rencontre est organisée et Lopez est enthousiasmé par le charisme et la fraîcheur de sa nouvelle recrue. Bien qu’étant un peu réticent, Todaro cède aux arguments de Lopez et réalise ainsi le vœu de Mariano qui voyait en lui son digne héritier. Motivé par cette entrevue on ne peut plus positive, Francis Lopez décide d’écrire une nouvelle opérette dont le titre sera « Gipsy ». Après des débuts prometteurs avec peu de moyens à Lille, Lopez envisage de la faire jouer dans un lieu mythique plus apte à faire ressortir son lustre : le Châtelet à Paris ! Depuis la mort de Mariano le fameux théâtre est confiné dans de sérieux problèmes financiers et il a besoin d’un nouveau souffle salvateur. « Gipsy » sera sa bonbonne d’oxygène et le Châtelet renaîtra de ses cendres puisque l’opérette sera jouée plus de 600 fois !

José Todaro 2bis

Le public est conquis par ce beau ténor au regard pétillant, au timbre clair et puissant, à l’accent savoureux et dont le seul désavantage est d’être moins grand, par la taille bien évidemment, que son illustre prédécesseur. Autour de Todaro, la distribution est éclatante : en plus du fidèle Maurice Baquet qui joue le comique de service, Jean-Marie Proslier et Max Montavon apportent leur lot de bonne humeur. Cyril Tcharenko est un brillant Rodolf et les voix féminines sont excellemment bien mises en valeur avec Nicole Briard, Jeanine Roux et Sylvia Paule. En outre, la chorégraphie du spectacle est rehaussée par la présence de Jacques Chazot dont on connaît l’efficacité en la matière. Après une tournée en province ainsi qu’en Belgique qui s’étalera sur plusieurs mois, Francis Lopez se remet à l’écriture d’un nouveau manuscrit : c’est « Volga » dont la première est jouée le 26 novembre 1976 avec la participation d’une certaine Lena Oliviera qui n’est autre que l’épouse du ténor dont le cœur fut conquis quelques années auparavant dans « Carmen » au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles… Lena avait les traits de la troublante cigarière et José campait le fougueux Don José. Malheureusement, « Volga » ne connaîtra pas le même retentissement que « Gipsy » et au bout d’un plus d’un an de représentations, Todaro décide de passer le flambeau à André Jobin qui, malgré un respectable bagage vocal, ne parviendra pas à faire oublier la chaleur du ténor sicilien qui, de son côté, est engagé par différents organisateurs de spectacles afin de faire revivre « La Belle de Cadix », « Andalousie », « Le Chanteur de Mexico » et même « Le Prince de Madrid » sur de nombreuses scènes françaises et belges.

José Todaro Volga

José Todaro volga 2

Mais José n’a jamais oublié l’art qui l’a révélé et en 1979, il répond aux sirènes du prestigieux Opéra de Paris qui le voit apparaître, entre autres, dans «  Der Rozenkavalier », « Salome », « Don Quichotte », « Pagliacci », « Boris Godounov », « Turandot »… C’est près d’une quarantaine de rôles qui s’inscriront à son impressionnant palmarès qui s’enrichira aussi d’œuvres viennoises comme « Le Baron Tzigane », « Le Pays du Sourire » et « La Chauve- Souris » pour lesquels il gravera un magnifique disque « Vienne, ville de mes rêves/Les Grands Airs d’Opérette Viennoise » paru en 1996 chez BMG et réédité en 2003 chez RCA Red Seal.

José Todaro Vienne

José Todaro opérette viennoise

Au cours du mandat qui le lie à l’Opéra de Paris, José Todaro aura toutefois le privilège de fouler la scène de l’Opéra de Rio de Janeiro où il interprétera, avec une conviction stupéfiante, le rôle de Mario Cavaradossi dans « Tosca » de Puccini. Après 11 ans de bons et loyaux services, José Todaro se consacre à nouveau à l’opérette puisqu’à peine 6 mois après avoir quitté l’Opéra de Paris, il se produit pour une représentation unique de « La Belle de Cadix » au Centre Culturel d’Auderghem le dimanche 25 avril 1993.

José Todaro affiche Mogador

Le 5 mars 1995, il est de retour dans la même salle pour une version en concert surprenante de « La Traviata » chantée en… français ! Courant 1995, il fête les 50 ans de « La Belle de Cadix » en reprenant la légendaire opérette au Théâtre « Mogador » à Paris. José Todaro aime à se produire en Belgique et les 30 et 31 août 1997, il reprend « La Belle de Cadix » à Ath avec une mise en scène de Jacques Taylès et une direction d’orchestre assurée par Jacques Grosjean, deux figures emblématiques des belles années de l’Opérette au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Cependant, José a décidé de restreindre son rayonnement artistique pour se produire plus souvent… en famille. Depuis 1998, par l’entremise de sa propre société de production Todarte qu’il a créée, José Todaro propose un spectacle intitulé « Tout l’univers de José Todaro » où il reprend, à la plus grande joie du public et accompagné de son épouse Leina Oliviera, de son frère Carlo di Angelo, et de sa fille Angelina,  des airs d’opérettes (« Gipsy », « Mexico »,…) mais aussi d’autres chansons très connues appartenant aux répertoires italien et espagnol tels « O Sole Mio », « Funiculi Funiculà » et « Granada », ainsi que des oratorios et des extraits d’opéras (« Carmen », « Il Trovatore », « Nabucco »).  En 2001, José est la grande vedette au programme du Théâtre d’Opérette de Lyon puisqu’en plus de « Gipsy » les 3 et 4 février, il est l’invité d’un gala en hommage à sa carrière le dimanche 25 février. Durant la même année, il reprend « La Belle de Cadix » au Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins. En janvier 2002, José et son épouse se produisent au Palais des Congrès de Tours accompagné des Chorales de l’Association Bord-de-Loire. L’année suivante, le ténor répond à une nouvelle sollicitation du Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins pour incarner encore une fois le séduisant Carlos dans « La Belle de Cadix ». Le samedi 24 mai 2003, il interprète l’ « Hymne des Nations » de Verdi au cours du Festival « Chœurs en fête » au Théâtre Municipal « Le Colisée » à Lens. Soulignons, au passage, qu’en 1992, José Todaro a enregistré sur CD une excellente version de cette œuvre ainsi que la « Messa di gloria » de Puccini avec le concours du baryton-basse Frédéric Vassar et les orchestres de Sénart et Ama-Deus sous la direction de Richard Bourdarham (Amadeus Musique Production, 1992). En 2004 et en 2006, il honore, par le biais du baryton Eric Pezon, l’invitation de la Mairie de Nuits-Saint-Georges afin de présenter son spectacle lyrique. Le 16/11/2008, José se produit à l’Auditorium du Centre des Congrès à Lyon et le 22 février 2009, il est en vedette du Concert du Printemps organisé à Sainte-Marie-aux-Chênes, près de Metz, où il est accompagné par la Chorale « Chœur de Chêne ».


José Todaro Hymne des Nations

 

Voilà donc résumés les principales dates et faits majeurs qui ont marqué la carrière exemplaire de ce formidable artiste qui nous émerveille non seulement par sa voix mais également par sa chaleur, sa gentillesse et sa générosité.

 

D’autres disques de José Todaro

Jose-Todaro-copie-1.jpg

  José Todaro chante Francis Lopez

José Todaro Francis Lopez

  José Todaro chansons napolitaines

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José Todaro la voix d'or

La voix d'or de José Todaro

José Todaro ses plus grands succès

  Dernier CD "Ses plus grands succès" paru en 2000

 

Les DVD   José Todaro DVD Gipsy

Toute la magie de l'Opérette résumée dans cette captation en couleurs de "Gipsy" au Théâtre du ChâteletJosé Todaro est en grande forme vocale : il aborde chaque interprétation avec enthousiasme et concentration, sa voix est puissante et splendide, les phrasés sont d'une grande justesse et son accent apporte également sa part d'ensoleillement. Les vibratos sont bien réguliers dans les aigus et le ténor dose admirablement sa voix, très à l'aise en "piano" ou en "forte". Passons sur les décors et retenons les ballets où Jacques Chazot vient apporter une contribution chorégraphique de grande classe en compagnie de la danseuse étoile Danièle Fugere. Parmi les autres acteurs, outre le grand numéro de comique de service splendidement assuré par l'éternel Maurice Baquet, retenons la très jolie voix de Cyril Tcharenko dans "Mayerling" ainsi que les prestations plus qu'honorables de Jeanine Roux ("Zingara", "Je t'attendrai") et Nicole Briard ("Monsieur Johann Strauss"). Soulignons également le passage où José Todaro interprète "Bohémienne" en duo avec son frère Carlo Di Angelo. En ce qui concerne la direction musicale, André Martial ne maîtrise malheureusement pas les maladresses de son percussionniste qui, manifestement, était dans un mauvais... soir car il se plante magistralement dans quelques reprises....

Opérettes vol 1

Opérettes de toujours Vol. 1 aux Editions Montparnasse : José Todaro apparaît dans le thème principal de "Volga" et en duo avec Maria Candido dans un extrait du "Pays du Sourire" ("Qui dans nos coeurs fait fleurir l'amour").

Opérettes vol 2

Opérettes de toujours Vol. 2 aux Editions Montparnasse avec notamment deux extraits de "Gipsy" (le Ballet Stanislas Zmarzlik et l'interprétation de José Todaro dans "Je suis un vagabond").

José Todaro Gipsy

José Todaro dédicace

Une gentille dédicace spécialement à mon attention lors de l'entracte du "Chanteur de Mexico" au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (décembre 1992)...

 

Cher José, je te renvoie le même compliment... Cet article, je te le dédie avec toute ma sympathie.

Par BERNIE - Publié dans : Les grands noms de l'Opérette - Communauté : Toutes les musiques
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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 21:12

Depuis l’article consacré à Luis Mariano, vous savez maintenant que j’ai toujours adoré l’Opérette. La récente disparition de Paulette Merval le 21 juin 2009 m’a fait renaître à nouveau, avec nostalgie, des souvenirs de belles soirées de spectacles au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.  On le sait, les plus belles années de l’Opérette sont désormais derrière nous et seuls quelques fidèles s’obstinent à raviver la flamme. Il est vrai que la jeune génération de nos jours est plutôt attirée par d’autres univers musicaux; vous allez évoquer Marcel Merkès et Paulette Merval devant un parterre d’ados et un grand point d’interrogation se dessinera au-dessus de leur tête. Une partie vous traitera même d’éternels ringards… C’est un peu normal, on ne peut pas leur demander ni même les soustraire à aimer cet art mais c’est un peu dommage aussi que la relève éprouve beaucoup de difficultés à s’assurer. Soit, nous ne sommes pas ici pour commencer un débat mais pour rendre hommage à un couple pionnier de l’Opérette et espérer qu’à la lecture de cet article, de nouveaux adeptes viendront rejoindre les « résistants »… On peut rêver !

 « Rose-Marie », « L’Auberge du Cheval Blanc », « Vienne Chante et Danse », « Michel Strogoff », « La Veuve Joyeuse », « Les Amants de Venise », « Valses de Vienne », « Le Comte du Luxembourg », « Le Pays du Sourire », « Princesse Czardas », « Douchka », « Les Cloches de Corneville », « Rêve de Valse » et « Violettes Impériales »… sont les principales opérettes dans lesquelles ce couple mythique a joué et dont quelques extraits les plus connus vous sont ici proposés avec des vidéos « faites maison ».

Dès leur naissance, les événements vont se succéder afin que nos tourtereaux se rencontrent et unissent leur existence… Marcel naît le 7 juillet 1920 à Bordeaux, chef-lieu d’Aquitaine tandis que Paulette, elle, patientera quelques mois pour voir le jour le 3 novembre 1920 à La Roche-Chalais… dans la même région d’Aquitaine. Ils fréquentent tous les deux le Conservatoire de Bordeaux et c’est là que Cupidon lance ses flèches dans le cœur des deux amoureux ! Ils ne traîneront pas pour se marier : ils se passent la bague au doigt le 27 décembre 1939. C’est par deux opéras que Marcel débute pourtant sa carrière, dans « Manon », un opéra de Jules Massenet, au Grand Théâtre de Bordeaux en interprétant le rôle de Des Grieux et ensuite dans « Werther » du même auteur. Paulette suit les cours de chant et de violon avec succès mais très vite, elle se rend compte que son meilleur instrument est sa voix nanti d’un très joli timbre. Nous sommes en 1945 et l’Opérette est en « plein boum » : Francis Lopez et Luis Mariano triomphent dans « La Belle de Cadix » et Henri Varna, le directeur du Théâtre du Mogador cherchent de jeunes talents pour concurrencer son collègue Maurice Lehmann du Châtelet. De plus, André Dassary fait les beaux soirs de la Gaité-Lyrique avec « Chanson Gitane ».

Pour Henri Varna, soucieux de suivre la tendance, il faut frapper un grand coup et il ne doit pas se tromper sur son recrutement dans la perspective de la reprise de « Rêve de Valse » d’Oscar Straus. Il auditionne de nombreux candidats dont Marcel Merkès recommandé par Maurice Escande, Sociétaire à la Comédie-Française et époux de l’actrice Mary Marquet. Le billet de recommandation va peser lourd dans la balance et le jeune Marcel convainc Varna par son assurance et sa belle tessiture de baryton Martin (autrement dit, baryton léger; c’est une tessiture élevée et claire, la plus agile mais aussi la moins large dramatiquement de toute la famille des barytons). Il tient donc « son » Maurice de Fontségur, le personnage principal de l’œuvre. Il ne lui reste plus qu’à trouver l’héroïne et Marcel ne se fait pas prier pour lui présenter son épouse. Varna n’hésite pas l’instant d’une seconde; pour lui, la réalité rejoint la fiction, le couple à la ville jouera les jolis cœurs sur scène : il jette son dévolu sur Paulette ! La première de « Rêve de Valse » est donnée le 22 mars 1947 et le succès est immédiat ! Rassuré et enthousiasmé par l’engouement suscité par cette représentation, Henri Varna envisage un nouveau projet pour son jeune protégé.

Ce sera « Violettes Impériales » de Vincent Scotto qui occupe l’affiche du 31 janvier 1948 au 5 février 1950. Le fait ne se produira qu’à deux reprises mais il convient de le signaler : Marcel Merkès n’a pas à ses côtés sa fidèle épouse mais bien Lina Walls qui convient le mieux, surtout pour le teint, pour incarner Violetta. Quant à Paulette, elle poursuit sa carrière séparément dans d’autres opérettes : « Véronique » d’André Messager (1853-1929), « La Fille de Madame Angot » de Charles Lecocq (1832-1918) et « La Veuve Joyeuse » de Franz Lehár (1870-1948) qui la conduisent dans de nombreuses villes de France ainsi qu’en Suisse et en Belgique. Avant de retrouver sa chère compagne, Marcel Merkès se produit ensuite au Théâtre du Châtelet, aux côtés de Lili Fayol, dans la comédie musicale « Annie du Far West », adaptée de la création américaine « Annie Get Your Gun » (je trouve le titre de la version française beaucoup plus séduisant, ce n’est pas une première !) d’Herbert et Dorothy Fields avec une musique composée par Irving Berlin (on lui doit « White Christmas » immortalisé par Bing Crosby). Pendant ce temps, Paulette est engagée dans une reprise de « Rose-Marie » au Théâtre de l’Empire dont la mise en scène est de Maurice Lehmann. Mais Henri Varna souhaite réunir à nouveau les amants séparés pour une reprise de « La Veuve Joyeuse ».

 « O Ma Rose-Marie » (« Rose-Marie »)

« Pour Être Un Jour Aimé De Toi » (« L’Auberge du Cheval Blanc »)

Son objectif est cependant contrarié par la naissance d’Alain Merkès et cet heureux événement consacrera Marina Hotine dans le rôle de la partenaire de Marcel. Marina Hotine se montrera à la hauteur de sa promotion, elle s’était d’ailleurs, auparavant, brillamment illustrée aux côtés d’André Dassary dans « Chanson Gitane » de Maurice Yvain (1891-1965). Néanmoins, Paulette et Marcel se retrouvent pour « Violettes Impériales » au Théâtre de l’Alhambra à Bruxelles avant de la jouer à Genève et ensuite sur les grandes scènes françaises. Henri Varna se rappelle au bon souvenir du couple vedette pour « Les Amants de Venise », la dernière opérette de Vincent Scotto (qui décède le 15 novembre 1952), d’après des romans « Le Pont des Soupirs » et « Les Amants de Venise » de Michel Zévaco, qui tient les spectateurs du Mogador en haleine pendant un peu plus de deux ans, du 5 décembre 1953 au 9 décembre 1955. 

Le couple enchaîne sur « Les Amours de Don Juan » de Juan Morata (1899-1977) dont la musique séduit immédiatement Henri Varna. Les trois coups sont donnés le 23 décembre 1955 et le couple Merkès/Merval assure les représentations pendant 16 mois avant de passer le relais à Jacques Jansen et Jacqueline de Bourges. Cette opérette recueille un très grand succès et les éloges de la presse. Dans les colonnes du « Monde », Claude Sarraute écrit : « Le luxe de ce spectacle est l’un des plus somptueux qui nous aient été présentés jusqu’à ce jour au Théâtre Mogador ». En 1956, le cinéma fait les yeux doux à Marcel Merkès qui tourne dans deux films : « Trois de la Canebière », d’après l’œuvre de Vincent Scotto, et l’année suivante, « Trois de la Marine » pour lequel Paulette fait également partie de la distribution. Le couple vedette aborde les années 60 sans complexe malgré que l’Opérette doive affronter la « nouvelle vague ». Merkès reprend « Violettes Impériales » seul au Mogador avant de retrouver son épouse dans une nouvelle mouture de « Rêve de Valse », sur la même scène, à partir du 24 février 1962. Le couple ne sera plus jamais séparé avant le dernier rideau. Ensuite, Marcel et Paulette partent pour une nouvelle tournée en province pour 150 représentations de « Violettes Impériales » avant de reprendre « Rose-Marie » au Mogador à partir du 23 novembre 1963. Henri Varna en est persuadé : l’Opérette n’est pas prête de s’éteindre; au contraire, il conforte la popularité de Marcel et Paulette avec une nouvelle création : ce sera « Michel Strogoff » d’après l’œuvre de Jules Verne et dont la composition musicale est confiée à Jack Ledru (c’est également lui qui signe la partition de « Vienne Chante et Danse » en 1967 et, auparavant, il avait créé la musique de « Farandole d’Amour » pour Rudy Hirigoyen en 1962).


 « Vienne Chante Et Danse » (« Vienne Chante Et Danse »)

« Nadia » (« Michel Strogoff »)

« Heure Exquise » (« La Veuve Joyeuse »)

 

La première de cette opérette est donnée le 5 décembre 1964 et tiendra l’affiche pendant une année entière. Après ce nouveau succès, Marcel et Paulette repartent sur les routes de province avec « La Veuve Joyeuse » avant de revenir à Mogador pour une reprise des « Amants de Venise » à partir du 26 novembre 1966. Durant une année, le couple fait une pause afin de satisfaire aux prestations télévisées et à quelques séances d’enregistrements. Du 25 novembre 1967 au 12 novembre 1969, Marcel et Paulette se produisent dans « Vienne Chante et Danse » qui, malheureusement, s’apparentera à un chant de cygne pour Henri Verna qui disparaîtra quelques mois avant la fin des représentations. Aussi bien à Paris qu’en tournée, cette opérette récoltera un immense succès. Après la dernière, une nouvelle tournée triomphale s’ensuivra sous des applaudissements très nourris sur les plus grandes scènes de France et de Belgique.


 « Les Amants De Venise » (« Les Amants De Venise »)

« Désir De Rire, Plaisir d’Aimer » (« Valses de Vienne »)

« Je Vous Aime À Jamais » (« Le Comte Du Luxembourg »)



 « Prendre Le Thé À Deux » (« Le Pays Du Sourire »)

« Il Est Une Femme Au Monde » (« Princesse Czardas ») 

Les années qui passent ne semblent pas avoir d’emprise sur l’enthousiasme inaltérable de notre couple vedette qui planche sur une toute nouvelle création de Charles Aznavour et Georges Garvarentz. Le 2 octobre 1973, les fidèles spectateurs du Mogador retrouvent avec le même plaisir leurs artistes favoris dans « Douchka » dont les représentations dureront jusqu’au 31 août 1974. Le jeune Alain Merkès profitera du soutien de ses célèbres parents pour faire ses débuts dans l’Opérette. Ce nouveau succès débouche sur une nouvelle tournée où le couple jouera les éternels amoureux pendant deux ans avant de reprendre « Vienne Chante et Danse » en 1976. Les sollicitations s’accumuleront à un tel point que le spectacle sera joué jusqu’en 1979 ! Marcel Merkès et Paulette Merval envisagent pourtant à mettre un terme à leur carrière et souhaitant terminer en beauté, ils choisissent de rejouer dans « Princesse Czardas » d’Emmerich Kálmán (1882-1953).


 « Mon Amour, On Se Retrouvera » (« Douchka »)

« J’Ai Fait Trois Fois Le Tour Du Monde » (« Les Cloches de Corneville »)

Ce sera leur dernière grande opérette et à partir de 1984, le couple ne se produit plus que dans des récitals intitulés « Nos amours d’opérettes » à l’Olympia, à deux reprises, et en 1994 pour un ultime concert à la Salle Pleyel. Marcel et Paulette vont ensuite se retirer dans leur très jolie ferme en Aquitaine afin de goûter à un repos bien mérité. Ils ne seront pas oubliés pour autant; au contraire, ils seront honorés à de maintes reprises pour leur carrière exemplaire et pour tout ce qu’ils auront apporté à l’Opérette, un art qu’ils ont aimé et animé du plus profond de leur être. Légion d’Honneur, Arts et Lettres et Palmes Académiques les récompenseront pour leur énorme contribution artistique, leur gentillesse, leur spontanéité et leur grand talent. Marcel part pour un dernier long voyage le 30 mars 2007 et Paulette attendra avec impatience le 21 juin 2009 afin de le rejoindre sur son nuage… Marcel et Paulette comptabilisent ensemble 10.500 représentations (c’est énorme et ce sera inégalé !) pendant lesquelles ils se seront mariés 6.000 fois ! Quant à leur fils Alain, il est toujours aujourd’hui concerné par la musique et les spectacles puisqu’il est conseiller artistique en charge de la direction de scène au Grand Théâtre de Bordeaux.

 

« Oui, C’est Une Valse De Vienne » (« Rêve de Valse »)

« Ce Soir, Mon Amour » (« Violettes Impériales »)


Par BERNIE - Publié dans : Les grands noms de l'Opérette - Communauté : Toutes les musiques
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