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Biographies d'artistes et liens avec Claude François - Récits sur Claude François - Critiques personnelles de CD (collection propre) traitant les genres suivants : Musique Classique, Pop, Rock, Jazz, Soul, Funk, Disco, Rythm'n'blues, Blues, Chansons Françaises et Musiques de Films
LORADA, du nom de l’ancienne propriété de Johnny à Ramatuelle, c’est aussi le titre du disque
sorti le 20 juin 1995 et que l’artiste dédie à Laura et David…
Assurément, le meilleur opus à ce jour avant la parution de son prochain album qui sera dans les bacs des
disquaires le 12 novembre. J’y reviendrai prochainement.
Cet album est le fruit du travail d’Erick BENZI, de Gildas ARZEL, Jacques
VENERUSO et Jean-Jacques GOLDMAN.
Les trois premiers sont issus du groupe CANADA, dissolu depuis, qui a connu ses heures de gloire
pour le single « Mourir les sirènes » en 1987. Mais, artistiquement, ils ne se sont jamais séparés. La rencontre des trois compères l’année suivante avec
Jean-Jacques GOLDMAN sera déterminante. D’Artagnan et les 3 Mousquetaires seront réunis et ils seront au service du Roi Johnny.
Cet excellent album commence par une introduction inédite : Johnny chante tous les titres qui le composent.
Elle mérite d’être reprise ci-dessous dans son intégralité :
J’avais UN RÊVE À FAIRE. AMI, je voulais RESTER
LIBRE. Mais JE L’AI CROISÉ UN MATIN, DANS LE REGARD DES AUTRES. Oh ! LADY LUCILLE, TOUT FEU,
TOUTE FEMME, EST-CE QUE TU ME VEUX ENCORE QUAND LE MASQUE TOMBE. Oh ! NE M’OUBLIE PAS et AIME-MOI, je t’emmène
CHERCHER LES ANGES à LORADA.
Une petite merveille de 48 secondes. Le menu est ainsi déballé, il ne reste plus qu’à déguster. Et la sauce prend déjà dès EST-CE QUE TU ME VEUX ENCORE, c’est de la
très bonne cuisine ! C’est une entrée succulente; les guitares « slide » du fidèle Robin LE MESURIER, électrique de Gildas ARZEL et acoustique de
Jacques VENERUSO portent le mets à ébullition. Les autres ingrédients ne sont pas en reste, non plus : Ian WALLACE à la batterie,
Phil SOUSSAN à la basse, Jim PRIME à l’orgue, Erick BENZI aux claviers et percussions, Christophe DUPEU à l’harmonica et les
chœurs juteux concoctés par BENZI, VENERUSO et ARZEL sont saupoudrés de la participation généreuse de Jean-Jacques
GOLDMAN.
La deuxième entrée est une bien jolie ballade. RESTER LIBRE est très agréable à l’écoute. On ne
change pas une recette qui goûte… C’est toujours aussi bon, Johnny est en très grande forme vocale… et nous avons de plus en plus l’eau à la bouche !
LE REGARD DES AUTRES nous met en fameux
appétit ! C’est du bon blues bien saignant, pur, savoureux; bref, du premier choix. Johnny nous en met plein les tympans et on en redemande !
A peine ce plat consommé, voilà que la pièce de consistance nous est servie : LADY
LUCILE sent le rock bien chaud épicé de l’incroyable puissance vocale de Johnny. Décidément, il ne nous épargne pas, celui-là. Et en plus, il en remet encore une couche à la fin.
Du très grand art.
Enfin arrive un sorbet pour faire une petite pause… UN REVE A FAIRE nous permet de digérer sans aucune difficulté. Au passage, la qualité ne change pas, les
proportions sont toujours bien respectées. On se sent admirablement bien, la vie est belle.
Mais l’optimisme est de courte durée car voilà que J’LA CROISE TOUS LES MATINS nous fait mal comme
une claque en pleine figure. Et nous en prenons une terrible, tellement le texte et la musique sont forts. La tristesse de Johnny envers la femme qu’il croise tous les jours à 5 heures 40 et
qu’il ne connaîtra jamais…
Et l’émotion persiste avec CHERCHER LES ANGES. Johnny insiste pour que nous partagions sa peine.
Et on ne peut que l’écouter… Il chante si bien, il crève le plafond… Et nous prenons une deuxième claque de dimension dans la tronche. On ne se remet pas tellement il est grand dans la
détresse.
TOUT FEU, TOUTE FEMME nous met du baume au cœur.
Johnny ne va pas nous lâcher comme ça sans nous asséner une nouvelle gifle. C’est encore du rock bien brut et le Chef dégage une telle énergie qu’il fait voler toutes les
casseroles !
Et nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Quatre petits fours nous attendent au tournant… Le premier
est de taille, QUAND LE MASQUE TOMBE dévoile ce qui se cache au plus profond de son cœur. Et il le chante avec ses tripes. En ce qui me concerne, c’est la plus belle chanson de
cet album. Nous sommes repus…
Afin de nous soulager, Johnny nous convie à boire le verre de l’amitié avec lui. AMI nous semble
tellement proche, tellement intime qu’on croirait être tout près de lui en pleine séance d’enregistrement. C’est le titre le plus convivial qui nous fait comprendre que sans les amis, on n’est
rien du tout…
Dans AIME-MOI, cet infatigable baroudeur de Johnny est une nouvelle fois à la recherche du parfait
amour. Il le clame avec une telle délicatesse que la belle va sûrement succomber…
NE M’OUBLIE PAS clôt cet album de bien belle
manière : le pousse-café est bien servi, la coupe est pleine. La reprise de ce titre de CANADA est finement exécutée. Le Chef est à la hauteur de sa réputation… Il vaut
largement les cinq étoiles ! L’addition est salée mais on se laisse facilement aller à un pourboire… et à reprendre un dernier verre ! Merci, Johnny, pour ces beaux moments de bonheur,
d’émotion et d’exception !
Voici une longue version live de CHERCHER LES ANGES en 1995 où Johnny met le feu à
Bercy :
Publié le 08/11/2007 à 22h42 dans Johnny Hallyday