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Biographies d'artistes et liens avec Claude François - Récits sur Claude François - Critiques personnelles de CD (collection propre) traitant les genres suivants : Musique Classique, Pop, Rock, Jazz, Soul, Funk, Disco, Rythm'n'blues, Blues, Chansons Françaises et Musiques de Films

Commençons par Luciano Pavarotti qui incarne le trouvère Manrico et se signale dans « Stride la
vampa ! », « Di qual tetra luce… Ah sì, ben mio », le très célèbre air « Di quella pira » (qui fait l’objet de la vidéo),
« Miserere » et « Ti Scosta ».
Stride la vampa : son apparition quoique furtive est remarquable. Bien que son
timbre soit peu sollicité dans ce morceau, il est reconnaissable entre tous par sa puissance et son assurance.
Di qual tetra luce… Ah sì, ben mio : Luciano Pavarotti est
étonnant d’aisance et de facilité dans cette interprétation, sa maîtrise et ses intonations vocales sont parfaites. Et pourtant, ce n’est encore qu’un pâle prélude à ce qui nous attend dans
l’extrait suivant…
Di quella pira : c’est l’air le plus connu de l’opéra par sa densité musicale, par
la tension qu’il dégage et par la force vocale à pouvoir le chanter. Le ténor s’en sort à merveille car il doit absolument placer sa voix devant l’emballage musical et tenir la note sans
défaillir jusqu’au terme du morceau. Luciano Pavarotti nous régale de sa capacité de respiration, du dosage subtil de sa voix et de la force qu’il imprègne à celle-ci. Il est
tout bonnement déconcertant et je pense sans me tromper qu’il reste inégalé à ce jour sur le plan qualitatif dans l’interprétation de cet air.
Le baryton d’origine suédoise Ingvar Wixell endosse le mauvais rôle d’il
Conte de Luna et intervient dans « Tutto è deserto », « Il balen del suo sorriso » et dans le chant final « Ti
scosta ! »
Faisons-lui subir le même sort en décortiquant sa technique :
Tutto è deserto et Il balen del suo sorriso : comme ces deux titres se
suivent dans la chronologie des extraits ici proposés, je les englobe dans cette même critique : assurément, ce comte a de la prestance avec une voix bien « achalandée »,
c’est-à-dire, très riche et parfaitement à l’aise dans toutes les contraintes de l’œuvre. Excellente maîtrise aussi dans le deuxième morceau où, pendant quelques instants, la voix se retrouve
seule, sans orchestre. La suite est grandiose car c’est l’un des airs les plus difficiles à interpréter et Ingvar Wixell nous livre une prestation éblouissante, sans
faiblesses.
Ti scosta ! : le ton est donné, il se veut implacable, sans pardon ni remords
et la voix se montre à la hauteur du drame qui se joue : non seulement par les condamnations de Manrico et Azucena mais aussi et surtout par la découverte horrifiante de
l’épilogue qui l’amènent au paroxysme de la douleur et de la stupéfaction !
Dans son registre, Ingvar Wixell est impeccable de bout en bout et son palmarès est éloquent puisque ses qualités
vocales lui ont valu de jouer dans le rôle du funeste Scarpia dans « Tosca » de Puccini ainsi que dans
« Rigoletto » et « Falstaff » de Verdi. Il a incarné également Figaro dans « Le Barbier de
Séville » de Rossini, Escamillo dans « Carmen » de Bizet et Amonasro dans
« Aïda » de Verdi.
Enfin, il figure aussi dans les distributions de « Simon Boccanegra » de Verdi et
« Eugène Onéguine » de Tchaïkovski.
Pour terminer, épinglons son étonnante sélection en 1965 au Concours Eurovision de la Chanson où il représenta son pays natal et
termina à la 10ème place.
La grande soprano australienne Joan Sutherland, qui interprète le rôle de Leonora nous comble de sa voix majestueuse dans « Che piu
t’arresti ? », « Tacea la notte », « Di qual tetra luce… Ah, sì ben mio », « Di quella
pira », « Siam giunti », « D’amor sull’ali rosee », « Miserere » et
« Ti scosta ! ».
Comme elle intervient dans pas moins 8 des 14 airs repris ici dans ce CD, ce sera également une appréciation d’ensemble que je
livrerai. La voix est bien ronde et ample avec une aisance déconcertante. Elle atteint les notes les plus hautes sans aucune difficulté et se pose, avec une parfaite liaison, sur la
musique.
Spécialisée essentiellement dans les compositions dramatiques et le rôle lui convenant à merveille dans cet opéra, Joan
Sutherland est tout simplement sublime.
Sa voix est un pur joyau, un ravissement pour le plus fin des connaisseurs.
Née en 1926, elle apprend beaucoup de sa mère, mezzo-soprano, et débute l’étude du chant à l’âge de 18 ans. En 1949, nantie du Premier
Prix du « Sun Aria », le plus important concours d’Australie, elle met le cap sur l’Angleterre pour entrer à l’Ecole d’Opéra du « Royal College Of Music ». Elle se fait
remarquer, en 1953, dans le rôle d’Amelia dans « Un Bal masqué » de Verdi pour enchaîner ensuite avec « Aïda ». Un
an plus tard, elle se marie avec le pianiste et chef d’orchestre Richard Bonynge. Elle est de plus en plus sollicitée et interprète avec succès les rôles d’Eva des
« Maîtres Chanteurs de Nuremberg » de Wagner, Agathe du « Freischütz » de Weber,
Desdemona d’ « Otello », Gilda de « Rigoletto », Donna Anna de « Don Giovanni » et
beaucoup d’autres. Son immense talent lui vaut de chanter « Alcina » de Händel permettant ainsi la résurgence des œuvres oubliées de la
période baroque et belcantiste. Sa carrière prend un virage important en 1959 dans « Lucia di Lammermoor », à Covent Garden dans une mise en scène de
Franco Zefirelli, qui fait d’elle une véritable et authentique star, « La Stupenda » (« La Prodigieuse ») comme on la surnommera, un an plus
tard, à la Fenice de Venise où elle se produira, à nouveau, dans le rôle d’ « Alcina ».
La mezzo-soprano américaine Marilyn Horne (Azucena) apparaît dans « Stride la vampa ! » et dans le dernier
chant « Ti scosta ! ».
Stride la vampa ! : la voix est plus grave mais elle affiche une telle
assurance qu’elle maintient son étendue au contre-ut.
Ti scosta ! : ce morceau confirme les dispositions ci-avant; de plus, le
triomphe d’Azucena devant la terrible désolation du comte est subjugué par l’ampleur et la puissance de la voix de la chanteuse.
Née en 1934, Marilyn Horne se découvre très tôt des qualités de soprano et part pour l’Allemagne à l’âge de 24 ans où
elle décroche un contrat avec l’Opéra de Geselkirchen et a l’occasion d’interpréter le rôle de Minnie dans « La Fille du Far-West » de
Puccini, Mimi de « La Bohème » du même compositeur et Antonia des « Contes d’Hoffmann »
d’Offenbach. Mais en 1960, sa voix la tourmente et l’oblige à se concentrer beaucoup plus sur les notes les plus graves. Désormais, elle va explorer le répertoire des
mezzo-sopranos avec, toutefois, la possibilité d’aller jusqu’au contre-ut quand la partition l’exige. La rencontre avec Joan Sutherland est capitale et contribue à la
reconnaissance mondiale du talent de Marilyn Horne.
En 1969, l’artiste fait ses grands débuts à la Scala dans « Le Siège de Corinthe » de
Rossini et c’est en 1975 qu’elle foule les planches du Metropolitan Opera dans une œuvre très peu connue, « Rinaldo » d’Haendel. Elle
est à l’origine de la renaissance de l’opéra baroque. Sa voix devenue si particulière lui vaut encore de nombreux engagements, notamment dans « Tancrède » de
Rossini, œuvre pour laquelle elle devient un interprète fétiche jusqu’en 1989. Cependant, tout en gardant sa volupté, sa voix se dégrade et la contraint à mettre un terme à sa
carrière en 1998.
L’un des basses les plus célèbres
d’après-guerre, le bulgare Nicolai Ghiaurov (Ferrando,
capitaine de l’armée du Roi et sous-fifre du Comte) tient une place prépondérante sur l’échiquier d’ « Il Trovatore ». En effet, c’est lui qui permet la
capture d’Azucena ; dans ce CD, il est plébiscité dans quatre extraits : « Tutto è deserto », « Il balen del suo
sorriso », « Or co’ dadi » et « Squilli, echeggi ».
Afin de rendre cet article complet, je souligne l’impeccable direction d’orchestre de Richard Bonynge qui collabora à plus
de 50 opéras dans leur intégralité ainsi que le Chef du chœur Terry Edwards pour son incroyable travail de précision et de coordination.Publié le 18/11/2007 à 21h30 dans Les grands opéras italiens et leurs interprètes