LA MUSIQUE POUR TOUJOURS

hdhbw.jpg Brian Holland (au milieu, né le 15 février 1941), Eddie Holland (à droite, 30 octobre 1939) et Lamont Dozier (assis au piano, 16 juin 1941) commencèrent leur collaboration au sein de la « TAMLA MOTOWN » en 1962. Pendant les cinq années durant lesquelles ils collectionnèrent les succès, Brian et Lamont se chargeaient de composer et de produire chaque chanson de leur catalogue, Eddie se voyant confier les travaux d’écriture et d’arrangement. Quand ils quittèrent Berry Gordy, ils poursuivirent leur carrière ensemble et montèrent leur propre label de production « HDH Productions ».
Les futurs associés s’intéressèrent très tôt à la musique et plus particulièrement au Rhythm’n’blues. Dans les années 50, ils intégrèrent des ensembles vocaux à Detroit, dans le Michigan, comme chanteurs solistes.
Le destin fit qu’ils devaient inévitablement se rencontrer. C’est Eddie qui fut surtout le « catalyseur » de la réunion puisqu’il commença à travailler pour Berry Gordy en 1958 et Brian vint rejoindre son frangin dès la création de la « Motown » en 1959; Lamont, de son côté, œuvrait comme producteur sur d’autres labels avant d’arriver à la « Motown » en 1961. Au cours de cette même année, Eddie avait déjà pu goûter aux joies du succès puisqu’il était entré dans le Top 30 américain avec une chanson personnelle intitulée « Jamie ». Brian, quant à lui, décrocha une première place au Bilboard avec la chanson « Please Mr Postman » interprétée par The Marvelettes (ci-dessous).
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Ils consacrèrent leurs premiers travaux communs au groupe The Miracles,  à Martha and The Vandellas et au plus grand de tous (c’est un avis qui n’engage que moi) : Marvin Gaye.
90sup3.jpg Décelant en eux un don inné pour le succès, Berry Gordy s’empressa de les solliciter pour qu’ils s'occupent de la carrière du trio The Supremes (ci-contre). En effet, malgré les louables efforts de Smokey Robinson (l’un des membres du groupe The Miracles), la carrière des trois chanteuses n’arrivait pas à prendre son envol. Le premier essai fut un coup de maître puisque la première chanson « When The Lovelights Starts Shining Through His Eyes » se classa à la 23ème place du Bilboard. Il s’ensuivit une succession de tubes qui furent tous numéro 1 : « Where Did Our Love Go ? », « Baby Love »,  “Stop ! In The Name Of Love, “I Hear A Symphony, “You Keep Me Hangin’ On, “You Can't Hurry Love, etc. Ils en firent autant pour les Isley Brothers  et les Four Tops avec “I Can't Help Myself ”, “It's The Same Old Song ou “Reach Out, I’ll Be There. Eddie écrivit aussi « Ain't Too Proud To Beg » avec Norman Whitfield (qui connaîtra plus tard un incroyable succès avec la musique du film « Car Wash ») pour les Temptations (ci-dessous)
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Afin d’accompagner ces chanteurs, Holland-Dozier-Holland prirent l'habitude de leur adjoindre le groupe de musiciens-arrangeurs The Funk Brothers, voire l'orchestre symphonique de Detroit.
marvin-gaye.jpg En unissant leur indéniable talent, les trois compositeurs firent exploser le tiroir caisse de leur maison de disques. Ils récoltèrent encore des succès retentissants avec «
How Sweet It Is (To Be Loved By You) », « Can I Get A Witness » et « Baby Don’t You Do It » qu’ils donnèrent à Marvin Gaye (ci-contre) ainsi qu’avec “Heatwave” qu’ils destinèrent à Martha and the Vandellas (ci-dessous).  
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Malheureusement, même les plus belles histoires ont une fin et en 1967, les trois amis quittèrent le navire suite à un différend financier (des royalties ne leur auraient été pas reversées). Dans la foulée, ils créèrent deux labels :
Invictus Records et Hot Wax Records mais manifestement, ils n’avaient plus le « feu sacré » et ils ne purent plus jamais retrouver le même génie créatif dont ils avaient fait preuve chez « Motown ». De son côté, Berry Gordy ne décolérait pas et assimilait cette fuite à une rupture de contrat unilatérale. Une sévère et longue bataille en justice s’ensuivit jusqu’en 1977 où un jugement fut rendu en défaveur de HDH qui fut contraint de payer plusieurs milliers de Dollars en dommages et intérêts. Ils perdirent également les crédits de leurs premières compositions au sein de leurs propres labels. Au début des années 70, Lamont Dozier décida de se séparer des frères Holland pour mener une carrière en solo et fut remplacé au sein de « HDH Productions » par Harold Beatty. Assez curieusement, dans le milieu de ces années 70, durant la suspension de leur procès avec leur ancien employeur, HDH continua de composer pour des artistes appartenant toujours à la « Motown » comme Michael Jackson et Diana Ross and The Supremes. Durant son cavalier seul, Lamont sortit trois albums comme interprète et fut producteur d'Aretha Franklin, Eric Clapton, Ben E. King, Phil Collins et Simply Red.  Toutefois, par après, il reprit sa place aux côtés de ses illustres partenaires. L’envie de retravailler avec eux était tellement forte qu’il ne fut plus tenté de leur faire fausse route… Le trio entra définitivement dans la légende en 1990 quand il reçut l’infime honneur d’être intronisé au prestigieux « Rock’n’roll Hall Of Fame » (Temple de la renommée et Musée du Rock’n’roll basé à Cleveland, dans l’Ohio où sont répertoriés tous les artistes les plus célèbres et les plus influents de l’histoire du Rock’n’roll, qu’ils soient chanteurs, producteurs ou compositeurs). Dans le monde de la musique soul, c’est certainement le trio de compositeurs le plus populaire : on ne compte plus les interprètes de leurs chansons. En plus de ceux déjà repris ci-avant, citons les célèbres Rod Stewart
, James Taylor, The Dixie Chicks, Freda Payne, The Carpenters, Barbara Streisand, Reba McEntire, Dionne Warwick, The Jackson Five sans oublier The Beatles (eh oui !) qui enregistrèrent une version de “Please, Mr Postman en décembre 1963 !. Ils détiennent également le record de diffusion de leurs créations dans les stations de radio et dans les chaînes de télévision : à l’heure actuelle, on recense la bagatelle de 100 millions d’ « airplays » ! C’est gigantesque et c’est plus qu’Elvis Presley, The Beatles et The Rolling Stones réunis !
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Le siège de « Motown Records » !
"Hitsville USA" était l’appellation donnée au premier siège de la « MotownRecords » situé au 2648 West Grand Boulevard à Detroit. Berry Gordy racheta ce bâtiment en 1959 qui servait, jusqu’alors, à des travaux de photographie pour y fonder sa maison de disques. En 1972, « Motown » quitta Detroit pour Los Angeles et resta une entreprise indépendante jusqu’à sa vente par Gordy à MCA en 1988. Actuellement, le siège se trouve à New-York et « Motown Records » est devenue une filiale de Universal Motown/Universal Republic Group elle-même dépendante de Universal Music Group. Depuis 1985, le bâtiment de Hitsville est le site du « Motown Historical Museum » géré par la sœur de Gordy, Esther, qui expose l'héritage du label (les artistes et les origines du son « Tamla ») ainsi que des costumes, photos et enregistrements.
Le lien avec Claude François !
Que serait-il advenu de la carrière de Claude François s’il n’avait pas enrichi son répertoire des adaptations « Tamla Motown » ? On se le demande surtout avec « J’attendrai » (« Reach Out I’ll Be There »), « C’est la même chanson » (« It’s The Same Old Song ») et « Stop, au nom de l’amour » (« Stop ! In The Name Of Love ») qui feront toujours partie de son tour de chant à partir de leur enregistrement ! Il est certain que, sans ces chansons, ses performances scéniques n’auraient pas du tout eu le même impact ! Mais attachons-nous à rechercher dans le catalogue de l’idole les titres qu’il a empruntés au fantastique trio que nous évoquons : outre les trois emblématiques cités ci-dessus, signalons aussi « Car… Tout le monde a besoin d’amour » (« Baby I Need Your Loving »), « Bernadette », du même titre que l’original, « Réveille-moi » ( « Shake Me, Wake Me »), « Mais c’est différent déjà » (« You Keep Me Hanging On »), « Une fille et des fleurs » (« You Can’t Hurry Love ») et « L’Amour c’est comme ça » (« I Can’t Help Myself »). La liste ne s’arrête pas là en ce qui concerne les adaptations « Tamla Motown ». J’y reviendrai plus tard. Ces nombreuses reprises confirmaient l’attachement que Claude François vouait à ce style musical qui lui collait si bien à la peau ! Dommage que, sur scène, il n’ait pas exploité les autres chansons qu’il aurait bien pu inclure dans un « medley » par exemple. Cette admiration conduisit Cloclo  à une rencontre mémorable avec Lamont Dozier au cours de l’émission « Musique and Music » de Jacques Martin en octobre 1977  

 

Dim 16 déc 2007 2 commentaires
Rien que du beau monde dans cette énumération d'artistes que j'admire beaucoup (sans compter le dernier qui a, bien entendu ma préférence !) Des disques a réécouter sur une bonne vieille platine... Waow ! Et l'envie de danser me reprend...
FRED - le 17/12/2007 à 17h22
Coucou, je n'aurai pas beaucoup de temps ces prochains jours et j'espère que ces derniers jours de l'année 2007 se passeront dans la paix et le bonheur! ! Mille bisous du pays de Râ !! ! @nne marie qui te remercie pour tous ces beaux souvenirs ! ! ! ! !
@nne marie - le 29/12/2007 à 13h27